Comics de répétition (Les Nouveaux Mutants)

Les Nouveaux Mutants par Chris Claremont, Sal Buscema et Bill Sienkiewicz

Le nouveau BRUCE LIT (est arrivé)

VO Marvel

VF Panini

1ère publication le 20/01/20 – MAJ le 25/08/20

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Dégage Kitty, place aux jeunes ! Wait... ©Marvel comics ©Panini comics

Dégage Kitty, place aux jeunes !
Wait…
©Marvel comics
©Panini comics

Cet article traitera de l’âge d’or des NOUVEAUX MUTANTS (1983-84)  réédité chez Panini du numéro 11 à 22 ainsi que le premier annuel. Chris Claremont scénarise à tout-de-go tandis que Sal Buscema et Bob McLeod assurent les illustrations. C’est aussi, et bien entendu, le début tonitruant de Bill Sienkiewicz qui propulse une série à dents-de-laits vers les dents-de-l’ours,  la fameuse saga de L’OURS DÉMON qui est, toute proportion gardée, aux Nouveaux Mutants ce que fut DAYS OF FUTURE PAST des Xmen.

Traduction appliquée de Nick Meyalaender et joli travail de reconstruction des couleurs du studio Gotham. 

Quelques spoilers filtreront comme Kitty Pryde tout au long de l’article.

C’est là que je fais un coming out douloureux : je m’appelle Bruce T, j’ai 46 ans, et en dépit du fait que je sois considéré en ces lieux comme le Monsieur X , je ne connais rien aux NOUVEAUX MUTANTS. Disons en fait que je ne les aime pas et que ça ne date pas d’hier.
Lorsque gamin j’attendais la sortie de mon SPECIAL STRANGE chaque mois, c’était un avant-gout d’un rendez-vous galant : rien ne pouvait m’empêcher de traverser la rue allant de chez moi à mon kiosque, sentir en préambule l’odeur inoubliable de la presse fraîche et de feuilleter dans l’intégralité de mes LUG avant de les acheter avec l’argent de poche de mes parents.
TITAN où étaient publiés LES NOUVEAUX MUTANTS ? Rien à foutre ! C’était le recueil de tout ce que je détestais : les récits STAR WARS qui n’avaient pas à mes yeux la magie des films, DAZZLER qui m’a toujours gonflé, MACHINE MAN et sa technologie, des aliens, des vaisseaux, des gadgets…

Disons-le franchement : A partir du moment où la licence XMEN s’est progressivement déclinée en Spinoff  et en séries parallèles, j’adoptais progressivement l’attitude d’un gars trompé par sa petite amie :
T’ étais où ? (chez TITANS).
C’est qui ce mec ? (Ben, tu le connais, c’est Chris Claremont).
Pourquoi ? (ben, y’a  une nouvelle série qui a l’air sympa).
A quelle heure tu rentres ? (Mais j’en sais rien, c’est juste une nouvelle série, Bruce !)

La vedette de la série, sauvage, belle et rebelle à l'autorité de Xavier : Dani Moonstar. ©Marvel comics

La vedette de la série, sauvage et rebelle à l’autorité de Xavier : Dani Moonstar. 
©Marvel comics

En fait j’étais déjà le pire lecteur de comics qui soit,  obsédé par la pureté du medium : les morts devaient le rester, l’évolution dramatique des personnages n’avait pas le droit de sauter le requin et surtout, le scénariste que j’aimais ne devait pas s’éparpiller dans une série annexe qui viendrait compromettre la série mère que j’aimais tant.
Le temps ne m’a pas forcément  donné tort lorsque l’on voit le carnage que X-FACTOR accomplira sur Scott Summers où Marvel devra imaginer un événement pour effacer l’ardoise ridicule du cocufiage de Madelyne Pryor, le concept débile de chasseurs de Mutants, les dialogues infantiles de Louise Simonson.

Quant aux NOUVEAUX MUTANTS,   passer de la sauvagerie de Wolverine, de  l’élégance majestueuse de Tornade ou du charisme de Cyclope aux oreilles d’âne de Sam Guthrie, aux turpitudes de pucelle intégriste de Rahne Sinclair ou de sentir les aisselles testostéronées de Roberto Da Costa, je n’en avais aucune envie. Ajoutons à cela que les rares fois où je feuilletais un TITANS pour passer le temps entre deux courses au FELIX POTIN du coin, je tombais sur  Warlock et ses Amideje qui m’insupportaient  et vous comprendrez que pour le petit lecteur avide de récits urbains et réalistes , ces NOUVEAUX MUTANTS s’inscrivaient durablement dans mon imaginaire comme une bande de losers inutiles dont l’arrivée de Liefeld bien plus tard  aggraverait le casier judiciaire.

Ma meilleure histoire des NEW MUTANTS ?  Emprisonnés, au frais et loin de l’intrigue du CHANT DU BOURREAU, c’était parfait.  Sans oublier RAHNE DE TERRA pour son histoire divertissante et les dessins de Kubert.
Mais soyons sérieux : ces arguments n’en sont pas, et il incombait à votre serviteur invectivé par son équipe (« Mais si, mais si, les NEW MUTANTS, il s’y passe des choses essentielles ») de vérifier cette hypothèse en se lançant courageusement dans les intégrales  Panini.

Antipathique et mégalomane : Emma Frost, telle qu en elle même.  Illyana na pas encore sa fameuse frange que Clara Luciani lui piquera ensuite. ©Marvel comics ©Panini comics

Antipathique, autoritaire et mégalomane : Emma Frost, telle qu’en elle même.
Illyana, elle, na pas encore sa fameuse frange que Clara Luciani lui piquera
ensuite.
©Marvel comics
©Panini comics

Essentielles, vraiment  ? Non ! Mais des petits pans de la mythologie des mutants s’y dessinent, oui. Avec l’arrivée de Warlock, on tient les germes du COMPLOT PHALANX.  Emma Frost y apparaît, non plus comme une super-vilaine lambda, mais comme une enseignante aux méthodes tyranniques qui pense sincèrement avoir quelque chose à enseigner aux Hellions, une sorte de mini Hellfire Club qui ne connaîtra jamais le succès et se fera exterminer dans une chouette séquence lors de L’ARRIVÉE DE BISHOP.  Leurs pouvoirs varient de l’intéressant Empath qui joue sur les émotions de son entourage à la fantasque Tarot (une mutante française, ça ne court pas les pages) capable…de donner vie à ses cartes de Tarot.

L’album commence avec une saga exotique en Nova Roma comme Claremont savait les trousser (sic) avec Séléné et l’apparition de l’affriolante Amara Aquila puis une guest star de luxe en la personne de Kitty Pryde.  On y trouve des moments épatants comme celui où pour la secourir, nos jeunes se cotisent pour voyager en bus n’étant ni motorisés ni autoriser à emprunter le Blackbird.  En cela, les histoires de Claremont font mouche : LES NOUVEAUX MUTANTS restent avant tout un récit d’apprentissage assez décompressé où l’équipe apprend à se connaître progressivement tout en tentant de maîtriser des pouvoirs qui leur échappent. On retiendra notamment la raideur de Sam Guthrie, leader sous-doué, invulnérable en vol et faillible à terre.

S’il faut trouver une richesse aux Nouveaux Mutants, elle est là : leurs pouvoirs, à l’image de leur adolescence, c’est de l’interne qui ne demande qu’à s’extérioriser. Claremont est un surdoué lui aussi dans ce domaine : il revient au cahier des charges de Stan Lee pour qui ces pouvoirs qui nous font rêver peuvent se révéler un terrible handicap : Cannonball fonce tête baissée vers de nouvelles humiliations, Solar utilise sa force pour exprimer son immaturité, Rahne ne trouve pas sa place chez les humains alors qu’elle exulte en tant que Louve ; Dani Moonstar incarne quant à elle la quintessence de la femme chez Claremont : faillible et déterminée, exotique et adaptée, réfléchie  et aux pouvoirs terriblement sournois : projeter à la vue de tous les angoisses les plus intimes.

Miam ! Des jeunes vierges alanguies et sexy face à une version Claremontesque de La Marâtre. ©Marvel comics

Miam ! Des jeunes vierges alanguies et sexy face à une version Claremontesque de La Marâtre.
©Marvel comics

Vénérable vieillard aujourd’hui, il serait dommage d’ignorer le volet profondément malsain de Claremont.  Si ses tics d’écritures, les fameux Claremontismes se déchaînent encore ici (des personnages qui se demandent s’ils ont bien éteint le gaz avant de partir se prendre des roustes, des dialogues emphatiques et des effets appuyés ne laissant aucune liberté d’interprétation à son lecteur), il faudra un jour lui poser la question des perversions sexuelles de ses héros.

Ses NEW MUTANTS en sont un catalogue imagé où l’enjeu des personnages est de pénétrer ou être pénétré : Canonball, un boulet de canon qui ne demande qu’à sortir de son trou, l’épée d’Illyana qui pénètre ses adversaires sans les tuer, Charles Xavier qui espionne les pensées de ses étudiants tout en affirmant le contraire, Emma Frost qui ne dissimule pas sa volonté de domination, Magik dont l’angoisse majeure est de pénétrer ou non dans les limbes (où il est facile d’imaginer qu’elle a subi des sévices sexuels), Amara condamnée à mort pour sa virginité, Rahne dont la sexualité est étouffée sous le puritanisme des plus actuels  et Dani dont le pouvoir est de violer l’intimité de ses amis comme de ses ennemis.
Si la pureté des NEW MUTANTS est indéniable, enrobé de 1001 Claremontismes pour en faire des héros, voire des victimes, certains passages font mouche comme celui où deux gardes du Club des Damnés sont -littéralement-mis à nu de corps et d’esprit par une bande de puceaux vers qui est censée aller notre sympathie. Avec Magma, véritable héroïne Hitchcokienne glaciale en apparence aux pouvoirs volcaniques, la température monte d’un cran.

C’est dans ce contexte qu’arrive Bill Sienkiewicz. Tout son art, ses formes hérissées, pointues comme le dard (sic) du scorpion vont permettre à la perversion de Claremont d’être enfin visualisée de manière inquiétante.
Que l’on prenne ce fameux arc de l’Ours Démon. Sur le papier, on est dans une histoire un peu ridicule d’un Ours géant qui attaque des gamins dans un hôpital.  On a connu plus dangereux dans le monde des super-héros et sans Sienkiewicz, gageons que ce récit perdrait beaucoup de sa puissance.

Alfred Hitchcock, un cameo de luxe qui a toute sa place dans cette histoire. ©Marvel comics

Alfred Hitchcock, un cameo de luxe qui a toute sa place.
©Marvel comics

Lorsque l’on passe de l’arc chez Emma Frost à celui de l’Ours, impossible de ne pas ressentir, même aguerri, même lecteur un chouia cynique, un vif sentiment d’angoisse, celui qu’aurait un enfant à qui l’on éteindrait subitement la lumière pour le laisser seul face aux formes inquiétantes de la nuit : Sienkiewicz.
Dani Moonstar, déchiquetée de corps et d’âme : Sienkiewicz.
Ces anatomies qui s’allongent jusqu’au point de rupture, ces regards d’effroi et d’horreur : Sienkiewicz.
Ce qu’il montre est terrible, ce qui se passe hors champ l’est plus encore. Ce n’est pas par hasard, que dans un humour qui n’appartient qu’à lui, le grand Bill insère un metteur en scène britannique, célèbre comme Claremont, pour son ambivalence envers les femmes, son sadisme et son obsession pour la perversion.

LA SAGA DE L’OURS DEMON prend ici tout son sens : il s’agit d’un conte horrifique, une de ces histoires où les parents veulent dévorer les enfants.
Charles, Emma, Séléné, le démon S’ym, Lila Cheyney qui affuble Sam Guthrie d’un uniforme SM avant de vouloir vendre la planète à des aliens, aucun de ces adultes n’est fiable, tous veulent posséder des enfants sans expériences mais non sans défenses. Seuls les Xmen, leurs aînés entretiennent avec les jeunes mutants une relation bienveillante mais distante.

Faute de l’expérience d'un Wolverine, Dani Moonstar n'est pas de taille face à un Grizzli ! ©Marvel comics

Faute de l’expérience d’un Wolverine, Dani Moonstar n’est pas de taille face à un Grizzli !
©Marvel comics

C’est ce sous-texte qui m’a particulièrement attiré bien plus que les histoires de Claremont où franchement nous sommes dans du Comics de répétition
Les Xmen ont Dazzler ? Les New Mutants auront Lila Cheney !
Le costume SM de Sam Guthrie échoira ensuite à Charles Xavier.
La leader brisée mais qui reste sur le terrain malgré tout, à cheval entre modernité et traditionalisme :  Dani / Ororo.
Les Xmen se balladent chez Ka-Zar, les Nouveaux Mutants eux vont en Nova Roma, deux territoires sauvages, hors du temps, où officient deux prêtresses Zaladana et Séléné.
Rahne lutte contre son animalité comme Wolverine.
Amara issue du passé, doit s’adapter au temps présent, comme une Rachel Summers débarquée du futur, dans NEW MUTANTS justement.
Solar comme Cyclope trouve dans le soleil la source de son pouvoir.
Dani, l’apache, s’oppose à l’autorité de Xavier comme Thunderbird s’opposait à celle de Cyclope.
Seul personnage qui échappe aux schémas traditionnels de Claremont : Illyana dont chacune des apparitions crève l’écran.

C’est donc une lecture à la fois très agaçante et profondément plaisante que Claremont produisait à l’époque avec un vrai génie pour donner à ses personnages son moment, sa réplique, son interaction pour l’individu fasse partie d’un tout.
Je ne regrette ni d’avoir loupé ces épisodes à l’époque, ni de les avoir lu désormais. Je trouve personnellement l’écriture de Claremont nettement moins affûtée que sur GOD LOVES, MAN KILLS ou WOLVERINE, la lourdeur de sa narration venant souvent parasiter l’oeuvre au noir de Sienkiewicz.
Plus centrée sur l’enfance que les Xmen, la série témoigne de l’obsession d’un créateur à faire vivre ses personnages quitte à ne jamais les abandonner tel un père envahissant et dévorant. JE SUIS CHARLIE XAVIER, cher Monsieur Claremont ?

Lila Cheney un rock star irresponsable, amatrice de chair fraîche, esclavagiste et sosie de Joan Jett. ©Marvel comics

Lila Cheney une rock star irresponsable, amatrice de chair fraîche, esclavagiste et sosie de Joan Jett.
©Marvel comics

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Les NEW MUTANTS : un manifeste des perversions  de Claremont et de ses tics narratifs ? Une théorie défendue chez Bruce Lit !

La Bo du jour : spéciale dédicace à Sam Guthrie

113 comments

  • David  

    Salut, Bruce. Ton analyse des New Mutants à travers le prisme de la sexualité était aussi drôle que pertinente. J’ai eu vision légèrement différente de la tienne, même si je partage l’essentiel de ce que tu écris. Les débuts de la série étaient insupportables. Des marmots geignards qui imitaient sans talent leurs aînés. J’ai commencé à m’y intéresser avec Nova Roma, où les aventures prenaient un tournant plus proche des premières aventures des nouveaux X-Men. Et là, le choc Sienkiewicz que personne n’a vu venir. J’étais trop jeune, est prêt. On passait à un monde angoissant, avec un traitement d’un coup plus adulte que celui des X-Men.. Les New Mutants de Claremont et Sienkiewicz étaient précurseurs de ce que serait Vertigo, les travaux de Grant Morrison et même certains Neil Gaiman avec Dave McKean. Effrayant, sexualisé, ce passage correspond en effet à l’adolescence. On pouvait craindre le pire avec le départ de Sienkiewicz, l’inspiration de Claremont dépendant fortement de son dessinateur. Mais non, la suite, fut très différente mais tout aussi réussie. Les Asgardian Wars furent un sommet et resteront toujours dans mon coeur de fan. Et la suite fut l’âge de la maturité, avec des problématiques plus adultes, souvent éloignées des super slips. Et là, les X-Babies n’avaient plus rien à envier à leurs aînés, entre la redoutable Illyana qui combattait des démons qui n’avaient rien d’intérieur, une Dany Moonstar qui devait porter le poids de savoir qui allait mourir, un Cypher inutile dépendant d’un extraterrestre pour se protéger et qui finira par le contaminer, Warlock qui doit tuer son père pour vivre, Karma, violée par des pirates et possédée par Farouk, qui ne veut que protéger (sans succès) son frère et sa soeur. Amara et Roberto devant gérer des problèmes et responsabilités dus à leur hérédité… Sam avait dû aller à la mine remplacer son père et vit mal d’être séparé de sa famille. Et Rhane, traumatisée par un curé intégriste qui a besoin d’être animal pour oser exister. On est loin d’être dans une comptine.

  • Matt  

    @Bruce : Rooo voilà, encore à se sentir visé.
    J’ai pas voulu être méchant, désolé. Et je disais ça de manière générale. Les gens sont toujours prompt à se forger des théories, à vouloir prétendre qu’ils ont tout compris d’un auteur, d »une oeuvre, etc. Comme si l’incertitude était inconcevable.
    C’est la même mécanique avec la religion. On ne sait pas comment le monde est né, alors on invente une histoire.
    Moi j’aime les incertitudes.
    Je dis psy du dimanche dans le sens où plein de gens, pas seulement toi, analysent et affirment des trucs. En général ça me donne l’impression que les chroniqueurs veulent se donner de l’importance à eux et à leur expérience plutôt que simplement faire une critique d’une oeuvre.
    ça ne veut pas dire qu’ils sont tous à côté de la plaque ou se trompent tous, mais je trouve parfois que ça va trop loin. On peut supposer, imaginer, se questionner. Mais affirmer, je trouve souvent cela prétentieux.
    C’est très difficile de cerner les gens.
    D’ailleurs comme tu le dis un psy peut aussi se tromper, donc même ton expérience ne te rend pas infaillible^^
    Claremont n’est pas un de tes proches. Tu n’as pas beaucoup parlé avec lui, et encore moins de trucs intimes. Ce qu’un auteur met dans une œuvre, ça fait partie de lui certes, mais ça peut être déformé justement par la fiction, par le recul que permet ce 4eme mur, par beaucoup d’artifices qui se font les intermédiaires entre lui et l’œuvre finale (quels sont les personnages qui lui ressemblent le plus ? Ou a-t-il mis ses passions, ses peurs ?)

    Donc ouais il peut y avoir du vrai dans tout ça, mais je trouve que beaucoup de gens s’improvisent grands analystes de la psyché humaine. Et que parfois soulever des questions ou des idées ça peut être mieux que prétendre avoir tout compris d’une personne. Les interprétations peuvent être nombreuses, et l’incertitude n’est pas une fatalité^^

    Désolé si je l’ai exprimé de façon un peu vexante.

  • Matt  

    Pour clarifier ma pensée, Bruce…disons que je ne serais jamais d’accord avec des affirmations ou théories qui dépassent le cadre de l’œuvre pour rentrer dans la vie privée des gens.
    C’est parfois difficile de se comprendre soi-même. Nos proches encore plus. Alors des inconnus…qu’on croit cerner via leurs œuvres…c’est un peu trop^^
    Je ne cherche pas à constamment être en désaccord, mais le fait est que je ne m’aventure jamais à analyser l’homme derrière l’œuvre. Je ne suis pas en position de le faire.
    Nous sommes entre gens civilisés certes, donc on peut discuter et je sais que personne ici ne veut faire un procès à Claremont ou l’insulter (tu dis bien que même s’il avait ce fantasme, tu n’aurais aucun problème avec.)
    Mais rien que le fait d’être convaincu d’avoir cerné une personne qu’on ne côtoie pas…ouais tu me trouveras toujours à t’emmerder en te disant que tu peux te tromper^^

    • Eddy Vanleffe  

      Voilà ce sont des positions différentes quant à l’oeuvre des artistes. On connait ta position vis à vis de la séparation entre l’homme et son oeuvre, et encore plus entre l’homme et son public…
      mais en revanche, ‘analyse de Bruce se tient, en pointant les récurrences, es thèmes de prédilection, on peut dessiner les contours certes flous d’un auteur qui construit une oeuvre qui peut passionner, émuler…etc…

      • Tornado  

        C’est le jeu et l’intérêt de la critique : Dépasser le stade du « j’aime/j’aime pas / C’est génial/c’est à chier » et donc injecter une analyse, plusieurs niveaux de lecture car les oeuvres en proposent souvent. Je n’ai pas de problème avec ça, au contraire. En Histoire de l’Art on fait de l’analyse d’oeuvre et on apprend à chercher la part de l’inconscient derrière l’apparence. Et dans mes études j’ai également reçu des bribes d’enseignement à caractère philosophique et psychanalytique (on appelait ça les Cours d’Esthétique). Certains de nos enseignants voyaient d’ailleurs des phallus partout, et c’était pénible ^^
        J’ai beaucoup aimé l’article de Bruce (et je ne dis pas ça parce que c’est le boss 🙂 ). Il joue le jeu de la critique qui cherche à déchiffrer les divers niveaux de lecture de l’oeuvre. On peut être d’accord ou pas, mais c’est toujours passionnant comme approche. Je me serais barré direct s’il avait simplement rédigé un discours d’éloge.
        Il y a quelques temps, il y avait des articles à caractère psy sur ce blog qui me saoulaient à un point vraiment extrême. Réjouissons-nous de pouvoir lire désormais des trucs plus funs, sans être moins riches ! 🙂

      • Matt  

        Moui bon béh moi les cours de français dans lesquels les prof allaient chercher des explications pas possibles sur ce qu’a voulu dire l’auteur, ça me gonflait. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser que ces profs se donnaient de l’importance en prétendant avoir découvert des choses profondes (auxquelles même l’auteur n’avait surement pas pensé d’ailleurs…)
        Je veux dire…ok c’est intéressant d’imaginer des possibilités.
        Mais j’ai jamais aimé le principe d’affirmer des choses comme une vérité universelle.
        Je vois ça comme de la branlette ouais. Une façon de se jeter des fleurs à soi-même et se féliciter d’être si intelligent.
        C’est pas l’exercice que je n’aime pas. C’est le façon de dire les choses. De prétendre tout savoir et tout connaître, avoir tout compris. M’énerve !!^^

        Je dis pas ça pour toi Bruce^^ Surement que ce sont des souvenirs de « m’as-tu vu » qui reviennent me hanter quand je tombe sur ce genre d’analyse. Et je m’emporte un peu^^

        Je fais des transferts c’est vrai en fait…
        Quand des gens sympas me sortent des trucs qui me rappellent des emmerdeurs, je me monte la tête.
        Bon désolé si j’ai été grossier^^

      • Matt  

        C’est pas pour rien que j’suis pas sociable hein…

  • Bruce lit  

    Ça va mieux en le disant hein Matt…
    Se vexer pour des formulations maladroites, c’est le lot de provoquer à longueur de journées. L’arroseur arrosé. Bien fait pour ma gueule aussi.

    Parfois exercer un métier où les projections sur soi sont plus fréquentes amènent à se vexer plus que de raison, parce que toute la journée les gens te remplissent déjà de ce que tu n’es pas forcément. J’avais déjà eu cette impression à propos d’un article de musique où je te semblais déjà incarner Matt, le gros naze prétentieux que tu avais dû te coltiner dans ton adolescence.

    C’est là où nous différons : des milliers de livres ont été écrits sur Jesus, Rimbaud ou James Dean, ils restent des mythes, des mystères libres de toute interprétations et voilà qui est passionnant. Les analyses de texte en français, c’était pour moi comme l’envol d’un albatros, c’était la possibilité de s’évader, d’accéder à des merveilles de poésie et de pureté que je cherchais loin de ma banlieue de merde et d’une famille de beaufs. La littérature est ce qui m’a fait me sentir vivant, intelligent, capable.

    J’en ai tiré un amour inconditionnel des lettres et une haine farouche des sciences qui m’attachaient comme le boulet d’un condamné à tort. Je suis sûrement très susceptible là-dessus et là c’est à moi de te présenter mes excuses car il s’agit de mon problème et pas du tien.

    Depuis toutes ces années nous nous retrouvons ici parce que notre approche est peu ou prou la même : avoir une grille de lecture moins scolaire, plus audacieuse que sur les blogs lambda (je pourrais vous en citer plein, je les connais presque tous) qui se contentent de commenter comme des petits soldats disciplinés leur service de presse.

    Rejeter cette approche, c’est aussi, dans ma tête, rejeter ce que je propose et un peu ce que je pense être . Ouais, derrière les sarcasme et les provocations se cache un p’tit gars pas si insensible.
    Je suis content d’avoir pu percer l’abcès sans drama.

    0 partout, la balle au centre, je vous laisse, je vais réécouter RAPE ME (pardon, c’est plus fort que moi)…

    • Matt  

      Mais c’est très bien la littérature^^ Et même les réflexions autour des oeuvres.
      Mais je me souviens moi que c’était au contraire super contraingnant pour moi de devoir coller à une analyse que le prof semblait avoir déjà décider . Tu devais trouver des trucs à dire, mais on te disait « non, il n’a pas voulu dire ça »
      Au moins en Maths, tu sais qu’il y a une seule réponse^^ On va pas te dire que t’as tort. Enfin sauf si tu te plantes évidemment. Mais c’est ta faute.
      Après je te rassure : je pouvais baratiner en français, mais en maths si t’étais coincé, ben t’étais coincé. Du coup les sciences m’ont quand même toujours fait peur quand les exams arrivaient.

      Le seul prof que j’ai apprécié dans les matières « analytiques », c’est mon prof de philo de terminale. Même si on n’a fait de la philo qu’une seule année (ce qui fait que je me questionne sur son utilité, c’est trop court), c’était un prof ouvert qui, même quand on ne collait pas à Kant machin ou truc, il disait « ah c’est intéressant ce que vous dîtes » ou même un commentaire comme ça dan les marges.
      Bon…j’avais pas forcément d’excellentes notes non plus mais j’ai senti que le mec accordait de l’importance à mes propres réflexions.
      Alors qu’en français, fallait juste trouver ce que le prof avait décidé que ça voulait dire…
      Et ça me gonflait. Je n’étais pas forcément d’accord avec le prof, et je trouvais déjà ça prétentieux d’affirmer des trucs.

    • Eddy Vanleffe  

      @Bruce,
      tu as rassemblé autour de toi une vrai communauté hétéroclite très variée et aux instincts parfois divergents, c’est notre richesse je pense.
      nos commentaires, c’est un peu notre « décontraction », on ne se voit pas et on reste donc sur les mots et le sens qu’on leur donne.
      j’admirais parfois les démonstrations passées sur le domaine de la psychanalyse, parce que c’est une approche originale, mais j’ai toujours détesté aussi l’idée que cela pouvait être une science exacte…
      Je me retrouve donc totalement dans ta vision littéraire des choses, pour moi aussi c’était un voyage.
      mon coup de foudre pour les lettres ont deux balises très importantes:La petite fadette de George Sand que j’ai lu tous les été pendant des années et Cyrano De Bergerac. il était évident que les textes étaient très riches, que les auteurs avaient travaillé leurs oeuvres dans les moindres détails (études comparées des portraits de la fadette au gré de son évolution physique et mentale ou recherche maniaque du mot juste pour le second). ce fut sans doute la première étape d’un processus qui m’amena ici…
      j’ai aimé ton article Bruce, ne t’inquiète pas la dessus,
      c’est qu’après on a parlé de rayon éjaculateur et tout ça…
      pour rire je veux bien, mais après il n’ya pas de limites: le blackbird, c’est une bite, les cheveux blanc d’Ororo, c’est du bukkake ^^
      surtout que le sexe, c’est rigolo mais il y a plein de trucs à creuser comme cette manie chez Byrne de placer des grand brûlés et des défigurés partout… ça et des nazis aussi… (l’arc à la con chez les FF qui repart dans le passé avec Nick Fury…)

      • Eddy Vanleffe  

        @Matt
        non les profs de français ne sortent pas tout ça de leur chapeau non plus…
        les écrivains laissent beaucoup de notes et de brouilllons pour expliquer ce qu’ils veulent dire…
        d’accord certains consensus sont certainement du babillage de perroquet et doivent paraitre restrictifs aux élèves, mais c’est tout le contraire, le plus souvent ce sont des « béquille » pour aider à se faire des analyses soi même. si on trouve un truc dans un texte, souvent c’est qu’il y est…
        sauf quand l’analyse fait preuve de mauvaise foi (vouloir à tout prix trouver de l’antisémitisme dans l ‘oeuvre d’ Hergé, on va forcément trouver des éléments qui vont « prouver  » qu’il y en a mais c’est une démarche à charge…)

        • Matt  

          Ouais mais justement dans le domaine littéraire, il n’y a pas qu’une seule réponse, une seule interprétation.
          Tout ce que je voulais dire à Bruce, c’est que ce qu’il interprète d’une façon sur Claremont…peut aussi être autre chose.
          Ne pas se limiter à une seule vision quoi. Même si ça peut être séduisant de se dire qu’on a LA réponse, qu’on a compris.
          Mais on se fait aussi une idée qui nous plait d’une personne. ça veut pas dire que c’est la bonne.
          Je n’aime pas les certitudes. Pas dans le domaine littéraire justement où on peut comprendre les choses de différentes manières.

          C’est ce qui me déplaisait dans les cours. Les certitudes sur les intentions des auteurs. A moins en effet d’avoir pris connaissance de notes qu’ils auraient laissé…tu peux pas savoir à 100% ce qui s’est passé dans sa tête. Surtout si c’est un auteur qui a vécu il y 300 ans hein…
          Et j’ai souvent constaté que ça ne plait pas aux gens qu’il y ait plusieurs possibilités. Ils se sentent obligé d’en choisir une et de la défendre.

  • midnighter  

    c’ est vrai qu’ il y a beaucoup de boobs dans les illustrations

  • JP Nguyen  

    En numéro totalement anecdotique mais cher à mon cœur de fan, il y a un Annual post période X-Force, écrit par Nicieza et dessiné par Greg Capullo, qui se déroule dans le futur où les NM ont enfin grandi et sont devenus les X-Men.
    C’était aussi ça qui était sympa dans un autre Annual dessiné par Art Adams, où les jeunes enfilaient leurs habits de grands pour délivrer les X-Men sous l’emprise de Mojo.

    • Bruce lit  

      Ah, mais je connais pas cet épisode. Tiens, c’est tentant !

    • Matt  

      Oui j’aime bien l’annual avec les new mutants qui sauvent les X-men qui régressent et deviennent gamins à cause de Mojo. C’est aussi l’arrivée de Longshot dans l’équipe je crois, téléporté depuis sa mini série^^
      J’ai toujours aimé Mojo parce que c’était un méchant fun mais super glauque aussi. C’était des épisodes détente avec de la grosse satyre sur les médias, et Mojo pétait le 4eme mur bien avant Deadpool avec par exemple une tête coupée de cochon (gore) et un Mojo qui nous dit « tha…that…that’s all folks ! » ^^

      Il n’était pas à prendre très au sérieux, c’est sur qu’il n’a pas une dimension dramatique à la Magneto. C’est juste un personnage taré façon Alice in Wonderland mais avec une société de zombies accro a la TV
      Moi j’aimais bien.
      Après évidemment d’autres ont complètement foiré l’utilisation de Mojo, avec la mini série toute mpourrie X-babies qui recycle l’idée des X-men qui rajeunissent pour en faire un truc mignon, alors que dans l’anual ça permettait de renverser les rôles avec les New mutants.

      • Bruce lit  

        Ah non, pas les X-Babies…Beuuuurk..

      • Matt  

        Je viens de dire que c’était naze. Tu retiens que ça de mon pavé ??

        Bon…si Panini fait bien son boulot (ce qui n’est pas gagné en fait), l’intégrale 1986 des New mutants devrait publier l’annual 2 des new mutants avec Psylocke qui devient le jouet de Mojo, puis cet annual X-men de 1986 aussi avec l’échange des rôles^^
        Ce serait cool. Et sans vous-savez-qui à la trad (enfin sur l’annual des X-men ce sera surement toujours elle, mais pas pour le reste)

        • Bruce lit  

          Non, j’avais tout lu. L’annual que tu décris a l’air bien.
          Je déteste les X-Babies, annonciateurs des Funky Pop que je déteste encore plus.
          Sur les Xmen, je pense que le traducteur dévoyé restera Nick Meylander.

        • Matt  

          Claremont se moque de ce concept de X-babies justement en les faisant créer par Mojo dans cet annual ou les X-men régressent. C’est un coup marketing pourri à la Mojo. Mojo incarne les producteurs ciné, la direction de Marvel ou n’importe quel commercial avide de trucs qui font de l’audience justement. C’est ce qui est fun avec ce personnage.
          Ce n’était donc pas censé devenir une mini série ensuite par je ne sais quel scénariste bidon. It was a joke !

          • Eddy Vanleffe  

            Le graphic Novel MOJO MAYHEM est un one shot d’Excalibur…absolument génial… j’ai bien rigolé à l’époque…

  • SammyDay  

    Comparer l’opposition méfiante de Dani à celle immature de Thunderbird… ces deux personnages n’ont pas beaucoup en commun dans leur comportement. A la rigueur, Warpath est plus proche de Moonstar, mais il ne s’oppose guère à sa maitresse (ou alors bien plus tard).

    • Bruce lit  

      Bonsoir SammyDay
      Euh soit mon argument est mauvais (pourquoi pas) soit tu fais preuve de mauvaise foi…
      Je ne compare pas du tout les personnalités de Dani à Proudsta mais met en parallèle les indiennes oppositions badass de deux jeunes Xmen à l’autorité de Xavier. Ça ne va pas plus loin…Les équipes ont leurs tendances.
      Magneto et Polaris ont les mêmes pouvoirs, pas du tout la même personnalité mais ont fait chacun à leur tour d’instabilité mentale.
      Chaque équipe X a eu son super félin sans pour autant égaler Wolverine, son malabar ou son fort en sciences. C’est désormais des obligations de casting que même Morrison n’a pas voulu contourner.
      Bien à toi.

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