La vengeance faite femme (Meiko Kaji)

Encyclopegeek : Meiko Kaji

AUTEUR : MATTIE-BOY

La classe de Meiko Kaji

La classe de Meiko Kaji

Aujourd’hui nous allons parler d’une icône japonaise des seventies. Une actrice et chanteuse qui s’est d’abord fait connaître dans des films d’exploitation avant de gagner une aura de femme fatale féministe qui inspirera Quentin Tarantino pour son personnage de la mariée vengeresse.

Les trois films emblématiques sélectionnés ici sont d’ailleurs les principales sources d’inspiration pour les films Kill Bill . Bruce nous avait déjà parlé de Sex & Fury , mais suite à son article je ne pouvais pas passer sous silence ces films de la même époque avec la belle et vénéneuse Meiko Kaji, l’incarnation de la vengeance.

Meiko Kaji (de son vrai nom Masako Ota) a tout d’abord travaillé pour le studio Nikkatsu Corporation, où elle s’est vue confier des rôles secondaires dans des films un peu douteux mettant en scène des combats de femmes. Elle quittera ce studio lorsque, au bord de la faillite, il se lancera dans le roman porno. Elle rejoindra alors la Toei où elle fera la rencontre du réalisateur Shunya Ito à l’origine de la série Joshuu Sasori (Prisonnière Scorpion). Ces films, qui sont initialement l’adaptation d’un manga de Toru Shinohara la rendront célèbre dans tout le Japon.

Meiko Kaji est également chanteuse d’Enka. A la base, ce terme désignait une protestation à caractère politique chantée durant l’ère Meiji (1868–1912) pour contourner les interdits des réformes survenues suite à l’ouverture du Japon à l’occident. Durant le XXème siècle, le ryôkoku, une complainte chantée traditionnelle se mélangera aux orchestrations occidentales pour donner naissance au style Enka, une balade mélancolique sur fond de musique pluriculturelle.
Les titres les plus connus de Meiko Kaji sont les génériques des films dans lesquels elle joue. La bande originale des films Kill Bill reprend d’ailleurs ses chansons Shura no Hana (Fleur du carnage) et Urami-Bushi (Chant du ressentiment). Ce sont respectivement les thèmes qu’elle chantait déjà dans Lady Snowblood et La femme scorpion .

La vengeance impitoyable sur fond musical

La vengeance impitoyable sur fond musical

La femme scorpion (1972)

La femme scorpion est le premier volet d’une série de six films qui engendreront aussi un paquet de pastiches (et un remake insipide nommé Sasori la femme scorpion en 2008). Après le départ de Shunya Ito au terme du 3ème film, Meiko partira aussi après le 4ème, la série sombrant dans une caricature d’elle-même. Le premier opus est l’histoire de Nami Matsushima qui, utilisée par le flic pourri qui lui sert d’amant, sera humiliée par des truands alors qu’elle servait d’appât dans une enquête. En agressant son amant pour lui avoir fait subir ça, elle se fera arrêter et subira encore plus de mauvais traitements dans une prison pour femmes tenue par des hommes avant de déclencher une véritable vague de haine contre l’autorité corrompue.

Ce film s’inscrit dans le registre des films d’exploitation ayant pour sujet « les femmes en prison ». L’idée peut faire sourire ou au contraire offusquer puisqu’il s’agit tout de même de mettre en scène des bastons en culotte, des tripotages dans les douches ou autres humiliations diverses et variées par des gardiens sadiques. Nous allons voir cependant que les films en question s’affranchissent pas mal de ce cadre initial grâce à la réalisation pop quasi expérimentale de Shunya Ito et d’un propos féministe fort.

Le film commence par une évasion ratée. Nami et une codétenue sont ramenées en prison, et on enchaine sur un générique qui en dit long sur le contexte du film. En effet, celui-ci représente toutes les détenues dans leur plus simple appareil qui doivent traverser un long couloir et une sorte de potence qui n’ont pas d’autre but que de permettre aux gardiens de profiter du spectacle sous tous les angles. Et tout ça juste après un discours glorifiant la citoyenneté du directeur de la prison soucieux d’éduquer les prisonnières pour le bien de l’état. Au cours du film, entre les sévices corporels infligées et les tensions entre prisonnières (remontées les unes contre les autres à cause des punitions collectives), Nami alias Scorpion va générer une révolte visant à punir l’abus de pouvoir de l’autorité en place. On sent poindre dans un film d’exploitation aux allures racoleuses une touche de cinéma engagé, comme en témoigne aussi ce plan où le sang de Nami, tout juste déflorée par l’homme qui la trahira, dessine le soleil rouge du drapeau japonais sur un drap blanc.

La potence des pervers et le regard mortel de Scorpion

La potence des pervers et le regard mortel de Scorpion

Si ce film est réussi, ce n’est pas tant grâce à l’histoire qu’au charisme mystérieux de Meiko Kaji et à la mise en scène originale de Shunya Ito.
Meiko Kaji ne prononce que très peu de phrases de tout le film. Elle se crée une carapace pour se protéger des agressions et fait tout pour ne pas donner satisfaction à ses tortionnaires. Pas de cris, pas de pleurs. Mutique et vénéneuse, elle perce littéralement l’écran de son intense regard meurtrier.

La mise en scène de Ito est également mémorable. Le flash back nous montrant l’événement qui a transformé la douce Nami en bloc de haine qu’est Scorpion en est une bonne représentation. Le réalisateur utilise des effets de style peu communs. Comme des parois transparentes, des décors qui pivotent et des jeux de lumières symbolisant la montée de la haine du personnage. Le résultat fait très théâtral mais est d’une efficacité remarquable.

 Sol transparent lors de l'humiliation de Nami et roman photo pour la transformation en Scorpion

Sol transparent lors de l’humiliation de Nami et roman photo pour la transformation en Scorpion

A l’image du flash back, de nombreuses séquences surréalistes parsèment le film. Des scènes qui le hissent au dessus du premier film d’exploitation venu. L’arrière plan qui change alors que le premier plan reste le même, le ciel qui se teint de rouge lors d’une révolte de prisonniers, ou encore une scène d’agression dans les douches qui prend un ton bleuté et voit le visage d’une prisonnière se muer en un masque de démon rappelant ceux du théâtre Nô (avec maquillage et changement de coiffure).

Il y a bien quelques scènes qui s’attardent trop longtemps sur les divers sévices corporels infligés tantôt par les gardiens, tantôt par les codétenues au point que ça en devient redondant, mais j’imagine que c’était dans le cahier des charges de ce genre de film. Il faudra attendre la suite qui, grâce au succès du premier, s’émancipera encore davantage du film de prison pour se transformer en véritable fresque féministe.

Combat dans les douches psychédélique et ciel infernal

Combat dans les douches psychédélique et ciel infernal

Ito n’oublie pas qu’il raconte une histoire de vengeance et après avoir joué sur les souffrances de Nami, il nous offrira une scène finale sur fond musical avec la chanson Urami-Bushi, dans laquelle Nami, vêtue d’un manteau noir et d’une capeline (et irradiant la classe ultime !), va frapper tous les responsables de sa déchéance. Chacune de ses victimes sera éclairée par une lumière verte, comme pour signifier la piqûre du scorpion, avant d’être poignardée. Le film se termine sur un plan de Nami de retour en prison, mais calme et impassible, comme satisfaite par sa vengeance.

C’est donc un film curieux. Partant du postulat du film de prison pour femmes et ses impératifs de scènes coquines et vicieuses, il dérive pourtant vers une idée assez opposée à l’exploitation de la femme, dépeignant les hommes comme des salauds tout juste bons à périr de la piqûre de Scorpion.

Elle s’appelait Scorpion (1972)

 

Des conditions de détention inhumaines qui aiguiseront le dard du scorpion

Des conditions de détention inhumaines qui aiguiseront le dard du scorpion

Elle s’appelait Scorpion est un film malin. Il commence par montrer l’acharnement du directeur de la prison à briser Scorpion par les pires moyens pour éviter qu’elle ne devienne un martyr symbole de révolte (mais sans nudité, pour le plus grand plaisir de Meiko Kaji qui n’était apparemment pas très à l’aise avec les scènes de nudité frontale du premier opus). Mais très vite, il s’écarte du film de prison en mettant en scène un transfert de prisonnières durant lequel Nami et un groupe de détenues parviennent à s’échapper. Le film devient alors un road movie barré et assez violent.

Si on remet le film dans son contexte, on se rend compte que cela n’a rien d’anodin dans le Japon de l’époque de dresser le portrait d’une femme inspirant la rébellion. En 1972, le statut de la femme japonaise n’est pas folichon et il est même question de limiter leurs études supérieures et de leur enseigner comment tenir un foyer à l’école. Dans ce contexte, Scorpion est comme une figure insoumise poussée à l’extrême qui lutte seule contre toute une société masculine.
En effet, Elle s’appelait Scorpion est encore plus radical que le premier volet. Cette fois, il ne s’agit plus d’opposer seulement des prisonnières à des matons sadiques. Le film dépeint un monde hostile dans lequel la violence extérieure est tout aussi impitoyable que celle d’un pénitencier. Les hommes que nos fugitives croiseront au cours du film seront tous d’odieux salopards, comme ces touristes en voyage organisé qui violeront l’une d’entre elles après avoir évoqué le « bon vieux temps » de la guerre qui leur permettait de s’en prendre à des chinoises impunément.

 Il était une fois dans l'Est

Il était une fois dans l’Est

Ce film est résolument plus gore que le premier. La bande de femmes vêtues de manteaux de fortune et qui évoluent dans des décors désertiques rappellent les truands des westerns spaghettis qui répandent la terreur. En réalité, elles ne cherchent qu’à être libres mais ne pourront pas éviter la confrontation avec les hommes. Oh attention, Ito ne tombe pas dans le piège de donner raison à toutes les femmes. Car même si elles sont pour la plupart victimes des hommes, ce ne sont pas toutes des saintes bafouées. Plusieurs d’entre elles ont de graves troubles et détestent même Scorpion, sans doute jalouses de sa force. Une en particulier est assez détestable et n’hésitera pas à la trahir. Cette rivale entretiendra néanmoins une relation complexe et intéressante avec notre héroïne. Nous aurons d’ailleurs l’occasion lors d’une scène mémorable de connaître le crime de toutes ces femmes. Toutes ? Non. Pas Scorpion, dont le bruit du bambou qu’elle taille viendra taire le chant, témoignant que son cas est particulier.

Ce qui me permet de rebondir sur la mise en scène du film. Elle s’appelait Scorpion va encore plus loin que le premier dans l’expressionisme. Il comporte notamment un segment très influencé par le théâtre classique japonais. C’est justement ce passage où les évadées sont autour d’un feu, et qu’une vieille femme seule, folle et apparemment emplie de haine aux allures de sorcière chante les crimes commis par chacune d’elles. La cohérence n’est pas de mise (comment ce personnage peut-il connaître le passé des autres ?), il s’agit d’une scène d’exposition stylisée qui revient aux sources du cinéma japonais, composé au départ de représentations théâtrales filmées. Cette scène ainsi que les différentes exagérations de mise en scène (une cascade dont l’eau se change en sang suite au meurtre d’une des filles, l’hiver qui tombe au moment de la mort d’un personnage, etc) contribuent à faire du film un récit d’auteur à la mise en scène personnelle qui n’a plus rien à voir avec un simple film d’exploitation coquin.

Scènes théâtrales colorées, changement de saison brutal

Scènes théâtrales colorées, changement de saison brutal

L’esthétisme visuel est très soigné et rappelle l’utilisation faite de la couleur dans les giallo ou les films de Mario Bava. Un symbole fort du film est aussi ce couteau hérité de la « sorcière » qui symbolise sa colère et que Scorpion gardera jusqu’à la fin.
Quant à Meiko Kaji, elle a encore gagné en charisme depuis le premier film. Encore moins bavarde (elle doit à peine prononcer deux phrases), sa beauté vénéneuse et son regard n’ont rien perdu de leur dureté. Son jeu d’actrice est aussi minimaliste qu’efficace.

La fin du film ramène la silhouette de Scorpion dans son long manteau noir qui vient frapper cette fois-ci le directeur de la prison. Une nouvelle scène forte qui s’achève d’ailleurs sur un passage irréel lourd de signification nous montrant Scorpion rire en totale contradiction avec son personnage et passer le relais du couteau de la révolte à toutes les détenues (mêmes les mortes) qui courent libres dans la rue.

Les femmes libres

Les femmes libres

Lady Snowblood (1973)

Sorti en 1973, apparemment plus ou moins en même temps que Sex & Fury , Lady Snowblood , réalisé par Toshiya Fujita est l’adaptation officielle du manga éponyme de Kazuo Koike produit par la Toho. Mais Sex & Fury semble en avoir été une autre compte tenu de ses similitudes (mais produit par la Toei). Quant à la question de savoir lequel a vraiment inspiré Kill Bill , je crois qu’on peut dire que Tarantino bouffait à tous les râteliers. Car bon nombre d’éléments de Lady Snowblood sont empruntés (pour ne pas dire piqués) au film de Fujita. Comme le chapitrage (le film est découpé en 4 chapitres, chacun consacré à une cible de l’héroïne), certains plans, la chanson « Shura no Hana », le personnage de l’héroïne en robe blanche repris pour le rôle de O-Ren Ishii, l’entrainement cruel du vieux maître et même certains lieux.

Le film se déroule durant l’ère Meiji (vers 1870). Sayo, une mère de famille, voit son époux se faire assassiner sous ses yeux par des villageois enragés qui le prennent pour un agent du gouvernement venu recruter des soldats de force. Ce qui commence par un malentendu vire au massacre une fois passé le point de non-retour. Sayo se fera alors violer par trois hommes et une femme qui assassineront aussi son garçon. Elle parviendra à en tuer un et finira en prison. Dévorée par la haine, elle va faire en sorte de tomber enceinte en laissant tout le monde lui passer dessus afin de mettre au monde l’incarnation de sa haine, un enfant qu’elle voit comme un démon vengeur. Sa fille naîtra un soir de neige et elle la nommera Yuki (neige). Une neige qu’elle est visiblement destinée à tacher de sang.

Du massacre initial (avec un plan repris dans Kill Bill ) à l'incarnation vengeresse

Du massacre initial (avec un plan repris dans Kill Bill ) à l’incarnation vengeresse

L’enfant sera élevée par un maître impitoyable qui lui enseignera comment se battre. Elle sera un instrument conditionné pour assouvir la vengeance d’une autre. Une fois adulte, Yuki va parcourir le pays à la recherche des assassins impunis de sa famille.

Si le film suit l’histoire du manga, le film est étonnamment plus sobre et évite les clichés du film d’action.  Sex & Fury  s’il n’adapte (me semble-t-il) pas la même histoire, semble plus proche du manga au niveau des combats avec une héroïne qui n’hésite pas à se dénuder avant chaque confrontation. Le réalisateur Toshiya Fujita choisit pour Lady Snowblood une approche plus dramatique qui éloigne le film du genre chambara pour en faire également une tragédie. Oh, les geysers de sang seront tout de même de la partie lors de combats stylisés, mais ne représentent pas l’intérêt majeur du film.

une vengeance sanglante

Une vengeance sanglante

Je parlais de tragédie. Oui. Contrairement à La femme scorpion , la vengeance de Yuki est plus une malédiction qu’autre chose. Elle ne se bat pas pour elle. Elle a juste été élevée pour tuer. Et cette vengeance ne lui apporte pas satisfaction. Contrairement aux criminels qu’elle affrontait en tant que Scorpion, ici les anciens bourreaux qu’elle pourchasse ne sont pas tous restés les monstres qu’elle imaginait. L’un d’eux est par exemple un homme pathétique rongé par la culpabilité qui se noie dans l’alcool et vit au crochet de sa fille.

Yuki pensera pouvoir passer à autre chose après la mort de trois cibles, commencer une nouvelle vie avec un homme. Jusqu’à ce que celui qu’elle pensait déjà mort se révèle être en vie. A partir de là, elle se lancera dans un ultime combat que l’on devine être son chant du cygne. On comprend bien que tout se finira dans le sang et que ce n’est pas seulement celui de son ennemi qui viendra tacher la blancheur de la neige.

Une femme qui n’est pas destinée à vivre une vie normale

Une femme qui n’est pas destinée à vivre une vie normale

Concernant la mise en scène, si celle de Tochiya Fujita n’est pas aussi mémorable que celle de Shunya Ito, on retiendra tout de même l’utilisation parfois de plans filmés caméra à l’épaule un peu tremblotants qui servent à donner une atmosphère inconfortable à une scène. Nous pouvons relever aussi l’aspect ultra violent du film qui tient plus du manga et de la pop culture des années 70 que du film de sabre traditionnel. Si cela parait outré, c’est certainement ce déferlement de scènes surréalistes qui marquent les esprits à la vision de ces films et en font la force.

Le film a longtemps été méconnu en France pour cause d’indisponibilité en DVD. C’est désormais une erreur corrigée depuis 2015 avec la sortie d’un combo DVD/blu-ray chez HK.
Il contient aussi Lady Snowblood 2 dont je choisis de ne pas parler parce qu’il est moins bon et parce que l’article serait trop long. L’existence même de ce film confirme en tous cas que Yuki est une véritable enfant du démon, immortelle, qui se relève toujours malgré ses blessures, comme une créature maudite vouée à répandre le sang et à ne jamais reposer en paix.
Finalement Meiko Kaji aura été au travers de ces films l’incarnation parfaite de la vengeance et de ses différentes facettes. La vengeance contestataire qui trouve ses racines dans une quête d’émancipation et de respect collective et qui peut apporter satisfaction, quoiqu’en dise la morale et quelles qu’en soient les conséquences dramatiques. Mais aussi la vengeance qui confine à la folie, égoïste et obsessionnelle qui s’étire tellement dans le temps qu’elle en perd tout son sens et fait souffrir davantage le vengeur que ses victimes.
Au final, on n’en voudra donc pas à Tarantino d’avoir été fasciné par cette femme au charisme vénéneux, à la fois mémorable en tant qu’actrice et chanteuse. Car c’est plutôt un bel hommage qu’il lui a rendu.

 Rencontrer son idole lors de la Saint Valentin au Japon, c'est pas mignon ?

Rencontrer son idole lors de la Saint Valentin au Japon, c’est pas mignon ?

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De La femme Scorpion à Lady Snowblood, Mattie Boy passe en revue les films de l’emblématique Meiko Kaji, l’idole d’un certain Quentin T. Femmes fortes et silencieuses, érotisme et geysers de sang au programme du jour chez Bruce Lit. 

BO du jour : Eh non, ce ne sont pas les 2 thèmes repris dans Kill Bill. Vous les connaissez surement déjà assez.

22 comments

  • Bruce lit  

    Oh là là ! Mattie ! Mattie ! Mattie! Que de choses dans cet article que je m’excuse d’avoir différé pour des raisons indépendantes de ma volonté.
    Tout d’abord, je commencerai par un Mea Culpa : je suis nul en cinéma asiatique ! J’ai un retard considérable et honteux là-dedans. Tout simplement mis à part sur Canal + qui diffusait bcp de films de Jackie Chan, ceux-ci n’étaient jamais disponibles en vidéo-club ! A l’adolescence, je préférais les blockbusters, que je considérai comme du « vrai » cinéma. Au passé, hein..
    Quelle femme remarquable ! Quelle beauté ! J’espère trouver LA femme scorpion en médiathèque mais rien n’est moins sûr. Autre opportunité ? Mon anniversaire arrive bientôt :)

    Lady Snowblood : ça je suis sûr de le trouver. Je m’engage même à lire le manga. Et à acheter un disque d’elle. Si tu as des références, je prends !
    Tarrantino : mis à part ses Kill Bill, je n’ai jamais aimé ses films, Pulp Fiction en tête. Ses dialogues me gonflent, allez, va droit au but putain, la première scène de Inglorious BAsterds est exaspérante. Un point commun avec Bendis d’ailleurs….Je trouve qu’il se cache bcp derrière ses références.

    Article majeur en tout cas. Merci !

    • Matt  

      De toutes façons les plus belles femmes du monde sont asiatiques^^
      Tarantino, je ne suis pas forcément un immense fan. Je déteste son inglorious bastards, Jackie Brown est soporifique, et Pulp Fiction surestimé. Mais j’aime les Kill Bill, Reservoir Dogs, Django. Ce que je lui reconnais par contre c’est une passion sincère et un profond respect pour tous les genres de cinéma. C’est pas un mec qui suit des cahiers des charges pour faire plaisir, il est comme un grand gamin qui se fait plaisir avec un cinéma certes un peu trop référentiel parfois mais sincère et généreux. Avis perso^^

      Elle s’appelait scorpion (le 2eme film) était sorti en DVD chez canal avec une présentation de Jean Pierre Dionnet. Le premier film est sorti plus tard, dans un coffret proposant les 6 films ou dans un coffret « femmes fatales » chez HK contenant aussi un autre film. Ce ne sont pas des films tendres hein. Pour l’époque ça ne rigolait pas.

      Si tu veux quelques chansons (dont les 2 premières sont celles reprises dans Kill Bill) :
      https://www.youtube.com/watch?v=mtwqZpV3K1c&list=PLXlwYUMIMthycJNzGxQcEeHQTJ9bdvPwC
      Pour être honnête je suis fan, j’aime bien ses chansons^^

      • Bruce lit  

        Dionnet a partagé ton article sur son mur ;)

  • Tornado  

    Merci beaucoup pour ce tour d’horizon car je ne connaissais rien de tout ça. Je ne savais même pas que Tarantino faisait du remake avec Kill Bill (que j’adore) !
    Pas sûr que je regarde ça dans un avenir proche mais c’est très intéressant. Notamment au rayon de la mise en scène baroque et expérimentale.
    Pour ma part je n’éprouve aucune attirance pour ce genre de femme. Mais alors vraiment aucune. Mon truc c’est les femmes pulpeuses alors là, franchement, je reste de marbre. Ce n’est donc pas pour la beauté consacrée de l’actrice que je regarderais ces films, le plus alléchant étant sans doute Lady Snowblood.

    • Matt  

      ça m’étonne que tu ne connaisses pas, toi le gros amateur de ciné^^
      Ce n’est pas vraiment un remake Kill Bill mais un gros hommage que…certains pourraient trouver trop similaire mais bon…j’aime aussi Kill Bill, je fais juste un peu l’avocat du diable dans l’article en parlant de plans piqués. Je sais que Tarantino aime ces films, il ne cherche pas à leur piquer leur renommée mais fait plutôt d’énormes références pour le plaisir.
      Tu n’aimes pas ce genre de femme ? Diantre ! Tous les goûts sont vraiment dans la nature hein^^ Moi ta Gene Tierney me laisse un peu de marbre dans Mme Muir^^ Enfin elle n’est évidemment pas moche, mais presque trop « passe partout », comme beaucoup d’autres jolies actrices.

    • Matt  

      Enfin si tu es moins adepte ou connaisseur du cinoche asiatique, ça me laisse un terrain libre pour des articles^^

  • Présence  

    Magnifique ! Cette présentation est aussi pédagogique que pleine de surprises. C’est un grand plaisir que de pouvoir se cultiver ainsi sur un pan du cinéma japonais, en suivant une actrice singulière. Pas facile de s’imposer quand on n’a presque pas de répliques, comme dans les 2 premiers films du Scorpion.

    J’avais lu les 2 premiers tomes de Lady Snowblood (le manga) que j’avais bien aimés. Les citations de Quentin Tarantino ne me dérange (j’ai vu quelques uns de ses films), car il me semble aussi qu’il est dans l’hommage de genre, dans une démarche artistique post-moderne telle que les affectionne Tornado, sans prétendre avoir tout inventé.

    • Matt  

      Merci de ton retour. ça se bouscule pas trop le dimanche^^
      C’est marrant parce que l’actrice ne parle presque pas, mais elle chante les passages musicaux^^. Dans les films sur la femme scorpion, il y a un autre titre que Tarantino ne reprend pas dans ses Kill Bill. Celui-là :
      https://www.youtube.com/watch?v=RlfgaKrEgGo

      Évidemment c’est sympa aussi avec les sous-titres sur les DVD parce que les paroles ont un rapport avec le contexte.

      Pour Tarantino, oui je suis d’accord. C’est un amoureux du cinéma et pas un prétentieux qui se la pète. Après parfois ça marche plus ou moins, je n’aime pas tous ses films mais j’ai du respect pour le bonhomme.

  • OmacSpyder  

    Quelle femme que cette Meiko Kaji! Un charme indéniable, vénéneux comme tu l’écris. Lady Snowblood est sans doute celui que je regarderais le plus volontiers, mais chaque présentation possède son intérêt.
    Les scans sur le regard acéré et redoutable de Meiko Kaji montrent ce qui fait le magnétisme tranchant de cette actrice!
    Et les tragédiennes ont toujours un truc particulier. Surtout lorsqu’elles manient une lame vengeresse. Le premierc scan est somptueux de sobriété et de force! On pourraitse croire dans un Albator live, ou un Galaxy Express… Merci Mattie pour cette découverte!

    • Eddy Vanleffe  

      Galaxy Express 999….
      mon animé préféré….
      je ne l’ai plus….

  • JP Nguyen  

    Effectivement, cette actrice, sur les photos choisies, possède un certain charisme… Après, les histoires de prison pour femmes, euh… c’est pas trop mon truc… Du coup, comme beaucoup, si je devais en voir un, ce serait plutôt Lady Snowblood… encore faudrait-il le chopper quelque part…
    Ah, je vois qu’il est en rayon dans ma médiathèque d’arrondissement…
    Bon, faut encore « vendre » le film à ma femme, et là, c’est pô gagné…

    Concernant Tarantino, oui, je trouve aussi que ce sont des hommages, il ne s’en cache pas… Je trouve Reservoir Dogs un peu mou, malgré quelques scènes sympas.
    Je ne suis pas allergique aux dialogues, comme celui d’intro sur « Like a virgin », avant le braquage… Je préfère quand même Pulp Fiction et surtout « Kill Bill ».

    • Matt  

      Tu sais le 2eme film « elle s’appelait scorpion » n’est même plus vraiment un film de prison pour femmes^^ J’explique bien que le postulat de départ de cinéma d’exploitation est contourné. Il peut même se regarder sans le premier film. Il a longtemps été dispo sans que le premier soit sorti chez nous d’ailleurs.
      Après si tu dois tout voir avec ta moitié…euh…ouais…je garantis pas que ça donne envie.^^

  • Jyrille  

    Rah mais dis donc il est super cet article ! Je crois même que c’est mon préféré de ta part, Mattie. Je n’y connais rien à tout ça, ni aux giallo, mais les scans parlent d’eux-mêmes et je trouve ton rapprochement pertinent.

    C’est effectivement une très belle femme que tu présentes ici, et tout comme Sex & Fury, j’ai très envie de voir tout ça maintenant. Je sais que je radote, mais connais-tu la bd de Hugues Micol Le chien dans la vallée de Chambara, qui ressemble fortement à tout ça, vengeance et entraînement par un maître inclus ?

    https://www.bedetheque.com/BD-Chien-dans-la-vallee-de-Chambara-120667.html

    La BO ? C’est marrant, très cinématographique. Pas certain que je puisse écouter ça tout le temps. Tiens, suite à vos remarques de l’autre jour, j’ai écouté deux fois la BO inspirée de Ghost In The Shell, elle est très bien.

    • Matt  

      Merci à toi. Cet article détrône donc celui sur SODA^^ Je suis content de faire mieux alors.

      Euh…je ne pense pas que tu radotes, c’est la première fois que tu me parles de cette BD. Non, je ne connais pas. ça semble intéressant.

      • Jyrille  

        J’en ai parlé avec Présence en tout cas, de cette bd. Je suis vert de rage d’avoir prêté (jamais rendue) ma première édition, avec une couverture somptueuse. Je me suis racheté la réédition…

        Il détrône celui sur SODA car ici je ne connais rien, je découvre, c’est super !

        Ah tiens la BO au fait : https://www.deezer.com/fr/album/15659420 avec du Kenji Kawai

        • Matt  

          Mais ça veut dire quoi « inspiré par » ? C’est celle du film US ? Ou un supplément bonus ?
          Je n’ai toujours pas vu le film live. Il ne m’intéresse pas. J’ai le dessin animé et je ne vois pas trop l’intérêt d’un remake live, surtout que j’ai entendu que c’était un peu ghost in the shell simplifié, plus mainstream.

          Tu connais la BO originale ? « reawakening » est un remix de « ghost city »

          https://www.youtube.com/watch?v=WB-ik-Bpl0c

          • Jyrille  

            Alors maintenant que tu me le dis, je n’avais pas fait attention au thème Reawakening. Comme je n’ai pas revu l’anime depuis sa sortie ciné, j’avais oublié…

        • Matt  

          Et je ne sais pas si tu avais eu la curiosité d’aller écouter le thème de Kenji Kawai pour le film coréen « antartic journal » que j’ai chroniqué ici, mais le voilà :

          https://www.youtube.com/watch?v=smL6_QTAqYs

          • Jyrille  

            Je viens d’écouter tes premiers liens de Meiko Kaji et effectivement je me souvenais des deux premiers titres.

            La BO est inspirée par le film live oui, ce n’est pas la soundtrack officielle on dirait. C’est vraiment bon, même sans voir le film.

            Et sinon, non à tes deux questions ! Je vais essayer ça.

  • Nico  

    Très bon article Matt! Je suis fan des films de Tarantino et surtout de Kill Bill. Je ne connaissais pas Meiko Kaji…l influence indéniable qu elle a eu sur QT. Je vais y jeter un oeuil. Étant bon client des films d action et des jolies asiatiques, je devrais y trouver mon compte….

  • Eddy Vanleffe  

    J’ai le film « Elle s’appelait Scorpion » et je me souviens bien de cette ambiance hallucinée avec ces décors d’automne et de studios bizarrement illumné. c’est un truc unique.
    par contre j ne me rappelle plus de la moindre scène « éro », ça disparaît sous le propos féministe/destroy à la Virginie Despentes.

    sur Tarantino, je ne l’aime plus du tout. j’ai eu besoin de lui à un moment sans doute comme une béquille, mais Kill Bill est devenu une sorte de foire à la caméo ou de « mais de quel film provient cette scène? » Depuis son cinéma me fatigue (Django unchained et ses 18 « nigger »par minutes)
    J’ai le manga de Lady Snowblood et je dois dire que le film fait envie…

    • Matt  

      « par contre j ne me rappelle plus de la moindre scène « éro » »

      C’est plutôt dans le premier film ça. Dans le deuxième en effet, il n’y en a pas vraiment.

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