Aux Dents de la Mort, je suis à Crocs… (Les films de crocodiles géants ! – 1° partie)

Encyclopegeek – Les films de crocodiles géants ! – 1° partie

AUTEUR : TORNADO

1ère publication le 15/01/19- MAJ le 31/07/19

Non, celui-là on n’en parlera pas… © Neo Publishing

Non, celui-là on n’en parlera pas…
© Neo Publishing

Cet article vous propose un tour d’horizon sur un sous-genre du cinéma horrifique et animalier un peu particulier : le film de crocodile géant !
Si le genre de l’animal tueur est véritablement né avec l’emblématique LES DENTS DE LA MER réalisé par Steven Spielberg en 1976, un sous-genre à lui tout seul est rapidement apparu dans son sillon, mettant en scène des sauriens à la taille fantastique.

Nous vous proposons un focus en deux parties sur dix films choisis, afin de brosser le tableau depuis l’apparition du genre jusqu’à aujourd’hui.

Dix films. Nous ne serons donc pas exhaustifs. Pour cela, allez taper « liste de films de crocodiles » sur Google, et vous verrez que certains sites en recensent près d’une centaine rien que dans le genre Horreur.
Nous ne vous parlerons pas de certaines pellicules direct-to-video (ni de leurs suites), tels KILLER CROC (1989) ou SUPERCROC (2007). Pas plus que nous n’écumerons en entier la liste des récents films jouant à fond la carte du faux vrai nanar bourré de mauvais goût cyniquement assumé comme SUPERGATOR (joli patronyme au demeurant), MEGA SHARK Vs. CROCOSAURUS, voire DINOCROC VS. SUPERGATOR et tutti quanti…
Enfin, nous ne parlerons pas non plus des films naturalistes avec animaux normaux (pas géants, donc), comme BLACK WATER (2007), quand bien même ils sont intéressants, et peut-être plus stressant encore que leurs cousins ouvertement horrifiques.
Nous nous contenterons donc d’un large panorama de films emblématiques couvrant près de quarante ans de dents de la mort géantes prêtes à croquer les écrans…

Avant de commencer, précisons tout de même que les films de crocodile ont le droit, ne vous en déplaise, de mettre aussi en scène des alligators, voire même des caïmans. Non mais…

1) LE CROCODILE DE LA MORT (1977)

LE CROCODILE DE LA MORT (EASTEN ALIVE, ou DEATH TRAP en VO) est un film américain réalisé par Tobe Hooper.

Le pitch : Dans un coin reculé de Louisiane, le gérant d’un motel miteux perché sur les bords d’un étang assassine sa clientèle en la jetant en pâture à un alligator qui attend patiemment ses proies…

Même en remarquant que le titre original ne fait pas autant de caisses à propos du saurien, il faut commencer par préciser que LE CROCODILE DE LA MORT est un vrai-faux film de crocos. Si tel avait été le cas, il aurait été le premier représentant du genre (on en reparle avec le suivant). Il convient ainsi de prévenir les amateurs que ce second film de Tobe Hooper ne montre guère l’animal (en vérité on devine sa présence mais on ne le voit tout simplement pas du tout !), et qu’il s’agit surtout d’un « film de maniaque » dans la lignée de son premier long-métrage, le désormais cultissime MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE.
Et puis d’ailleurs, entre le crocodile et l’alligator, le cœur du scénariste semble balancer, puisqu’il nous assène une explication sur les origines de la bête complètement perchée !

Regardez-le bien sur l’affiche parce que dans le film on le voit pas… © Neo Publishing

Regardez-le bien sur l’affiche parce que dans le film on le voit pas…
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Bien que le film possède sa légion d’admirateurs énamourés, on est objectivement tentés de ne pas partager le même enthousiasme dès lors que l’on ne vient pas avec la même approche. Mauvais film ou film maudit ? (Tobe Hooper aurait quitté la production avant la fin du tournage pour cause de brouille avec le producteur, laissant ce dernier s’occuper des scènes manquantes et assurer le montage sans le final cut dévolu au réalisateur). Toujours est-il que le résultat est extrêmement fluctuant et qu’il souffre d’un manque de rythme et de passages à vides trop importants pour que l’on fasse comme si on ne les voyait pas.

Malgré le fait que la plupart des scènes soient bien filmées (on peut parfois admirer certains plans particulièrement travaillés et éclairés avec soin, dans une bichromie rouge et bleue de très belle tenue), on en ressort avec l’impression que Hooper s’est acharné tout du long dans l’espoir de retrouver l’essence de son MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE, sans jamais y parvenir. Le résultat final est donc très bancal, avec une surenchère de plans qui dénotent une volonté d’exhaler un maximum de relents glauques et malsains, mais qui finissent par tomber involontairement dans la farce et le Grand-Guignol, annihilant ainsi l’effet de malaise recherché.
C’est dommage car, au hasard de quelques scènes, on perçoit bien l’idée de départ : à savoir celle de faire du personnage de Judd, ancien combattant du Vietnam reconverti en taulier psychopathe et tueur en série tentant vainement d’expurger ses penchants malsains sous une apparente velléité de rédemption, le véritable monstre à figure humaine de l’histoire. L’alligator n’étant alors que l’outil et le reflet terrifiant du tueur. Hélas, l’ensemble ne convainc pas, la faute à un script mal finalisé, à un montage raté et à des effets horrifiques mal gérés. Reste le privilège de voir un film culte, traînant les oripeaux du grand film d’horreur qu’il rêvait peut-être de devenir…

‘Sont pénibles à ne jamais mettre le bon animal qui va avec le bon continent ! © Dania Film & Medusa Produzione

‘Sont pénibles à ne jamais mettre le bon animal qui va avec le bon continent !
© Dania Film & Medusa Produzione

2) ALLIGATOR (1979)

ALLIGATOR (ou LE DIEU ALLIGATOR, ou encore LE GRAND ALLIGATOR selon les occasions) est un film italien réalisé par Sergio Martino sous le titre original IL FIUME DEL GRANDE CAIMANO (LE FLEUVE DU GRAND CAÏMAN).
Il conclue une trilogie de films d’aventures spaghetti (mâtinés d’horreur et de fantastique) amorcée avec LA MONTAGNE DU DIEU CANNIBALE et poursuivie avec LE CONTINENT DES HOMMES-POISSONS.

Le pitch : Au cœur de l’Afrique, un riche promoteur caresse le rêve de créer un complexe touristique paradisiaque qui attirerait les foules. Il n’hésite pas, pour se faire, à construire un luxueux hôtel sur les terres d’une tribu locale. Lorsqu’un saurien géant surgit du fleuve pour dévorer les touristes, un photographe venu sur les lieux afin de promouvoir un documentaire publicitaire comprend, dès lors, qu’il s’agit d’une sorte de « divinité » invoquée par les indigènes afin de punir les envahisseurs occidentaux…

Imaginez la situation :
- Le producteur du film : « Hé les mecs ! les meeecs ! Et si on mélangeait le script des films de monstres ayant remporté le plus de succès dans les années 70 ?« .
- Le scénariste : « Ah ouais ! Et si, donc, on mélangeait le KING KONG de 1976 avec LES DENTS DE LA MER ?« .
- « Et si, à la place d’un gorille géant et d’un grand requin blanc, on mettait un crocodile ?« .
- « Et si, pour le coup, on mettait un crocodile géant qui serait en vérité un caïman en Afrique que les distributeurs français renommerait un alligator (mais quand même géant) ?« .
- « Ah ouais ! Trop bien comme idée !« .
Car tel semble être, à l’arrivée, le concept du film…

« Viens voir mon sous-marin jaune », qu’il lui a dit, l’aut’… Source : Wikipedia https://it.wikipedia.org/wiki/Barbara_Bach

« Viens voir mon sous-marin jaune », qu’il lui a dit, l’aut’…
Source : Wikipedia

Ainsi, des pans entier du KING KONG de John Guillermin (une tribu indigène vénère un Dieu sous la forme d’un animal géant et kidnappe la belle femme blanche afin de l’offrir en offrande au monstre) et du JAWS de Steven Spielberg (un promoteur véreux tient absolument à taire les rumeur d’un danger animal pour ne pas voir fuir les touristes avec leur argent) sont repris allègrement tout au long de cette série B assez fauchée, qui nous lâche enfin la bête dans le dernier quart du film, laquelle est un superbe spécimen en carton d’une dizaine de mètres, dont la mobilité et la capacité à se mouvoir dans les eaux se situent entre celle d’un playmobil et d’une bouteille en plastique…

Malheureusement, à aucun moment on ne nous expliquera l’origine réelle de la taille anormale de l’animal, et encore moins le pourquoi du comment ce n’est manifestement pas un crocodile africain, mais au contraire un alligator (ou un caïman, vu le titre italien originel) importé des Amériques dans une version king-size. Décidément, après le film de Tobe Hooper, les représentants de notre sous-genre cinématographique semblent mettre un point d’honneur à ne jamais mettre le bon animal dans le bon continent…

Pour le reste, les acteurs font le job (le promoteur véreux est tout de même interprété par le vétéran hollywoodien Mel Ferrer, qui jouait déjà dans LE CROCODILE DE LA MORT !), le script est généreux en scènes d’action de tout poil (bagarres à l’italienne comprises), le réalisateur soigne les dialogues et les scènes d’exposition, additionne les plans à suspense sous les eaux en caméra subjective, assure une belle note d’érotisme estival ; le tout culminant lors d’un climax survolté où les attaques de la bête sont menées en parallèle au massacre des touristes par les indigènes furax, dans un déluge sanglant de hurlements et de panique tous azimuts.
A l’arrivée, ALLIGATOR, premier véritable représentant d’un genre en devenir (le film de croco, donc), est une série B à l’ancienne, aussi kitsch que possible, mais tout à fait divertissante dès lors qu’on prend la chose avec la légèreté qu’il convient de lui accorder. A noter la présence de Barbara Bach dans le rôle de la belle, très présente sur les écrans à l’époque (Sergio Martino lui avait déjà donné la vedette dans LE CONTINENT DES HOMMES-POISSONS), puisqu’elle avait fait la James Bond-girl dans L’ESPION QUI M’AIMAIT, avant de jouer dans L’HOMME DES CAVERNES où elle rencontrera Ringo Starr, qui deviendra son époux pour le meilleur et pour le pire…

The classical one. © Antartic

The classical one.
© Antartic

3) L’INCROYABLE ALLIGATOR (1980)

L’INCROYABLE ALLIGATOR (le titre en VO est ALLIGATOR mais (comme c’est ballot) ces nigauds de traducteurs français avaient déjà renommé le film de Sergio Martino comme ça l’année précédente (raison pour laquelle, d’ailleurs, ce dernier n’a cessé de changer de titre au hasard des éditions vidéo…) est un film américain réalisé par Lewis Teague.

Le pitch : Près de Chicago, vers la fin des années 60, une petite fille ramène un bébé alligator acheté dans une ferme animalière. Rapidement, son père s’empresse de jeter l’animal aux toilettes, prétextant sa mort alors que la fillette est à l’école.
Douze ans plus tard, des fragments de cadavres déchiquetés sont découverts dans le vaste réseau d’égouts qui sillonne la ville. Au fil de ses recherches, le policier David Madison découvre que le tueur est un gigantesque alligator de près de douze mètres. Il s’agit en réalité (vous l’aurez sans doute deviné tout seul) du bébé jeté jadis dans les latrines. Ce dernier se serait nourri des cadavres de chiens balancés dans les égouts, des chiens ayant subi diverses expériences dans un laboratoire illicite où des scientifiques s’échinent à inventer un sérum permettant de décupler la taille des animaux (afin de soi-disant palier au problème de la faim dans le monde). Le souci c’est que le sérum, en plus de faire grandir le saurien, aurait rendu son appétit si insatiable, qu’il va devoir bientôt sortir des égouts afin de rechercher de la chair fraîche, humaine de préférence…

Il est aujourd’hui notoire que la présence de crocodiles (voire d’alligators ou autres caïmans) dans les égouts des grandes villes américaines ait atteint le rang de mythe urbain. L’origine de cette légende ayant d’ailleurs abouti sur la spéculation que l’on ait évacué des bébés sauriens depuis les toilettes ! Le film de Lewis Teague fait donc figure de témoin d’une époque, où l’on fantasmait en tremblant sur la possible présence de terribles dragons enfouis au plus profond de nos sous-sols domestiques…

Dans notre domaine du film de croco, L’INCROYABLE ALLIGATOR tient désormais le rôle de grand classique en même temps qu’il se place en lice pour figurer au rang des plus beaux nanars hollywoodiens de son époque. Je ne sais pas si c’est à cause de mon manque d’objectivité, étant donné qu’il s’agit du premier film que je suis allé voir au cinéma avec un copain lors de sa sortie (et donc la première fois que j’effectuais une vraie sortie sans mes parents), mais je trouve sa mauvaise réputation injuste.
Alors certes, c’est parfois très kitsch, mais comment ne pas le défendre ? Je dirais dès lors que le film est très chouette jusqu’à son dernier quart d’heure (il dure 87 mn), que son script est certes énorme mais solide, qu’il est porté par une bande d’acteurs « à gueule » qui force la sympathie (Robert Forster, Dean Jagger, Sydney Lassick, Henry Silva), et que ses effets spéciaux sont carrément réussis pour l’époque, avec une excellente gestion sur les plans du monstre, qui alternent parfaitement ceux de la marionnette et ceux d’un animal réel, superbe de surcroît.

Alors bien sûr, le dénouement est d’un Grand-Guignol extraordinaire, où l’on voit la bête débarquer en plein milieu d’une soirée mondaine où se trouvent, comme par hasard, tous les vilains corrompus qui ont contribué à laisser la catastrophe se répandre. Lesquels vilains s’empressent d’ailleurs, un par un, de se jeter dans la gueule de notre super alligator afin de contenter le spectateur avide de punition gore ! Mais pour le reste, le film n’a pas à rougir de la comparaison avec la plupart des films fantastiques de son époque, et notamment du précédent…
Ajoutons à cela une patine estampillée « 70′s » aujourd’hui hélas disparue qui faisait exister les personnages par l’intermédiaire de dialogues et de situations triviales joliment développées (il faut voir David Madison, le héros, s’inquiéter tout du long de sa calvitie naissante alimentant la plupart des discussions), et nous tenons ici davantage un classique un peu kitsch mais encore très divertissant et spectaculaire qu’un honteux nanar miteux…

Une affiche US moins racoleuse mais plus glauque... © Antartic

Une affiche US moins racoleuse mais plus glauque…
© Antartic

En seulement un faux et deux vrais films de crocos, le genre se serait-il d’amblée nanardisé ? C’est ce que semble nous dire la suite des événements puisque, durant près de vingt ans, il ne va écumer que les films de série Z (direct-to-video), voire le petit écran.

LES DENTS DE LA MORT (1987), CROCODILE FURY (1988), KILLER CROCODILE 1 & 2 (1989-1990), ALLIGATOR 2 : LA MUTATION (1991) ; tous sont des productions fauchées plus ou moins pathétiques, indignes de nous ralentir dans notre progression et notre panorama crocodilien.
Il faut donc attendre 1999 avant que la grande déferlante écailleuse ne se remette définitivement en marche…

Vaudeville in the Lake ! © Twentieth Century Fox

Vaudeville in the Lake !
© Twentieth Century Fox

4) LAKE PLACID (1999)

LAKE PLACID est un film réalisé par Steve Miner. Il forme le premier segment d’une saga de moult films (six ou sept à l’heure où je sévis en ces lignes), se permettant même un crossover avec une autre série de films similaires à base de serpents géants (LAKE PLACID Vs. ANACONDA)…

Le pitch : Les restes déchiquetés d’un agent de la protection des eaux et forêts sont retrouvés dans un lac au nord de l’état du Maine, aux Etats-Unis. Une paléontologue new-yorkaise est envoyée sur les lieux pour assister le shérif dans son enquête, car on soupçonne la présence d’un animal sauvage d’un autre temps. Ils sont bientôt rejoints par un professeur aventurier spécialiste des grosses bêtes, qui ne va pas tarder à déduire la présence, au beau milieu du lac, d’un énorme crocodile marin qui se serait frayé un chemin depuis les océans…

Vrai film de crocodile ou comédie de mœurs déguisée en film de croco ? Il semblerait que LAKE PLACID soit les deux à la fois, même si la bébête se fait souvent voler la vedette par les personnages qui la traquent, lesquels cabotinent à outrance dans leurs relations, qu’elles soient professionnelles, sentimentales ou tout simplement conflictuelles. Car la présence du crocodile (géant, de surcroit) ne semble servir, au final, que de catalyseur à toutes ces fréquentations houleuses.
Le fait que l’action se déroule dans le Maine, région privilégiée d’un certain Stephen King (dans laquelle se déroule la majorité des récits de l’écrivain), nous rappelle d’ailleurs que ce dernier a souvent manié la critique sociale par le biais de la vie dans les petites bourgades, en exacerbant les aspects négatifs de la nature humaine dès lors qu’elle se retrouve face à la moindre perturbation surnaturelle. Soit une parabole sous-jacente dénonçant la fragilité de l’équilibre social américain.
Si l’on ajoute que le script de LAKE PLACID ressemble comme deux gouttes d’eau à un épisode de la série X-FILES (Saison 3, épisode #22 : Les Dents du Lac), on se dit que le film de Steve Miner n’est décidément pas très original. Il serait injuste de s’en tenir là car, au delà de ce postulat, le récit est mené avec une énergie et un humour vivifiants, lequel humour se veut souvent incongru, voire surréaliste, aussi bien lorsqu’il sert à dépeindre les relations des protagonistes que lorsqu’il s’agit de dévoiler le mystère de la présence de la bête, dont les origines ne sont pas piquées des hannetons.

Ça n’en a pas l’air dans la bande-annonce, mais le film est rigolo…

Si les effets spéciaux en CGI ont plutôt mal vieilli (mais ils seront nettement pire dans les films suivants, plus proches d’un téléfilm cheap que d’un blockbuster), le croco fait son petit effet dès lors que le réalisateur s’amuse à le dissimuler sous les eaux, histoire de ménager le suspense. Et, lors de quelques plans réussis, la bête n’est pas du tout dégueu.
Pour couronner le tout, le casting est assez réjouissant puisqu’il réunit Bill Pullman, Bridget Fonda et Brendan Gleeson, ainsi qu’Oliver Platt, un acteur que je ne connaissais pas mais qui parvient à cabotiner plus encore que les trois autres réunis !

Au final, LAKE PLACID est un ovni assez réjouissant qui parvient à réunir le film de monstres (plus précisément le film de croco), la comédie de mœurs et la farce potache dans un esprit proche des délires du Saturday Night Live. Et si ce n’est certainement pas un chef d’œuvre, il s’agit en tout cas d’un divertissement fort sympathique, bien meilleur, au demeurant, que ses suites poussives plus mauvaises les unes que les autres…

Et v’là qu’ça r’commence : un crocodile africain en Amérique… © Pinnacle

Et v’là qu’ça r’commence : un crocodile africain en Amérique…
© Pinnacle

5) CROCODILE (2000)

CROCODILE est un film américain réalisé par Tobe Hooper (encore lui !).

Si LAKE PLACID n’a pas fait exploser le box-office, il a néanmoins remporté le double du coût de sa production. Il n’en faut pas moins, à Hollywood, pour déchainer les projets et les concepts.
La machine est donc relancée et, attention, les films de crocos peuvent désormais pleuvoir sur tous les écrans ! Cela démarre plus ou moins avec le film de Hooper qui, plus de vingt ans après son CROCODILE DE LA MORT, va cette fois nous servir un vrai film de croco digne de ce nom…

Le pitch : Dans le sud de la Californie, une bande de jeunes étudiants testostéronés à bloc part passer un week-end festif sur les bords d’un lac isolé. Là, l’un d’entre eux raconte une légende locale à ses petits amis, histoire de leur faire peur (et de tenter ainsi quelques rapprochements avec la bombasse du groupe) : Jadis, le propriétaire d’un hôtel sordide (c’est beaucoup mieux quand c’est sordide…), adepte de l’antique Egypte, élevait un crocodile du Nil. Le bonhomme aurait érigé un culte fanatique dédié à Sobek, le dieu à tête de saurien. Les habitants de la région auraient alors brûlé le brave homme maléfique ainsi que son hôtel, sans toutefois retrouver la trace du dangereux reptile…
Tandis que nos étudiants lascifs débutent leur séjour, deux pêcheurs du coin tombent comme par hasard sur un gros nid d’œufs d’autruche près de la berge, qu’ils s’empressent d’écraser. C’est alors que surgit une gigantesque maman croco furax, qui les dévore aussi sec (démontrant par ailleurs qu’il ne s’agissait nullement d’un nid d’autruche). Serait-ce le début du carnage ?

Une bête pas vilaine… © Pinnacle Source : Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Crocodile_(film,_2000)

Une bête pas vilaine…
© Pinnacle
Source : Wikipedia

Si vous êtes habitués aux films de slashers de type HALLOWEEN ou VENDREDI 13, vous saisirez très vite que Tobe Hooper s’amuse ici à substituer son crocodile aux habituels maniaques adeptes de tueries d’ados libidineux en masse (ou l’inverse, ce qui revient au même…). Il s’amuse ainsi à créer un mélange de genres, où le crocodile géant et le slasher, tels Bougredane et Bougredandouille, ne font qu’un.

Le schéma des habituels films de slashers est donc repris quasiment à la lettre, tandis que les scènes où la bête guette ses proies avant de bondir pour les dévorer se calent pile-poil dans l’héritage des films d’animaux-tueurs en droite ligne des DENTS DE LA MER .

Ce décalquage donne au final un air de « franchement déjà vu mille fois » à ce petit film d’horreur. L’ensemble a beau être très bien troussé, mené tambour battant et sans temps morts, avec de surcroit une bébête tout à fait respectable dans tous les sens du terme (raccord avec la réalité, quand bien même il n’y a pas de crocodiles du Nil en Californie, et quand bien même on ne comprend pas bien comment un crocodile solitaire a bien pu se reproduire tout seul…), on en ressort avec un arrière-goût de banalité absolue, oubliant très vite le spectacle (il a d’ailleurs fallu que je fasse un effort surhumain afin de me rappeler de tout ça)…

Fin de la 1° partie…

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Place aux crocos avec une anthologie en dix films sélectionnés (Le crocodile de la mort, Crocodile, Lake Placid ou Alligator) par Tornado. Êtes-vous d’accord avec son palmarès ?

BO : Des fois, les BOs, c’est d’une évidence !

27 comments

  • Tornado  

    Le hasard veut que le 28 aout sorte un nouveau film de crocos : CRAWL, par Alexandre Aja. Et apparemment c’est parti pour devenir un classique instantané, dans le bon sens du terme !

    • Matt  

      Dans le genre stupide comme Piranhas ou sérieux ?^^

      • Tornado  

        Dans le genre série B efficace et 1° degré.

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