L’Enfance De l’Art (Tintin au Congo et en Amérique)

Tintin au Congo + Tintin en Amérique, par Hergé

Par : TORNADO

VF: Casterman, Editionsmoulinsart

Toute mon enfance !

Toute mon enfance !

Tintin au Congo et Tintin en Amérique forment, comme souvent avec les aventures du jeune reporter à houppette, un dyptique dont les événements se suivent et forment plus ou moins un tout cohérent. Mon commentaire portera ainsi sur les deux albums.

Hergé commence à raconter les aventures de Tintin Au Congo en 1930 et poursuit le périple de son héros en Amérique en 1931.
A l’époque, l’auteur en devenir publie son travail dans le Petit Vingtième, le supplément jeunesse du journal belge le Vingtième Siècle dirigé par son rédacteur en chef omnipotent : L’abbé Wallez, un bonhomme à la forte personnalité politiquement engagé, manifestement d’extrême droite, ultra-catholique, ultranationaliste, anti-communiste et, au final, plutôt fasciste puisqu’il expose fièrement un portrait de Mussolini au dessus de son bureau…

L’abbé Wallez et son protégé. Chantons ensemble : Les joliiies coloniiies de vacaaanceees…

L’abbé Wallez et son protégé. Chantons ensemble : Les joliiies coloniiies de vacaaanceees…

C’est sous l’impulsion de Messire l’abbé qu’Hergé envoie son héros, fraîchement créé, en Russie bolchevique lors de sa première aventure (Tintin au Pays des Soviets). Et c’est encore sous cette même emprise qu’il le fait voyager au Congo, principale colonie de la grande Belgique impériale pour les besoins de sa deuxième expédition. On apprendra plus tard qu’Hergé n’était pas bien motivé par ces directives, et qu’il rêvait, depuis un moment, d’explorer l’Amérique par fiction interposée.
Mais en 1930, l’abbé Wallez tient absolument à ce que le succès de Tintin mette en valeur les vertus du colonialisme car, au même moment, une grande pénurie de main d’œuvre se fait ressentir dans la lointaine Afrique dont les richesses et les ressources sont une manne pour la patrie Belge. Tintin au Congo est donc bel et bien une pure entreprise publicitaire, pour ne pas dire de propagande, placée sous le vernis étincelant des aventures du jeune reporter au succès sans cesse grandissant.

Les deux principales versions de Tintin au Congo. Li couleur, ou pas li couleur…

Les deux principales versions de Tintin au Congo. Li couleur, ou pas li couleur…

Pour commencer, il faut préciser que cette histoire a été par la suite publiée dans plusieurs éditions différentes et que la version initiale, en noir et blanc, longue de 110 pages, est très différente de celle en couleur, au format standard de 62 pages, que tout le monde connait pour l’avoir lue dans la version définitive.
Lorsqu’Hergé dessine les premières aventures de Tintin dans le Petit Vingtième, c’est sous la forme de strips périodiques. A cette époque, est-il besoin de le rappeler, la bande-dessinée moderne vit ses balbutiements et la notion de « scénario » est encore bien aléatoire. Le héros est ainsi balancé dans moult péripéties au petit bonheur la chance, sans réelle intrigue, Hergé ne sachant pas vraiment ce qu’il raconte au départ, construisant au fur et à mesure un embryon de récit dont chaque épisode constitue un segment additionnel.

 La version corrigée. Mais il y a toujours des fautes !

La version corrigée. Mais il y a toujours des fautes !

A partir de 1945, au lendemain de la seconde guerre mondiale, Hergé prend son essor et commence à publier son travail directement en albums. Il décide alors, sous la couverture de son éditeur, Casterman, de refaire complètement les premières aventures de Tintin dans des versions couleur, en redécoupant les planches pour obtenir une pagination homogène de 62 pages. A cette occasion, l’auteur, qui redessine le tout avec ses collaborateurs (dont un certain E.P. Jacobs), en profite pour apporter moult améliorations à ses premières histoires tout en atténuant les maladresses, notamment au niveau de l’éthique. Renonçant à refaire Tintin Au Pays des Soviets, qu’il trouve trop mauvais, il reprend néanmoins tous ses travaux en noir et blanc à partir de Tintin Au Congo pour les réactualiser, revoyant complètement le découpage et les dialogues. Ainsi, ceux qui trouvent que Tintin Au Congo exhale des relents de colonialisme et de racisme méphitique doivent le savoir : C’était encore pire dans la version initiale !

 Et si on levait un peu le pied sur la publicité coloniale ?

Et si on levait un peu le pied sur la publicité coloniale ?

Aujourd’hui, plus de 85 ans après sa création et plus de 70 ans après sa refonte en couleur, il est impossible de le nier : Tintin Au Congo est une catastrophe ambulante du point de vue du fond et de la forme. Une caricature de l’occident colonial boursouflée d’autosuffisance, arrogante et condescendante jusqu’à la nausée. Mais il faut se replacer dans le contexte de sa genèse : Lorsqu’Hergé écrit et dessine la chose, il n’a que 21 ans et il n’est jamais sorti de sa Belgique natale. Il publie son travail sous l’ascendance de son rédacteur en chef et suit ses directives. Il n’a aucunement conscience de l’ampleur du phénomène et personne encore, dans le monde, ne s’émeut de toutes ces répercutions qui, un jour, ébranleront le monde.
Hergé l’avouera plus tard : Inventer les aventures de Tintin était alors un jeu innocent, incroyablement maladroit et ignorant des réalités. Et si aujourd’hui l’acte parait irresponsable, il était alors seulement le produit d’une imagination juvénile qui ne tarderait pas à s’éveiller à la conscience de ses responsabilités…

Hé !!! Appelez la SPA !

Hé !!! Appelez la SPA !

Pour ma part, bien que je sois un brin choqué par la manière dont l’auteur met en scène les africains (Hergé dira à ce propos : « J’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais et je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : les nègres sont de grands enfants, heureusement pour eux que nous sommes là, etc.… »), et je dis « un brin » parce que j’ai parfaitement conscience du contexte dans lequel tout cela a pris forme, c’est surtout le sort réservé aux animaux que je trouve édifiant ! Certes, les bras m’en tombent quand je vois tous ces africains affublés de grosses lèvres se comporter comme des bambins candides mais, une fois encore, c’est le résultat de l’ignorance dans laquelle vivaient les jeunes européens de l’époque et il n’y a rien de véritablement « méchant ». En revanche, il n’y avait aucune raison pour traiter les animaux ainsi et, relire toutes les scènes où Tintin et Milou trucident éléphants, singes, rhinocéros et autres antilopes avec le sourire aux lèvres me laisse complètement désarmé ! Et voir une telle violence gratuite à l’encontre de ces pauvres créatures m’est décidément insupportable ! Que pouvait-il se passer dans la tête des gens à cette époque pour éprouver tant de plaisir face à ce massacre organisé ???
Le résultat est sans appel : Cette époque colonialiste était une véritable purge obscurantiste, et bien en a pris à Hergé, par la suite, de revoir complètement ses idéaux.

Non mais ça va pas, non ?

Non mais ça va pas, non ?

Ce sera chose faite avec Tintin en Amérique qui, bien que souffrant encore de moult défauts formels (aucun scénario véritable tout au long d’une longue poursuite surréaliste avec une poignée de gangsters), opère un virage étonnant vers une prise de conscience humaniste.
Comme dit plus haut, Hergé bouillonnait tellement du désir d’envoyer son héros aux USA qu’il préparait déjà le terrain dans Tintin Au Congo en incrustant la participation de quelques bandits au service d’Al Capone venus en Afrique pour y faire fructifier leurs intérêts ! Tintin en Amérique démarre ainsi sur les chapeaux de roues en se focalisant sur cette sous-intrigue, qui devient ici l’intrigue principale, comme si l’essentiel était enfin dévoilé, les aventures développées au Congo n’ayant été, en vérité, qu’un prologue à l’histoire proprement dite.

Welcome to Crime America…

Welcome to Crime America…

Bien que l’ensemble souffre encore d’une foultitude de naïvetés, d’une narration antique et d’une mise en scène archaïque (les décors de la grande métropole de Chicago sont réduits à quelques murs et à quelques intérieurs dépouillés), Hergé commence à injecter dans son récit balbutiant d’étonnantes pointes de critique sociale et politique, la scène la plus emblématique demeurant celle où les indiens sont chassés de leur territoire par la force des baïonnettes lorsque l’on y découvre un gisement de pétrole !

and the heart of American dream…

and the heart of American dream…

A moult reprises, Hergé, qui est manifestement entrain de revoir la notion de colonialisme sous un nouvel angle, critique sans ambages une Amérique industrielle et impérialiste du profit et des finances, dont l’envers du décor (la pègre et ses seigneurs du crime) fait partie intégrante de ses constituants fondamentaux et de son état d’esprit lucratif désincarné.
Soit la naissance d’un auteur à l’esprit engagé (22 ans à peine à ce moment-là), qui entame ici son véritable parcours vers un humanisme séminal et absolu.

Et si l’on critiquait la folie de la civilisation industrielle ?

Et si l’on critiquait la folie de la civilisation industrielle ?

Comme beaucoup d’enfants de ma génération, j’ai découvert la bande-dessinée avec Tintin, Astérix et Lucky Luke (et Pif Gadget ). Et je me souviens que ma mère m’offrait régulièrement les albums de Tintin où il y avait des animaux parce que je les adorais ! Tintin Au Congo fut ainsi l’une de mes premières lectures et, du haut des mes sept ou huit ans, je ne voyais rien de ses défauts formels et de ses contre-valeurs. Il n’y avait, à l’époque, que la fascination pour la puissance imaginative de ce jeune auteur qui inventait alors tout un genre, celui de la grande aventure, simple, immaculée et purement divertissante, le tout porté par les adorables dessins de la ligne claire ; la fascination d’un enfant qui lisait la création d’un autre enfant, pur produit de son époque, qui n’avait pas encore pris conscience de ses responsabilités.

C’est aujourd’hui le principal intérêt de cette lecture : Il fallait tout inventer. Hergé l’a fait, et il a su dépasser, petit à petit, ses limites afin de progresser. Et c’est tout à son honneur d’avoir, avec une honnêteté intellectuelle remarquable, préservé les défauts éthiques de ses premières créations (malgré quelques atténuations) en toute connaissance de cause (comme s’il souhait ne pas les oublier) lorsqu’il les a refaites pour les besoins de leur version couleur.
Tintin Au Congo et Tintin en Amérique constituent ainsi une ébauche, maladroite, imparfaite, critiquable, mais essentielle dans la perspective de mettre toute une œuvre sous l’angle de la progression d’un auteur qui, parti de rien, a su opérer un travail sur lui-même, exigent et exclusif, afin d’atteindre une certaine idée de la perfection, formelle, fondamentale et humaniste.

Au fait ! Y a aussi plein d’aventures avec des indiens et des gangsters !

Au fait ! Y a aussi plein d’aventures avec des indiens et des gangsters !

Au rayon des anecdotes et du détail particulier, quelques éléments méritent enfin le détour :
Pour commencer, notons la présence en toute rétro-continuité des Dupondt sur la première vignette de la version couleur de Tintin Au Congo (avec également Hergé et ses collaborateurs qui réclament un autographe à Tintin !). Un petit clin d’œil sympathique pour un duo de personnages très important qui fit, à l’origine, sa première apparition dans Les Cigares du Pharaons en 1932. Ce faisant, Hergé nous adresse un message discret : sachant qu’il fit rapidement évoluer les Dupondt afin qu’ils deviennent un véritable exutoire, endossant (pour soi-disant passer inaperçu) tous les stéréotypes les plus flagrants des pays visités, l’auteur nous confessait alors qu’il y avait un avant et un après cette prise de conscience…

De la rétro-continuité dans les aventures de Tintin…

De la rétro-continuité dans les aventures de Tintin…

Enfin, dans Tintin en Amérique, le héros affronte Al Capone en personne (le gangster étant alors au faite de sa légende). Ce sera la première et la dernière fois dans toute la série qu’un personnage réel intègrera les aventures de Tintin. Par la suite, et bien qu’Hergé s’inspirera à maintes reprises de certaines célébrités, il n’y aura plus jamais autre chose que des purs personnages de fiction. Car l’essentiel est bien là : Tout ceci n’est que fiction imaginaire et pure création de l’esprit. L’un des esprits les plus brillants du XX° siècle…

Le Scarface et son double de papier…

Le Scarface et son double de papier…

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On a pas changé 3/6
Les vertus du Colonialisme, le massacre des animaux congolais, le scénario fourre-tout de Tintin en Amérique : tout est passé au crible de notre spécialiste Tornado qui continue malgré tout de trouver du charme à ces albums.

La BO du jour : On tue beaucoup de bestioles dans Tintin au Congo. Avec un air du tube sud-africain repris par Salvador

74 comments

  • Matt & Maticien  

    Personne n’a trop rebondi sur le fait qu’ Hergé avait fait travaillé Jacobs. Pour moi c’est un scoop!

    • Marti  

      Il a d’ailleurs appris à respecter à la lettre les règles de la ligne clair lorsqu’il bossait sur les albums d’Hergé pour mieux les détourner ensuite ! C’est fou de se dire qu’il existe peut-être quelques pars certaines versions alternatives des albums suivant les assistants qui ont bossé dessus, vivement qu’un jour tout ça tombe dans le domaine public (enfin, je ne sais pas si même les plus jeunes d’entre nous le verront) pour que certaines choses soient présentées au grand public !

      • Tornado  

        L’album de Tintin où Jacobs a le plus bossé est « Le Sceptre d’Ottokar » dans sa version couleur. Il y a quasiment tout redessiné, y compris les superbes décors (et certains personnages ressemblent beaucoup à ceux de Blake & Mortimer). A tel point que Jacobs demandera à ce que son nom figure sur l’album. Cette velléité de reconnaissance marquera hélas la fin de sa collaboration avec Hergé…

        • Matt  

          Parce que Hergé était opposé à ce que le nom de Jacobs apparaisse ? ça me parait raisonnable comme demande quand même s’il a tout redessiné.
          Ah là là c’est dommage ces embrouilles à la con entre auteurs.

  • Bruce lit  

    Nous parlions du politiquement correct à propos de Goldman.
    Et bien le voilà, le politiquement correct; ce n’est pas écrire des chansons humanistes mais ce révisionnisme insupportable qui tendrait à disséquer le moindre pet d’un artiste pour savoir s’il n’a pas participé à la disparition de la couche d’ozone.
    Non, Hergé n’était pas raciste et Tornado l’a assez démontré. Et quand bien même…Ce blog a suffisamment combattu ce crime me semble t’il…Mais le racisme, qui ne l’a pas été une heure dans une vie ? Nous sommes supposés nous comporter de manière exemplaire en permanence. Nous ne sommes pas des héros, si ?
    Prenons le chanteur de Noir Desir : le mec, bien plus que Goldman d’ailleurs, aura passé sa carrière à moraliser la scène musicale autour de l’écologie, les sans papiers, la politique. Et en rentrant chez lui, il défonce sa femme…

    Nous sommes devenus trop responsables, la voilà notre dette par rapport aux générations antérieures. Nous sommes enfants des génocides, du colonialisme et des catastrophes écologiques. Ce faisant, nous avons perdus illusion et innocence et nous voilà en train de déplorer chez les autres notre propre prise de conscience.

    Winston Churchill, Hemingway et Lawrence d’Arabie ont écrit des bouquins mais aussi tué pendant la guerre. Voltaire, Mark Twain n’aimaient pas bcp les juifs. Il faudrait aussi brûler Le Marchand de Venise de Shakespeare puisque le vilain est juif aussi. Quant à Aristote, et Platon, il me semble qu’ils ont légitimer en leur temps l’esclavage.
    STOP !
    Ces gens vivaient dans un autre temps, une autre époque, leur oeuvre est autant le produit de ce qu’ils étaient que de leur époque.
    Au final, nous avons désormais tellement peur de choquer, de blesser, de faire mal que nous construisons la prison l plus impitoyable qui soit : celle de l’esprit.
    Divertir, rire, créer se fait toujours au détriment de quelqu’un ou quelque chose. Le dessin contre Brigitte Macron a été qualifié de sexiste…Ben merde alors…On pense même pas à la tristesse de Tatcher au moment de miss maggie.
    MOi je suis pour me moquer des vieux, des femmes, des enfants, des handicapés, des juifs, des noirs, des blancs, des jaunes, des rouges, des arabes, tout simplement parce qu’ils font partie de ma vie et que je n’ai pas envie de les exclure.
    C’est pour ça que j’aime Balavoine, Desproges, Coluche et…Goldman: de sgens qui portaient haut et fort des valeurs sans cette peur qui nous étrangle au quotidien, cette dissection de la moindre syllabe prononcée.

    Pour en revenir à Hergé, Cyrille, Mattie, vous avez parfaitement le droit de ne pas l’aimer. Je ressens la même chose concernant Led Zepp’ ou le BLues: tout le monde dit que c’est essentiel et moi, ça me braque, et j’aime pas.
    Pourtant Hergé est l’archétype de l’artiste qui a mis toute sa vie dans son oeuvre. Qui a rendu le monde meilleur. Une balise morale et humaine essentielle à la construction de notre civilisation. Imagine t’on ce qu’aurait été notre siècle sans Tintin ou Chaplin ? Chaplin est d’ailleurs décrit par Brando dans ses mémoires comme une ordure finie…

    Tintin est un monument contre lequel certains aiment pisser. Marquer son désaccord, moi j’aime. Mais l’odeur de la pisse n’a rien d’agréable. Lorsque j’y réfléchis, tout dans Tintin est encore frais, actuel, formidable. Bien plus que certains Comics surannés où il faut faire preuve d’indulgence. Ce qui me fait conclure que ce n’est pas Tintin qui a vieilli mais nous….

    • Matt  

      M’enfin…on a dit quelque chose de mal ? Tu as l’air énervé.
      Bon…tu as raison, j’approuve ce que tu dis mais ne nous agaçons pas. Personne n’a dit qu’Hergé était raciste.
      J’ai juste supposé qu’on ne savait pas tout. Mais comme tu le dis, les gens sont aussi le produit de leur époque. J’aime Lovecraft et pourtant quand il parle des noirs, on sent bien la vision raciste de l’époque. Et vous savez quoi ? C’est une personne de couleur qui m’a initié à la lecture de Lovecraft. Parce qu’il est aussi conscient de l’époque à laquelle il a écrit.

      Et puis j’aime bien Tintin, moi. Je dis juste que je ne comprends pas pourquoi je devrais prendre en compte la vie de l’auteur pour critiquer ses BD. Reconnaître la valeur de son parcours, c’est différent de juger ses BD.
      En fait, comme d’hab quand on parle de trucs devenus cultes, il y a la secte des détracteurs et la secte des adorateurs. Voilà. Etre au milieu est impensable. Si je trouve telle BD de Tintin chiante, les uns vont me dire « ouais t’as raison et Hergé c’était qu’un salaud » et les autres « pff t’y connais rien, tu ne sais pas quel géni était Hergé, t’as pas le droit de dire ça sur son boulot »
      ça agace, quoi…

    • Marti  

      Ah je me sens moins seul sur Led Zep’ ! J’aime bien quelques chansons, mais impossible pour moi d’apprécier un album complet, que ce soit un album studio ou un Best Of. Je comprends le monument que cela doit être niveau technique, mais je ne ressens pas grand chose en écoutant et je ne suis pas spécialement touché par la voix du chanteur.

      • Bruce lit  

        +1 Marti….
        Tu as vu le chanteur de Soundgarden est mort !
        Un grand album du grunge : Superunknown. Qui aimai ?

        • Jyrille  

          Je suis tristesse, vraiment. Choqué. Trop jeune. J’ai réécouté leur album de 96 aujourd’hui, Down On The Upside, je te le conseille fortement si tu ne le connais pas. Je dois me ripper Badmotorfinger et retrouver un album solo acoustique du monsieur que je n’ai jamais écouté.

          Led Zep, j’en suis totalement fondu. Moi c’est à Deep Purple que je n’ai jamais accroché malgré les compétences techniques ahurissantes des musiciens.

          • Bruce lit  

            Hum…. Down on the upside…
            L’album typique 90′s avec 4 super chansons d’ouverture, deux moyennes par la suite et remplissage pour un joli final.
            L’album acoustique : Cornell avait perdu un pari avec sa femme Susan Silver (manageuse de Alice in Chains) et signa une belle reprise unplugged de Billie Jean.

          • Jyrille  

            Merci pour les infos ! Je pense surtout que Down on the upside, même s’il n’est pas parfait, sonne par moments trop Led Zep pour toi.

          • Bruce lit  

            C’est pour ça que je l’aime moins. Pas de miracle….
            Je pense aussi que Soundgarden a eu la chance d’avoir Michael Beinhorn pour la production de Superunknown. Lorsque tu écoutes leurs démos, c’est tout simplement effroyable. Je pense que c’est aussi pour ça que j’aime moins leurs autres disques.

          • Tornado  

            N’étant pas fondamentalement grunge, je suis complètement passé à côté de certains groupes de l’époque, Soundgarden en tête.

            Comme Jyrille, je suis complètement Led Zep, et fort peu Deep Purple. Mes albums préférés de Deep Purple sont les trois premiers : les albums psychés avec les reprises des Beatles (si Présence lit ça il va me faire une attaque ! :D ).

          • Marti  

            Soundgarden je connais mal malheureusement, j’ai plus connu Chris Cornell pour ses collaborations avec les membres de RATM sur Audioslave. Va falloir que je complète mes lacunes…

          • Présence  

            @Tornado – Il n’y a que 4 albums studios de Deep Purple que je n’ai pas dans ma discothèque : celui avec Tommy Bolin (Comme taste the band), et les 3 premiers avec Nick Simper & Rod Evans.

            Je n’ai pas fait d’attaque parce que j’avais bien compris que Deep Purple n’est pas ta tasse de thé. Tiens, allez, je vais de ce pas me remettre le dernier.

  • Tornado  

    Punaise, tu m’as mis la larme à l’oeil ! :)

    • Bruce lit  

      Tant mieux, car je me trouve plutôt décousu…

      • Jyrille  

        Je suis totalement d’accord avec ton pavé, notamment cette phrase : « Nous sommes devenus trop responsables, la voilà notre dette par rapport aux générations antérieures. »

        Après, c’est vrai que c’est décousu.

  • Tornado  

    Aucun soucis de mon côté. Ce sont les détracteurs aveugles d’Hergé qui me révulsent, et non le droit de critiquer les albums de Tintin.
    En revanche, la discussion me tient à coeur car je suis personnellement convaincu que certaines oeuvres sont indissociables de leur créateur, les deux formant les deux faces de la même pièce. Et donc je je me jette à corps perdu dans la discussion, qui est passionnante et passionnée ! ;)

    • Bruce lit  

      Oui, mon agressivité s’adresse aussi à ces gens et pas à vous mes amis.

  • Présence  

    100% d’accord avec toi Bruce. C’est crétin d’exiger la perfection de qui que ce soit, artiste comme homme politique, comme collègues ou amis. A ce compte-là, il faudrait qu’un artiste ait atteint la pleine maturité de son art et de sa sensibilité dès ses premières œuvres, avant même d’avoir acquis l’expérience qui vient avec les années.

  • Jyrille  

    Personne n’a lu les deux planches de Stanislas Gros que j’ai posté dans un commentaire précédent ?

    • Présence  

      Si, si , je les ai lues. Je ne suis pas entièrement convaincu par la démonstration. Est-ce que le changement de sexe du personnage met en évidence un sentiment de jalousie lié à une forme d’amour, ou est-ce qu’il change la nature de ce sentiment ? Je pencherais plutôt pour la deuxième interprétation : en plaçant un personnage féminin, l’auteur transforme le sens de la scène, plutôt qu’il n’en révèle une interprétation, mais ça n’est que mon point de vue.

      • Jyrille  

        Merci Présence ! Personnellement je trouve que ça marche très bien. Comme il le dit, il a changé le sexe de Tintin, mais son esprit lui dit que c’est celui du capitaine Haddock et de Tchang qu’il faudrait changer. Maintenant, je n’ai pas assez lu Tintin au Tibet pour voir ces détails très clairement tout le long de la bd, mais cela m’a semblé pertinent.

    • Jyrille  

      Merci, c’est très intéressant, Mattie !

  • Marti  

    Tiens, j’aimerais revenir sur L’oreille cassée, vu que l’album a été évoqué plus haut dans les commentaires. J’avais revu les deux épisodes l’adaptant il y a quelques années et mon Dieu que c’est le foutoir ! Tintin va de péripéties en péripéties en défiant toute logique, le pire étant sans doute le moment où il se retrouve parachuter en gradé des guérilleros d’Alcazar qu’il quitte quasiment immédiatement sans que cela n’est aucune incidence sur la suite du récit (et je passe sur les implications morales que cela suppose sur notre héros). Je pense que plus que jamais cette album illustre les premières aventures où Hergé produit des planches chaque semaine sans savoir exactement où il va, mais je trouve ça assez illisible/irregardable pour un adulte, sauf pour une lecture analytique/critique de l’évolution de l’écriture d’Hergé.

    • Bruce lit  

      C’est un peu la même méthode Bendis non ?
      L’OC reste un album fascinant autour du fétichisme et pour ma part, il a donné naissance à ma passion de l’Amérique du sud et de la forêt amazonienne.

  • Tornado  

    L’article sur L’Oreille Cassée est d’ailleurs bouclé depuis un bon moment et n’attend que le bon plaisir du patron… ;)

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