Sage comme une pochette (Hard-Rock et comic books)

ENCYCLOPEGEEK :Les pochettes de Hard-Rock et comic books

1ère publication le 17/03/17- Mise à jour le 29/07/17

 PRESENCE

 Des musiciens qui vivent leur musique


Des musiciens qui vivent leur musique

En septembre 2016, notre cher éditeur en chef toujours inventif et taquin me suggère un thème inédit pour sortir de ma zone de confort : une histoire des plus grandes pochettes de métal genre Maiden ou Manowar (le groupe qui ne doit jamais être mentionné sur ce site), ayant pour point commun BD et Heroïc Fantasy. C’est sans hésitation que je réponds : Oui chef ! C’est mon côté fayot (et non alcoolique Ndr). Je commence à me plonger dans mes souvenirs visuels de pochettes, dans une recherche d’images, à faire autre chose, puis encore autre chose, puis à me dire que ce lien entre comics et Heroïc Fantasy est un peu limitatif, et puis à faire autre chose, et à n’en faire qu’à ma tête au fur et à mesure que j’accumule des images de pochettes dans un répertoire de travail. Voici donc un choix partial et personnel de pochettes m’évoquant les comics pour des raisons diverses et variées, et au gré de ma propre fantaisie, ainsi qu’une plongée dans le bazar de mes goûts musicaux, passés au prisme déformant des comics (oui, c’est vrai que cette phrase ne veut pas dire grand-chose et est trop longue)(et surtout c’est pas pour ça que je te paye Ndr).

Du coup, il ne s’agit ni d’une évocation chronologique, ni exhaustive. Donc on ne commence pas par la pochette de Cheap Thrills (1968) de Big Brother and the holding Company, pourtant une sorte de BD dessinée par Robert Crumb. On passe quelques années plus tard : en pleine adolescence, alors que je n’écoute que les chansons pop et française à la radio et que je me contente de ce qui passe à la télé et des quelques disques assez sages de mes parents, un copain me prête un album avec une pochette qui raconte une histoire : un barbare à la cape déchiquetée assiste à un spectacle impossible, un arc-en-ciel dans la nuit, attrapé par un poing sortant de l’écume (ils ne savent plus quoi inventer).

La pochette du traumatisme originel

La pochette du traumatisme originel

C’est la découverte d’une musique de sauvages, en tout cas violente, mais aussi virtuose (Ah Ben si ! Ritchie Blackmore quand même). Outre le plaisir ineffable de la musique, l’image un peu naïve colle très bien avec des récits de science-fiction et de fantasy qui sont mes lectures préférées (sans image, des vrais livres) à l’époque. Les paroles ne sont pas incluses dans la pochette du 33 tours (oui, j’ai connu les disques vinyles), à part celle de la chanson Stargazer. Mais mon inconscient associe le thème de la pochette et les couleurs aux chansons pour y fixer une tonalité générale. Des années plus tard, quand j’aurais enfin les paroles sous les yeux (parce que même en écoutant très concentré il ne m’était pas possible de comprendre toutes les paroles, il n’articulait pas toujours très bien le petit lutin Ronnie James Dio), j’ai fini par comprendre que certaines chansons parlent de relations amoureuses, mais pas trop mièvres.

À force d’examiner la pochette dans tous les sens, je finis par repérer et retenir le nom du peintre : Ken Kelly. À l’époque, je regrette qu’il n’illustre pas toutes les pochettes d’album de hard rock, c’est dire si son imagerie stimulait mon imagination. Il me faudra attendre plusieurs années, et de m’avouer que j’aime écouter d’autres choses que du hard rock, pour découvrir que Ken Kelly est un illustrateur renommé qui a réalisé d’autres pochettes à la demande comme certaines de KISS (Destroyer en 1976, ou Love Gun en 1977). Par la suite il deviendra l’illustrateur attitré du groupe qui ne doit jamais être mentionné sur ce site (mais j’ai tous leurs disques).

Ken Kelly

Ken Kelly

Régulièrement des groupes de hard rock vont trouver que l’association entre leur musique et les comics coule de source. Il s’agit finalement de 2 médias populaires, parfois infantiles il est vrai, dont le rapprochement devrait permettre une synergie médiatique. Par exemple, KISS (jamais en retard pour tester un artifice commercial) essaye de coller une bande dessinée sur la pochette de Unmasked (1980), réalisée par Victor Stabin. C’est bien laid, pas très bien raconté, et ça ne m’a jamais poussé à écouter cet album. Les producteurs d’Alice Cooper ont fait appel à Terry Austin pour dessiner la pochette d’un album live bootleg de 1988 Nice guys sleep alone, mais il s’agit en fait de la reprise d’une couverture d’un comics Marvel consacré à ce chanteur.

Dans le même de genre de rapprochement qu’on peut trouver plus opportuniste que réussi, les fans d’AC/DC qui épluchent les livrets de leur CD (car oui, entre-temps l’industrie du disque a évolué, et l’auditeur doit se contenter de petites illustrations) découvrent que les images à l’intérieur de celui de l’album Ballbreaker (1995) sont attribuées à l’éditeur Marvel, sans nommer les dessinateurs. Les signatures ne sont pas facilement déchiffrables, mais il est possible qu’Art Thibert ait réalisé une image ou deux. À nouveau, le résultat est plus laid que provocateur, plus premier degré qu’évocateur, et finalement dessert la représentation imaginaire que peut se faire l’auditeur en écoutant les chansons de l’album.

Kiss unmasked, Alice Cooper (Terry Austin), AC/DC Ballbreaker (Marvel comics)

Kiss unmasked, Alice Cooper (Terry Austin), AC/DC Ballbreaker (Marvel comics)

En hantant les bacs à disque, le lecteur de comics se retrouve parfois nez à nez avec une image tellement associée à un personnage ou à un artiste qu’il tombe sous le charme de l’effet de reconnaissance. Par exemple en 1987, farfouillant dans les rayons de la FNAC, je trouve une pochette d’un artiste que je ne connaissais pas à l’époque avec le Surfeur d’Argent. Aucune mention du nom du superhéros dessus, aucune mention du nom du dessinateur, mais il est reconnaissable immédiatement : John Byrne, sûrement encré par Tom Palmer, selon toute vraisemblance une image tiré à l’identique d’un comics. Est-ce suffisant pour décider d’acheter un disque sur sa pochette ? Peut-être pas sur le moment, mais difficile de se le sortir de l’esprit, et au final, oui un achat que je n’ai jamais regretté. À nouveau l’image de la pochette influe fortement sur la manière dont l’auditeur s’imagine l’état d’esprit de l’artiste lorsqu’il compose ou interprète sa musique. D’ailleurs Joe Satriani récidivera en 1989 avec une chanson intitulée Back to Shalla-Bal, dans l’album Flying in a blue dream, par contre avec une pochette montrant une photographie de l’artiste.

Il arrive donc que certains groupes réussissent à conserver entière l’identité graphique du dessinateur de comics pour une interaction mutuellement bénéfique. En 1998, Greg Capullo réalise quelques visuels pour le groupe Iced Earth, dont la pochette de l’album Something wicked this way come (1998). Il conserve toute l’exagération cinétique de ses planches, ainsi que les codes graphiques des monstres de comics, tout en faisant passer une sauvagerie en phase avec la musique à l’intérieur. En 2006, les fans d’Iron Maiden découvrent la pochette de l’album A matter of life and death, assez sombre, à nouveau avec un esprit comics dans la façon de représenter la guerre avec ces squelettes qui avancent, une image qui raconte une histoire. Il n’est pas évident de reconnaître la patte de l’artiste, mais la pochette intérieure indique qu’il s’agit de Tim Bradstreet, un dessinateur qui a marqué les couvertures de la série Hellblazer et de la série Punisher MAX de Garth Ennis.

John Byrne, Greg Capullo, Tim Bradstreet

John Byrne, Greg Capullo, Tim Bradstreet

D’ailleurs Iron Maiden a utilisé des dessins pour les pochettes d’album dès le début de sa carrière en 1980. À l’époque, les groupes sortaient des albums avec un rythme plus soutenu, parfois un par an, et l’auditeur qui guettait la sortie de leurs albums se demandait bien dans quelle situation allait se retrouver Eddie, la mascotte du groupe. Non seulement il incarne l’esthétique du groupe, mais en plus c’est le même artiste qui a dessiné les pochettes des 8 premiers albums studios, d’Iron Maiden à No prayer for the dying, plus les 2 albums live Maiden Japan et Live after death, sans compter de nombreux singles.

D’album en album, Derek Riggs semblait comme raconter l’histoire d’Eddie, une petite frappe hirsute avec une vilaine maladie de peau sur le premier album, devenu un tueur à la hache pour Killers. Puis Eddie se retrouve aux enfers comme démon manipulé par Satan lui-même, avant de resurgir trépané dans un asile psychiatrique pour Piece of Mind, d’être déifié (peut-être dans sa tête) pour Powerslave, de revenir d’entre les morts pour Live After Death, et de se retrouver dans le futur (Somewhere in time), pour se transcender en une entité spirituelle (Seventh son of a seventh son), puis renaître à nouveau (No payer for the diying) comme le premier superhéros venu. Avec un peu d’imagination, l’auditeur pouvait imaginer les aventures d’Eddie au fil de ses transformations. En outre, le lecteur curieux pouvait détailler chaque illustration pour détecter les clins d’œil à la culture populaire comme une citation d’Howard Philips Lovecraft, une femme nue à la fenêtre, et même la silhouette de Batman, ou le pub préféré du groupe. Pendant 10 ans (de 1980 à 1990), ces images se sont imprimées dans l’inconscient collectif des métalleux, incitant d’autres groupes à créer leur propre mascotte comme Vic Rattlehead pour Megadeth.

Indissociables : Iron Maiden, Eddie & Derek Riggs

Indissociables : Iron Maiden, Eddie & Derek Riggs

Assez régulièrement, l’auditeur tombe devant une pochette où non seulement l’illustration se marie bien avec la musique, mais en plus il se demande si l’artiste n’est pas un fan du musicien ou du groupe. Après avoir lu Lobo de Keith Giffen, Alan Grant & Simon Bisley, on se dit que ce dernier doit apprécier le métal et même vraisemblablement le hard rock. Ce n’est donc pas une grande surprise de le voir dessiner une pochette de Motörhead.

De même l’étrangeté dérangeante des personnages de Charles Burns dans Black Hole correspond aux individus un peu bizarres dans leur tête qu’Iggy Pop évoque dans ses chansons (Brick by brick, 1990). Enfin, même si Peter Bagge me dit en face qu’il n’aime pas la musique de George Thorogood, je ne le croirais pas tellement ses personnages caoutchouteux semblent faire partie de cette jeunesse à qui ses parents intiment d’aller se faire couper les cheveux et de trouver un vrai boulot comme leur grand frère Bob (Haircut, 1993).

Simon Bisley, Charles Burns, Peter Bagge

Simon Bisley, Charles Burns, Peter Bagge

La réalisation de pochettes d’albums n’est donc pas réservée à des illustrateurs de renom, ou à des dessinateurs de comics à la renommée cantonnée aux seuls lecteurs de comics de superhéros. En parcourant les bacs des disquaires, l’auditeur peut avoir la surprise de découvrir de magnifiques illustrations de grands noms de la bande dessinée, sans savoir s’ils entretiennent un goût pour la musique contenue dans la pochette ou non.

Impossible de ne pas remarquer la pochette d’Alex Ross pour Worship music (2011) et For all kings (2016), 2 albums d’Anthax. Encore plus étonnant de retrouver une illustration dantesque de Philippe Druillet sur le deuxième album d’un petit groupe français en 1984 : Métamorphose, de Sortilège. Même si Frank Zappa est un compositeur et un musicien rock hors norme, habitué à proposer des pochettes inventives, allant de la photographie avec effets spéciaux (Freak out, 1966) jusqu’au dessin conceptuel de Roger Price (Ship arriving too late to save a drowning witch, 1982), en passant par des collages (Uncle Meat, 1969), ses auditeurs ne s’attendaient pas à le voir développer une relation amicale avec Tanino Liberatore pour l’album The man from Utopia (1983). Décidément les liens entre les musiciens et les artistes de bande dessinée apparaissent comme inéluctables et organiques.

Alex Ross, Philippe Druillet, Tanino Liberatore

Alex Ross, Philippe Druillet, Tanino Liberatore

Au fil de ces rapprochements, leur incidence cumulative finit par se faire sentir, et mon envie de découverte de nouveaux horizons musicaux (à une époque où internet n’existait pas) se retrouvait parfois guidée par la qualité d’une pochette. C’est parfois de bonne trouvaille (l’étrange dessin de Greg Scott, chargé d’un mysticisme hétéroclite pour la pochette d’ExtraTerrestrial Live de Blue Öyster Cult). C’est parfois des déconvenues quand l’image est trop en décalage avec le contenu musical.

Pour mes oreilles, il est possible de citer les albums de Molly Hatchet, un groupe de rock sudiste. Ils ont eu l’excellente idée de mettre des toiles de Frank Frazetta en couverture de leurs albums, utilisant ainsi la notoriété de cet artiste, pour attirer l’attention sur leurs produits. Hélas, leur musique n’est pas la hauteur de mes attentes ainsi suscitées.

Molly Hatchet (1978), Flirting with disaster (1979)

Molly Hatchet (1978), Flirting with disaster (1979)

Avant de conclure sur les liens unissant comics et musique populaire de nature diverse et variée, je souhaite encore évoquer un artiste à part : Dave McKean. Il a déjà souvent été question de lui sur ce site, que ce soit pour ses collages des couvertures de la série Sandman de Neil Gaiman, pour une aventure hallucinée de Batman Arkham Asylum écrite par Grant Morrison, pour une profession de foi de créateur dans Cages, ou encore pour une flopée de métaphores sur le plaisir sexuel dans Celluloïd. À énoncer ainsi l’éclectisme de ses créations, il semble naturel qu’il ait été tenté par d’autres défis artistiques, y compris les pochettes d’album. Étrangement, il n’est pas toujours facile d’identifier ses travaux au premier coup d’œil car sa maîtrise de nombreuses techniques picturales lui permet de réaliser des œuvres différentes, et il a inspiré de nombreux autres artistes au point que certaines pochettes donnent l’impression d’avoir été réalisées par lui ou son clone.

Sur son site, il est possible de consulter les 86 pochettes qu’il a réalisées pour des groupes d’horizon très divers.  Cet article ne passe donc pas en revue toutes ses pochettes, mais à nouveau une sélection de celles qui m’ont marqué. La première fois que j’ai eu la puce à l’oreille le concernant fut pour The last Temptation (1994). Pour cet album, Alice Cooper avait collaboré avec Marvel Comics pour produire un comics mettant en scène Steven, dessiné par Michael Zulli, et écrit par Neil Gaiman. On peut supposer (gratuitement) que c’est par l’entremise de ce scénariste avec qui il collabore régulièrement qu’il a fini par réaliser la pochette de l’album. Il est possible à nouveau (toujours une supposition gratuite) que la relation entre Gaiman et Tori Amos ait également conduit Dave McKean à réaliser la pochette du single God (1994) de cette artiste. Par contre, le mystère est entier quant à savoir ce qui l’a conduit à réaliser la pochette de Another Sky (2000) du groupe irlandais Altan (world music).

Dave McKean, Dave McKean, Dave McKean

Dave McKean, Dave McKean, Dave McKean

Alors qu’il n’était pas évident d’associer la délicatesse et la sophistication de Dave McKean avec des musiques plus rentre dedans et plus métal, il a bel et bien réalisé des pochettes pour des groupes pas tendres. Là encore l’épluchage des petits caractères dans les livrets de CD permet de s’assurer que c’est bien de lui : le somptueux collage de Metropolis Pt. 2: Scenes from a Memory (1999) de Dream Theater. Il a composé un visage à partir de photographies retouchées, comme s’il s’agit véritablement des souvenirs visuels de l’individu qui compose son propre visage, comme s’il est la somme de ses souvenirs. Il s’avère qu’avant d’avoir donné à voir Tori Amos s’adressant à Dieu par le truchement d’un combiné téléphonique suranné, il avait déjà imaginé une représentation de l’entité suprême pour la pochette de Shades of God (1992) du groupe Paradise Lost. Il a également réalisé 4 pochettes pour le groupe Fear Factory, dont celle d’Obsolete (1998).

Dream Theater, Paradise Lost, Fear Factory

Dream Theater, Paradise Lost, Fear Factory

Mais en fait, mon souvenir le plus marquant de l’apport des images de Dave McKean au monde la musique n’est pas une pochette, et il m’aura fallu plusieurs années avant que je n’apprenne que l’illustration avait été conçue et réalisée par lui. Pensant avoir fait le tour de tout ce que pouvait m’offrir la musique hard rock (impossible de faire mieux que Deep Purple mark II) et pop, j’essayais de me diversifier en écoutant du classique (défi quasi insurmontable par manque de passeur capable me faire découvrir ce vaste océan, mais ça va mieux depuis), je me tournais vers une catégorie en vogue à l’époque : la World Music. Il s’agissait également d’un plongeon dans le grand bain sans idée préconçue, mais aussi sans aucun repère. Je finis par acheter un disque, à nouveau pour la bonne tête de sa pochette : Mustt Mustt, de Nusrat Fateh Ali Khan, une pochette des plus envoûtantes, mais sans aucun rapport avec les comics. Ce fut une révélation.

À l’évidence le monde de la musique recélait encore une abondance sans fin de trésors et d’artistes totalement étrangers à ma culture, mais capable de m’émouvoir, à commencer par ce musicien pakistanais, maître de qawwalî, un style musical soufi. Or ce disque avait été rendu possible et publié par un label très particulier : Real World, fondé par Peter Gabriel. Dans certains CD, l’auditeur pouvait trouver un livret servant de catalogue répertoriant 38 sorties allant de la BO du film La dernière tentation du Christ (1988) composé par Peter Gabriel, à des chants très world, très liés à une région peu visitée, par exemple les chants de gorge joik de Mari Boine Persen est une chanteuse norvégienne d’origine saami (Laponie), une forme de musique ethnique sans compromis. J’ai compulsé ce catalogue à moult reprises pendant des années pour lire et relire les présentations des différents albums et essayer de les trouver dans les rayons de la FNAC, à une époque où Internet n’était pas encore un robinet à musiques.

Une pochette de disque ? Non une porte vers un monde nouveau

Une pochette de disque ? Non une porte vers un monde nouveau

Et la suite ? Je me suis soigné et ça va mieux : je sais qu’il y aura toujours de la musique à découvrir et des belles pochettes à reluquer. J’ai fini par comprendre qu’une belle pochette ne fait pas un bon album, et qu’un bon album peut avoir écoper d’une pochette pourrie. Mais d’écrire cet article m’a conduit à me plonger dans mes souvenirs, à passer en revue quelques pochettes en harmonie parfaite avec leur contenu, à me souvenir de disques achetés sur un coup de tête, pour la pochette d’un illustrateur que je connaissais. Depuis des années, j’écoute un album avec une pochette à l’imagerie exagérée, exubérante, dégoulinante de testostérone et de virilité stéroïdée : Bat out Hell, de Meat Loaf, avec sa pochette sévèrement burnée de maître Richard Corben dont j’avais déjà lu Den première époque.

Pour vanter la diversité des œuvres de Dave McKean, je suis bien sûr allé consulter son site. Dans la page consacrée aux pochettes d’album, il y a plein d’artiste que je ne connais pas, dont un truc qui s’appelle Front Line Assembly. Aujourd’hui par la magie d’internet, je peux savoir dans la seconde ce que c’est que ce groupe et écouter des albums entiers de manière gratuite et légale. Direction immédiate pour youtube pour découvrir cet album Flavour of the week (1997) à la pochette si alléchante. Je me soigne, mais la guérison est encore loin.

Richard Corben, Dave McKean

Richard Corben, Dave McKean

« Comics’n’roll Finale »

Frank Frazetta, Richard Corben, John Byrne, Dave Mc Kean Alex Ross, Charles Burns, Todd Mc Farlanne : ils ont tous illustré une pochette de métal à un moment de leur carrière !
Présence vous raconte le pourquoi de ces flirts scabreux, Iron Maiden included ! Only on Bruce Lit !

La BO du jour
Quand le métal rencontre le papa de Spawn….

63 comments

  • Présence  

    Top 5 des chanteurs de métal, chiche, en gardant à l’esprit qu’il s’agit d’une liste éminemment subjective, et sans ordre particulier.

    - Ronnie James Dio a laissé une empreinte indélébile dans mes oreilles, parce que Rainbow Rising fut mon premier vinyle à moi. Je l’ai suivi pendant toute sa carrière, j’ai été farfouiller pour écouter les albums d’ELF, le groupe dont il faisait partie avant Rainbow. J’ai énormément apprécié son passage chez Black Sabbath et sa carrière solo (à 1 ou 2 albums près).

    - Toujours aussi peu original : Ozzy Osbourne. Dès le début je l’ai trouvé un piètre chanteur sur le plan technique, mais il est impossible d’oublier sa voix. Je n’aime pas tous les albums de Black Sabbath avec lui, par contre j’aime beaucoup sa carrière solo, moins les 2 derniers albums. A nouveau, c’est un individu qui assure le spectacle, plus grand que nature, capable de survivre au ridicule (l’émission de téléréalité The Obsournes), avec une forme d’autodérision plus ou moins voulue.

    - Toujours pas original : Ian Gillan. Je ne l’ai pas suivi dans sa carrière solo, par contre j’ai tous les albums de Deep Purple, Born again de Black Sabbath, l’étonnant duo avec Roger Glover (Accidentally on purpose).

    - Eric Adams du groupe qu’on ne doit pas citer. Sacré puissance vocale, aussi à l’aise dans les chansons rentre dedans que dans les power balad.

    - Dee Snider : grande gueule, très conscient de l’autodérision des chansons de Twisted Sister, ce dont il joue admirablement.

    J’ai choisi plus pour leur chant que pour leurs qualités de compositeur, parce que sinon Alice Cooper figurerait sûrement dans la liste, même sans faire le fayot auprès du chef. :)

    • Bruce lit  

      Osbourne : Ah moi c’est le contraire, je ne le supporte que sur les disques de Black Sabbath. Voix particulière mais piètre showman quand même.
      Gillan : je trouve son chant peu habité. On ne sent pas de grande vie intérieure.

      Je me rends compte avoir confondu hard et metal dans mon impatience de case Mike Patton.
      Par contre je suis surpris que toi l’amateur de hard rock n’ait pas caser Robert Plant dans ta liste ?

      • Jyrille  

        The Osbournes, le show de télé-réalité, était splendide d’humour et de moments improbables. Pour les chanteurs, je n’ai pas assez de connaissances, mais Mike Patton est le plus grand.

      • Présence  

        Robert Plant – Il a déjà été évoqué à plusieurs reprises la question de savoir si l’on est plutôt Rolling Stones ou Beatles. À mon époque la question pouvait être de savoir si l’on était plutôt Led Zeppelin ou Deed Purple. J’étais (quelle surprise !) plutôt Deed Purple. En ce qui concerne Led Zeppelin, il y avait donc ce premier frein, mais aussi des chansons qui n’étaient pas vraiment hard rock, et des paroles absolument incompréhensibles à mes oreilles. Ces facteurs ont contribué à une écoute tardive de Led Zeppelin en ce qui me concerne, alors même que on meilleur ami était un fan de l’album IV qu’il avait été repêcher dans la collection de son père.

        Avec le temps, j’ai appris à apprécier la voix de Robert Plant qui ne m’est pas particulièrement agréable à l’oreille (les goûts et les couleurs). J’apprécie beaucoup plus ses albums solo, à partir de Dreamland (2002), avec un gros faible pour Raising sand avec Alison Krauss.

        • Jyrille  

          Tandis que moi, je n’y arrive pas, Deep Purple. Mais je suis un fan de Led Zep, depuis presque toujours.

  • Patrick 6  

    Ben alors ? Où sont les Musclors annoncés, posant fièrement torse nu pour montrer leurs gros biscotos ? Publicité mensongère oui :))

    J’ai mis beaucoup de temps pour lire ton article tout simplement car j’ai pris la peine d’écouter sur YouTube, au fur et à mesure de la progression de l’article, chacun des groupes que tu as cités ! Car disons-le je suis la preuve que l’équation fan de comics = fan de metal dont il a été question plus haut est tout sauf systématique ;) Je ne connaissais tout simplement pas (ou de nom seulement) les groupes dont tu parlés.

    Quoi que situé dans une autre galaxie musicale (lointaine, très lointaine) je suis cependant amusé que nous ayons eu des démarches finalement assez similaires sur le fond : j’ai parfois acheté des disques uniquement pour/grâce à leur pochette ! (il faut dire qu’en 33 tours c’est esthétiquement du bonheur). Je sais qu’il parait fou à l’époque de la dématérialisation de la musique d’entrer dans un univers musical par le biais du visuel, mais c’est pourtant ce qui s’est passé bien souvent pour les enfants des années 70-80 !
    Après tout avant internet l’approche visuelle était primordiale dans la découverte d’un disque !

    Bref tout ça pour dire que j’ai beaucoup aimé ton article même si j’ai désormais la preuve par 9 que le métal ce n’est vraiment pas pour moi ^^

    Concernant l’illustration de Joe Satriani c’est en effet Byrne et Palmer dans le One shot scénarisé par Stan Lee (et publié en France par Lug en Top BD) -pardon si ça a déjà été dit-

    • Présence  

      Alors là !!!!!!!!!!!! Vous avez droit à mon respect le plus total, monsieur Faivre. Je ne sais pas si je vais oser vous tutoyer après un telle preuve de courage et d’abnégation : avoir tenté de tout écouter. Je m’en veux d’avoir fait un article aussi long et aussi fourni. Ça va mieux depuis ? Tu t’es remis ? :)

      Je ne suis pas entièrement convaincu que l’intersection de nos goûts musicaux soit réellement réduit à l’ensemble vide, mais je pense qu’il ne doit pas y avoir grand chose dedans. Il m’est arrivé à plusieurs reprises d’acheter un album pour la pochette, sans rien connaître du groupe, ça n’a pas été une bonne surprise à chaque fois. Je reste aussi sur ton explication que le groupe ne choisit pas toujours sa pochette, ce qui donne lieu à des associations chez l’auditeur, sans beaucoup de rapport avec l’expression de la créativité du groupe ou de l’artiste.

      Un exemple de pochette qui m’a conduit à un achat compulsif, avec une absence de rapport entre la pochette et la musique :

      http://vinyl-diamonds.com/shop/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/p/1/p1000726.jpg

      J’ai découvert par la suite que ce n’était même pas la pochette originelle de la version anglaise qui ne porte même le même titre d’album, un dessin très moche.

      • Patrick 6  

        Si je m’en suis remis de l’écoute des groupes référencés ? Et bien ma foi oui !
        J’ai même écouté Manowar figure toi :))
        Rainbow n’était pas si mal même s’il sonne ouvertement année 70. Je suppose que ce groupe a été assez influent car un ami aimant le métal me faisait souvent écouter de genre de sonorité (mais en plus actuelle) que nous appelions « Vicomte métal » ^^ Traduisez grandiloquent et un brin ampoulé.
        Kiss a morflé par contre.

        Et en effet ce n’est pas l’ensemble vide au niveau de gouts communs, dans l’article on peut au moins citer Alice cooper, Ac/dc et surtout Motorhead.

        Ce qui marqué la fin de mes achats « à l’aveugle » (si je puis dire) : la 1ére fois où je suis tombé sur un disque de m**** :))

  • Tornado  

    Metal ou hard-rock ?
    Si hard-rock, je citerais tout simplement les chanteurs qui sont sur les albums que je préfère, avec une ou deux exceptions qui ont tout simplement une belle voix :
    Robert Plant (Led Zep)
    Bon Scott (ACDC 1°)
    Ronnie James Dio
    Alice Cooper
    Freddy Mercury
    Roy Harper
    Mark Farner (Grand Funk Railroad)

    • Tornado  

      Je me suis trompé : Ce n’est pas Roy Harper que je voulais mettre, mais Paul Rodgers…

    • Présence  

      Heavy Metal ou Hard Rock, je ne sais pas bien faire la distinction, et elle n’a pas beaucoup d’importance à mes oreilles. En parcourant les rayons de la FNAC, Led Zeppelin est toujours classé dans le rock, jamais dans le hard rock. Deep Purple se trouve soit dans l’un, soit dans l’autre, en fonction du site.

      Queen est toujours dans le rock, jamais dans le hard rock. Sinon, j’aurais également cité Freddy Mercury, un chanteur exceptionnel par sa voix, par son jeu de scène, par son expressivité, par sa classe et son aura.

      Je n’ai jamais entendu ou écouté un album de Roy Harper.

  • Tornado  

    Effectivement, pour moi, Led Zep (oui, je suis plus Led Zep que Deep Purple !), ACDC, ce sont surtout des groupes de rock, au même titre que ZZ Top, par exemple.
    Je me suis gouré avec Roy Harper. Je voulais mettre Paul Rodgers à la place. J’ai confondu car ils ont tous les deux chanté avec Jimmy Page.
    Sinon, je ne supporte pas le death metal et le hard-core, raison pour laquelle je faisais une allusion aux copains de Comixity, qui ont l’air de penser que c’est naturel d’infliger ça aux fans de comics ! :D (et si jamais ils lisent ces lignes, qu’ils sachent que cette petite pique est adressée en toute amitié , sans aucune méchanceté :) !)

    • Présence  

      Pau Rodgers – Mon album préféré où il chante est un album de reprise de blues rock, tirant un peu vers le hard rock : Muddy Waters blues, avec une belle brochette de guitariste (un par morceau) Jeff Beck, David Gilmour, Buddy Guy, Brian May, Steve Miller, Gary Moore, Trevor Rabin, Richie Sambora, Neal Schon, Brian Setzer, Slash.

      https://www.amazon.fr/Muddy-Water-Blues-Paul-Rodgers/dp/B0000630W1/ref=ntt_mus_ep_dpi_1

      De mon écoute régulière de Comixity, je dirais que les goûts musicaux de Steve le porte vers un métal plus extrême que moi.

    • Bruce lit  

      Led Zep : après 20 ans à essayer d’aimer ce groupe, je peux désormais dire que je ne le supporte pas malgré une vingtaine d’essais, quelques soient les albums : je n’aime ni le jeu bourrin de Bonham, ni la voix hypra maniérée de Plant. C’est au dessus de mes forces.
      Paul Rodgers : je ne connais de lui que sa reprise d‘Only Women Bleed .
      Et manque de pot, c’est Glenn Hugues….

      • Bruce lit  

        Alors que j’ai appris à apprécier Claude François avec le temps….

        • Présence  

          Tout est relatif : j’ai toujours trouvé que John Bonham jouait un peu léger pour pouvoir être qualifié de batteur de hard rock. :)

          Mes morceaux préférés de Led Zeppelin, ceux que j’écoute vraiment pour le plaisir, ne sont pas très originaux : Stairway to Heaven, Communication breakdown, Whole lotta love, Black dog, Rock and roll, The battle of evermore, No quarter, Kashmir, Nobody s fault but mine, Achilles last stand. Du coup le best of Remasters est parfait pour moi.

          Qui ne sont pas sur le best of, j’aime bien également Boogie with Stu (de Physical Graffiti), Candy Store rock (de Presence), Gallows Pole (du III), et Moby Dick (pour son solo de batterie dans The song remains the same).

          • Bruce lit  

            Les seuls morceaux que je supporte :
            -Since ive been loving you
            -Kashmir
            et -Babe, Im gonna leave you….
            Autant dire, que mon Best Of de ce groupe majeur ne dure pas plus de 20 minutes….

          • Jyrille  

            Mes Led Zep préférés sont le II, le IV (mes deux premiers, en K7, avec beaucoup de souvenirs à la clé et notamment la personne qui me l’avait faite), Houses of the Holy et Physical Graffiti. Des titres comme Ramble On, The Lemon Song, Dyer Maker, The Rain Song ou Custard Pie font partie de moi, j’aime tout. Le III est super aussi. Je ne connais pas bien les trois derniers (et je compte Coda qui n’est pas un vrai album), mais je crois que seul Presence vaut le coup sur ces trois-là. Mais j’ai du mal avec cet album.

          • Presence  

            Bien sûr que Présence vaut le coup, c’est lui-même (ou moi) qui vous le dit. :)

  • Tornado  

    Oui, je connais bien cet album. Mais je l’ai beaucoup écouté à sa sortie, et plus jamais depuis.

  • Tornado  

    Voilà donc pourquoi je n’arrivais pas à remettre le doigt sur cet article : Il était en gestation ! :D

    • Présence  

      Il es passé par ici, il repassera par là.

      Bruce est un véritable prestidigitateur.

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