La ballade de Typhoid Mary (TYPHOID MARY par Ann Nocenti)

TYPHOID MARY par Ann Nocenti et collectif

Un article de JB VU VAN

VO : Marvel Comics

VF : Semic

Un TPB Daredevil dont Murdock est pratiquement absent…
© Marvel Comics

Cet article portera sur les récits consacrés à Typhoid Mary par Ann Nocenti dans MAVREL COMICS PRESENTS, SPECTACULAR SPIDER-MAN et la mini-série TYPHOID.

Je trouve que le DAREDEVIL d’Ann Nocenti est bien trop souvent oublié au profit des runs de Frank Miller, de Brian Michael Bendis, de Ed Brubaker ou de Mark Waid. Pourtant, loin de copier DAREDEVIL : BORN AGAIN comme le feront nombre de ses successeurs, Ann Nocenti fait très littéralement vivre l’enfer au personnage titre. Elle lui crée également un nouvel antagoniste en la personne de Typhoid Mary. Mary Walker souffre de troubles dissociatifs de la personnalité. La douce Mary laisse en effet la place à Typhoid Mary, tueuse sadique aux sentiments ambigus envers Daredevil.

Cependant, Typhoid Mary est écartée de la série lorsque DG Chichester reprend Daredevil avec LA CHUTE DU CAÏD. En France, hormis une apparition dans SPECTACULAR SPIDER-MAN, elle disparaît plus ou moins des radars jusqu’à la série DEADPOOL de Joe Kelly. Pourtant, Ann Nocenti continue à lui consacrer plusieurs histoires largement inédites dans nos contrées.

TYPHOID’S KISS

Après Daredevil, Ann Nocenti retrouve son personnage dans l’histoire TYPHOID’S KISS, publiée dans l’anthologie MARVEL COMICS PRESENTS n°109 à 116 et illustrée par Steve Lightle. Wolverine rencontre un homme qui prétend être un tueur qui a fait l’objet d’expériences ayant modifié son comportement. S’il ne croit pas vraiment l’individu manifestement paranoïaque, Logan s’identifie à son statut de cobaye. Il accepte de rencontrer le contact de cet étranger, une femme qui aurait subi le même genre d’expérience : Mary Walker. Lorsque celle-ci évoque des réveils dans des pièces qu’elle ne connaît pas, sans se souvenir comment elle y est arrivée ou  d’où viennent les marques de liens et de coups sur son corps, Logan se reconnaît en elle. Mary lui fournit des renseignements qui lui permettent de trouver des vidéos de scientifiques testant des techniques de conversion sur des cobayes. Techniques de désensibilisation, drogues, voir des opérations invasives sur le cerveau des cobayes ! A l’insu de Logan, Mary commence à revivre ces expériences et, incapable de supporter ces souvenirs, laisse la place à Typhoid. Comme Daredevil avant lui, Logan découvre les 2 Mary, et est déterminé à sauver Mary Walker en détruisant Typhoid Mary

Les échos du passé
© Marvel Comics

À l’époque de cette histoire, on en sait encore peu sur le passé de Typhoid Mary. Seuls des fichiers consultés par le Caïd révélaient que la personnalité de Typhoid Mary existe depuis le plus jeune âge de Mary, sans en révéler la cause. Si l’histoire suggère que Mary a pu subir des expériences similaires à celles qu’a connu Logan, rien n’est affirmé. La source de Logan est peu fiable. De plus, les absences qu’évoquent Mary, prises par Logan pour des enlèvements, sont plus probablement les moments où Typhoid Mary prend le dessus.

Dans cette histoire, Typhoid fonctionne surtout comme double dysfonctionnel de Logan. Tout oppose Mary Walker et Logan : elle est pacifique lorsque lui recourt à la violence, elle souhaite libérer des animaux de laboratoire pendant que Logan dit mépriser ceux qui protestent contre les essais sur cobayes.

Typhoid Mary est bien plus proche de Logan : pleine de fureur, poursuivant sa vengeance à tout prix. Pourtant, Logan est physiquement et émotionnellement attiré par Mary alors qu’il rejette Typhoid. Celle-ci fait tant ressortir ses contradictions qu’il est prêt à pactiser avec des savants sans conscience pour laver le cerveau de Mary et faire disparaître Typhoid ! Bien que Typhoid Mary commette un meurtre sous ses yeux, Logan la laisse partir après avoir brisé le cœur de la tendre Mary Walker. La fin, ouverte, laisse entendre que Typhoid a pu corrompre celui de Logan…

THE WALKING WOUNDED
Une ambiance torride !
© Marvel Comics

Ann Nocenti retrouve à nouveau son personnage dans MARVEL COMICS PRESENTS n°123 à 130, toujours en collaboration avec l’artiste Steve Lightle. Typhoid Mary fait cette fois face à Ghost Rider, à cette époque lié à Dan Ketch. Dan et Mary se rencontrent dans un centre commercial. Mary Walker apporte son soutien à la Women’s Action Movement, un lobby pour l’égalité des sexes. À la vue de Dan, Mary éprouve du désir, éveillant l’influence de Typhoid Mary. Lorsque des hommes tentent de la violer, Typhoid émerge et tue plusieurs d’entre eux. Lorsque Ghost Rider fait irruption, il tente de venger ceux qu’il croit être innocents et utilise ses pouvoirs contre Typhoid Mary. Mais c’est Mary Walker qui tombe à terre. Ghost Rider vient de verser un sang innocent. Cet acte ouvre bientôt une faille vers le royaume de la démence !

Ann Nocenti aime écrire sur la folie. Les évènements de cette histoire sont organisés par Dusk, le souverain d’une dimension où règne une démence qui commence à déborder dans notre monde. Paranoïa, hallucinations et violence gagnent toutes les personnes présentes. Ghost Rider et Typhoid Mary sont projetés dans le monde de Dusk pendant que leurs avatars humains restent vulnérables au beau milieu d’une véritable guerre des sexes.

Par les yeux d’une enfant
© Marvel Comics

THE WALKING WOUNDED est surtout l’occasion pour Ann Nocenti d’explorer la véritable origine des pouvoirs et des troubles de Mary Walker. Dès son plus jeune âge, Mary est victime d’attouchements de la part de son père. Chaque nuit, il se rend dans sa chambre et Mary se replie en elle-même. Jusqu’à ce qu’une ultime nuit, elle se retire si loin qu’une autre prend sa place. Une sauvage vengeresse qui empêche son agresseur de lui faire du mal. Acculée par Ghost Rider, Typhoid rejette tous les hommes qui l’ont trahie. Son père, Matt Murdock, Logan, jusqu’à Ghost Rider à la vision manichéenne du monde. Dans un ultime geste de défiance, Typhoid Mary se donne la mort. Dan Ketch et une amie de Mary, Eve, utilisent toute leur volonté pour la ramener à la vie. Cependant, sous le choc de sa résurrection, Typhoid Mary fuit l’ultime combat contre Dusk pour se réfugier dans l’oubli que lui procurent ses drogues.

Comme pour Logan avant lui, Ghost Rider ne voit en Typhoid Mary que sa propre image. Celle de sa dualité avec Dan Ketch tout d’abord. Mais il finit également par percevoir Typhoid comme un être guidé par la vengeance. D’autres revendiquent ce rôle pour Typhoid Mary. Les membres de la Women’s Action Movement, gagnées par la paranoïa, font d’elle l’héroïne de la cause féministe après le meurtre des violeurs. Au final, la fuite de Mary semble surtout être un acte de libération du poids du regard des autres…

BLOODY MARY
Les 4 visages de Mary Walker
© Marvel Comics

Dernière histoire consacrée à Typhoid Mary dans les MARVEL COMICS PRESENTS n°150 et 151, BLOODY MARY rassemble Daredevil, Wolverine et le successeur de Ghost Rider, une créature nommée Vengeance. Mary Walker s’est volontairement hospitalisée afin de se débarrasser de la personnalité de Typhoid. Un problème cependant : la personnalité sensuelle de Typhoid a séduit son psychiatre, le Dr Hunt, qui compte supprimer l’identité de Mary Walker pour ne conserver que celle de Typhoid. De son côté, Logan doit faire évader une jeune télépathe, Jessie, d’une forteresse très gardée. Il utilise Typhoid. Celle-ci parvient jusqu’à Jessie mais est capturée durant la tentative d’évasion. Elle émet un appel télépathique qui attire Daredevil et Vengeance sur les lieux. Placée dans un caisson d’isolation, Mary revit son trauma d’enfance jusqu’à la catastrophe : une nouvelle personnalité émerge et commet un carnage. Devant le massacre, Jessie baptise cette nouvelle personnalité Bloody Mary.

Cette nouvelle personnalité tranche drastiquement avec celle de Typhoid. Typhoid Mary montre un comportement hypersexuel, et séduit les hommes qu’elle rencontre pour mieux les manipuler ou assouvir ses penchants sadiques. La personnalité de Bloody Mary se proclame elle-même misandre et voue une haine inconditionnelle envers les hommes. Cependant, le personnage de Jessie force les personnalités de Mary à remettre en question leur vision du monde. En effet, Jessie est une jeune fille transgenre, prisonnière d’un corps masculin. Et le rejet de son genre est complet. Mary Walker vit cette révélation comme une trahison et montre une violence inhabituelle pour elle. Même la responsable d’un refuge pour femme traite Jessie comme un menteur. La preuve de l’évolution de Mary, sous toutes ses personnalités, sera d’accepter l’identité de Jessie.

Un véritable personnage transgenre chez Marvel, sans aucun artifice
© Marvel Comics

Mary et ses personnalités changent cette fois de rôle. Mary Walker ne se définit plus comme un reflet du héros mais comme la championne des femmes persécutées, et ce quelle que soit son identité. La tendre Mary accepte de quitter la protection de sa maison de repos pour aller aider une enfant. Typhoid Mary est trop heureuse de lutter pour protéger une autre jeune fille des tourments qu’elle a elle-même subit. Bloody Mary massacre les geôliers mâles de Jessie mais laisse en vie le personnel féminin. Grièvement blessé, mutilé, mais en vie… Lorsque Mary Walker se rend dans un refuge pour femmes, c’est pour s’emparer des dossiers des survivantes et punir leurs bourreaux.

L’influence de Jessie stabilise les personnalités et fait émerger une nouvelle alter : Walker. Une Mary déterminée à ne plus se laisser manipuler par les hommes. Son premier acte est de livrer le Dr Hunt aux autorités pour ses abus envers sa patiente vulnérable. Walker prend alors la parole en direct à la télévision pour avertir tous les hommes qui trompent, harcèlent, brutalisent et violentent les femmes que leur tour viendra. C’est une Mary enfin libérée de l’influence des autres héros qui clôt le récit aux côtés de Jessie.

SPECTACULAR SPIDER-MAN: TYPHOID ATTACK

Un look familier !
© Marvel Comics

L’histoire qui suit est parue en France dans Nova 213 et 214, ce qui correspond aux numéros US de SPECTACULAR SPIDER-MAN où apparaît Typhoid Mary. Steve Lightle ne participe pas au retour de Typhoid : c’est l’artiste James Fry qui le remplace. Peter Parker arrive sur les lieux d’une scène de crime en tant que photographe. Comme d’autres victimes du tueur en série qui sévit à New York, le mort a un passif de violence envers les femmes. Il y a une témoin mais les policiers ne portent aucun crédit à son histoire. Selon elle, ce serait une femme qui aurait commis une telle tuerie. Inconcevable pour les inspecteurs en charge de l’enquête. Peter Parker prend la jeune femme sous son aile, une certaine Mary, et lui donne son adresse…

Ces 2 épisodes sont un pas en arrière par rapport à MARVEL COMICS PRESENTS n°150 et 151. Si Typhoid et Bloody Mary traquent ceux qui abusent des femmes, la personnalité de Walker n’apparaît que tardivement pour calmer le jeu. De plus, lorsqu’elle fait irruption chez les Parker, Typhoid se montre bien plus agressive envers Mary Jane qu’elle ne l’était envers les personnages féminins des histoires précédentes. L’histoire elle-même reprend l’idée de Mary servant de reflet au héros. MJ compare très explicitement les troubles dissociatifs de Mary aux problèmes psychologiques de son époux ! Bloody Mary adopte même une armure rappelant un certain mutant griffu.

J’ai un peu l’impression d’une histoire permettant de synthétiser l’évolution qu’a connu Mary dans les MARVEL COMICS PRESENTS pour les lecteurs d’un comics plus en vue, SPECTACULAR SPIDER-MAN. La personnalité de Walker apparaît dans les dernières pages afin d’expliquer au héros ses origines, ses personnalités avant de se rendre à la police afin d’être internée. Bref, beaucoup de redites sans subtilité… Néanmoins, cette histoire apporte un élément de réflexion sur le nom de Bloody Mary. Spider-Man s’interroge sur le sens de cette identité : Bloody Mary cherche-t-elle véritablement à protéger les femmes ou à devenir une martyr pour la cause ?

Marvel Edge : TYPHOID
Bloody Mary part en chasse
© Marvel Comics

Le personnage de Mary Walker refait surface un an plus tard dans une mini-série qui lui est dédiée : TYPHOID, d’Ann Nocenti et John Van Fleet. Ce comics est publié sous la bannière Marvel Edge, qui rassemble les héros ayant participé au crossover OVER THE EDGE, durant lequel le Punisher abat Nick Fury. L’ambition de Marvel Edge est de proposer des comics plus matures. Dans les faits, les héros se débattent avec leur démons intérieurs. Bruce Banner menace de devenir le Maestro dans la série INCREDIBLE HULK. De son côté, Matt Murdock doit faire face aux conséquences psychologiques d’un meurtre qu’il a accidentellement commis dans sa jeunesse dans DAREDEVIL. Le comic book TYPHOID correspond parfaitement à cet intérêt pour la psyché des personnages.

Typhoid Mary use de ses charmes pour s’évader de l’asile. Les différentes personnalités de Mary profitent de cette liberté retrouvée pour tenter de cohabiter. Walker devient notamment une détective. Une mère endeuillée demande son aide pour retrouver l’assassin de sa fille et de plusieurs de ses collègues. En effet, la jeune femme et ses amies étaient des prostituées, et la police ne s’intéresse pas à ce dossier classé NHI : No human involved. Si la victime est une prostituée, un mendiant ou un drogué, elle n’existe pas… Enfin, sauf quand les flics les rackettent ou exigent des faveurs sexuelles. Typhoid Mary infiltre le milieu pendant qu’une inspectrice de la police criminelle découvre la corruption de ses collègues. En parallèle, 2 cinéastes amateurs comptent bien mettre la main sur Mary Walker afin de faire d’elle la star de leur film-vérité, qui a pour but de la guérir de sa folie.

Quand Mary rencontre Mary
© Marvel Comics

Durant cette thérapie forcée, les différentes personnalités de Mary s’affrontent. Typhoid estime que la tendre Mary n’est qu’une façade. Mary semble lui donner raison en l’éventrant, tout en prétendant être incapable de lui faire du mal ! Bloody Mary reproche à Typhoid son approche séductrice des hommes, son besoin de se définir par rapport à eux. Walker parle de l’hypocrisie de Bloody Mary, à la vision du monde manichéenne. Pour sa part, Bloody Mary accuse Walker d’avoir la pire des folies : une approche rationnelle, logique du monde. Au sortir de ce combat intérieur, Mary prend une arme et met le canon dans sa bouche. Les cinéastes en herbe l’interrompent, et c’est Bloody Mary qui prend le dessus. Elle découvre alors que le tueur qui s’en prenait aux prostituées n’est autre qu’une épouse délaissée. Incapable de la tuer, Mary s’enfuit pour massacrer l’un des flics qui a également participé aux meurtres. Bloody Mary l’abat froidement, sous les yeux impassible de l’inspectrice, entretemps mise au placard pour avoir voulu lutter contre la corruption de ses collègues.

Le cœur du récit reste cet affrontement interne. Sans homme sur lequel se projeter, Mary doit faire face à son propre reflet. Mary Walker ne parvient pas à dépasser son trauma initial. Son moi enfant refuse de guérir, et chaque Mary matérialise cette blessure par une plaie au ventre. Poignardée par l’enfant intérieure, par la Mary virginale, par la guerrière… Chaque personnalité refuse d’évoluer, allant jusqu’à nier la réalité lorsqu’elle s’oppose à sa vision du monde. Les Mary ne se retrouvent qu’autour d’un objectif commun : faire tomber les hommes qui le méritent.

Plus dure sera la chute
© Marvel Comics

Cependant, d’autres auteurs vont mettre à mal le personnage. Le problème vient notamment de Joe Kelly qui reprend le personnage de Typhoid Mary dans la série DEADPOOL ainsi que dans un Annual DAREDEVIL/DEADPOOL de 1997. Joe Kelly fait de Mary la prostituée que le jeune Matt Murdock expédie dans le vide. Ce qui contredit complètement les origines de Typhoid, dont la folie et les pouvoirs remontent à son enfance… Encore plus incohérent, sous la plume de Joe Kelly, Typhoid tue des femmes, chose inconcevable dans les récits d’Ann Nocenti. Enfin, Typhoid explique à Daredevil que Mary Walker n’a jamais existé et que seule Typhoid demeure… Une courte histoire d’Ann Nocenti, publiée dans GIRL COMICS n°3, Blindspot, viendra laver l’affront quelques années plus tard en montrant bien que les personnalités cohabitent toujours !

A travers ces histoires, Ann Nocenti décrit la lutte d’une femme contre sa propre violence, son passé traumatisant. Au fil des récits, Mary Walker parvient à trouver un équilibre, un sens à ses 4 vies. Si vous souhaitez découvrir ces histoires, un TPB intitulé TYPHOID’S KISS regroupe les récits des MAVREL COMICS PRESENTS, de SPECTACULAR SPIDER-MAN, la mini-série TYPHOID et même la courte histoire de GIRL COMICS. Si les histoires sont souvent décousues, parfois à la limite du compréhensible, Ann Nocenti montre un attachement certain à sa création et tente de la guider vers une fin heureuse, loin des hommes qui l’ont trahie.

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La BO du jour :

33 comments

  • Nikolavitch  

    ah, tu confirmes que les histoires sont parfois mal fichues. J’ai pas remis le nez là-dedans quasi depuis ce temps là, et je mettais mon incompréhension sur le compte du fait que je n’avais pas tout, et qu’il me manquait peut-être quelques clés. (j’avais pris notamment les Van Fleet, que j’avais trouvé en petite forme)

    • JB  

      J’avais eu la même impression sur la minisérie Typhoid, qui nécessite d’avoir lu les aventures précédentes. L’histoire la plus lisible du lot est cependant la moins riche (son apparition dans Spectacular Spider-Man)

  • Eddy Vanleffe  

    JE LE VEUX!
    bon j’ai déjà le Typhoid’s kiss que j’ai toujours trouvé génial même si cryptique mais que voulez vous c’était l’époque des débuts de Morrisson ou du Miller de Elektra assassin…la mode était à l’expérimentalisme et je suis aussi incidemment de cette génération et je trouve ces comics bien plus « bd » que la suite sage de storyboards qu’on lit régulièrement aujourd’hui…
    Bref je suis bien alléché pour découvrir ces autres récits bien barrés…

  • Matt  

    ça peut être sympa. Mais rien en VF à part un vieux Semic devenu cher et usé.

    Et je me demande ce qu’attend Paninouille pour continuer le run de Nocenti. Ils se sont arrêtés au milieu, et n’ont jamais réédité « Last Rites » avec la chute du caïd et de Typhoid…
    Va comprendre.
    ça m’aurait plus de voir cette « fin » réédité vu que j’aime bien le run de Nocenti (oserai-je dire que je le préfère à celui de Miller ? Miller c’est mieux fait sur la forme mais j’en ai profondément rien à carrer d’Elektra en fait, du coup les histoires ne me captivent pas. Sauf Born again qui est le sommet du run.)

    • JB  

      Il me semble que la Chute du Caïd, c’est déjà le début de Chichester. Je crois que le run de Nocenti s’arrête plus ou moins après le combat Daredevil/Bullseye (magnifique scène)

      • Matt  

        ça reste quand même Nocenti jusqu’au 291
        Et ils se sont arrêtés au 282

        On touche les limites des publications par auteur quand on refuse de déboerder sur un autre auteur même s’il termine l’histoire…

        • JB  

          Tutafé ^^

  • Tornado  

    Au départ je suis assez allergique à l’écriture de Nocenti. Ses tonnes de bulles de pensée et son découpage naïf et old-school, ça ne passe pas.
    Sauf que, récemment, dans le recueil BATMAN ARKHAM : POISON IVY, j’ai lu son (long) one-shot L’OMBRE D’UN DOUTE (Cast Shadow #1). J’ai trouvé ça formidable.
    La première planche a failli me faire fuir : Une succession de bulles de pensées, avec toujours cette écriture et ces dialogues très laborieux. Et puis, « pouf », dès la seconde planche c’est fini. Les 60 pages qui suivent, c’est de l’excellente BD (également illustrée -magistralement- par Van Fleet), où l’on retrouve cette verve sociale mais cette fois parfaitement diluée dans un thriller étouffant et vraiment bien mis en scène. Est-ce le fait que ça date de 2004 ou est-ce que Joe Van Fleet a un rôle important dans cette réussite ? En tout cas ça m’a quasiment poussé à donner une nouvelle chance à la dame si je tombe sur le recueil de son run sur DD en médiathèque.

    Très bon article JB. Clair et concis. Le scan où l’on voit les deux faces du personnage Mary/Bloody Mary est particulièrement flippant !

    • Matt  

      Après entre 1988 et 2004 (Cast Shadows), elle a pu s’améliorer sur la forme aussi.
      Ce n’est donc pas dit que tu apprécies son écriture sur son DD datant de 1988.

      • Tornado  

        J’en ai bien conscience. Je jetterai un oeil. Je crois qu’ils ont le tome Nocenti/Romita Jr à la médiathèque.
        Pour ce qui est de la publication de la suite il y a encore de l’espoir. Il a fallu plusieurs années avant qu’ils terminent le run de JMS dans la collection Icons à cause du départ de JRjr qui leur faisait changer le titre. Mais ils ont fini par le faire.

    • JB  

      Pour des choses plus récentes, tu as tenté son run sur Catwoman (début New52) ?

      • Tornado  

        Non. Ce n’est pas une période que j’affectionne et j’ai déjà le run de Brubaker à lire !

      • Eddy Vanleffe  

        ça vaut quoi d’ailleurs?

        • Présence  

          Catwoman par Ann Nocenti

          Tome 3 – Pour ces premiers épisodes sur la série l’équipe Ann Nocenti & Rafa Sandoval propose 3 intrigues rapides mettant en scène une Catwoman vive avec une épaisseur psychologique réelle et séduisante, un personnage complexe avec des défauts et quelques qualités qui la rendent attachante. La partie visuelle est riche et rapide. Il reste à espérer que le prochain tome Catwoman Vol. 4 permettra à Ann Nocenti de s’éloigner des exigences éditoriales en termes d’intrigue.

          Tome 4 – Dans le tome précédent, Ann Nocenti et Rafa Sandoval avaient su insuffler une personnalité à Selina kyle, et donner une cohérence à ses aventures, malgré la participation au crossover « Death of the family ». Avec ce nouveau tome, ils doivent s’accommoder d’un nouveau crossover pendant 1 seul épisode, ce dont ils se tirent plutôt bien. Puis ils se lancent dans 2 récits connectés : une guerre des gangs dans un quartier de Gotham, et une mission de sauvetage dans le monde souterrain de Gotham. Ann Nocenti ne lésine pas sur les rebondissements et les événements, mais la plupart d’entre eux s’enchaînent sans grande épaisseur, se délitent au fur et à mesure qu’ils sont chassés par le suivant. La composante relative à la personnalité de Selina Kyle a disparu au profit de l’intrigue très linéaire. Les dessins de Sandoval sont toujours aussi agréables et bien adaptés aux superhéros, mais le nombre de suppléants finit par induire une hétérogénéité banalisant les dessins de Sandoval dans un grand brouet.


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  • Bruce lit  

     » Tout oppose Mary Walker et Logan : elle est pacifique lorsque lui recourt à la violence, elle souhaite libérer des animaux de laboratoire pendant que Logan dit mépriser ceux qui protestent contre les essais sur cobayes. »
    C’est quoi les arguments de logan ?

    • JB  

      Surtout l’hypocrisie de ceux qui bénéficient des résultats de ces recherches tout en en dénonçant les méthodes. Selon Logan, tout le monde a un peu de sang sur les mains.

  • Présence  

    J’ai ce TPB dans une pile, mais je ne l’ai pas encore lu.

    Ton article m’a donné envie de m’y plonger rapidement. Je l’avais acheté les yeux fermés parce que Ann Nocenti écrivant le personnage qu’elle a créé, ça ne se refuse pas. J’aimais bien les dessins de Steve Lightle sur la Légion des Superhéros, et j’aime également beaucoup John van Fleet.

    • JB  

      Attention, van Fleet est très statique dans Typhoid

    • Eddy Vanleffe  

      j’ai oublié de préciser que j’ai adoré les dessins du trop rare Steve Lightle

  • Bruce lit  

    Mis à part le truc avec Spider-Man et de Joe Kelly tout ceci a l’air très alléchant et bien entendu inédit en VF.
    Thyphoid a ceci de commun avec Elektra que de n’avoir été bien écrite que par sa créatrice et d’avoir fricoté avec Wolverine.
    J’avais vu passer l’histoire de Jo Van Fleet à l’époque et trouvais que ça ne faisait pas trop mainstream. Aujourd’hui c’est ce que je rechercherai.
    Merci pour ce tour d’horizon très complet et fort original.
    La BO : formidable, même si l’lutime chanson de Peggy Lee reste Johnny Guitar à mes oreilles.

  • Patrick 6  

    Pour le coup j’ai toujours pensé que Typhoid Mary appartenait à la catégorie détestable des personnages, passionnants à la base, mais outragement mal traités et sous employés ! Du reste sur les séries chroniquées ici seules 2 atteignent les 4 étoiles ! Quelle tristesse car lorsque j’ai vu apparaitre ce personnage je me suis dit qu’elle avait tout pour égaler voir éclipser Elektra ! Hélas en bout de course on est loin du compte… Quoi qu’il en soit j’ai encore la mini-série Marvel Edge, prodigieusement bien illustrée par John Van Fleet ! (même si, oui, il faut avouer que son trait est un peu moins fin qu’habituellement)

    • JB  

      Ah, j’ai voulu être aussi honnête que possible dans ma notation. Le personnage est fascinant mais les histoires difficiles à lire dans le format Marvel Comics Presents. D’ailleurs, la première a été regroupée dans un album format prestige, Wolverine: Typhoid’s Kiss. Les changements de scènes, qui correspondent au passage d’un numéro à l’autre dans Marvel Comics Presents, rendent la lecture encore un peu plus compliquée.

  • Jyrille  

    Bel article JB ! Je n’ai rien lu de tout ça, je ne connais Typhoid Mary que depuis récemment, lorsque j’ai enfin lu une grosse partie du run de Nocenti sur DD. A ce que je vois, ces histoires valent le coup pour le ton résolument moderne et les problématiques toujours d’actualité. Respect pour ça. Certains scans sont assez jolis et j’ai un peu l’impression par moments de voir de la DOOM PATROL : elle aussi comporte une schizophrène et a des dessins enfantins décousus, parle de folie etc…

    Je découvre également le terme anglais NHI. Ca fait froid dans le dos. Toutes ces histoires ont l’air très sombres. Sait-on jamais, tu as réussi à m’intriguer !

    La BO : chouette version, très proche de l’originale non ?

    • JB  

      Il me semble que Steve Lightle avait œuvré sur Doom Patrol avant l’arrivée de Larsen puis de l’écossais tondu. Par contre, la narration est très bavarde et peut rebuter, je dois prévenir.

    • JB  

      Sinon, pour la BO, il s’agit de la version populaire de Peggy Lee qui date de 1958.

      • Jyrille  

        Merci pour la précision ! Il me semblait bien que quelque chose m’échappait…

        Pour la Doom Patrol, je te crois sur parole, je ne connais que le run de l’écossais.

  • Kaori  

    Alors la description que j’en avais vue dans les articles de BORN AGAIN ne m’avait jamais attirée. Je ne suis pas très « méchante ».
    Mais j’avoue que la complexité de sa personnalité, son trauma, en font un personnage très intéressant.
    Tiens, c’est marrant que ça parle du thème de lundi avec ce personnage transgenre, garçon prisonnier d’un corps de fille. Thématique plus complexe qu’il n’y parait, d’ailleurs…

    • Bruce lit  

      Ici DD affronte un personnage transgenre. Un affrontement tragique qui ne laissa pas indemne ses lecteurs.

      • JB  

        Une autre histoire ruinée par le Deadpool de Joe Kelly…

        • JB  

          La rédemption de Matt pour son meurtre accidentel, qui n’en est plus un puisque la prostituée a survécu pour devenir Typhoid Mary. (Je me rappelle que l’édito de Marvel France soulignait que ce retcon ne concordait pas avec l’histoire de DeMatteis, où une prostituée se souvient du cadavre encastré dans la rue…)

          • Bruce lit  

            Mais ça tu en parles déjà dans ton article (tu vois je te lis !!!)
            Je pensais que Sir revenait chez Joe Kelly.

        • JB  

          Je ne me relis pas, mais au moins je reste constant ^^

  • JP Nguyen  

    Merci pour le tour d’horizon.
    La dernière fois que j’avais entendu parler de Steve Lightle, c’était hélas pour son décès début 2021.
    Je ne le connaissais que via ses covers X-Men. J’aimerais découvrir ses planches. Un jour peut-être…

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