Langage & réalité (Unwritten tome 1)

The Unwritten tome 1 par Mike Carey & Peter Gross

Les inimitables couvertures de Yuko Shimizu

Les inimitables couvertures de Yuko Shimizu© Vertigo

PRESENCE

VO : Vertigo

VF : Urban

Cette édition regroupe les 2 premiers tomes de la version VO.

– Tommy Taylor and the Bogus Identity : épisodes 1 à 5 initialement parus en 2009. Le scénario est de Mike Carey, et les illustrations de Peter Gross.

L’histoire commence par 3 pages de livres illustrés racontant un combat homérique entre Tommy Taylor, ses 2 compagnons (Sue Sparrow et Peter Price) et son animal familier (Mingus, un chat ailé) contre un sorcier nommé Count Ambrosio. Il s’avère qu’il s’agit du treizième tome des aventures de ce héros, écrit par Wilson Taylor qui s’est inspiré de son fils Thomas pour inventer son personnage. Cet auteur a disparu depuis plusieurs années, bloquant sa fortune de telle sorte que son fils ne puisse pas en profiter.

Thomas (en abrégé Tom) bénéficie des conseils de Rupert Bayard Swope (un agent littéraire) qui lui organise des tournées de signatures des livres de Tommy Taylor, et des interventions lors de conventions sur ce personnage dont la renommée dépasse celle d’Harry Potter. Pendant l’une de ces séances questions réponses, un individu le prend à partie prétendant être le Comte Ambrosio. Puis Lizzie Hexam (une jeune femme) brandit des documents attestant du fait qu’il n’est pas le fils de Wilson Taylor. Tom Taylor va se rendre à la Villa Diodati (en Suisse), dernier lieu connu où a séjourné son père. Le dernier épisode est consacré aux choix de carrière de Rudyard Kipling (1865-1936), l’auteur du Livre de la jungle, mais aussi le chantre de l’impérialisme britannique.

La mort du jeune sorcier en page 3

La mort du jeune sorcier en page 3 © Vertigo

Ça commence comme un plagiat d’Harry Potter, ça continue comme une évocation des livres à succès de la littérature pour la jeunesse (une série en 13 tomes, comme celle des Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire). Puis cela se transforme en une déclaration d’amour à la littérature, pour passer par une mise en abyme moqueuse et superficielle des auteurs de romans d’horreur (avec un petit pastiche sauce horreur de Tommy Taylor, ce que les anglophones qualifient de fan fiction), pour finir par un épisode consacré à Rudyard Kipling, sans aucune participation des autres personnages des 4 premiers épisodes. Le moins que l’on puisse dire est qu’il s’agit d’un début de série à nul autre pareil.

Mike Carey n’en est pas à son coup d’essai en matière de comics : il a déjà à son actif un passage remarqué sur la série Hellblazer, l’écriture de la série Lucifer (une série puisant ses racines dans celle consacrée à Sandman par Neil Gaiman), des miniséries telles Crossing Midnight, et même un passage conséquent sur X-Men legacy. Peter Gross avait déjà travaillé avec lui sur la série Lucifer et sur d’autres séries publiées par Vertigo comme Testament de Douglas Rushkoff.

Le bon vieux temps de l'Empire, avec Rudyard Kipling

Le bon vieux temps de l’Empire, avec Rudyard Kipling © Vertigo

Il est évident dès les premières pages que Carey embarque le lecteur dans un voyage qui lui tient à coeur. Rapidement il apparaît que le thème central de ce premier tome est le pouvoir de l’écriture et le métier d’écrivain. À plusieurs reprises, Carey évoque la magie de l’acte consistant à utiliser le langage. Il met en scène le rapport du langage à la réalité en reprenant les principes philosophiques établis par Platon dans Cratyle, mais aussi en se servant du mythe de la caverne (dans « La République ») pour exposer le principe moteur de son récit. Il s’agit donc d’un auteur écrivant sur l’art d’écrire de façon cultivée. Carey n’hésite pas à varier les formes de son récit : majoritairement une bande dessinée avec irruption de livre illustré, d’acrostiche, de facsimilé de page web d’informations, de conversations en ligne, de journal intime, etc. Chacune de ces formes vient enrichir la narration de manière naturelle.

Dans le fond, Carey ne se contente pas d’évoquer Platon, il confère à Tom Taylor un savoir dispensé par son père : les lieux géographiques réels qui ont servi d’inspiration à des auteurs classiques tels que Charles Dickens, George Orwell, Arthur Conan Doyle, etc. Il insère une rapide analyse de la source de l’horreur dans Frankenstein de Mary Shelley, et il finit par une évocation de la carrière d’écrivain de Kipling pendant un épisode.

Le créateur Frankenstein et sa créature

Le créateur Frankenstein et sa créature © Vertigo

Ces particularités finissent par créer une tapisserie impressionnante, mais aussi très partielle. Le lecteur a l’impression que le récit change de direction à chaque épisode. Le thème du rapport du langage à la réalité reste présent, à chaque fois abordé sous un autre angle. Carey sait rester original du début jusqu’à la fin : contrairement à ce que peut laisser penser le résumé, le lecteur n’a pas l’impression d’une variation anodine sur la perméabilité entre réalité et fiction à la manière de La Rose pourpre du Caire ou de La bibliothécaire d’Anne Gudule, ou encore L’affaire Jane Eyre de Jasper Fforde.

De son coté, Peter Gross fait de son mieux pour créer des illustrations discrètes en phase avec les différentes formes du récit. Pour les illustrations des passages du livre fictif de Tommy Taylor, il joue le jeu de l’image pour elle-même, à faible valeur de narration séquentielle. Pour les passages de bande dessinée classique, il utilise un style détaillé et simple. Il ne s’appuie pas sur un luxe de détails obsessionnels, mais sur des formes légèrement épurées pour une assimilation rapide à la lecture, tout en insérant des détails dans les décors et les accessoires pour les rendre uniques. Il subsiste quelques passages dans lesquelles les décors disparaissent (surtout lorsque les dialogues durent plus d’une page dans les épisodes 3 & 4). Il modifie son encrage en l’allégeant lorsqu’il met en images une adaptation d’un passage du Frankenstein de Mary Shelley, ou à l’occasion du journal intime de Kipling pour le cinquième épisode. Ses compositions visuelles sont suffisantes pour donner à voir les actions des personnages ; elles sont parfois un peu fades et restent en retrait par rapport au récit. Par contraste les couvertures de Yuko Shimizu sont très sophistiquées et apportent un supplément d’imagination aux situations décrites.

Le groupe de lecture sur Frankenstein de Mary Shelley

Le groupe de lecture sur Frankenstein de Mary Shelley © Vertigo

Ce début de série ne ressemble à aucun autre. Mike Carey invite le lecteur à un voyage cultivé au cœur de la création littéraire et du maniement du langage. Il part de références culturelles populaires partagées par tous pour initier le voyage de Thomas Taylor vers ses origines. La mise en images est compétente et totalement asservie à cette histoire qui change de direction d’épisode en épisode. Il n’est pas possible de prévoir quelle orientation prendra la série par la suite.

Pour l’anecdote, Mike Carey a indiqué dans une interview qu’il s’est inspiré d’une autobiographie de Christopher Milne pour la situation de départ de Thomas Taylor. Il s’agit du fils d’Alan Milne, l’auteur de Winnie l’Ourson, qui s’est inspiré de son fils pour le personnage de Jean-Christophe (Christopher Robin).

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- Inside Man : épisodes 6 à 12 de la série mensuelle, parus en 2010. Tous les scénarios sont de Mike Carey, et les illustrations de Peter Gross, avec des finitions de Jimmy Broxton pour les épisodes 10 & 11, de Kurt Huggins et Zelda Devon pour l’épisode 12.

Les délicieuses couvertures de Yuko Shimizo

Les délicieuses couvertures de Yuko Shimizo © Vertigo

Épisodes 6 à 11 – Suite au massacre dans la Villa Diodati, Tom Taylor est envoyé en prison pour détention préventive. L’une des victimes étant de nationalité française, l’état français réclame le droit de le juger, ce que lui accorde un juge suisse, trop content de se débarrasser de ce cas encombrant. Tom Taylor se retrouve dans la Maison d’Arrêt de Roncevaux. Il partage sa cellule avec Richie Savoy. Il est accueilli franchement dans la prison par Claude-Louis Chadron le directeur qui lui précise explicitement qu’il n’aura pas droit à un traitement de faveur. Tous les soirs, Chadron lit un chapitre des aventures de Tommy Taylor à ses enfants. De son coté, Lizzie Hexam interroge les livres pour savoir ce qu’elle doit faire pour venir en aide à Tom Taylor. Ce dernier continue à voir des choses étranges telles que Le monstre de Frankenstein, ou même Roland (celui de La chanson de Roland).

Épisode 12 – Un lapin du nom de Pauly Bruckner essaye de s’enfuir d’un jardin peuplé d’animaux doués de parole, se comportant comme dans un livre pour enfants. Il part à la recherche d’Eliza Mae Hertford (Miss Liza).

La Chanson de Roland

La Chanson de Roland © Vertigo

Évidemment la scène d’ouverture avec Roland le Preux (certainement le 15 août 778) guide le lecteur sur l’intention de Mike Carey avec cette série, et ce tome en particulier. Il s’agit de parler de littérature et des liens des ouvrages avec la réalité. Il y a donc la Chanson de Roland et la question de la véracité historique, et plus tard (épisodes 10 & 11) l’utilisation abusive de Le Juif Süss de Lion Feuchtwanger, et pour finir avec une parodie des contes de Peter Rabbit de Beatrix Potter. Carey réalise un numéro de funambule impressionnant. Dans sa volonté d’évoquer des monuments de la littérature, il doit prendre en compte que ses lecteurs n’ont qu’une connaissance superficielle de ces ouvrages, voire n’en ont jamais entendu parler. Il doit donc trouver le juste équilibre entre les présenter suffisamment pour que ses références aient un sens pour ceux qui ne les connaissent pas, mais sans les paraphraser ni aligner des lieux communs pour que ceux qui les connaissent n’aient pas le sentiment de lire un livre de vulgarisation à destination des enfants.

Ici l’utilisation de la Chanson de Roland sert d’illustration de la manière dont un récit est construit avec une visée politique qui est oubliée au fil des siècles pour que le texte finisse par être assimilé à un témoignage de l’époque au premier degré, ce qu’il n’est pas. Pour moi, Carey a parfaitement atteint son objectif sans pédantisme : montrer comment un texte change de valeur, comment une propagande politique se transforme abusivement en un récit historique au fil du temps. L’utilisation du Juif Süss est tout aussi remarquable de didactisme et de concision. Le lecteur a le plaisir du divertissement apporté par une aventure, tout en bénéficiant d’un à coté didactique jamais pesant. Carey donne l’envie au lecteur d’en savoir plus, ce que j’ai fait en allant consulter une encyclopédie. L’hommage à Beatrix Potter est plus rapide et sert essentiellement de ressort comique, avec toujours la mise en évidence de quelques aspects la personnalité de l’auteur. Carey met en évidence avec élégance les circonstances qui ont façonné la naissance de l’œuvre.

Peter Rabbit version adulte énervé

Peter Rabbit version adulte énervé © Vertigo

Les tribulations de Tom Taylor ne se limitent pas à un prétexte pour parler de relations entre auteur, œuvre, histoire et réalité. La nature de Thomas Taylor le rend indissociable de l’écriture, de la littérature et de l’imagination ; toutefois ses aventures constituent bien la composante principale du récit. Mike Carey a placé son personnage principal au cœur d’une intrigue à la fois facile à concevoir pour le lecteur (Thomas & Tommy sont le lien entre la réalité quotidienne et la réalité imaginée des œuvres de fiction), et à la fois propice aux bouleversements imprévisibles. S’il est possible de discerner un affrontement manichéen entre bons et méchants, les enjeux ne se découvrent que petit à petit et les héros sont à la fois pris au piège d’une guerre de grande envergure, et capables d’actions imprévisibles pouvant en changer le cours. Carey s’amuse beaucoup à entremêler la vie de Thomas Taylor avec celle de son double de fiction par le biais des livres fictifs de son père, mais aussi par les conséquences de l’existence desdits livres (à commencer par la célébrité de Thomas) dans une forme de rétroaction qui fait que les 2 aspects se nourrissent l’un l’autre.

À nouveau Carey se montre d’une ingéniosité épatante en insérant des facsimilés de page web dans la narration. Il s’agit d’un pari risqué puisqu’un lecteur de bande dessinée a une réaction de rejet viscérale dès qu’il tombe sur une page de texte. Or dans ce contexte, ces pages internet fictives permettent à la fois de découvrir les réactions diverses du monde réel aux avanies subies par Tom Taylor (comme Frank Miller se servait de la télévision dans The Dark Knight Returns en 1986), mais aussi de créer une mise en abyme vertigineuse par le biais de ces pages fictives qui comprennent des liens hypertextes laissant imaginer des portes de communication vers des ailleurs toujours plus virtuels.

Les aventures de Tommy Taylor continuent.

Les aventures de Tommy Taylor continuent.© Vertigo

La page de garde qualifie Peter Gross de co-auteur, au même niveau que Mike Carey. S’il semble bien que la structure narrative et les thèmes proviennent de Carey, Gross a eu un travail de conception graphique peu commun à effectuer. Dans l’introduction du premier tome, Carey expliquait que c’était Gross qui l’avait convaincu de transformer la première scène en livre illustré avec une prépondérance des images sur le texte (plutôt que l’inverse – prépondérance du texte – qui était ce qu’avait envisagé Carey). Dans ces épisodes, le lecteur retrouve un ou deux extraits des livres de Tommy Taylor avec cette même présentation et ce style graphique un peu différent. Gross introduit des modifications dans son style pour les 2 passages mettant en scène Roland. Il effectue la mise en page pour les épisodes 10 & 11 qui se situent à une autre époque, avec Broxton qui apporte une apparence différente pour transcrire la spécificité de cette nouvelle ambiance. L’apport de Huggins et Devon est encore plus significatif pour évoquer les délicats dessins aquarellés de Beatrix Potter.

Le travail de Gross est à la fois remarquable pour la cohérence visuelle qu’il arrive à imposer malgré les éléments hétéroclites, et trompeur en apparence. Effectivement le lecteur a sous les yeux des dessins pas très jolis, parfois presque simplistes. Il a recours régulièrement au raccourci qui consiste à dessiner les décors uniquement lors de la première case d’un dialogue, puis à laisser les fonds vierges de tout élément dans la suite du dialogue. Il simplifie parfois certains détails (par exemple des éléments de maçonnerie) jusqu’à se rapprocher de l’esquisse ou d’une représentation plus symbolique que réaliste. Ces apparences parfois frustes ne gâchent pas le plaisir de la lecture car Peter Gross a développé une approche visuelle élaborée et sophistiquée, à la structure adaptée. Au-delà du dispositif basique consistant à changer le style graphique en fonction des époques et du niveau de réalité, la simplicité des formes lui permet de faire coexister les éléments les plus réalistes (vêtements ordinaires, armes à feu, chambre d’enfants avec décoration correspondante) avec les éléments les plus fantastiques tels Mingus le chat ailé ou le monstre de Frankenstein. Il n’y a pas de hiatus malgré l’hétérogénéité des parties, pas de solution de continuité visuelle entre ces 2 types d’éléments, malgré leur appartenance à des registres fictifs différents.

Continuité graphique lors du passage dans le monde du Juif Süss

Continuité graphique lors du passage dans le monde du Juif Süss© Vertigo

Cette apparence parfois un peu simpliste masque l’intelligence de la construction graphique ; c’est même cette simplicité qui permet de faire exister le décor fantomatique du passé des épisodes 10 & 11, ainsi que de donner une apparence à la perversion des intentions de l’auteur, l’imposition par la force d’un faux-sens au texte, insérant un sens ulcéreux au sein du texte du Juif Suss. C’est l’ensemble (différence de styles graphiques, simplicité apparente) qui permet de rapprocher progressivement Thomas, Lizzie et Richie, de leur contrepartie livresque (Tommy, Sue Sparrow et Peter Price).

Il s’agit donc d’un récit d’aventure facile à lire, avec une analyse complexe des relations entre la création et la réalité perçue par l’auteur. En cherchant bien, il subsiste quelques défauts : les phrases en français dans le texte sont gauches et il y a des fautes grossières dans le texte en allemand (« lied » en lieu et place de leid dans l’expression Es tut mir leid). Mais le lecteur passe bien vite sur ces menus détails devant la découverte de l’intelligence de ce divertissement sophistiqué et vif.

Le lien entre le réel et la fiction, entre la vie et les mots

Le lien entre le réel et la fiction, entre la vie et les mots© Vertigo

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The Unwritten revient enfin chez Urban. l’occasion pour Présence de disserter autour du pouvoir de l’écriture dans ce qui serait le chef d’oeuvre de Mike Carey et Peter Gross. 

La Bo du jour : un début à la Harry Potter

42 comments

  • OmacSpyder  

    Par le titre alléché je vins vers l’article m’attarder.
    Langage et réalité, cela promet une lecture cultivée.
    Ainsi chemin faisant j’ai parcouru les descriptions et analyses avec toujours la présence d’esprit coutumière de l’auteur de ces lignes.
    De fil en aiguille se dessine ainsi une trame, un canevas parlant de création et de sens de la vie. Une tapisserie qui lierait réalité et fiction au sens où nous rêvons toujours un peu notre vie avant de la vivre au fond. Et en sourdine j’entendais un propos sur la filiation : la filiation d’un enfant ou d’une oeuvre, c’est-à-dire de l’empreinte que l’on laisse au monde.
    Le titre « Unwritten » : ce qui n’est pas écrit, comme un pendant à ce propos sur l’écriture et la création. Ce qui ne cesse de ne pas s’écrire est une définition de la pulsion créatrice, comme un matériau inépuisable partant de notre culture pour nous définir progressivement, au long d’un long périple, d’une aventure en forme d’accouchement…
    Ça a attisé ma curiosité, j’irai donc lire « ce qui n’est pas écrit » si d’aventure je le croise au détour d’une librairie…

    • Présence  

      Je savais que je pouvais compter sur toi pour élever le débat et jeter un éclairage différent. L’image de la tapisserie me séduit, car pour Mike Carey, réalité & fiction sont inextricablement entremêlées, agissant l’une sur l’autre dans une relation à 2 sens.

      Ta réflexion sur le sens du titre de la série me fait prendre conscience qu’il est aussi possible de l’appliquer aux dessins de Peter Gross. Alors que je n’y avais pas pensé comme ça, il est encore plus évident que le dessinateur opère un choix plus conscient entre ce qu’il représente, et ce qui n’a pas sa place dans une case ou sur une page faute de place, pour rester lisible, avec une conscience plus aigüe de ce qui n’est pas dessiné. Son processus créatif immédiat n’est pas seulement ce qu’il écrit, ce qu’il représente sous forme dessin, mais aussi tout ce qu’il écarte.

  • Jyrille  

    « les principes philosophiques établis par Platon dans Cratyle » : voilà le genre de référence qui me manque, même si j’ai quelques souvenirs brumeux de la caverne. De la même manière, je ne connais pas les livres de Beatrix Potter, jamais entendu parler du Juif Suss etc… Mais je connais quelques oeuvres tout de même, notamment la chanson de Roland.

    Comme tu le dis si bien et comme tu analyses toujours parfaitement les intentions des auteurs, la lecture n’est jamais gâché par le dessin souvent laid. J’ai dévoré ce premier tome en VF, et j’attends la suite avec impatience (au fait le tome 3 de Injection VF sort vendredi).

    Le seul point noir pour moi est la trop grande ressemblance entre le personnage de Tommy Taylor et les histoires de Harry Potter. Je dois regarder la première saison des Orphelins Baudelaire (oui oui il y a une série) mais je n’en ai jamais lu un seul tome.

    Je suis fan des couvertures de Yuko Shimizo, comme pour Fables avec les couvertures de James Jean, elles font partie de l’oeuvre intégralement.

    La BO : j’adore.

    • Présence  

      Merci pour ton retour. Les livres de Beatrix Potter sont plus populaires en Angleterre qu’en France, mais il me semble avoir vu passer des annonces pour un film Pierre Lapin sorti à Pâques cette année, inspiré de la série de Potter. Il se trouve qu’il a déjà été fait référence à son œuvre pour un des articles présents sur le site, relatif à une BD sur l’enfance maltraitée de Bryan Talbot :

      http://www.brucetringale.com/maltraitance/

      La ressemblance initiale avec Harry Potter est faite sciemment, ainsi que celle aux Orphelins Baudelaire. Il s’agit pour Carey & Gross de montrer preuve à l’appui à quel point une création littéraire (contemporaine de surcroît, celle de JK Rowlins) s’est intégrée à l’inconscient collectif, à l’échelle mondiale, avec une rapidité inouïe. Les auteurs jouent sur l’identification entre Harry Potter & Tommy Taylor pour que le lecteur établisse ce lien dans son esprit, accepte l’impact d’Harry Potter sur sa vie de tous les jours (qu’il les ait lu ou pas, qu’il ait vu les films ou pas, car il est impossible ne pas en avoir entendu parler), reconnaisse l’incidence d’un personnage fictif sur le monde réel. Tommy Taylor devient une créature indépendante par la suite, s’éloignant de cette ressemblance volontaire.

      Les orphelins Baudelaire – J’ai lu à haute voix les 13 tomes de la série, à mes enfants quand ils étaient plus jeunes. Il s’agit d’une série pour jeunes adolescents, mais sa lecture s’avère passionnante pour un adulte qui peut observer comment l’auteur mêle des aventures rocambolesques, avec un humour pince-sans-rire, et des thèmes philosophiques adultes. J’ai finalement pris un énorme plaisir à cette lecture, à la fois en voyant mes enfants réagir aux désastreuses aventures, à la fois en me rendant compte que de ce que faisait l’auteur, et également parce que ce sont de très bons livres. Il y a eu un film avec Jim Carey en 2004. J’ai regardé le premier épisode de l’adaptation en série télé qui est assez fidèle aux romans et à leur état d’esprit.

  • Eddy Vanleffe  

    J’avoue n’avoir pas été attiré par ce titre qui semblait jouer une fois de plus sur l’intertextualité tout en me paraissant en deçà de Fables…
    Avec le temps, j’ai peut-être fait une petite erreur de jugement…

    • Présence  

      Je ne peux pas dire s’il s’agit d’une erreur sur le plan de l’appétence pour une série de la sorte. Par contre le propos de Mike Carey & Peter Gross est nettement plus ambitieux que celui de Bill Willingham (ce qui ne m’a pas empêché d’apprécier les 2 séries), avec une forme qui sait rester divertissante, avec péripéties et moments spectaculaires.

      • Eddy Vanleffe  

        J’ai adoré Fables mais le propos derrière m’a gêné de plus en plus…
        aujourd’hui je suis plus mûr pour Unwritten je pense….

        • Présence  

          Je ne sais pas s’il faut être mûr, mais je pense qu’il faut être prêt à s’investir dans sa lecture, ce qui rejoint la discussion animée d’hier. À mes yeux, il est possible de lire Fables uniquement au premier degré comme un divertissement léger entre comédie de situation et fantastique. La lecture de The Unwritten est indissociable de son thème principal : le rapport entre réalité et fiction. Du coup le récit n’a de sens que sous réserve de consentir à l’effort d’investissement.

          L’épisode 5 consacré à Rudyard Kipling n’a eu de sens pour moi, qu’après être allé consulter sa page wikipedia, parce que je ne savais rien de sa vie, si ce n’est qu’il a écrit Le livre de la jungle. L’irruption de Roland dans la trame narrative n’a de sens que si le lecteur prend en compte que la Chanson de Roland représente une forme narrative signifiante dans l’histoire de la littérature.

          Vu sous cet angle, le plaisir / la récompense de lecture a besoin de la participation active du lecteur pour pouvoir réaliser son potentiel, ou d’un lecteur plus cultivé que je ne le suis.

  • Tornado  

    J’ai lu le 1° tome lorsqu’il a été édité par Paninouille et je suis immédiatement tombé sous le charme de cette création qui répond totalement à mes attentes en termes de BD. C’est ambitieux, intriguant, riche et divertissant à la fois. Je l’avais immédiatement mise dans mes gros coups de coeur de l’année idoine avant que la série soit annulée (pour cause de perte de droit). Urban Comics a mi un temps fou pour reprendre cette publication, mais c’est désormais chose faite : Le tome 2 (équivalent des TPBs 3 et 4) sort bientôt.

    Une fois de plus, voilà un article roboratif ! J’avais déjà lu les commentaires Amazon mais il est certain que l’apport des images ajoute une plus-value à la (re)lecture.
    Ce thème du pouvoir de l’écriture, je trouve ça passionnant. On le retrouve chez des auteurs majeurs de notre temps, comme Stephen King ou Alan Moore, qui le développe en profondeur dans « Promethea » bien sûr, mais aussi dans « Providence ».

    • Matt  

      Promethea c’est le machin qui devrait être réédité ! Même si je ne suis pas spécialement un admirateur de Moore (parce qu’il choisit toujours des dessinateurs que je n’aime pas), là ça me fait envie avec un tel graphisme. Mais pour l’instant faut vendre un rein pour acheter les anciens albums.

      • Présence  

        Pour le coup, Promethea a été réédité dans une magnifique édition par DC, en omnibus et format plus grand afin que chaque planche en vis à vis dans l’édition originale se retrouve sur une même page, pour éviter l’effet pliure qui mange une partie du dessin au centre, au niveau de la reliure. Un travail d’édition d’exception.

        • Bruce lit  

          Oh nul besoin de me taquiner avec Gland Morrison. Ses thématiques sont surement brillantes et j’ai souvent concédé que c’est un grand scénariste, mais son écriture échoue de manière récurrente sur moi. Je m’en fous de Morrison et c’est bien la raison d’être de ce blog à plusieurs voix. Donc paradoxalement heureusement qu’il existe :)

          The Unwritten :-La série m’attend en VO dans ma PAL mais j’en repousse méthodiquement la lecture car à force d’entendre parler de l’ambition de ce récit -et tu ne fais rien pour aller à contresens, bien au contraire-, je ne suis pas sûr de rentrer dans quelque chose nécessitant un temps d’implication actif (ce que tu décris) du lecteur. Autant la thématique de la réalité des créatures de fictions me passionne (j’avais même écrit là dessus pour la conférence de Nantes l’an dernier), autant le dessin ne m’attire pas ainsi que les références (Harry Potter? Jamais vu ! Croyez pas que c’est maintenant que je vais m’intéresser à des histoires de magiciens !). C’est du Juif Süss évidemment me parle plus.
          C’est une série très ambitieuse et tôt ou tard, il est impensable que je passe à côté. C’est peut-être ce côté obligatoire-avec-soi-même qui me rebute mais les négociations vont bon train.

          En tout cas, c’est bien que l’on parle de Mike Carey et que le Tag Vertigo réapparaisse en arborescence. D’ailleurs, The Unwritten, ce ne serait pas la dernière grande série Vertigo ?

          • Présence  

            Avant de lire ce tome, je n’avais jamais entendu parler du livre Le juif Süss. En comprenant qu’il s’agissait d’un point essentiel de la réflexion sur le pouvoir de l’écrit, je suis aller lire la page wikipedia correspondante pour ne rien perdre du fil conducteur des auteurs.

            https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Juif_S%C3%BCss_(nouvelle_de_Feuchtwanger)

          • Présence  

            Comme séries notables postérieures à The Unwritten publiées par Vertigo, je citerais Coffin Hill (20 épisodes), The Sheriff of Babylon (12 épisodes) et la continuation d’Astro City, donc effectivement rien d’aussi long ou neuf que The Unwritten (66 épisodes).

          • Bruce lit  

            Le juif Süss est -subtilement- décliné par Gainsbourg dans son Fameux Rock Around the Bunker que, de mémoire, je t’ai fais acheter. Les paroles :

            Sont-ce ces insensés assassins,
            Est-ce ainsi qu’assassins s’associent,
            Si c’est depuis l’anschluss,
            Que suçent ces sangsues le juif Suss.
            SS si bon si bon si bon si bon x4
            C’est sain c’est sauf ca se sent sûr,
            Sans s’en soucier car ça se censure
            Il eût fallu en plus qu’en Prusse ces processus se sussent
            SS si bon si bon si bon si bon x4

            Sont-ce ces insensés assassins,
            Est-ce ainsi qu’assassins s’associent,
            Si c’est depuis l’anschluss,
            Que suçent ces sangsues le juif Suss.
            SS si bon si bon si bon si bon x4
            C’est sain c’est sauf ca se sent sûr,
            Sans s’en soucier car ça se censure
            Il eût fallu en plus qu’en Prusse ces processus se sussent
            SS si bon si bon si bon si bon

            https://www.youtube.com/watch?v=w36FR8E0H14

          • Bruce lit  

            On est bien d’accord.
            Rien de comparable à Preacher, Hellblazer, Fables Sandman ou Scalped.
            Je parle d’un esprit Vertigo.
            Pour avoir lu les 2 premiers tomes du Sheriff de Babylon (que je n’ai pas apprécié plus que ça) on pourrait trouver ça chez du Image non ?

          • Jyrille  

            Un jour peut-être Bruce apprécieras-tu Morrison… on sait jamais… Par contre tu loupes quelque chose avec Harry Potter. Vraiment. Autant en romans qu’en films (sachant que les meilleurs sont le 3 et le 7). Tiens j’avais fait une chro sur le film 7 quand j’avais relu les tomes 3 à 7 : http://trhansat.blogspot.lu/2013/12/harry-potter-and-deathly-hallows.html

            Présence, j’irai lire tes liens dès que je me serai remis à la lecture de Unwritten. Selon Urban, la série complète en 5 tomes devrait être éditée et je croise les doigts, même si DC ne réédite pas en deluxe… Et qui sait, peut-être craquerai-je pour une réédition possible de Promethea ?

          • Présence  

            @Bruce – Non seulement tu me l’as fait acheté, mais en plus je l’ai écouté à plusieurs reprises, et je sais où il se trouve. :)

            Merci pour le décodage car j’étais passé à côté.

          • Matt  

            Moi depuis qu’on en a parlé, j’ai vu les 8 films de Harry Potter. Je m’étais arrêté au 4eme ou 5eme (que ce soit en livre ou en film, pour cause d’attente entre chaque bouquin ou film (oui j’ai connu ça au moment où ça sortait donc j’en ai eu marre d’attendre))
            Eh ben j’ai bien aimé. Tous. Forcément à la revoyure le premier est celui qui pose les bases donc c’est le plus explicatif qui supporte le moins bien un nouveau visionnage. Mais ils tiennent tous la route. Les acteurs enfants ne sont pas tous très bons cela dit (encore qu’en VO avec leur accent britannique ça passe mieux, ça fait plus naturel^^)
            Je n’aurais pas le courage de relire les bouquins mais les films sont bons. Je regrette juste que certains persos passent vraiment au second plan dans les films mais c’est inévitable.
            Et j’ai été bien content des révélations sur Rogue. On ne sait jamais sur quel pied danser avec lui et finalement il a une belle histoire tragique. Et Dumbledore n’est pas si parfait que ça.

        • Matt  

          Oui Présence…en VO^^
          Je parlais en VF moi. Surtout que du Moore bavard en VO…euh…c’est intimidant.

          • Présence  

            Je parlais de la VO parce que l’absence de VO pour les tomes 3 & 4 de The Unwritten va peut-être remettre en question leur parution en VF. A contrario l’existence de fichiers VO pour Promethea rend plus réaliste une réédition VF. Non seulement Moore est bavard, mais en plus sa prose est protéiforme et ardue, au point qu’il m’est déjà arrivé de revenir à la VF pour être sûr de comprendre. Il reste une trace d’une de mes lectures VF sur le site :

            http://www.brucetringale.com/temps-de-cerveau-disponible/

    • Présence  

      facebook est merveilleux car Bruce s’est inscrit pour suivre les posts de Mike Carey. Ce dernier a indiqué que DC Comics avait annulé le programme de réédition de The Unwritten en format Deluxe. Seuls 2 tomes sont parus sous ce format en VO. Espérons qu’il en ira différemment en France…

      Juste pour taquiner Bruce, on retrouve également ce thème des interactions entre réel et imaginaire chez Grant Morrison.

  • Tornado  

    Si tu as raison sur le risque de ne pas voir la VF être publiée en entier à cause de l’arrêt de la collection deluxe en VO, alors c’est que cette série est décidément maudite dans nos contrées !
    Maintenant je ne vois pas ce qui empêcherait Urban Comics de prendre le matériel d’après les TPBs plutôt que d’après les Deluxes. Ils ont déjà publié des collections (Hellblazer par exemple) qui ne reprenaient pas du tout le même modèle que les publications VO.

    • Présence  

      J’espère me tromper sur mon estimation de probabilité, car c’est typiquement une série que je me verrais bien offrir à des lecteurs de BD franco-belge, sans appétence particulière pour les comics.

  • Yuandazhu kun  

    Merci Présence pour ce superbe article ! J’avais moi aussi déjà lu tes commentaires sur Amazon sur Unwritten et déjà ça me faisait envie, en plus les scans sont surprenants, j’ai l’impression que Gross arrive (tout comme J.H.Williams sur Sandman Overture) à des styles graphiques fort différent d’un chapitre sur l’autre ? Cela me fait penser à certains artistes de Sandman, j’aime beaucoup. Je ne le connaissais pas.
    J’attendais que Urban édite l’intégralité de la série mais au final peu importe tu m’as décidé à franchir le pas, éditions des tomes 3 et 4 ou pas…Et j’aime énormement Mike Carey depuis Hellblazer, et ici c’est davantage l’auteur « indépendant » qui s’exprime, les non rééditions en VO des tomes suivants le prouvent, le public peut être plus difficile à toucher ici.

    • Présence  

      J’ai lu Lucifer après avoir lu The Unwritten, et c’est tout aussi bon. Les dessins de Peter Gross sont moins flamboyants et moins techniques que ceux de JH Williams III. Gross est parfois aidé par un encreur à la forte personnalité, ce qui donne une apparence très différente, et il y a quelques dessinateurs invités de temps à autre, dont l’inimitable Rick Geary.

  • JP Nguyen  

    Mike Carey est un auteur qui m’est assez sympathique bien que je n’ai pas forcément lu grand chose de transcendant de sa part… En fait, sa longue interview dans un Scarce qui date déjà un peu doit y être pour quelque chose… Il y apparaissait à la fois pro et humble, mais avec une certaine vision/ambition d’auteur.
    Et jusqu’ici, il semble que The Unwritten soit son Magnum Opus…
    Mais…
    malgré les explications de Présence sur les dessins faussement simplistes, je n’arrive pas encore à les trouver très séduisants…
    et puis, pour les erreurs sur les langues étrangères, je trouve ça dommage, à une époque où, pour trouver de courtes trads d’expressions courantes, il y a le net et/ou les contacts internationaux…
    Mais…
    la science du commentaire de Présence est si pointue qu’il se pourrait que je craque un jour pour cette lecture…

    • fred le mallrat  

      Pareil.. je l aime bien.. j avais bien aimé les 6 1ers TP de Lucifer.. ses hellblazers ou les 2 1ers tomes de Unwritten.. mais en même temps à un moment où ma pile de lecture explose.. je ressens pas le besoin de lire la fin de ses séries…

      • fred le mallrat  

        Par contre ses incursions dans le superheros m ont pas convaincu du tout. Ennuyeux.

        • Bruce lit  

          Ça dépend.
          C’est un scénariste très consciencieux qui se donne bcp de mal sur Xmen Legacy pour réhabiliter Xavier. LA suite avec Rogue est inintéressante. Je trouve que Carey se torture les méninges et qu’il ne sait pas faire simple.
          J’aurais pu aimer ses Xmen sans ces maudits Ramos et Bachalo pour saloper mes mutants….

          • fred le mallrat  

            Ah!! si il regle enfin le cas de Rogue.. fini le fait que tous méchants annihile ses pouvoirs mais que les héros ne trouvent pas comment le faire.
            D ailleurs j ai beau aimer Remender et ADORER ses Uncanny AVengers.. son idée de la lier à Wonder Man et de la ramener a ne plus pouvoir toucher personne est une connerie!

        • Présence  

          La qualité de The Unwritten m’a convaincu de lire l’intégralité de Lucifer qui est une série plus accessible, et passionnante, avec même un numéro spécial illustré par Jon J. Muth, impossible de résister pour un lecteur de Moonshadow. :)

          J’ai lu la plupart des X-Men: Legacy dont la qualité baissait d’histoire en histoire. J’ai abandonné avant la fin. J’avais lu Spellbinders (pas terrible), The Torch (avec Alex Ross et Jim Krueger, sympathique). Je n’ai pas lu ses Ultimate Fantastic Four, je ne sais pas ce que ça vaut.

          J’attends avec impatience la fin des rééditions de Hellblazer pour me remettre à la lecture des épisodes de Mike Carey.

          Suicide Risk chez Boom! Studios était bien parti mais a souffert de dessins pas très convaincants (commentaires sur amazon).

          • fred le mallrat  

            J adore dematteis.. sauf ce qu on dit etre ses meilleurs. J ai pas aimé ni moonshadow ni Blood.. je préfère Seekers

          • Présence  

            Je n’ai pas encore lu Seekers into Mystery. J’ai fini Stardust Kid, et tu avais raison ça ne m’a pas enthousiasmé. Il me reste également à lire Brooklyn Dreams.

            Tu peux trouver un article pour Blood: A tale, sur le site :

            http://www.brucetringale.com/dans-linconscient-collectif/

    • Présence  

      @JP – Il faut vraiment avoir envie de s’investir dans le thème développé dans The Unwritten pour pleinement l’apprécier. La série Lucifer se lit plus facilement. Je confirme avoir trouvé Mike Carey très sympathique dans ses interviews.

  • Yuandazhu kun  

    Mais je l’attends moi, Lucifer (mais en VF !) ça fait déjà 3 bonnes années…patience est mère de toutes les vertus…

    • Bruce lit  

      Lucifer : la série TV : il y a quelque chose à en dire ?

  • Bruce lit  

    « Le lecteur a l’impression que le récit change de direction à chaque épisode »
    Ahem…
    Bon je me suis accroché, j’ai lu les douze premiers épisodes….Et je suis quasiment certain d’en rester là…
    Moi je veux bien que le sous texte soit passionnant (encore que) et politique. mais pour cela, il faut quand même être happé par l’histoire principale. Ce qui est loin d’être le cas.
    D’abord sur le style, c’est un peu plat, les personnages n’ont pas grandes épaisseurs et ça change effectivement de tonalité à CHAQUE épisode.
    Pour tout dire, je m’attendais à…plus original ! Là j’ai l’impression de lire un spinoff de Sandman mâtiné d’un zeste de Fables et Hellblazer.
    Les épisodes sur Kipling et Roland sont assommants, comme la plupart des flashbacks en début d’épisodes (et vous savez que depuis Y The Last Man, ce procédé me gonfle au plus haut point) qui ne servent pas à grand chose. L’histoire de ce Harry Potter n’a d’ailleurs rien de passionnant…

    • Présence  

      Si même la mise en perspective du détournement du livre Le Juif Süss de Lion Feuchtwanger n’a pas capté ton intérêt, effectivement, il est à craindre que la suite n’y arrive pas plus.

  • Bruce lit  

    Oui, je l’ai lu aussi, mais le coeur n’y était plus…
    J’apprécie l’humilité de l’écriture de Carey. Il y a des références mais elles n’arrivent pas comme un cheveu inexistant de Morrison sur la soupe…
    C’est juste, que l’histoire fictive de ce Harry Potter ne me parle pas, ni de son avatar réél. Tu prends le chapitre avec le club de lecture Frankenstein et tu te rends compte que ça ne va nulle part, que ça n’a aucun intérêt autre que de faire coffrer le héros, bien loin de l’ironie mordante d’un Gaiman pendant son congrès de tueur en série qui proposait aussi une histoire dans l’histoire pouvant même être totalement extrait de Sandman.
    J’en avais tellement entendu parler de ce Unwritten que j’en attendais sans doute bcp trop.
    Ajoutons que le dessin de Gross et les couleurs (volontairement) fades à la P. Craig.Russel ne m’ont pas branché non plus.
    Et puis, les BD avec semblant d’illustration de roman et de page web ont tendance à me faire sortir du récit et m’agacer (vers la fin de SIP je les zappais systématiquement) .

    Sorry !

  • Présence  

    Le club de lecture Frankenstein – Mon ressenti fut à l’opposé du tien : Mike Carey commence à mettre à nu les liens de causes à effet entre la réalité et la fiction, en mettant également en évidence que ces liens sont à double sens.

    Les passages en mode conte illustré ou page web : Mike Carey utilise les différentes formes que prend l’écriture pour unifier le fonds de fiction qui les sous-tend. C’est avec Valley Forge Valley Forge que je me suis réconcilié avec l’utilisation de pages de texte dans un comics ou une BD.

    L’humilité de l’écriture de Carey : sentiment que je partage à 100%.

    • Jyrille  

      Je rejoins assez Présence. même si je peux comprendre ton ressenti Bruce. J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans (surtout à cause de la trop grande filiation avec Harry Potter) mais lus à la suite, les numéros forment une aventure trépidante formellement originale. Dans Sandman, je me souviens bien avoir eu énormément de mal à passer l’épisode avec Shakespeare, bien plus que dans The Unwritten.

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