Ultimate X-Men (Les X-Men de Bryan Singer)

Un article de BRUCE LIT

Des couleurs affreuses pour une affiche mystérieuse.

X-MEN est le premier film du MCU réalisé en 2000 par Bryan Singer. Il lança dans son giron les adaptations de SPIDER-MAN par Sam Raimi, HULK par Ang Lee ou DAREDEVIL par Mark Steven Johnson.
C’est le premier volet d’une trilogie dont le volume 2 sera également signé par Singer avant que Bret Ratner, initialement pressenti pour réaliser le premier film, tourne la conclusion de la saga correspondant à la SAGA DU PHENIX NOIR.

C’est ici notamment que le public découvrira Patrick Stewart, Ian McKellen et Hugh Jackman dans les rôles de Charles Xavier, Magneto et Wolverine.

Nous sommes donc en 2000 et je m’apprête à prendre la décision la plus radicale de ma vie : fuir un chagrin d’amour qui me bouffe depuis des années en partant à l’aventure en Amérique du Sud.
L’avion décolle, et je ne peux pas m’empêcher de penser : mais qu’est-ce que je vais foutre là-bas? Je pars seul, sans amis, sans famille et sans connaître un putain de mot d’espagnol… La suite sera finalement plus rassurante puisque j’y rencontrerai la femme de ma vie ; mais c’est une autre histoire…

Pour l’heure, j’ai 11 heures d’avion et je dégaine mes VO X-Men, mes amis de toujours, qui m’accompagnent pour cette grande aventure.
De leur côté, ce n’est pas la joie, hein…
Depuis le départ de Scott Lobdell, c’est un gigantesque bordel éditorial où s’embourbent des auteurs talentueux comme Joey Kelly, Steve Seagle ou le vétéran Alan Davis qui dans l’avion, me raconte une histoire où Wolverine terrasse Mr Sinistre ou le maître de l’évolution, je sais plus…

Un Logan persécuté et sauvage qui va s’humaniser au fil du film.

Bref, les X-Men sont à peu près dans le même état que mon coeur brisé mais à la fin de mes numéros et dans le magazine Wizard que je mentionne, apparaissent les premiers trailers et reportage sur le film de Singer. C’est intriguant, un peu excitant mais pas plus que ça pour moi qui n’ait jamais fantasmé de voir mes héros à l’écran. Déjà, franchement, comment s’extasier devant la fadeur de l’animation de la version animée X-Men 97 au sortir des prodigieuses versions des CHEVALIERS DU ZODIAQUE ou DRAGON BALL Z ? Et, puis, comment synthétiser en deux heures, la richesse de personnages à l’époque âgés de 40 ans ?

A mon retour, le film sort et je note tout ce qui ne va pas : Wolverine, le petit mec poilu qui pue est devenu un sex symbol, Dents-de-Sabre, son antagoniste machiavélique, un catcheur décérébré, Cyclope un gringalet muet mais pas autant que Halle Berry, actrice oscarisée et qui fait de la figuration dans le rôle de Tornade.
En gros, j’imagine le film que j’aurais voulu voir et il me faudra 20 ans pour le réévaluer avec cette fois, mon fils de huit ans, à mes côtés.

….et puis, les autres…

Et le film est plutôt bon pour peu que l’on en accepte les règles.
C’est une Origin Story et elle est finalement très efficace : Rogue en fuite après un baiser fatal rencontre Woverine, un marginal qui monnaie des bastons pour gagner sa vie. Pris en chasse par Magneto, il sont recueillis par l’institut Xavier avant d’affronter le maître du Magnetisme en plein New York.

Et honnêtement, cette version est bien plus construite, aboutie, dialoguée que celle de Stan Lee et Jack Kirby pour les comics qui en 22 pages, présentait les personnages de manière basique avant de les faire déjouer une attaque nucléaire. Les médiums et les époques sont bien sûr différents mais au final il n’y a aucun procès d’intention à adresser à l’opus de Singer.

Singer a 1h40 pour mettre en place une mthologie et des personnages emblématiques. Il le fait assez bien : l’ouverture à Auschwitz avec le jeune Magneto prend aux tripes, les scènes d’introduction de Wolverine et Rogue n’ont rien à envier à celles des comics, la première attaque de Magneto contre nos héros est aussi brutale qu’efficace, la rencontre avec Jean Grey incarnée par Famke Janssen, née pour incarner la divine rouquine, pleine de tension érotique.

Rogue One : Anna Paquin campe une émouvante Malicia.

Du côté des vilains, c’est nettement moins convainquant. Le look de Dents-de-Sabre est ridicule : on le croirait échappé de la série Hulk des années 70 et ses pouvoirs ne sont pas mis en valeur. Quant au Crapaud, le voici capable de mettre en difficulté…Tornade ?!
Heureusement, la silencieuse et inquiétante Mystique sauve l’honneur avec une présence écrasante qui sera oblitérée par la suite par Jennifer Lawrence qui la transformera en insupportable pleurnicheuse.

X-MEN met en scène l’affrontement entre bons et mauvais mutants sans oublier les humains terrifiés et menés par un sénateur Kelly, lui aussi assez conforme à ce que les comics proposent : un politicien opportuniste, certes mais non dénué de bon sens face à la réelle menace d’individus dont les capacités extraordinaires les placent au dessus des lois.
Cet aspect est bien exploré dans la joute verbale entre lui et Jean Grey dont les arguments sont aussi humanistes que peu viables politiquement. Dans le monde réel, donnerions nous le bénéfice du doute à des individus capables d’infiltrer la maison blanche ou de bouleverser les pôles magnétiques ?
En cela, il faut noter que l’idée de Magneto de mutaniser l’humanité est parfaitement conforme au personnage des comics et replace les X-Men dans ce qu’ils sont de meilleurs : une force d’interposition pacifique visant à maintenir l’équilibre entre les extrémistes des camps humains et mutants.

Euh…c’est ici le clip pour Ozzy Osbourne ?

Il faut donc voir l’affrontement final entre Magneto et les X-men au sommet de la statut de la liberté comme une mise à jour de celui de Cape Citadel des Comics : nos héros sont inexpérimentés, apprennent à travailler en équipe et à se faire confiance quand Magneto est prêt à sacrifier la jeune Rogue pour ses idéaux tout comme dans les comics où il était sur le point de tuer Kitty Pryde âgée de 13 ans à l’époque.
C’est ainsi qu’il faut apprécier le film : Tornade et Cyclope ne sont pas encore les leaders qu’ils ont amenés à devenir dans un film qui aurait dû s’appeler WOLVERINE ET LES X-MEN.

Tout n’est pas parfait : le film étonnamment ne propose pas énormément d’effets spéciaux ce qui au final humanise une histoire intéressante loin du dégueulis des films de super héros tout en CGI et qui finalement, nous auront accoutumés à l’esthétique dégueulasse de l’Intelligence Artificielle.
Les décors du sous-sol Xavier sont aussi imposants que froids et désincarnés. Cela fera la joie des XMEN de Morrison qui les affublera de ces épouvantables uniformes en cuir paramilitaires qui va à l’encontre du message pacifique du film.
Et puis il y a cette scène étrange où Rogue, absorbe les pouvoirs de Wolverine : l’histoire ne dira jamais ce que cette jeune mineure fait dans la chambre d’un adulte en pleine nuit…

Une séquence de fin saisissante qui anticipe même les échecs ultérieurs de la Fox…

Même si X-MEN sacrifie (et continuera de sacrifier) des personnages emblématiques condamnés à faire du featuring et de servir la soupe au trio Xavier-Magnus-Wolverine, ce film reste finalement très fidèle à l’esprit X-Men avec un prologue et épilogue de toute beauté.

Un film sorti il y a 25 ans qui a bien vieilli. Le grand orchestrateur de tout ça, Bryan Singer, a été impliqué dans plusieurs scandales sexuels, oblitérant par là-même le message pacifique et de tolérance des X-Men. Mais, là pour le coup, ce n’est pas comme si les lecteurs des mutants n’avaient pas l’habitude d’être déçus par leurs mentors…

Sexy, silencieuse et dangereuse : une Mystique inquiétante.


35 comments

  • Sébastien Zaaf  

    Hello Bruce. Je suis d’accord avec toi sur le fait que le film n’est pas si mauvais que l’on pourrait s’en souvenir. Il y a l’effet du temps et peut-être un investissement émotionnel différent. Il y a aussi une palanquée de films de super slips qui ne racontent rien. Donc même si ces premiers films ont des défauts, il y a des enjeux, clairs, de l’émotion, de l’action. Je revois petit à petit à la hausse tous ces films des années 2000. La scène d’ouverture avec Erik enfant est très puissante. Les enjeux synthétisés rapidement au début du film dans ce duel d’éloquence entre Jean et Kelly. Je trouve toujours Anna Paquin irritante (mais c’est peut-être la VF). Scott est assez transparent mais on comprend rapidement que la star est Wolverine. D’ailleurs, ignorant des comics, Jackman l’a joué apparemment au début comme un loup, le temps qu’on lui explique ce qu’est un Glouton. Patrick Stewart et Ian McKellen apportent une grande intelligence à leurs personnages, faisant de leur amitié brisée une tragédie classique. Je me souviens avoir beaucoup aimé ces bribes de souvenirs de Logan dans ses cauchemars, montrant le projet X (un peu massacré dans le 2 mais encore plus dans Wolverine Origins, pauvre Wade …). Ça n’est pas un grand film de super héros mais il n’est pas dans la pile des nanars et reste divertissant.

    • Bruce Lit  

      Je trouve que c’est un grand film de super héros ne serait-ce que pour sa valeur historique et toutes les ambitions qu’elle suscita.
      Sa sortie est au moins aussi importante que le 1er SUPERMAN.

      • Nikolavitch  

        Pareil, à première vision, plein de trucs m’avaient sauté aux yeux, mais j’en étais sorti plus indulgent que toi. La mise à jour fonctionnait bien à plusieurs niveau (et le casting Stewart/McKellen est une des meilleures idées ever)

      • Bruno. ;)  

        … Une sortie aussi importante surtout pour une certaine catégorie de fans, en rapport avec le « sérieux » sous-entendu par une adaptation filmée de cette franchise-là : quand toute la dimension humaine du Superman de Donner est surtout due au cinéaste, car terriblement schématisée sur le papier ; alors qu’elle fait littéralement la trame de la plupart des publications du MCG de l’époque, les X-Men en étant l’exemple le plus riche du moment, en terme de variété et d’originalité. Il y a là un adoubement officiel -pour ceux que ça concerne, hein !- d’une certaine profondeur de la part des créateurs originaux des Comics Books et, par voie de conséquence, de la légitimité de l’affection « éclairée » de leurs lecteurs, de 7 à 77 ans (!).

        La dimension poétique certaine du travail de traduction cinématographique de Richard Donner, sans rien enlever à la valeur de son film (au contraire !), le cantonne néanmoins à ses limites d’œuvre à destination d’un jeune public : la naïveté (assumée) est dans le ton du récit ; et ceux qui n’aiment pas peuvent choisir d’y voir aussi une confirmation du manque d’intérêt réel du médium originel.

        Adapter le sel d’un Comic-Book comme les X-Men nécessite au contraire à circonscrire cette naïveté à l’extrapolation et l’exploitation créative du postulat de base (la mutation génétique) au travers du genre Super-Héros, tout en conservant les dictats du réalisme le plus irréfutable (les camps pour l’Historique, le racisme « ordinaire » et la marginalité imposée pour le sous-texte.) afin d’offrir un contraste valable au déroulé de l’action, en l’absence du classique affrontement entre gentils et méchants -bien que le premier film ne fait qu’effleurer ce décalage, si typique, de « La Maison Aux Idées ».

  • Norman T. RAY  

    C’était pour moi lié aux premiers temps d’Internet, où les infos nous parvenaient au compte-goutte, où la révélation, ligne par ligne, internminable, de la seule image du viseur de Cyclope, me plongeait en extase geek. (sans parler du même processus sur la première image du Spider-Man de Raimi, qui cassa d’un coup la mode du costume en cuir noir présente depuis le Batman de 1989 !).

    Alors, le X-Men de Singer c’est clairement un exercice de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein, mais il faut aussi se souvenir qu’il sort dans un contexte de néant absolu en matière de films « sérieux » de super-héros. Il y avait eu, bien sûr, Blade, qui a bien des égards reste le prototype du genre tel qu’il va se développer après, mais Blade, en tant que fan de comics, je n’en avais jamais entendu parler avant. Là, c’était les X-Men période Claremont.

    Pas de Diablo, pas de Colossus, une Tornade fade à l’extrême, ça c’était impardonable. La relation entre Malicia et Serval (non je ne l’appellerai pas Wolverine, pas envie), et celle entre Xavier et Magnéto, par contre, la perfection.

    Bref, j’y ai vu le verre à moitié plein, et je le vois toujours. On préfère généralement X-Men 2, je ne suis pas cet avis. X2 et ses suites ignorent la relation forte qu’il y avait entre Malicia et Serval dans le premier film. Et ça, ça m’a fait plus mal finalement que de voir Hale Berry nous priver de la Tornade qu’aurait dû incarner une Angela Bassett née pour ce rôle, ou de souffrir en voyant la saga du Phénix Noir bousillée, deux fois. J’aime les premiers films, ils ont tout à construire, et quand c’est bien fait, ils ne méritent pas un oubli poli.

    Super article !

    • Bruce Lit  

      Je ne me rappelle plus : Angela Bassett a été castée pour Tornade?

      • Nikolavitch  

        Elle était annoncée à un moment, lors d’un développement quelques années plus tôt (à l’époque du Spidey de James Cameron)

  • Maxime Fontaine  

    J’ai le sentiment inverse au tien. J’étais ravi, à l’époque, de voir mes chers X-Men s’animer sur grand écran. Tellement, que j’ai accepté tous les compromis, sans trop rechigner. Je prends encore un certain plaisir à regarder les X-Men de la Fox (Singer sait y faire malgré ses tares personnelles). Mais j’ai beaucoup plus de mal , maintenant, avec les choix de l’époque. Sur ce film, ça passe encore. Sur les suivants, je regrette que Storm ne soit jamais devenue le leader indépendant dépeint par Claremont, que Nightcrawler ait été réduit à son côté bigot, que Wolvie prenne toute la lumière,… Maintenant, le dessin animé de l’époque (que je détestais) a pris sa revanche, pour nous offrir un feu d’artifice plus complexe et bien plus fidèle. Cela n’égale pas non plus le chef d’oeuvre que représente le run de Claremont, ni l’aimable prestation de Lobdell. Mais on s’en rapproche un peu. Les films de la Fox, c’est sympa pour se familiariser avec l’univers. Je les regarde moi aussi avec mes kids. Mais je leur conseille ensuite de se plonger dans les BD originelles, qui provoqueront 1000 fois plus d’émotions.

    • Bruce Lit  

      Je n’ai rien contre toutes ces adaptations tant qu’elles représentent une porte d’entrée vers le format papier et non une finalité en soi.

  • JB  

    Ce premier X-Men prend souvent l’approche de la distance sarcastique (« what would you prefer, yellow spandex » ou Wolverine se moquant des pseudos des personnages), ce qui annonce le ton humoristique qu’adoptera le MCU avec Iron Man.
    J’ai quelques points de désaccords : le Magnéto des comics s’arrête quand il pense avoir fait du mal à Kitty lorsque celui des films montre peu de scrupules à sacrifier une gosse à sa place. Et aux divers héros qui semblent tous avoir un balai dans l’arrière train, je préfère la malice toute en fluidité de Mystique et la maestria inattendu du Crapaud incarné par Ray « Dark Maul » Park.
    Mais malgré ses imperfections, je préfère toujours cette aventure à un X-2 à la morale nauséabonde, où Wolverine abandonne un ennemi à sa mort sous les yeux d’un gamin…

    • Bruce Lit  

      Mon fils m’a doublé sur la gauche pour X2 que je n’ai jamais revu. Aucun souvenir.

      • Nikolavitch  

        X2, la scène d’ouverture avec Diablo est complètement dingue. Il est bourré d’idée et par ailleurs confirme que les films créent leur propre univers en piochant dans les comics sans être prisonniers de ceux-ci. Les XMen ciné se seraient bornés à faire X1, X2, First Class et Future Past, on aurait eu une saga cinématographique vraiment bien. (L’affrontement final aurait pu être pas mal sans sa dernière demi-heure grotesque, Apocalypse fait trop begayer le perso de Magneto et les bonnes idées dedans sont trop rares et le Dark Phoenix final n’a… rien à sauver)

        • Jyrille  

          « X2, la scène d’ouverture avec Diablo est complètement dingue. » Exact, c’est d’ailleurs la seule chose dont je me souvienne vraiment de ce film.

          • Bruno. ;)  

            C’est, de loin, l’exploitation cinématographique la plus spectaculaire d’un pouvoir de Super-Héros mise en scène créativement, et en rapport précis avec la nature du-dit pouvoir : le médium filmé complètement au service d’une idée -ce qui est, en toute logique, le minimum que l’on est en droit d’attendre d’une adaptation « Live » de ce genre si spécifique.
            … À l’inverse, on a Havoc en virtuose du Hulla-Hoop 😟.

    • Bruno. ;)  

      … Pour ce qui est du look « balais dans le cul », j’avais lu que les costumes, trop ajustés et plutôt raides, ne leur permettaient pas de marcher normalement : ils devaient composer avec. Par exemple : en arrivant à la Statue De La Liberté, il y a un petit muret à enjamber et, quand on y fait attention, on voit bien que Wolvie (je crois que c’est lui ?!) saute par dessus, jambes quasi-jointes.
      À priori, ça craquait au niveau des fesses 😁.

  • Zelphui  

    « Premier film du MCU » ? C’est voulu ? Car c’est pas non plus lié au MCU comme on l’entend.

  • Bruno. ;)  

    Hé ben moi, j’ai pris un pied fabuleux !!
    J’suis pas du tout sortie Ciné. Je n’ai pas du aller plus de vingt fois (j’exagère à peine, je pense…) voir des films sur grand écran, au cours de ma vie : entre ma flemme à me bouger et le stress qui me gagne en compagnie de la foule de mes semblables, il y a eu très peu d’occasions pour lesquelles j’ai fait l’effort de me déplacer (pour moi tout seul, veux-je dire : pour les autres, je fais toujours l’effort.). Et comme depuis, il y a eu Intrenetteu…

    Mé là, j’étais bien décidé à ne pas attendre pour me mater ce truc dont les quelques images qui avaient circulé à l’époque m’avaient beaucoup titillé l’imagination : rien que les partis-pris esthétiques (sous-sols de l’hôtel, la réinvention complète du look de Mystique, la joliesse bluffante de cette Ororo-là…) et le casting principal : Patrick Stewart et Ian McKellen, ça matche et ils jouent tous deux très sobrement et justement leurs rôles ; et, même si il est à des kilomètres du Wolverine des Comics -rien que la taille !-, Hugh Jackman a ce qu’il faut pour émouvoir (jeu vraiment très bien choisi pour doter le personnage de d’avantage de sensibilité que ce qu’on était même en droit d’attendre.).

    Bon, déjà l’intro : je ne m’attendais pas du tout à ça et, entre la voix off de Xavier qui nous pose les bases du pitch « scientifique » et l’exemple plutôt radical (contexte compris, évidemment) qui illustre « l’éveil » de Éric Lehnsherr, on comprends que l’accent sera plutôt mis sur le « réaliste » et, donc, qu’on devrait s’attendre à une histoire plutôt orientée SF que franchement Super-Héros ! Je suis tellement surpris de ce choix (inespéré !) que mon coeur en bat d’excitation : c’est, en ce qui me concerne, l’attrait principal de ce Comic-Book et, en toute bonne logique, le seul angle vraiment valide qui justifie l’adaptation de la franchise en film.
    Une seule vraie déception de fan originel : l’inversion assez cocasse -et qui fiche en l’air direct le crédible de leurs rôles au sein de l’équipe, ainsi que toute la profondeur de leur relation amoureuse !- entre le choix du solaire James Marsden pour incarner le sérieux/morose Cyclope, opposé à la réfrigérante Famke Janssen, sensée représenter la célèbre rouquine de l’équipe, plutôt chaleureuse et amicale -le fait qu’elle le dépasse d’une tête n’arrange rien OUARFF !
    Les aléas du casting : il est évident que Angela Basset aurait « habité » une Storm nettement plus impressionnante que Halle Berry -et peut-être même qu’elle aurait écrasé tout le monde ! ; mais j’ai néanmoins trouvée la version « Live » plutôt sobrement réussie (et j’aime autant que le personnage ne la ramène pas trop, car la Ororo forte en gueule m’est devenue insupportable : j’aime beaucoup moins son incarnation dans les deux autres films.).
    J’ai beaucoup aimé les dialogues, très écrits et très Comic-Books « d’avant » (moins l’échange idiot entre Scott & Logan : « touche pas à ma meuf ! » 😨) ; fonctionné au scénario -du Comic Book typique, là aussi !-, pas plus que ça dérangé par la légèreté imposée par le format (je me fiche un peu des tenants et aboutissants motivant le Crapaud et (cheveux dans les !) Dents De Sabre) ; ainsi que par la sobriété des effets spéciaux : les jolis grigriffes et Magneto en train de gentiment planer, c’est très suffisant ; Mystique étant juste le summum du « nouveau », à l’époque. Bien aimé l’humour discret, ADORÉ la musique de Michael Kamen (le thème de Cerebro !), beaucoup aimé la mise en scène (les ellipses, le survol de l’école, quand Jean utilise le Cerebro,…) et les visuels pleins d’esprit : le X de la grille de fer, le choix de la Statue De La Liberté, la partie d’échecs (la prison (!)).
    À peine le coup de la moto, juste débile, qui nous rappelle l’omnipotence des producteurs ; heureusement, c’est très bref, comme idiotie sans nom.
    Avec le recul, je continue à considérer ce premier essai d’adaptation comme un presque coup de maitre ; le seul reproche objectif que je puisse lui faire étant la retenue timide avec laquelle les capacités mutantes des personnages sont visuellement exploitées (moins Mystique, of course.) : on est quand même au cinéma.
    Non mé, sinon, au delà du fait qu’il s’agisse des X-Men, j’aime quand même boucou-boucou ce film-là.
    Ahhhh… Ça faisait un bail que j’avais envie de me répandre, à son sujet : ça fait du bien.
    Merci Bruce !
    … Au fait : Famke Janssen érotique ?! Mémémé… Tu les aimes dominatrices/mantes religieuses, hein ?! Petit sacripant !

    • JB  

      On espère pour Scott que les parties de jambes en l’air avec Jean Grey sont plus softs que celles de Xenia Onatopp !

    • Bruce Lit  

      Mes pornos du sabado publiés sur FB depuis 3 ans commencent à donner un aperçu de plus en plus limpide de mes fantasmes érotiques. Je ne me prononcerais pas ouvertement.
      La musique de Kamen était sympa oui. De mémoire, c’est sans doute la dernière avant son décès.

  • Ludovic  

    Je me souviens l’avoir vu à sa sortie, je n’avais pas de point de vue de fan à l’époque, je n’avais pas lu les X-Men de Lee et Kirby, ni même ceux de Claremont et Byrne pendant mon adolescence donc j’allais surtout voir (entre amis je me souviens bien) un film de super héros par le type qui avait fait USUAL SUSPECTS et a l’époque j’avais vu ça comme un très bon film de divertissement comme le cinéma américain du début des années 2000 en offrait quand même encore régulièrement.
    Il ne me semble pas l’avoir revu depuis ou alors ca remonte à trop d’années pour que je puisse trancher le débat qui consiste a dire si le film a bien vieilli ou pas…

    • Bruce Lit  

      Je dois faire partie des 10 personnes dans ce monde qui ont trouvé qu’USUAL SUSPECTS est un film chiant (avec BLADE RUNNER et PULP FICTION, bien sûr!)

      • Bruno. ;)  

        Ben, Usual Suspect, c’est surtout qu’on comprend ce qui se passe au bout de cinq minutes… Blade Runner, faut aimer la SF, alors, évidemment ! Quant à Pulp Fiction, ça c’est tellement loin de ma sensibilité, que je peux pas vraiment me prononcer : pas mon humour, à priori.

  • JP Nguyen  

    Ça ne nous rajeunit pas. Je ne l’ai pas revu depuis un moment. Je pense qu il passe bien mais je n’ai pas gardé en mémoire de scène culte.
    C’est une adaptation qui fait le boulot mais chai pas, y a un truc qui me tient un peu en retrait.

    • Bruce Lit  

      « mais je n’ai pas gardé en mémoire de scène culte. »
      La première et dernière scène !

  • Tornado  

    J’ai adoré quand c’est sorti et j’aime toujours beaucoup la trilogie (même le 3, je me répète). C’est du très bon cinéma de super-héros. C’est vraiment bien équilibré entre tous les constituants et on n’a pas l’impression d’être pris pour des jambons.
    Pour les changements pénibles avec la caractérisation des personnages je ne me sens pas concerné. C’est une adaptation sous un autre médium.

    J’ai une approche contraire à la plupart des copains (ici) avec cette franchise cinématographique : Quand sort le premier X-MEN de Singer je n’ai pas lu un seul comics de mutants depuis l’âge de 14 ans. Et je n’en ai qu’un lointain souvenir d’où émergent surtout DIEU CRÉE L’HOMME DÉTRUIT et la SAGA DES BROODS (en albums LUG).
    À ce moment-là (à la sortie du film), je lis un N° de Mad Movies où ils font tout un chapitre sur l’histoire des comics, ne tarissant pas d’éloges sur la métaphore du droit à la différence, etc. Je me dis alors qu’il est temps de redécouvrir les comics, parce que l’article de Mad Movies a l’air de trouver que c’est du Balzac… Et j’achète derechef les intégrales 1975/76 et 77 de Paninouille.
    Punaise les bras m’en sont tombés : La purge que c’était, quand même… (c’était vraiment pour les enfants de l’époque façon rider-digest 6/7 ans). Et je ne sais pas ce qui m’a pris mais j’ai persisté en m’infligeant toutes les intégrales jusqu’en 1984 (j’ai lâché celle de 1985, j’en pouvais plus), tout en raccrochant les wagons avec ici et là du Lobdell, du Kelly et bien sûr avec le run de Morrison.
    Au jour d’aujourd’hui j’ai tout bazardé à part 2/3 trucs (DIEU CRÉE L’HOMME DÉTRUIT et la SAGA DES BROODS sont toujours là, tiens…).

    Tout ça pour dire que mes X-men à moi, désormais, et bien justement ce sont les trois films des années 2000 (j’aime bien FIRTS CLASS et DAYS OF aussi, mais un peu moins quand même).
    Et contrairement aux autres, c’est là que je dirige mes enfants, et surtout pas sur les comics qui me sortent pas les trous de nez ! 😀

    • Bruno. ;)  

      First Class, ça craint, quand même, niveau… Tout ?! Je veux dire : ça ne fait même pas rire -et pourtant, c’est n’importe nawak.

  • Kaori  

    Ca faisait un petit moment que je n’étais pas venu, j’en ai des articles à rattraper !

    Ce film, contrairement à toi, Bruce, je l’attendais avec une telle impatience, une telle excitation, parce que justement, moi, j’en rêvais de cette adaptation live. Je rêvais que les X-Men sortent du placard. Il y avait eu un premier essai, presque une victoire, car même si l’animation n’était pas ouf, même si l’histoire était remaniée, j’ai aimé suivre cette série X-Men 92 (va falloir que j’aille lire l’article de l’ami JP sur la suite…).
    Le ciné, comme Bruno, c’était assez rare. Je suis quelqu’un qui se sent bien seule dans ma chambre… Mes goûts ne collaient pas toujours avec ceux de mes amis, et c’était déjà un coût à l’époque. J’avais pour habitude d’y aller le jour de mon anniversaire car la séance était gratuite !
    Mais cette séance-là, de l’année 2000, dans une petite salle, seule au milieu d’inconnus, très mal à l’aise au début, stressée, appréhendant la réussite et la satisfaction, je m’en rappelle tellement.. Comme je me suis sentie « chez moi » tout à coup… Comme si je retrouvais des amis perdus. Comme si j’étais la seule à comprendre leur langage, à les connaître ou les reconnaître (Kitty et Colossus qui passent furtivement, sans même être nommés). Comme si j’appartenais à leur communauté.

    Bien sûr, j’ai été déçue par l’importance de Wolverine, le rôle maltraité de Scott, mais quand on voit les autres films, eh bien 25 ans après, on se dit que finalement, il était pas si mal…

    Mon fils n’a malheureusement jamais voulu regarder les films X, il a préféré qu’on se fasse le MCU depuis le début… Mais un jour, j’y arriverai…

    Et je rejoins Alex : je garde X-Men, X2, First Class et Days of Future Past. Ils m’ont donné de vraies bonnes émotions. Les autres, ce fut un calvaire sans nom… Aux oubliettes !!

  • Jyrille  

    C’est cool de revenir là-dessus parce que je n’en ai aucun souvenir. Encore un article mené de main de maître, mais pas sûr que j’aie envie de le revoir bientôt ou un jour d’ailleurs… Pinaillage : ce n’est pas un film du MCU, il n’est pas du studio Marvel.

    Je me souviens cependant que j’avais trouvé ça bien de ne pas mettre des costumes flashy, d’être un peu plus réaliste sur ces points. Quant à Bryan Singer, je ne savais pas du tout, mais il ne m’aura vraiment impressionné qu’avec Usual Suspects.

    • Bruce Lit  

      MCU, Marvel Studios, c’est kif kif pour moi.

      • Jyrille  

        C’est le cas 😉 Mais ici c’est la Fox 🙂

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonjour.

    Pour ma part un film référence, que je regarde encore avec beaucoup de plaisir. C’est une belle adaptation. Le film est bien dosée entre respect des comics et cahier des charges hollywoodien.

    J’ai trouvé, à l’époque, comme d’autre, que Halle Berry était un peu en retrait, moins convaincante. Mais depuis j’ai un révisé mon avis, surtout devant les tacherons incarnants désormais les super héros au cinéma.

    Je me rappelle également que Chris Claremont avait du faire avec le film quand il est revenu pour la première fois sur les X-Men (la triste « revolution »). Même si cela se voit plus chez Morrison c’est bien le papa des mutants qui a essuyé le premier les plâtres de cette idée stupides que les comics devaient faire comme les films/séries.

    • Bruce Lit  

      Il est maintenant prouvé que les films ne relancent pas les comics (mais favorisent leurs rééditions)

  • Présence  

    X-MEN est le premier film du MCU réalisé en 2000 : Mince ! Ce film a déjà plus de vingt-cinq ans !

    Comment synthétiser en deux heures, la richesse de personnages à l’époque âgés de 40 ans ? – Exprimé comme ça, la réponse est dans la question. 😀

    Et le film est plutôt bon pour peu que l’on en accepte les règles. – C’est un cap que je n’ai jamais réussi à passer : adapter c’est trahir certes, mais finalement je ne retrouve pas ce que je ne sais quoi qui m’accroche tellement dans les comics, dans le format bande dessinée, quand il est transposé à l’écran. Je n’arrive pas à m’adapter à ces règles cinématographiques.

    Nos héros sont inexpérimentés, apprennent à travailler en équipe et à se faire confiance quand Magneto est prêt à sacrifier la jeune Rogue pour ses idéaux : finalement la démarche créatrice et scénaristique fait sens.

    J’ai beaucoup aimé cet article pour sa démarche : revisiter une œuvre, avec deux décennies et demi de vécu supplémentaire, et la réévaluer en toute honnêteté.

    • Bruce Lit  

      Par curiosité : as-tu vu ce film?
      Je suis sûr de la réponse mais…

      • Présence  

        Tu as raison quant à la réponse : je pense que je n’en ai même pas vu d’extrait.

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