Tribute to Stan Lee from Bruce Lit

Focus : La mort de Stan Lee

A l’occasion de la mort du père de Marvel, 6 Fantastiques de la Team s’expriment sur ce que Stan Lee a représenté pour eux.

Texte : Présence, Tornado, Patrick 6, Ozymandias, Eddy Vanleffe,  Bruce Lit
Iconographie : Bruce Lit

Des couvertures ensorcelantes : j'adorais regarder le dessin de ces mains sur la machine à écrire

J’adorais regarder ces mains sur la machine à écrire
(C) Jean Mitton

PRESENCE :

Au départ Stan Lee, ce n’était pour moi qu’un nom en ouverture de tous les épisodes des superhéros Marvel dans Strange, Spécial Strange, Nova, Titans. Ce n’était pas loin d’une entité omniprésente, présidant à la destinée de tous les habitants de l’univers partagé Marvel. De temps à autre, c’était le nom d’un scénariste adulé pour des motifs un peu obscurs sur des épisodes vieillots (pour mon regard de l’époque), par exemple pour les premiers épisodes de la série Fantastic Four.

Dans le même temps (magie du décalage de publication), c’était aussi un humaniste quasi shakespearien dans la série Silver Surfer, en tout cas un grand tragédien. Quelques années plus tard, c’était à la fois un repère iconique (sa tête sur la couverture des Strange Spécial Origines), le créateur de tout l’univers Marvel (pour la même publication), et aussi un scénariste à l’écriture un peu dépassée (Tornado sort de ce corps).

Quelques années plus tard, c’était un vil spoliateur, un individu ayant placardé son nom partout, se mettant en avant au détriment de ses collaborateurs, ayant brimé les vrais créateurs, débitant un baratin de bonimenteur creux et boursouflé. Quelques années plus tard, mon image de Stan Lee acquérait des nuances : un scénariste bloqué dans une forme d’écriture (Silver Surfer: Parabole, Just imagine Stan Lee creating the DC Universe), un responsable éditorial de génie, un employé comme les autres évincé comme un malpropre de Marvel Comics, un organisateur mal entouré d’hommes d’affaire sans scrupule. Il reste des faits, un acteur essentiel du monde des comics et de son évolution, une légende, un univers partagé, des collaborations créatrices mémorables avec Steve Ditko et Jack Kirby, des comics.

Le nouvel Homère pour Jean-Marc Lainé (C) Fantask Edition

Le nouvel Homère pour Jean-Marc Lainé
(C) Fantask Edition

TORNADO :

Stan Lee, quand j’étais gamin, c’était un héros, voire un super-héros. Et quoi de plus normal ent ant que père de tous les super-héros que je connaissais (en dehors de Batman & Superman) ! Rien qu’à voir sa tête de bonhomme charismatique sur les Strange Special Origines, j’étais persuadé de voir quasiment un demi-dieu à travers le vernis de cette couverture.
Et puis cette illustration, ce vénérable barbu, on lui aurait donné le bon dieu sans confession, façon Charles Ingalls.

En grandissant, j’ai abandonné cette figure de patriarche en même temps que j’abandonnais toute forme de croyance religieuse.
Je revins vers les comics de super-héros à l’âge adulte, au tout début des années 2000 (à l’occasion de la sortie du premier film sur les X-men réalisé par Brian Singer). En lisant pas mal d’articles sur le sujet, je notais que les journalistes de la presse spécialisée (dans le cinéma fantastique, les geeks, quoi…) ne tarissaient pas d’éloge sur les vieux comics Marvel de mon enfance, sur le sous-texte développé par ce bon vieux Stan, qui semblait conférer à toutes ses créations une toile de fond d’une richesse mythologique n’ayant rien à envier à Homère. Était-ce un génie ? Auquel cas étais-je ingrat au point de l’avoir oublié toutes ces années ?

Je me remis ainsi à lire de vieux comics Marvel, à commencer par les premier X-men. Et quel ne fut pas ma surprise en constatant que… ce n’était pas mauvais, c’était juste bien pire que cela, c’était atrocement mal écrit et infantile ! Je tombais alors des nues, en criant sur tous les toits que les admirateurs du vieux bonhomme confondaient les vessies moisies avec les lanternes magiques !
Et puis, avec un peu de recul, je constatais quand même que cette mythologie, il avait bien fallu la créer. Et que malgré la forme extrêmement laborieuse de ces vieilles histoires, le fond était bien là. Il existait peut-être bel et bien, ce génie, dissimulé derrière les oripeaux des ces comics old-school naïfs et enfantins, comme le diamant brut caché sous le voile brumeux d’une vieille boite en plastique élimé.
C’est alors que je tombais des nues en constatant que les fanboys, les lecteurs hardcore de tous ces vieux comics de slips par dessus le pantalon, tous ces docteurs en comixologie, ces maitres auto-proclamés de la contre-culture, toisaient le vieux Stan comme s’il s’agissait d’un vil imposteur, un Fatalis déguisé en Charles (non, pas Xavier, Ingalls on a dit !) ; une ordure de vieux croûton qui aurait spolié ses dessinateurs-collaborateurs de leurs créations en s’en attribuant tous les mérites, comme s’il n’avait fait que leur faucher leurs planches de BD pour mettre son nom dessus, à la fin…

Quelques années et quelques publications plus tard, on vit bien que certains véritables connaisseurs de la situation (ceux qui bossent dans le monde des comics pour de vrai) tentaient de modérer ce soudain complexe d’Oedipe venu du peuple fanboy envers leur patriarche. Et puis, il faut avouer que nous étions nombreux malgré tout à aimer voir cette vieille trogne venir faire des caméos dans toutes ces adaptations cinématographiques qui pullulaient sur les écrans, avec ces génériques mentionnant bel et bien un certain Stan Lee en producteur exécutif !
En définitive, pour moi c’est cela, Stan Lee : Un créateur intéressant dans le fond, extrêmement laborieux dans la forme, un éditorialiste hors-pair, et un être humain diablement attachant de par ses qualités, ses failles et son haut potentiel de séduction…
RIP.

Le roi du blabla, le voilà ! (C) Touchstone

Le roi du blabla, le voilà !
(C) Touchstone

6 PATRICK FAIVRE

Stan Lee est mort.
Ces 4 petits mots à la suite n’ont l’air de rien, ils m’ont pourtant littéralement dévasté.
Alors évidemment ce n’est pas comme si on ne l’avait pas vu venir. Monsieur Lieber avait quand même 95 ballais et dans la réalité contrairement aux comics on ne vit pas éternellement.
Ainsi donc voilà, notre père spirituel à tous (grand-père même pour les plus jeunes) n’est plus. Il a rejoint les idoles de notre enfance Kirby, Ditko, Buscema et tous les autres…
Les Spécial Strange Origines (avec invariablement sur la couverture ce dessin de Jean Mitton moyennement ressemblant) avait fait de lui une icône intouchable. Les commentaires du Stan dans les premiers numéros, bien que largement réécris par Lug, étaient malgré tout passionnants et donnaient envie d’en savoir plus sur le personnage.

Après évidemment les années ont passé, nous avons tous grandi (euh… bon disons au moins vieilli) et notre regard a changé. Avec le temps Stanley est d’avantage apparu comme un baratineur au bagout trop volubile pour être honnête. Qui n’a jamais entendu une interview de Stan Lee ne sait pas ce que la langue de bois veut dire ! Le politiquement correct était le maitre mot de son discours. A mi-chemin entre un VRP sous acide et Pervers-pépère, Stan nous inquiétait. Et puis bon qui a trouvé intéressante une histoire écrite par Stan Lee ces 25 dernières années ? (Euh Ravage ? ahahah)

Ensuite sont venus les films avec ses apparitions Hitchcockiennes (plus ou moins réussies selon le cas) qui ont largement contribuées à redorer son blason auprès des fans. Il faut dire qu’on pardonne toujours aux p’tits vieux, on se dit « Baah maintenant ça n’a plus d’importance », on s’en fout si Stan a (probablement) marché sur des têtes toutes sa vie, car à présent c’est un papi goguenard charmeur !

Bref si son parcours sent bon le souffre, je ne peux pas le juger, je ne sais finalement rien de qui il était, et je dirais peu importe. Ce qui reste c’est la joie qu’il a apporté à chacun de nous, ses créations ont illuminé notre enfance (et notre adulescence).

L’humanité de ses personnages a éveillé et stimulé la notre, nous montrant l’exemple et nous donnant courage et espoir dans les moments de doute. Ses héros de papier sont tout simplement devenus nos meilleurs amis. Pour tout ceci et plus encore merci vieille canaille, on te pardonne tout, ta part d’ombre fait partie de ton personnage de forban magnifique. Tu as si bien écrit ta propre légende qu’on ne retiendra qu’elle.
Excelsior !

Un peu plus près des étoiles (C) Marvel Comics

Un peu plus près des étoiles
(C) Marvel Comics

OZYMANDIAS

Si la mort de celui qu’on a surnommé parfois LE HOMÈRE DU XXe siècle ne fut qu’une demi surprise (95 ans et une santé fragile), il serait vain, à mon sens, de pleurer un homme ayant déjà accédé à l’immortalité de son vivant. Dans les jours, les semaines, les années à venir, les éloges formatés, les hommages de circonstance, laisseront bien vite la place à une re-découverte sans langue de bois de l’homme et de son destin exceptionnel.

Car, c’est un fait, Stan Lee n’était pas un saint, ce qui équivaut, in fine, à la nécessité de le réduire à sa dimension humaine pour bien le saisir dans toute sa complexité. À titre personnel, quand je repense à lui en cette période de deuil (je lui conserve un énorme respect), c’est la figure de Norrin Radd, alias le Surfer d’argent, qui représente à mes yeux les plus belles tirades écrites par ce dialoguiste/scénariste hors-pair. J’imagine l’ancien héraut de Galactus mandaté par Éternité en personne pour guider, tel un psychopompe shakespearien, Stan Lee à travers les galaxies pour qu’il y repose parmi les étoiles, ses soeurs. Alors non, je ne suis pas triste, au sens égoÏste du terme, parce que je sais qu’il me suffira de relire, en français ou en anglais, les aventures christiques de Norrin pour le faire revenir, comme on invoque une divinité de l’Imaginaire. Stan Lee, l’être incarné, n’est plus, mais son essence demeure et nourrira encore longtemps la conscience collective des Imaginautes.
NUFF SAID !

(C) Marvel


Strange Times for Strange readers
(C) Marvel

EDDY VANLEFFE

Depuis ce matin, je réfléchis à ce que représente Stan Lee pour moi. Vraiment. Ce que j’ai lu de lui plutôt que ce j’ai lu sur lui. Il est celui qui amena cette patte particulière des « héros problèmes » vivant dans un New York ordinaire.
Je reprends les Fantastic Four, où il fut un dialoguiste hors norme, alternant langage de rue avec l’accent gouailleur d’un Ben Grimm, s’auto caricaturant avec Jonah Jameson, tout en délirant sur la science de Reed Richards et l’emphase théâtrale d’un Fatalis. Je retiens ses allitérations, ses formules et cette volonté de vouloir tenir un univers. Ces petits ingrédients qui ont fait de Marvel cet univers unique.

Il est celui qui a fait des comics des témoins de leur époque en reflétant toujours l’actualité. Du coup il me revient en mémoire lors de son passage sur le tisseur de cet épisode où Flash part naïvement la fleur au fusil au Vietnam, félicité par ses camarades. Il allait défendre la démocratie dans un pays qu’il pouvait à peine situer sur la carte. Plusieurs années plus tard, il signe l’histoire où Flash revient avec Sha-Shan une vietnamienne, en vétéran désabusé. Nous n’étions certes pas dans Platoon, mais voilà, les années avaient quand même imprimé de leur sceau amer cette décennie qu’ils avaient crue flamboyante. Un peu comme Beatles qui étaient passé de Please Please me à Let it Be.

Je pense aussi à ces étranges one-shots qu’il avait rédigés pour DC, reprenant les concepts de la « Distinguée Concurrence » (expression dans laquelle on retrouve bien sa patte), dans lesquels il s’auto-caricature à l’envie. Pas dupe pour un sou, il avait fait son propre post-modernisme.
Donc voilà, le dernier géant a disparu, je suis assez confus, peiné. Triste? Pas vraiment, mais d’avantage conscient qu’au fur et à mesure que mon musée intime se garnit de statues de plus en plus nombreuses, l’inéluctable s’impatiente à présent.
S’il y a un endroit pour accueillir les gens qui ont embelli le monde à travers le temps, puisse il retrouver son épouse Joan et ses compères afin de dissoudre une bonne fois pour toutes ces querelles futiles.

Mon histoire préférée de Lee-Kirby : un enfant seul et impuissant face à un adulte dangereux à la maison. (C) Marvel Comics

Mon histoire préférée de Lee-Kirby : un enfant seul et impuissant face à un adulte dangereux à la maison.
(C) Marvel Comics

BRUCE LIT :

En me pliant à l’exercice de l’élégie en urgence, je réalise que Stan Lee n’a pas directement participé à la construction de mon identité. Pas autant que mes modèles, James Dean, Roger Waters, Alice Cooper ou Marlon Brando.  Je n’ai aucune tristesse mais beaucoup de respect. C’est finalement très étrange de tenir un blog autour du comicbook depuis six ans et de réaliser que le père des super héros n’y occupe pas une place évidente dans mon panthéon.

Peut-être parce qu’il n’était pas si facile que ça pour un gamin des années 80 de connaître la vie et les coulisses du père de Marvel. Je veux dire qu’il m’était plus facile de dégoter un bouquin sur James Dean ou un Rock’n’Folk en bibliothèque qu’un ouvrage de fond sur les Marvel Comics.  On y trouverait ici les spéciales origines du blog : mais pourquoi m’était’il impossible dans des lieux de culture de retrouver des super héros ? Pourquoi les lire sous le manteau ?  Pourquoi les supers bastons d’Asterix et pas celles de Spiderman ?

La querelle entre Lee et Kirby ? Entre Lee et Ditko ? Je m’en fous. J’ai découvert ça sur le très tard. Bien après celles entre Macca et Lennon, Waters et Gilmour, Rotten et McLarren.  Durant mon adolescence, ce genre de débat pour différencier le génie de l’usurpateur me passionnait. Plus maintenant.  Parce qu’au final l’art se nourrit, se construit de ces clivages, de ces engueulades, de ces frustrations, de ces spoliations.  De la mort aussi.

Imaginons un instant que Ditko eut gain de cause et que, comme il le voulait, l’identité du super bouffon n’eut pas été Norman Osborn mais l’inconnu de la rue. La révélation de l’identité de Rorschach, un pur clochard qu’Alan Moore choisit pour venger l’humiliation subie par Ditko,  n’aurait certainement pas eu le même impact sur la génération WATCHMEN.

Il y a quelques années COMIC BOX avait sorti un numéro au raisonnement vertigineux et en déroulant tout ce qui n’existerait pas si Marvel n’avait pas existé.Pour l’opinion publique Stan Lee ÉTAIT Marvel.  Marvel avec ou contre qui il a fallu se construire, s’émanciper, revenir ou se séparer.  Avec son sourire et sa cool attitude Stan Lee aura été le pépé sympa qui apparaissait dans les films Marvel le temps de caméos amusants. Pour beaucoup, il ne sera même que ça. Mais avant tout, et bien avant Bruce Lit, il s’obstina à faire entrer la culture du super-héros dans la culture tout court. Souvent pour son ego.

Je me rends compte qu’en publiant tous les jours mes teasers, en gérant l’autopromotion du blog de manière faussement mégalo que je marche dans la lignée de ses Bullpen Bulletins.  Je n’oublie pas enfin que l’homme a eu aussi son lot de tragédie (il a perdu un enfant 3 jours après sa naissance) et qu’il su m’émouvoir dans sa postface signé Stan Lieber à la fin de MAGNETO TESTAMENT.

Alors puisque Dieu est un fumeur de havane, allumes en un avec Jack là haut et essaie de vendre ta Parabole à YHWH. Tu serais bien capable de réussir, vieille canaille !

—–

Allez toi le visionnaire, le rêveur, le peintre et le roi du pipeau : brille diamant fou !

33 comments

  • Chip  

    Merci. Je ne crois pas qu’on puisse rendre hommage à Stan Lee en restant dans l’hagiographie : pas besoin de nier les controverses pour apprécier le personnagr. Ce fut un formidable opportuniste, dans un sens seulement partiellement péjoratif, un homme d’intuition et un bateleur enthousiaste, charmeur en toute occasion. Que cette passion des comics et de la transition soit surjouée n’empêche pas qu’elle me semble au final sincère.

    • Chip  

      Transition => transmission

    • Bruce lit  

      @Chip : c’est avec un texte d’adieu que je te souhaite la bienvenue sur le blog. Comme le mentionne Présence, on peut accuser Lee de beaucoup de chose mais pas d’avoir passé sa vie à vouloir vendre, dans tous les sens du terme, du comics. Nous sommes aussi en Amérique post War 2, l’heure est à la consommation de masse, la jeunesse a envie de s’éclater, de baiser, d’écouter du rock et de lire des comics.
      @Niolavitch : historiquement, ne serait ce pas aussi les talents de bateleur de Lee qui ont contribué à rendre Marvel plus vendeur que DC ?
      @Présence : merci d’avoir été le premier à te lancer de l’élégie en urgence. Question : faut’il préparer d’autres à l’avance comme Zitrone.
      @Vindicator : toujours sur la ligne blanche….
      @Matt : le moi de Lee derrière le clown ? Je n’en sais rien. Peut-être a ‘t’il, comme Gainsbourg, été dévoré par son personnage. Ce que j’ai lu de sa fin de vie n’est guère joyeux : sénile, aveugle et séquestré par sa fille.

      • Eddy Vanleffe  

        sans oublier qu’il était encore traîné dans des conventions pour signer à la chaîne des livres qu’il n’a pas le temps de voir passer…
        qu’un infirmière ou un proche lui a piqué du sang pour le mélanger à de l’encore pour que cela serve pour les dédicaces collectors…
        on l’a usé jusqu’à la corde le vieil homme.

        très bon article dans l’urgence…

        • Matt  

          WTF ? Vous parlez de Stan Lee là ? On lui a pris du sang pour des signatures ?
          Séquestré par sa fille ?
          C’est quoi ce bazar ? J’suis au courant de rien moi tellement ça m’intéresse la vie privée des gens…

          • Bruce lit  

            @Matt : un article remarquable dans le libé d’hier https://next.liberation.fr/culture/2018/11/12/marvel-stan-lee-l-homme-a-regne_1691656
            J’ai choisi cette orthographe non pas pour faire bûcher Présence plus que de raison (quoique l’idée n’est pas pour me déplaire) mais parce que c’est tout simplement celle que je connais de ma version de La Bible à l’époque où elle avait été retraduite et retravaillée par des écrivains. La Bible, c’est le plus grand bouquin de super héros de tous les temps !
            @Eddy je t’ai laissé un MP.

          • Matt  

            C’est vrai que le grand age n’excuse pas les actes de jeunesse…mais c’est vrai aussi qu’on devient plus vulnérable intellectuellement et physiquement en vieillissant. Les abus de faiblesse, c’est quand même dégueulasse.

          • Eddy Vanleffe  

            hello Bruce
            Merci pour le repêchage express !

  • Vindicator  

    Joli travail. Même Tornado y va de sa larme. Le texte de bruce sur le fil du rasoir

  • Nikolavitch  

    Pour rebondir sur ce que dis Présence : bien sûr que le cas Stan Lee est complexe. Même si, dans mon boulot, je suis plutôt « Team Kirby », je reconnais tout à fait l’apport majeur de The Man, notamment avec sa manière de mettre en place l’univers partagé, les codes du soap, etc, qui ont fait de Marvel la Maison des Idées.
    Il garde pour moi ce côté voyou sympathique, ce Barnum génial dans son domaine, qui a été la promotion de Marvel. Il a su rendre les super-héros cool, et a su donner du boulot aux meilleurs.

    • Présence  

      En y repensant, après avoir écrit ce court texte très vite, Stan Lee a aussi consacré toute sa vie à partir de 40 ans, aux superhéros, sans jamais faillir. Comme le souligne Bruce, il était tout entier dans son œuvre (kayfabe comme disent les catcheurs), sans rien renier, sans jamais cracher sur personne. Quand je pense qu’il a fondé Stan Lee Entertainment en 1998, à 75 ans, la retraite, ce n’était pas pour lui.

  • Matt  

    « Je me rends compte qu’en publiant tous les jours mes teasers, en gérant l’autopromotion du blog de manière faussement mégalo que je marche dans la lignée de ses Bullpen Bulletins.  »

    Ha ! Ha ! Bien vu ça. Bruce Lee ! Ah mince c’est déjà pris. Stan Lit ?
    Et si c’était un joueur le Stan aussi ? Et que son ego fasse partie d’une stratégie marketing ?
    Quelqu’un a-t-il finalement connu le Stan derrière le masque ? (à part ses proches évidemment…enfin j’imagine^^)

    Bref joli hommage. Pas larmoyant, pas faussement élogieux avec partialité de mauvais goût. Une acceptation de ce qu’il était dans ce qu’il y a de bien et de moins bien.

  • JP Nguyen  

    Sniff. Goodbye Stan !
    Je me reconnais un peu dans chacun de vos jolis textes. L’homme n’était pas un saint mais Marvel lui doit indubitablement quelque chose. Sans lui, le Marvel Universe eut été différent et ma vie de lecteur aussi.

  • Ozymandias  

    Pas facile de parler de Stan Lee, à titre personnel, après avoir finalement « tué le père » ce WE. Du coup, j’ai un peu de mal avec les hommages, les éloges de ce genre de figure. J’ai déjà expliqué ailleurs que je ne ressens pas de tristesse, mais comme beaucoup un profond respect. Stan Lee, c’est la création du Golem, la transformation des monstres de chez Atlas en une véritable cosmogonie de papier. Cependant Marvel n’est SA créature, et je me refuse à perdre du temps en procès d’intention. Il faudra acquérir une certaine distance pour que paraisse enfin une biographie objective (si une telle chose existe) capable non pas de trancher entre le Saint et le Démon (nous sommes tous logés à la même enseigne), mais de lui donner sa vraie place au sein de la Maison des Idées.

    Bonus : un petit texte écrit hier en repensant au vieux Barnum.

    Si la mort de celui qu’on a surnommé parfois LE HOMÈRE DU XXe siècle ne fut qu’une demi surprise (95 ans et une santé fragile), il serait vain, à mon sens, de pleurer un homme ayant déjà accédé à l’immortalité de son vivant. Dans les jours, les semaines, les années à venir, les éloges formatés, les hommages de circonstance, laisseront bien vite la place à une re-découverte sans langue de bois de l’homme et de son destin exceptionnel. Car, c’est un fait, Stan Lee n’était pas un saint, ce qui équivaut, in fine, à la nécessité de le réduire à sa dimension humaine pour bien le saisir dans toute sa complexité. À titre personnel, quand je repense à lui en cette période de deuil (je lui conserve un énorme respect), c’est la figure de Norrin Radd, alias le Surfer d’argent, qui représente à mes yeux les plus belles tirades écrites par ce dialoguiste/scénariste hors-pair. J’imagine l’ancien héraut de Galactus mandaté par Éternité en personne pour guider, tel un psychopompe shakespearien, Stan Lee à travers les galaxies pour qu’il y repose parmi les étoiles, ses soeurs. Alors non, je ne suis pas triste, au sens égoÏste du terme, parce que je sais qu’il me suffira de relire, en français ou en anglais, les aventures christiques de Norrin pour le faire revenir, comme on invoque une divinité de l’Imaginaire. Stan Lee, l’être incarné, n’est plus, mais son essence demeure et nourrira encore longtemps la conscience collective des Imaginautes. NUFF SAID !

    • Présence  

      Ce texte mérite de figurer dans l’article. En y repensant après coup, la même expression m’était venue à l’esprit : tuer le père. De même, je ne ressens pas non plus de tristesse, mais effectivement un vrai respect pour ce que cet homme a accompli.

      • Jyrille  

        D’accord avec Présence.

        • Eddy Vanleffe  

          Je l’aurais proposé si je n’avais pas bossé trop tard…
          j’ai lu le mail de Bruce après avoir posté le truc… ^^

        • Matt  

          C’est vrai qu’il est bien l’hommage d’Eddy. Même s’il n’aime pas trop les pronoms personnels^^ (manque quelques mots parfois…)
          Je me souviens aussi de Flash qui part au Vietnam et revient tout dégoûté.

  • Jyrille  

    Bravo et merci. Pour l’élégie et les coups de gueule et l’humour et l’émotion. Vraiment un beau boulot !

    Pat, Stan Lee pouvait même être arrière-grand-père…

    Bruce, que signifie « YHWH » ?

    Le premier scan est une vraie madeleine pour moi alors que je ne l’ai jamais possédé. Pour moi c’est ça Stan Lee, cette couverture Spécial Origines. Indélébilement gravé en moi.

    Je vais finalement regarder cette vidéo de tous les caméos parce que je suis sûr que ce sera comme votre article : drôle et émouvant.

    La BO : superbe, un de mes titres favoris du groupe. Un des meilleurs.

    • Présence  

      Le Tétragramme YHWH est le théonyme de la divinité d’Israël, composé des lettres yōḏ (י), hē (ה), wāw (ו), hē (ה), et retranscrit YHWH en français. – Source wikipédia

      Ce sigle a engendré les dénominations Yahvé, Yahweh, Jéhovah.

      • Jyrille  

        Je me doutais que cela avait avoir avec Jahvé mais je n’en était pas sûr… Merci Présence !

        • Présence  

          J’avais dû faire l’effort de me renseigner quand j’étais tombé sur ce sigle dans les propos de Dave Sim, le créateur de Cerebus.

          • Matt  

            Et si YHWH est une retranscription, pourquoi se la péter à l’utiliser à la place de Yahvé, elle-même retranscription ?
            C’est juste pour que personne comprenne hein, avouez !

          • Présence  

            Heu, je peux continuer à recopier wikipedia : YHWH apparaît près de sept mille fois dans l’ensemble de la Bible hébraïque et est présenté comme le nom propre de l’Elohim du judaïsme. C’est donc la forme originelle qui figure dans la Bible, et Yahvé qui est la transcription pour pouvoir être prononcé, mais…

            Le troisième commandement de la religion judaïque enjoint de ne pas invoquer le nom de Dieu en vain, donc en fait les croyants ne prononcent par YHWH, ni ses déclinaisons.

          • Matt  

            Bon ok.
            De toutes façons comment ça se prononce YHWH ?^^

        • Nikolavitch  

          « Jahvé pô compris »

          • Nikolavitch  

            techniquement, YHWH se prononce « Adonaï », le mot hébraïque pour « Seigneur », afin de ne pas souiller le Saint Nom. ce qui fait qu’on a oublié la vraie prononciation (même si les linguistes pensent que c’est « Yahweh »)

          • Jyrille  

            Et bien j’apprends plein de choses. C’est étrange cette prononciation si éloigné des lettres YHWH.

          • Nikolavitch  

            L’hébreu est une langue flexionnelle (c’est comme ça qu’on dit, je crois), dans laquelle les voyelles sont des indications grammaticales et syntaxiques qui se greffent sur un tronc de consonnes qui représente le concept (selon les voyelles, le mot « souffle » sera le verbe « souffler », le nom au pluriel, etc). et, à l’époque, elles n’étaient pas notées (le même phénomène existe en arabe, qui est une langue cousine). ça complique parfois le boulot des traducteurs et des exégètes.

  • Eddy Vanleffe  

    Et bien pour quelqu’un qui ne veut pas tomber dans l’émotion facile, ton hommage est pourtant l’un des plus émouvants…

  • OmacSpyder  

    Un chouette article collégial qui confirme ce que disait Stan Lee : il a juste capté ce qui faisait le propre d’une époque et de ses contemporains. Jusque dans cet article hommage, Stan Lee agit comme un fabuleux miroir.
    Ainsi Présence y voir une… présence omnipotente glissant au fil du récit vers des déclinaisons multiples.
    Tornado y retrouve l’expression d’un complexe d’Oedipe.
    Bruce roule des mécaniques en invoquant James Dean et les autres membres de son panthéon personnel, choeur de ses accès mégalomaniaques aigus.
    Patrick nous explique à quel point Stanley est désormais prisonnier de sa propre légende, pour le meilleur et pour le pire.
    Ozymandias replonge dans l’ère victorienne et cite Shakespeare pour en faire ressortir les accents de tragédien.

    Bref, Stan Lee était un magnifique miroir de nos âmes de lecteurs. Il captait tant et si bien, capturait les idées comme les sentiments pour nous y embarquer presque malgré nous.
    Et cet article illustre cette à « merveille » cette fulgurante idée!

    • Bruce lit  

      Rouler les mécaniques par rapport à James Dean, passionné de courses automobiles et père fondateur du rock’n’roll.
      La boucle est bouclée.
      Merci Omac.

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