BULLSHIT DETECTOR: COMMENT PLANTER SON RETOUR –ET UNE SERIE- EN DIX LECONS (X-MEN REVOLUTION)

Bullshit Detector : X-Men Revolution par Chris Claremont.

Un hurlement à la lune expectoré par EDDY VANLEFFE

VO : Marvel

VF : Panini (Kiosque)

Nous allons faire ici le tour de l’accident éditoriale que fut X-MEN REVOLUTION qui démarra sur la série X-MEN au numéro 100 pour s’achever au 109 et qui  concerna aussi les Uncanny X-Men 381 à 389. Le tout fut publié dans la revue en France par Panini de X-Men 53 à 61 et jamais réédité en librairie depuis.

La biographie artistique de Chris Claremont a de quoi en surprendre plus d’un. Comment le type qui a pu faire la pluie et le beau temps sur Marvel durant les années 80, en régnant de manière autoritaire sur le monde mutant pendant 17 ans et en faire une locomotive au succès à la fois commercial et critique, s’est retrouvé à presque tout louper depuis jusqu’à devenir l’image même de l’auteur ringard et poussiéreux?

Après un passage en dents de scie chez DC comics, le scénariste revient au bercail en toute discrétion pour quatre épisodes anecdotiques de WOLVERINE  et pour finalement se refaire la main sur une série qui à son image, est toujours respectée pour son passé prestigieux, mais qui ne parvient plus à renouveler l’intérêt: c’est-à-dire, les FANTASTIC FOUR.

En 2000, les choses changent, le cinéma fait les yeux doux pour la première fois de manière crédible et rentable aux comics et le tour des mutants est enfin arrivé. Un tournage est en préparation mais la franchise X commence à donner de sérieux signes de faiblesses sur le support papier. En un mot comme en cent, plus personne ne comprend plus un traître mot de ce qui se passe à l’intérieur d’un comics mutant. C’est le bordel!

L’une des dernières décisions de Bob Harras en tant qu’éditeur en chef de Marvel sera donc de muter Claremont peinard sur les Fantastiques  sur la franchise qui a fait son renom. Sur le papier cela semble faire sens. Motivé par la perspective d’un nouveau contrat mutuel, l’auteur s’exécute en bon employé qu’il est.

Tâtant le terrain, il pose la question sur le film à venir et on lui répond sans ambages: ce projet va sûrement se planter, aucun acteur n’est vraiment connu, ou alors à la télé. Le réalisateur en a visiblement rien à foutre du comics, les photos montrent des gars en motards, bref… on s’en fout. Le dernier succès à la mode, c’est Matrix, c’est là qu’il faut se diriger et improviser.

A partir de là, c’est la catastrophe à tous les étages.

1-LA TECHNIQUE DU GAP

C’est une technique qui consiste quand les artistes sont pris par le temps, à tout remettre à  plat en disant: «Six mois plus tard…» on présente alors une situation neuve qui doit servir de tremplin pour de toutes nouvelles intrigues.  Le scénariste comblera les trous au fur et à mesure.

C’est une technique employée à tout de bras et souvent n’importe comment. Une facilité scénaristique artificielle pour ceux qui ne veulent pas s’embarrasser de faire le service après-vente de la continuité. Parfois cela donne de bonnes choses comme le PUNISHER de Garth Ennis et Steve Dillon. Le personnage était devenu un peu n’importe quoi en se réincarnant en une sorte d’ange fantôme. L’auteur irlandais, a simplement replacé Frank Castle dans un contexte plus habituel, identifiable en balayant l’intrigue précédente en un pavé narratif sans l’occulter. Six mois plus tard les choses pouvaient reprendre, le lecteur n’était pas perdu: Frank flinguait du truand, voilà!

L’éditeur n’excluait pas à l’époque de faire une mini-série pour raconter ce qui était arrivé entre les deux, mais voilà on n’en avait même pas vraiment besoin. Dans le cas des X-Men on les avait laissés sur l’histoire des Douze que personne ne saurait résumer sans réviser quatre articles Wikipédia. Six mois plus tard, donc, Diablo est devenu prêtre, Kitty Pryde commande des x-men de manière assez dirigiste sur une navette spatiale en orbite, Colossus roule des bécots à Malicia réalisant qu’elle n’absorbe pas ses pouvoirs sur l’acier, Jean Grey a perdu sa télépathie et  il y a tout un tas de nouveaux méchants appelés les NEO parce que quitte à s’inspirer de Matrix, on chope juste des noms au hasard… Certains sont sur la lune les autres répartis un peu partout, l’équipe n’existe plus mais part en mission quand même. Dites vous bien que rien ne sera expliqué. Essayons de résumer. …NNNNNNNGGGHH….J’y arrive pas !

Ils ont dû arrêter la production de ce comic, les lecteurs devenaient aveugles.
©2000-Leinil Yu-Marvel Comics

100111000111000…..amideje…………………REBOOT………………..

Une nouvelle race appelée les NEO agresse Kurt en train de prier pieusement dans son église new yorkaise. Ces «nouveaux mutants» l’ont bien mauvaise et ont décidé de massacrer les X-Men, pour une raison des plus obscure. Apparemment, sans faire exprès les mutants de Xavier seraient la cause de leur disparition en tant qu’espèce que personne  d’ailleurs ne connaît. Contrairement à Claremont, la parlotte, ce n’est pas leur fort et ils vont faire perdurer ce malentendu pendant plusieurs épisodes. 

Ailleurs sur la  station spatiale du professeur Corbeau, Kitty Pryde fait la fête avec Colossus, Psylocke,  un nouveau Thunderbird (un vrai indien celui-là) et Malicia après avoir fait d’importants travaux de modernisation. Mais un autre Néo s’est infiltré, il sabote la station les X-men vont donc devoir sauver l’équipage et amener une navette en catastrophe sur terre au cours duquel Kitty disparaîtra. Ailleurs Jean Grey, Tornade, Cable et Gambit se baladent à Venise en plein carnaval, ils vont aussi subir une attaque de la part d’un autre groupe de Néo. Oui parce que le Néo est composé de plusieurs tribus agissant indépendamment des autres mais dans le même but. Nous allons donc être présentés en quelques pages à plusieurs dizaines de personnages, sans que les enjeux soient vraiment clairs. On peut donc faire le même reproche que les fans adressent assez régulièrement au film PROMETHEUS, à savoir qu’on s’en tape de ce qui arrive, on ne connaît même pas les personnages…

Et ça, c’est le pitch. C’est-à-dire un petit résumé sur le pouce des premiers épisodes des deux séries que reprend Chris Claremont à savoir les X-Men 100 et Uncanny X-men 381. Où sont les autres? Aucune idée. Rien n’est introduit, les auteurs espèrent que nous aurons la patience d’attendre qu’ils aient trouvé une explication. Un bordel a remplacé un autre bordel.  La lecture est brouillonne et l’action poussive.

2– LES REGLES DE BASE: AUX FRAISES

Nous avons bien ces trois commandos distincts et parfois rivaux que sont l’équipe de Domina qui perdu ses enfants-une faute qu’elle impute aux enfants de l’atome, LE GOTH et les LOST SOULS. D’autres antagonistes  interviennent comme les «Crimson Pirates»Nous devinons que certains membres ont des intérêts divergents et des intrigues de cour. D’autres encore auraient dû être appelés à devenir de nouveaux membres des X-Men comme Sketch qui doit avoir trois répliques au total. Mais tout s’écroulera après un face à face bien fade laissant les deux partis sur un statu quo en suspens.

C’est peut-être enfoncer  des portes ouvertes, mais un récit doit avoir un début, un milieu et une fin. La technique du «gap» escamote d’entrée de jeu le début.  Mais le pire c’est qu’il n’y a pas de fin, non plus. Nous n’avons qu’un gros milieu d’histoire escamotée. Le Neo commence comme un changement en profondeur de paradigme. Un truc que Claremont a voulu très ambitieux. A plusieurs reprises, il indique la rupture qu’il veut amorcer, à commencer par la désintégration d’une équipe désormais protéiforme et un retour aux métiers civils comme la prêtrise de Diablo ou la clinique de Cecilia Reyes. Il esquisse aussi toute une société autour des Neo qu’il n’aura jamais le temps de mettre en scène.

Domina…domine (-eh-) les Neo…Dommage que plus personne ne se rappelle d’eux !
©2000-Leinil Yu-Marvel Comics

«Vous avez tué nos familles Mutants! Vous allez mourir Kiaï! »
« Non c’est pas nous ! »
« Vous êtes sûrs ? »
« On était en vacances sur la station Avalon avec les Acolytes ! »
 « Ok, on doit réfléchir !»

La suite? Jamais! Scott Lobdell se chargera de les rapprocher de Magneto qui dirige Genosha et Morrisson se débarrassera de Genosha en une page. Bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao…

3-IL FAUT REVISER SON WHO’SWHO

Dès les premières pages, lorsqu’on mentionne le professeur Corbeau, on serre les dents. Ce personnage est un scientifique pro-mutant ami de Charles Xavier qu’on a du voir apparaître dix fois et la plupart du temps dans le premier passage de Dave Cockrum. Charlotte Jones fait plus tard un petit tour aussi pour dire bonjour et disparaître aussitôt. Le sénateur Kelly qui se morfond sur la tombe de sa femme renvoie à une péripétie du Seuil du péril. 

Ces scènes, si elles peuvent pour le complétiste être de petits cadeaux ,illustrent pourtant le manque d’intérêt du run. Le retour d’un personnage apprécié au détour d’un twist engendre souvent le plaisir chez le fan de retrouver de vieux amis et de prendre ainsi de manière détournée de leurs nouvelles. Mais qui se soucie des figurants quasi anonymes vieux de plus de trente ans? Claremont tente de reconstituer son univers de poche personnel qu’il avait su il est vrai, habiter d’un tas d’être vivants attachants. Stevie Hunter la prof de danse de Kitty, Sharon l’infirmière des New Mutants, les parents Grey, Amanda Sefton etc…  mais ici, en plus de ne susciter aucun émoi, ils ne viennent qu’encombrer d’avantage des pages qui décidément sont privées de respiration.  Enfin les jeunes lecteurs, n’auront qu’une seule réaction: Qui c’est c’ui là?

Au départ Chris Claremont voulait rajouter une nouvelle X-woman artiste portant le sobriquet de Sketch. Bon ben…raté!
©2000-Adam Kubert-Marvel Comics

4-LA MARVEL WAY OF SCRIPTING : ARME A DOUBLE TRANCHANT QUI FAIT DEUX FOIS PLUS MAL

Pourtant on ne peut pas dire que Chris Claremont n’a pas d’histoire à raconter. Le fait qu’une version mutante des Hommes de Neandertal (les Néo-suivez quoi!) ayant survécu à l’insu de tous pendant toutes ces années en parallèle, est une piste inédite.  Le fait d’exploiter une conséquence de «l’histoire des douze» pour nourrir son scénario pourrait être bien vu même. Mais il faut pouvoir le raconter. Chris de son côté veut trop bien faire, aller trop dans des directions divergentes et amener  trop de choses. En plus il pratique ce que l’on appelle la «marvel way of scripting». Cette division du travail peut obtenir de bons résultats et a donné des ailes à pas mal d’artistes qui se sont vu souvent devenir des auteurs complets. Le scénariste résume son intrigue, laisse le découpage au dessinateur et dialogue les planches terminées.

Auparavant Claremont eut affaire à Dave Cockrum John Byrne, John Romita jr, Paul Smith, Frank Miller ou même Marc Silvestri d’excellents story-teller capables d’improviser des arrières plan pour épaissir l’intrigue, de mettre des gags visuels et de rendre reconnaissable un perso au premier coup d’œil. Avec eux, pas besoin d’en rajouter. Il suffit de mettre ce qu’il faut. Chris est déjà naturellement verbeux, mais lorsque les décors ne sont pas clairs, les intervenants non plus, alors on est obligé pour être compréhensible de rajouter les lieux, les enjeux, les personnages, leur pensées, le moment de la journée, bref tout dans le texte. C’est indigeste au dernier degré. Les planches de Leinil Francis Yu sont illisibles, on y comprend rien, on ne sait pas où on est, qui agit. Parfois on ne discerne plus les intérieurs des extérieurs. Le coloriste non plus ne semble trop comprendre car tout devient bleu sauf quand ça pète  ou tout devient orange fluo. C’est un concours au plus gros sabotage. La course poursuite entre le Néo, Diablo et Cecillia Reyes est un cas d’école de ce qui ne faut pas faire. Dois-je dire qu’Archangel  et Charlotte Jones débarquent sans qu’on sache vraiment pourquoi. Il ont vu de la lumière, ils sont rentrés.Sur l’autre série Uncanny X-Men, Adam Kubert s’en sort bien mieux, en aérant ses planches, donnant de la grâce à Jean et Ororo et illustrant de manière originale et fort jolie il faut l’avouer les délires mentaux-onirique de son scénariste. Ce n’est pas simple, mais c’est agréable à regarder au moins. Du coup les personnages semblent s’amuser et non pas passer de dédales en ruine en dédales en ruine.

Pendant ce temps Wolverine se balade dans les égouts avec Danielle Moonstar sans aucune espèce de raison avec son sac à dos, il explore comme Dora. Au bout de trois épisodes, c’est plié, tout le monde sait- les auteurs compris-qu’on ne redressera pas la barre. Kubert est mystérieusement muté pour laisser sa place à Salvador Larroca. Tom Raney et Tom Derenick se chargeront des fill-in. Au final nous aurons cinq dessinateurs sur dix-neuf épisodes… Depuis Leinil Yu travaille avec des auteurs qui lui écrivent des scripts complet jusqu’à la description du papier peint; c’est plus sûr.

L’onirisme mental, toujours un «claremontisme» où Adam Kubert peut se donner à cœur joie !
©2000-Adam Kubert-Marvel Comics.

5- UNE ESTHÉTIQUE RATÉE

L’opération «REVOLUTION» fut l’un des premier reboot de la franchise depuis la profonde refonte que la gamme avait connue avec Jim Lee en 1991. Depuis lors, peu de changements cosmétiques ou  d’effectifs, tournant autour d’un noyau relativement stable à savoir le couple Summers, un Wolverine plus ou moins poilu etc.

En 2000, le staff devine qu’il faut dire «au revoir» au design des années 90. il faut changer, mais pour mettre quoi? Le résultat est confondant de nullité, détruisant l’iconsime de mise au profit d’un manque flagrant d’inspiration. En gros on est dans la caricature. Épaulettes encore plus grosses, plus de poches, plus de trucs métalliques qui ne  servent à rien et des lanières, des tonnes de lanières. Le fauve se retrouve affublé de grosses lunettes  aux verres rouges. A-t-il attrapé les rafales optiques de Cyclope? Ou la cécité de Matt Murdock? Cable a un masque qui ne lui couvre qu’un œil et une sorte de Hallebarde. Pas moyen de dessiner Ororo en moins de cinq heures, les artistes en ont tellement marre qu’elle change de tenue au bout d’un arc. Diablo a un costume mais il passera la moitié du temps en chemise de nuit, c’est mieux pour le confort et puis c’est hypoallergénique. C’est tellement moche que Logan aurait menacé Leinil Yu lui même pour garder son slip bleu et ses épaulettes. 

Sans prendre de haut des artistes par ailleurs talentueux, il est manifeste que le constat d’échec se voit à la première couverture. Toute cette garde-robe a bien été rendue au secours populaire mutant et il n’y a d’aventure que quelques artistes historiens qui parfois osent esquisser de nouveau les froufrous de cette période décidément maudite.

6-LES PUTAINS DE CROSSOVERS A INTÉGRER

Pour son retour spectaculaire, Chris dispose de dix-neuf épisodes et un Annual. C’est peu quand on considère que la première moitié est consacrée à changer de paradigme en ajoutant ces fameux NEO.  Puis deux crossovers viendront briser le tout dans un chaos assourdissant et pourtant totalement oubliés. MAXIMUM SECURITY d’abord. Pour résumer, les humains sont considérés soudainement comme nocifs pour l’univers et un conseil exceptionnel, une sorte de G20 des galaxies décrètent que la Terre servira de planète prison pour l’univers entier. L’occasion est trop belle pour les survivants de la planète D’BARI  détruite par le Phénix, de se venger de Jean Grey qui a du mal à expliquer:

«Ce n’est pas moi, j’étais dans la mer, dans un cocon.  C’est le Phénix avec ma tête, c’est dingue le nombre double que j’ai…Demandez à  Madelyne Pryor ..Quoi ma fille aussi c’est Phénix!….Non mais je la connais pas moi, j’ai jamais accouché, vous m’avez pris pour qui? La sainte Vierge? Je ponds pas des messies par portée de douze!».

L’occasion aussi de voir le retour de Bishop (il était parti? il ne manquait à personne celui-là). Une fois le malentendu dissipé, on va se jeter à cœur perdu dans le crossover DREAM’S END réunissant les deux séries X-MEN, BISHOP et CABLE devant déjouer un attentat contre le sénateur Kelly. Dans le chaos on perd plusieurs personnages et on va faire un petit deuil avant de passer la main à Scott Lobdell qui fera un arc de nettoyage pour laisser le champ libre à Grant Morrisson.

7-LE SUCCÈS DU FILM: MAUVAISE SURPRISE TOTALEMENT IGNORÉE

Personne n’osait vraiment croire au succès du film de 2000. Le scénario passe entre les mains de plusieurs script-doctors (dont Joss Whedon) et la Fox a semble-t-il déjà à l’époque avoir des relations distantes avec Marvel.  Aussi c’est un retro-pédalage total qui s’opère quand les retours montrent un engouement absolument pas anticipé. Quand le film sort, on est en plein «foutoir-Néo». Accoler en vitesse le logo du film sur les comics ne sert déjà plus à rien à ce stade.  Tous ceux qui sont en manque de pognon piquent une crise. On aurait dû profiter du succès de film et pas se taper ces délires incompréhensibles.

Claremont  et Bob  Harras sont vite désignés comme responsables du manque à gagner.  Le scénariste  qui était accueilli comme le messie six mois auparavant, est devenu le chewing-gum sous la chaussure de Marvel. En coulisses son départ est déjà acté. Il n’a plus le temps que de boucler une histoire et encore il faut loucher sur le film d’où le Sénateur Kelly, une Mystique  avec des écailles qui se fait poignarder par surprise,  un crapaud tout en langue qui ne sait pas ce qu’il fait là et un Sabretooth incrusté sur l’intrigue façon Photoshop. On râle aujourd’hui  sur le MCU mais finalement les changements sont souvent mieux géré que dans ce fourre-tout sponsorisé par doliprane©.

8-HOMMAGE-AUTO CITATION ET PANNE D’INSPIRATION

L’hommage au passé glorieux de Marvel ne date pas d’hier, déjà dans les années 70, on pouvait constater de multiples renvois à l’ère Stan Lee/Jack Kirby, mais là c’est édifiant.  Je disais plus haut que la première intrigue impliquait le sauvetage d’une navette Starcore. Si cela peut faire sourire  certains fans nostalgiques, on ne peut retenir un certain doute quant au manque d’inspiration tant cela reprend certains éléments de la saga du Phénix originale.

Mais ce n’est pas tout. Entre le Wolverine dans les égouts, le duel entre deux candidats pour sélectionner un nouveau leader, les rappels plus tard à responsabilité de Jean vis-à-vis des derniers survivants de la planète détruite par le Phénix noir, une nouvelle campagne électorale de Robert Kelly qui devra déjouer encore un attentat terroriste histoire d’éviter de mettre le feu aux poudres, c’est un festival de plots sortis e la chambre froide de Claremont qui rejoue la partition qu’il a maintes fois joué, sauf qu’autrefois, c’était une sonate au piano et là du cornet à piston.

Le logo du film apparaît pour faire le lien, mais l’illustration montre bien le fossé.
©2000-Salvador Latroca-Marvel Comics

9-LA DIRECTION A CHANGE VEUILLEZ  VOUS ADRESSER A CE NOUVEAU NUMERO…

Comble de malheur,  suite à de nombreux  de désaccords, L’équipe éditoriale de Marvel change du tout au tout. Bob Harras et l’arrière garde des comics des années 1990, fait place à l’étoile montante Joe Quesada. Dessinateur ultra-doué, il s’est également auto-édité sous le label indépendant EVENT (tiens donc? ) avant de reprendre le label «MARVEL KNIGHTS» . En l’espace de quelques mois, il parvient à se tailler une réputation qui séduit le nouveau patron Bill Jemas qui en profite pour le placer à la tête de la maison des idées. Ils vont donc transformer la vénérable entreprise selon deux axiomes, le premier est «continuity is bullshit» et l’autre «fini le comics de papa». Le carnet d’adresse de Quesada est plein à craquer d’artistes indépendants et il convient de mettre en préretraite tous les vieux croutons. Chris Claremont sent donc de très près le couperet qui fauche en plein vol les John Byrne et les Kurt Busiek.

Néanmoins il est hors de question de lui confier une locomotive. Tous ses plots sont stoppés et ses projets refusés (une mini mettant en scène Kitty Pryde dans l’espace faisant le lien pour son retour). A la place il pourra faire joujou sur une série secondaire avec les personnages dont personne ne veut vraiment.  Ne pouvant faire autrement, il parvient à caser les pistes de sa nouvelle histoire dans l’épilogue de son court run «révolutionnaire» à savoir un grand voyage à la recherche des «Livres de Destinée» ouvrant la voie à sa prochaine série dédiée aux voyages et à l’exotisme: X-TREME X-MEN

10- NE PAS ECRIRE UN COMICS CONTRE SON GRÉ

Chris Claremont est un modèle de diplomatie. Même si on sent une frustration fleurir à chaque virgule, il exerce un devoir de réserve qui pourrait confiner à l’hypocrisie. Personnellement je ne pense pas. Il avoue à demi-mots avoir jalousé Morrisson. Il aurait aimé que le reboot se fasse après les retours de film,  en tirer les conclusion et pouvoir profiter des mêmes opportunités que l’ auteur écossais.  Il aurait eu aussi plus de temps pour terminer son passage sur les Fantastic Four tout en pouvant peaufiner le concept qu’il a du jeter à la poubelle.

Il confesse aussi d’avantage se voir en éditeur des mutants qu’il connaît mieux qui quiconque qu’en scénariste estimant n’avoir plus vraiment de matériel à donner. Pas un mot sur d’éventuels regrets mais son départ précipité  de la première famille Marvel où il retrouvait une seconde jeunesse transforme la mésaventure en double échec personnel alors que l’éditeur surpuissant a déjà écrasé le tout sous une tonne de crossover aussi nuls que rentables.  Depuis, Claremont a eu l’opportunité de rectifier le tir avec un énième retour bien plus décent et une sorte d’épilogue dans la maxi-série X-MEN LA FIN. Pourtant l’existence d’un projet X-MEN FOREVER prouve que Marvel est toujours prête à lui confier ponctuellement des séries parallèles inoffensives avant le mettre dans une sorte d’antichambre vide. Salarié mais sans travail réél, il n’est pourtant pas question de confier le père adoptif à la concurrence. Son nom irrémédiablement attaché à une marque disparaît lentement derrière une forêt d’auteurs qui jusqu’ici ne sont jamais parvenu à s’extraire de son ombre.

Mais que serait un comics de Claremont sans femme ligotée ?
©2000-Leinil Yu-Marvel comics.

CONCLUSION: RESPONSABLE MAIS NON COUPABLE

Si Chris Claremont a signé ces épisodes oubliés, il en ressort pourtant et cela il y a déjà vingt ans à peu près tout ce qui ne fonctionne pas dans le milieu de comics de super héros. Auteurs mutés presque contre leur gré comme des joueurs de la Juventus, des directives éditoriales allant dans tous les sens et un succès demandé de plus en plus à court terme ne permettant pas aux auteurs de s’exprimer et la part artistique totalement ravalée derrière le merchandising. Le résultat dans ces cas là sans étonner personne est souvent médiocre, aliénant un auteur à la fois, grignotant également petit à petit l’intérêt de ces illustrés. Joe Quesada et Bill Jemas ont un temps renversé la tendance mais ont  été bien vite recadrés par les banquiers qui gèrent désormais l’imaginaire. Des banquiers qui scient la branche sur laquelle ils sont assis.


La BO du jour: REVOLUTION: «Don’t you know my friend that you can count me out»

34 comments

  • Ben Wawe  

    Bel article et belle analyse.
    J’ai commencé à suivre mensuellement les comics en 1998, au milieu de Heroes Reborn mais c’est Heroes Return qui m’a fait rester. Chris Claremont, je l’ai d’abord connu comme scénariste des Fantastic Four, avant de découvrir son œuvre sur les X-Men.
    Je me suis vraiment lancé dans les X-Men en comics lors des Douze, armé uniquement de mes connaissances du dessin-animé des années 90 et de comics achetés en occasion et brocantes.

    Autant dire que l’annonce du « retour du héros » Chris Claremont m’avait alléchée.
    Autant dire que la déception fut grande.

    J’avoue que, jeune lecteur alors, le principe du gap m’a autant choqué, crispé qu’intrigué, mais j’ai en effet trouvé que tout était trop obscur, incompréhensible.
    Autant les références à des éléments anciens que je ne connaissais pas encore, que donc ce Neo qui sur le papier est intéressant (Mike Carey en fera une copie améliorée avec les Children of the Vault) mais qui tombait trop brutalement dans mes lectures.

    Surtout, le graphisme de Leinil Yu est par lui-même clivant, et j’ai détesté. Viscéralement.
    Je déteste toujours son trait, d’ailleurs.

    J’admets cependant que j’aime bien les costumes du Fauve (une allure qui coche les cases de scientifique, aventurier, super-héros, X-Man), de Jean et de Cable (avec cette bonne idée du rappel de Cyclope).
    J’avais aussi bien aimé les épisodes de cette équipe, en fait, avec un Kubert lisible et beau, et grosso-modo une intrigue moins obscure que l’autre.

    Mais oui, c’est un grand gâchis.

    Je partage la conclusion pour ne pas accabler Chris Claremont, qui au fond a fait ce qu’on lui a demandé… et a fait ce qu’il sait faire, finalement.
    On ne peut pas demander le retour d’un auteur marquant sur une franchise, et ne pas envisager qu’il reprenne ou rappelle ou réutilise ses éléments, qui sont devenus anciens quasiment dix ans après.

    Une Révolution qui en a été une, mais plus comme un chant du cygne de la brillance totale d’un auteur sur sa franchise, et de l’ère des X-Men de la fin des années 80 jusque-là.
    Un mal pour un bien, vu l’arrivée de la transfiguration Morrison.

  • Présence  

    Des épisodes que je n’ai jamais lus, avec un article qui vient m’expliquer par le détail qu’il faut à tout prix que je m’en tienne à l’écart.

    Plusieurs remarques irrésistibles. 2 parmi mes préférées : Depuis Leinil Yu travaille avec des auteurs qui lui écrivent des scripts complet jusqu’à la description du papier peint; c’est plus sûr. Belle formule et puis ça va dans le sens de mon propre ressenti sur cet artiste, même si je n’aurais jamais l’exprimer aussi joliment.

    C’est mieux pour le confort et puis c’est hypoallergénique. – A nouveau une formule irrésistible, et un regard très pénétrant sur la problématique la gestion du design des costumes à l’échelle des titres mutants, question que je ne m’étais jamais posée.

  • Eddy Vanleffe  

    Merci Ben,
    c’est gentil de passer
    oui j’ai constaté plusieurs fois à quel point parfois certains concepts de Claremont avaient été remixés dans des arcs bien mieux écrits et vendus que les siens ( il se murmure qu’il y a certaines similitudes entre Secret Invasion et X-Men la Fin par exemple).
    j’ai skippé le run de mike Carey. sans doute injustement d’ailleurs…derrière le Brubaker que je n’aimais pas, j’aurais du peut-être insisté sur son passage. children of the Vault?
    merci du tuyau.

    Merci Présence.
    c’est vrai j’essaie d’être amusant dans mes textes…c’est toujours un peu stressant parce qu’une fois le truc envoyé à Bruce, je croise les doigts pour que cela ne tire pas l’article vers le bas. Un peu l’héritage d’une presse rock qui m’a beaucoup influencé plus jeune.

    • Ben Wawe  

      Oh, le run de Mike Carey est tristement paradoxal car l’auteur est constamment forcé de suivre les directions voulues par l’éditeur.
      Il commence avec une équipe menée par Malicia, avec de tête Iceberg/Rocket/Dents-de-Sabre/Mystique, orientation « black-ops », avec donc cette saga des Children of the Vault, bien dessinée par Chris Bachalo.
      Mais arrive très vite Messiah Complex, et le titre devient alors centré sur Charles Xavier qui recherche ses souvenirs après la balle reçue dans la tête.
      Puis Xavier est exfiltré du titre, qui se concentre sur Malicia en parallèle de Wolverine and the X-Men.

      Carey a pu faire ce qu’il voulait avec Age of X, mais ça n’a rien donné de marquant, peut-être trop usé par trop de « bons services ».

  • Nikolavitch  

    On est pile dans la période des XMen que j’ai évitée comme comme la peste… et je ne regrette rien…

  • PierreN  

    McCoy a fini par retrouver ses lunettes rouges chez Bachalo, avant de se voir restituer son apparence simiesque chez Bendis (adios le félin bleu dont le look changeait en fonction des dessinateurs).

    http://www.brucetringale.com/un-college-foufoufou/

  • Nicolas  

    Très bel article, Marvel aura usé Chris Clarement jusqu’à la corde, mais c’était un peu le cas dans les années 80 avant que bob Harras et Jim Lee ne le poussent vers la sortie. Harras détestait le travail de Claremont, l’homme de Séoul voulait faire les comics de sa jeunesse, Claremont voulait partir dans une direction différente avec la mort programmée de Wolverine, et tout à été fait pour que qu’il ne puisse plus travailler sereinement sue les X-Men, ravalé à un rôle de dialoguiste.
    Obligé de claquer la porte, il a du observer avec amertume le départ de Jim Lee six mois plus tard.

    Et une fois encore rien est fait pour qu’il puisse se réintégrer dans les titres qui ont fait sa gloire, Claremont est devenu daté, has been. Cest un bien triste constat avec peut être l’exception de son X-treme X-Men superbement dessiné par Salvador Larroca et de son run sympa sur Fantastic Four (Valeria Von Fatalis, le Captain Britain Corps).

    John Byrne a dit de lui en 1991 : « je suis sincèrement désolé pour Chris, c’est un homme piégé par son propre succès, jeté comme un malpropre avec s’être tant investi ». Mais bon, comme Byrne est également passé à la trappe…

    Bref, Claremont aura été notre idole de jeunesse, il nous reste quelques bonnes histoires et le run le plus long de l’histoire des comics, bien que exagérément verbeux et souvent très difficile à relire en V.O. et à approcher dans les festival comics tant nous sommes nombreux à vouloir un morceau de lui.

  • Surfer  

    Merci de nous avoir fait un résumé critique d’une période de Claremont sur les X-men que je ne connaissais pas du tout.

    Ton article est très riche et instructif, j’ai appris beaucoup de choses. Notamment sur le rapport entre les décideurs Marvel et le scénariste, Sur l’impact qu’a eu le 1er film X-Men sur l’industrie des comics…
    J’ai aussi appris un nouveau mot: GAP. Cela dit je connaissais déjà cette technique pour réécrire une histoire.

    Bon sinon, je dois avoir un peu plus de chance car tout ce que j’ai lu de Claremont sur les X-Men m’a plu.
    Même La Fin des X-Men (Au passage j’ai du mal à voir une quelconque de similitude avec Secret Invasion).
    Je me souviens d’avoir lu La Fin 2 fois. A l’époque je sortais du trêve sur les comics. Deux lectures de cet arc n’a pas été de trop pour tout comprendre et appréhender vu la complexité de ce récit.
    D’autant plus que je découvrait de nouveaux personnages et des références toutes nouvelles pour moi.

    La BO… Quoi dire de plus… la Musique parle d’elle même….je suis un fan absolu… j’ai toute la discographie du groupe remasterisée en CD et quasiment tous les vinyles originaux de l’époque…
    Et la, on ne parle que de musique car j’ai aussi les films, les documentaires…et pal mal de bouquins sur le groupe…

    • Eddy Vanleffe  

      salut merci pour le commentaire
      moi aussi je suis un grand fan de LA FIN que je trouve être une bonne porte de sortie de X-Chris. dedans une une invasion de skrulls infiltrés munis de pouvoir de super héros connus débarquent. le traitement est totalement différent mais l’idée est étrangement semblable.
      Bon les Beatles, j’ai hésité parce que ça fait un peu bateau, mais
      1-pourquoi bouder son plaisir?
      2- en m’appuyant sur le premier vers, j’ai pu y faire un lien…
      J’ai comme beaucoup de monde tous leurs disques et quelques vinyles rares (live at the Hollywood bowl), plein de bouquins aussi… ^^ Nous sommes une grande famille.

  • Matmout Gougeon  

    C’est ce que j’appelle un réquisitoire en bonne et due forme, ou je ne m’y connais pas 😀
    C’est vrai qu’elle est terrible cette période, et je pense particulièrement à toute la première partie avec Yu aux dessins qui est tout bonnement incompréhensible comme tu l’as très bien souligné. Les enjeux ne sont pas bien définis, on se contrefout des ennemis, et on ne comprend même pas ce que font les X-Men. Aïe.

    Par contre je dois admettre que certains costumes de cette période me plaisaient plutôt bien, tout particulièrement ceux de Cable et de Jean avec cette forme d’héritage (à Cyclope et à Phénix) qui s’introduit dans leur garde-robe. Pour le reste, on a effectivement beaucoup trop de pièces métalliques, c’est pas jojo.

    Cette notion d’espèce post-mutante sera réemployée plusieurs fois par la suite, à la fois dans l’excellent run de Mike Carey (avec ses Enfants de la Crypte/Children of the Vault) et dans le run de Gischler qui réintroduit le Néo… pour le faire dézinguer aussitôt (véridique !) par une nouvelle espèce supérieure chargée de protéger les mutants de toute autre espèce. Décidément, quand ça veut pas, ça veut pas !

    • Eddy Vanleffe  

      Bon je vois qu’on est tous un peu d’accord sur Leinil Yu qui n’est vraiment pas attractif. Chilren of the vault je vais y jeter un oeil.

    • Bruce lit  

      Moi aussi j’aimais bien le costume de Cable. J’attendais bcp de voir Nathan dans l’équipe avec Jean.
      Hélas…
      Larocca est un piètre costumier.

  • Tornado  

    Je me souviens quand je me suis remis à lire des comics, que tout le monde espérait le retour de Claremont, et que celui ci n’arrivait jamais.
    Cette revue a rapidement été de sinistre mémoire, mais les fans continuaient d’espérer le retour du maître…
    Je n’ai jamais lu cette série, mais le début de X-MEN LA FIN m’avait fait le même effet (rien compris /gros bordel) et j’ai vite revendu tout ça.

    Tu nous explique drôlement bien cette histoire dis donc, avec l’analyse artistique et tout. Bravo !

    • Eddy Vanleffe  

      Disons que LA FIN, c’est vraiment l’opportunité de boucler les pistes en cours et de trouver une »pseudo-chute » à une centaine de personnages. Je trouve que le truc est bisauté dès le départ.
      de mémoire j’ai trouvé ça parfois lourdingue par certains côté et la création de la fille de bishop est là pour emmener le lecteur par la main, un peu voyant mais c’est quand même un procédé qui fait sens.
      Je t’avoue que tout le délire cosmique, je le lis sans vraiment ma’attarder , c’est le plot sur terre qui ma plait Beaucoup!
      .

      • Surfer  

        Je dois avouer que j’ai eu aussi beaucoup de mal à comprendre X-Men La Fin.
        Quand j’ai entrepris la lecture, je n’avais plus le background suffisant pour pleinement profiter du récit.
        Trop de nouveaux personnages, trop de références à des histoires que je n’avais pas lu.
        Ma trêve avait été longue et il s’était passé pas mal de choses dans le monde des comics.

        Je me souviens avoir failli abandonner au bout du premier chapitre.
        Puis je me suis quand même forcé à lire en prenant des notes sur ce qui me faisait défaut. J’ai ensuite cherché et trouvé les explications sur les références et sur certains personnages ( Merci internet ).
        Du coup tout devenait plus clair et j’ai pris un réel plaisir lorsque j’ai lu une seconde fois cette saga.
        D’après mes souvenirs le récit est articulé en trois parties et il s’améliore au fur et à mesure La 1ère étant la moins bonne.

        Mais bon cela fait un moment que je l’ai lu et ma mémoire me joue aussi des tours ( j’avais oublié les Skrulls)

        • Tornado  

          Hors de question que je relise tout ça aujourd’hui. Il y a belle lurette que j’ai balargué la plupart de mes comics X-men et rien que l’idée de rebouffer du mutant me file la nausée.
          C’était une super semaine sur Bruce Lit ! 😀

        • Bruce lit  

          J’ai lu vendu et repris XMEN THE END. Rien à faire c’est interminable, chiant et je ne supporte pas ces looks super héros à la cool avec leurs lunettes de soleil.

          • Tornado  

            Bien entendu je plaisante lorsque je dis que cette semaine a été horrible, car, même si je me contrefous des X-men aujourd’hui, c’est quand même un plaisir pour moi d’avoir cette entrée dans le blog, de m’évader quelques minutes quand j’en ai l’occasion entre deux cours, entre deux moments de travail, et de retrouver les copains dans des univers dépaysants.
            En revanche je suis un poil attristé, personnellement, de constater que le moindre comics pourrave de chez Marvel (celui d’aujourd’hui par exemple), génère une émeute dans les commentaires, tandis que les BDs de Moore ou de Van-Hamme publiées la semaine dernière, déclenchaient une indifférence générale.

            N’empêche qu’en y réfléchissant, j’ai encore pas mal de comics Marvel qui m’attendent dans ma pile de lecture et que j’ai vraiment envie de lire : SUPERIOR SPIDERMAN, DAREDEVIL par Mark Waid, VISION par Tom King CARNAGE par Conway, PUNISHER : LA SECTION et SOVIET par Ennis et même les historiques FF de Waid & Wieringo. Et j’aimerais bien aussi que Panini réédite le SILVER SURFER de Slott & Alred. Je me le prendrais volontiers aussi.
            Je ne suis pas encore complètement aigri. Je veux juste lire de la bonne BD, et surtout quelque chose de parfaitement auto-contenu ! 🙂

          • Bruce lit  

            le moindre comics pourrave de chez Marvel (celui d’aujourd’hui par exemple), génère une émeute dans les commentaires, tandis que les BDs de Moore ou de Van-Hamme publiées la semaine dernière, déclenchaient une indifférence générale.
            Disons que les Xmen c’est quand même très facile à aimer ou détester et que presque tout le monde a lu ça. Même toi.
            Moore reste une lecture souvent jouissive mais cérébrale ne fait jamais appel à la nostalgie de l’enfance et de la saveur des premiers comics.

          • Eddy Vanleffe  

            Ah oui, les designs de Sean Chen sont vraiment pas inspirés.

          • Jyrille  

            J’ai récemment terminé la lecture de MISTER MIRACLE et là j’avance bien dans la VISION du même Tom King : c’est super.

          • Eddy Vanleffe  

            Relativise, sur les X-men on est trois à mitrailler du soir au matin..^^ regarde aujourd’hui la moitié des commentaires sont les miens…^^ quand je réponds…^^

  • Bruce lit  

    J’ai rigolé et souris du début à la fin.
    Qu’il est bon de voir d’autres Bullshit Detector signé par un autre connaisseur des Xmen. 10 points implacables qui enterrent ce brave Chris en le laissant respirer.
    J’ignorais toute cette histoire éditoriale avec le film ne m’y étant jamais intéressé. A mes yeux le film est autant merdique que le comics ceci dit.
    Le naufrage est déjà bien entamé avec Joe Kelly, Seagle et Davis, ceci dit. Même Lobdell pédale sur la fin. Chaque mois pendant des années je pensais que Marvel se ressaisirai chaque mois. Et oui, je dois reconnaître que tout à coup l’arrivée de Morrison a provoqué quelque chose.
    Je me rappelle avoir lu ces épisodes en mars ou mai 2000, dans l’avion qui me menait en Equateur. Je les avais laissés dans ma guitare. Dans les mauvais quartiers de Quito, je suis pris dans une baston. Quelque coups dans la gueule plus tard, un mec se barre avec. J’ai pleuré mon cocard, ma guitare perdue à jamais, mais ces Xmen de merde, non.
    Je n’ai jamais compris comme toi ce que voulait mettre en place Claremont.

    Ceci dit son arc de 2-3 numéros de Wolverine a son importance : en dotant Sabretooth d’Adamantium, Claremont prépare sans le savoir la récupération du métal précieux pour Wolverine 125.

    Nickel Eddy ! Bravo !

    • Eddy Vanleffe  

      Thank you Bruce!

  • Jyrille  

    Première constatation : excepté la dernière planche, tous les scans sont laids. En tout cas, ils représentent tout ce qui me fait fuir en termes de bds…

    Les facilités scénaristiques : oui, mais si c’est bien pensé, ça peut donner des choses intéressantes voire même captivantes. Par contre si ton introduction sur le film et Matrix est réelle, c’est un peu flippant, cette version des faits 😀

    Je salue d’emblée l’humour de ton article (la légende sur les lecteurs qui deviennent aveugles, ça me parle), surtout dans tes titres 😀

    « Marvel way of scripting » merci pour cette expression que je ne connaissais pas.

    Très belle conclusion sur la mainmise de Clarement (un fait sur lequel je vous crois sur parole) et sur les problèmes éditoriaux couplés aux films, sachant que ce film sera le vrai lanceur du renouveau des films de supers.

    Excellent article, plein de fougue, car tu as eu le temps de digérer tout ça j’ai l’impression : tu avais beaucoup de choses à dire.

    La BO : fan. Je me suis réécouté les Beatles récemment, vu que j’ai trouvé deux albums en cds que je n’avais pas encore : With The Beatles et Past Masters. A des prix modiques. Alors qu’à la Fnac, c’est du vol, le simple CD première période étant à 22 boules. Go fuck yourself. A noter que dans la version du double blanc, Lennon ajoute un « in » après avoir dit « count me out ». Enfin je crois.

  • Bruce lit  

    Oui
    Lennon était ambigu sur son engagement. Tu peux le voir ajouter son « In » pas plus loin que dans la vidéo de la BO du jour.
    C’est probablement avec Lady Madonna, Obladi Oblada, Rocky Racoon et With a little help, une des chansons des Beatles que j’aime le moins.

    • Jyrille  

      Ah oui tiens. C’est du playback non ? Nous n’avons pas du tout la même liste des titres des Beatles que j’aime moins. Je dirais presque tout Let It Be personnellement (sauf Across The Universe, Let It Be, Two Of Us).

  • Kaori  

    Je ne m’attendais pas à un bullshit detector de la part d’Eddy et encore moins sur du Chris Claremont !
    Mais c’est fait avec humour et affection, c’est frais, c’est intéressant et bien écrit, avec des détails qui me parlent…

    @Tornado : en même temps, on est sur du comics mainstream… Même si on n’a pas lu ce comics-là en particulier, il est facile d’avoir quelque chose à en dire… Je suis beaucoup plus bavarde cette semaine que la semaine passée, parce que c’est un domaine que je connais beaucoup mieux, tout simplement…

    • Eddy Vanleffe  

      @Bruce, Jyrille et Kaori…
      Je suis bin content de vous avoir fait rire, c’est la moitié de mon pain! ^^

  • Surfer  

    Oui dans l’album blanc Lennon ajoute bien un « In » c’est révolution 1 (version blues). Révolution (tout court) c’est le single version hard rock et Il n’y a pas le « In »

    • Jyrille  

      Merci Surfer, il me semblait bien.

  • Surfer  

    le single révolution est dans le Past Masters volume 2.
    Les albums Past Masters sont des compilations des titres qui ne sont pas sortis en Album ou alors dans d’autres versions.

  • Eddy Vanleffe  

    Sur REVOLUTION dans l’ensemble Le texte se fout de la gueule des jeunes qui pensent tout savoir, mais Lennon ne retracte en rajoutant ce « In » dans la version album…
    ce qui donne une version couille molle « oui mais non, peut-être, je ne sais pas! demandez à l’autre »
    je préfère la version avec un gros riff et un engagement clair. et sans les « choubidowap-douwap »

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