Spidey dans la brume (Spidey par Charles Vess)

Spider-man par Charles Vess

Mais qu'est ce que j'fous là moi ?

Mais qu’est ce que j’fous là moi ? ©Marvel Comics

Par  BRUCE LIT

VO : Marvel

VF : Semic

Spider-Man : Esprits de la terre est une histoire complète écrite et dessinée par l’illustre Charles Vess entre 1988 et 1989. Cette histoire intervient dans la continuité classique du héros puisqu’il s’agit du voyage de noces entre Peter et MJ. Toutefois, il n’est pas nécessaire d’avoir une quelconque connaissance du tisseur pour en profiter.

C’est une histoire vénérée par beaucoup de Spider-Fans qui mériterait une réédition digne de ce nom et surtout d’une nouvelle traduction puisque c’est-encore- la mère Coulomb qui officie.
Même si on est loin de ses massacres ultérieurs, ses tournures de phrases laborieuses, son incapacité à simplifier et surtout des expressions impossibles dans la bouche de New-Yorkais (« encaisse, sale cave », « Pas un mot aux Assedic »-dans un pays sans couverture sociale, on croît rêver-) rendent la lecture souvent pénible pour qui rêverait de l’adéquation entre ces images superbes et son texte. Hélas, nous verrons que cette inadéquation n’est pas seulement le fait de l’autre rachtèque (mince, je m’y mets….).

Des spoilers viendront jouer les Highlanders. Si ça ne vous plaît pas, coupez-leur la tête.

Ô lecteur de Semic, entends-tu toi aussi l’appel de la literie au travers de la brume écossaise ? ©Marvel Comics

En plus d’être l’illustrateur préféré de Présence, Charles Vess est un dessinateur de renom, spécialisé dans la fantasy et qui a signé les plus belles pages de Sandman ainsi que les origines de Rose et Briar dans Bone. Il s’agit ici d’une de ses rares incursions dans le Marvel Comics. En postface, Vess explique que lors d’un voyage en Ecosse, celui-ci avait été confronté à la dichotomie entre l’homme de la ville et  celui des highlands. De retour à NY, il rencontre Marie-Jo Duffy de chez Marvel qui lui propose de faire une graphic novel illustrant cette dualité. La tentation est alors trop forte pour Veiss de mettre en scène le héros urbain par excellence : Spider-Man.

Il confie sans détour que l’album nécessitera deux ans de préparation et notamment des étapes de réécriture pour inclure Mary-Jane dans l’histoire. C’est tout à fait notable car notre aimable rouquine joue les potiches et de faire valoir comme jamais  pour emmener Peter en Ecosse. En effet, à la mort d’une parente lointaine (dont on n’avait et n’entendra plus jamais parler par la suite, c’est pas grave, c’est Marvel), MJ apprend qu’elle a hérité d’un château en Ecosse. De cet héritage matériel, bien pratique pour un couple toujours fauché, il ne restera rien au bout de 20 pages. Par contre, il y sera (vaguement) question d’un héritage spirituel puisque Peter et MJ rencontre Mari, une vieille sorcière qui va unir sa magie aux capacités physiques de Peter.

C’est juste magnifique ! ©Marvel Comics

Le jeune couple va loger dans une auberge où MJ se fait passablement allumer tandis que Peter est intrigué par une histoire d’enfant disparu (on dit kidnappé ) et d’un château hanté (par des hologrammes) et maudit depuis des générations (en fait squatté par…le club des damnés ).

Il y a des moments absolument charmants dans cette histoire : la candeur des jeunes mariés encore pleins de fraîcheur de vivre bien avant l’amertume de One More Day; Le contraste entre la beauferie des New-Yorkais de souche qui ne jurent que par Ghostsbusters quand les Écossais leur parlent de maisons hantés; Et l’utilisation de Spider-Man à contre-emploi. Si on se rappelle qu’il était déjà largué lors d’un bref voyage à Paris avant la mort de Gwen Stacy, Vess joue à outrance l’inadaptation de notre héros aux highlands.

Sur la plupart des planches de Vess, notre héros semble sur le qui-vive, son langage corporel trahit son inquiétude, constamment voûté, prêt à bondir. Déjà pas le plus confiant en lui-même en temps ordinaire, Spider-Man est plus angoissé que jamais, recroquevillé, offensif et défensif à la fois. Les Highlands ne lui offrent que peu de surface auxquelles adhérer. Peu d’altitude pour prendre du recul. Pas de cachette pour dissimuler son mal-être. Pas de truands à casquette à vanner pour tromper son angoisse.

La poisse s'exporte en Ecosse

La poisse s’exporte en Ecosse ©Marvel Comics

Celle-ci ne fait que se décupler dans les brumes d’Ecosse sur un continent bercé par la magie et sans la figure paternelle et purement new-yorkaise de Stephen Strange pour le rassurer. Avec sa femme, Peter, à qui Vess donne une apparence assez frustre, forme un couple à peine sorti de l’adolescence inexpérimenté et vulnérable. Une impression que beaucoup ressentent et que certains recherchent lors de leurs voyages. La métaphore-inconsciente- d’une araignée perdue dans un château hanté reste savoureuse. Tout comme les dessins de Vess à peine sortis d’un rêve tellement ils sont merveilleux. L’illustrateur utilise des représentations très travaillées de ses décors écossais du pub au château brumeux en passant par les Highlands, c’est un vrai voyage au pays de l’imaginaire qu’il offre à son lecteur avec une solide documentation en background.

Alors que Mc Farlanne allait triompher avec sa version désarticulée de l’araignée, Vess sait lui donner cette étrange fascination entre la grâce du super-héros et la répulsion que suscite son côté arachnéen.  Sa colorisation confère à cette histoire son aura intemporelle voire légendaire. Et achève d’en faire graphiquement une réussite et le successeur de l’incursion de Spidey dans des sphères adultes.

Et eux aussi, qu'est ce qu'ils foutent là  ?

Et eux, qu’est ce qu’ils foutent là ? ©Marvel Comics

Une réussite graphique cependant atténuée par un scénario plus conventionnel voire confus par moment. Prenons Weapon X, Born Again, God Loves, Man Kills ou Kraven’s Last Hunt : nous tenons là des oeuvres phares des comics des 80′s voire des comics tout court. Le traitement graphique réservé aux personnages y tranche avec la production industrielle des comics. C’est violent, sombre avec des découpages exceptionnels (ceux inégalés de Mazzucchelli) voire extravagant (le choix des couleurs de BWS pour Weapon X).

Pour le scénario, rien à y redire non plus. Avant cette putain d’obsession vile et insultante d’adapter tout ce qui bulle au grand écran, les gamins de l’époque qui tenaient entre les mains la chute de Matt Murdock, les infamies du révérend Stryker ou les souffrances sans fin de Logan, savaient qu’ils détenaient LEUR film. Les moyens techniques pour mettre en scène des super-héros à l’écran étant plus que lamentables, c’était l’imagination qui primait, portée par les plumes inspirées et inespérées de Miller, Claremont ou De Matteis, sans compter celle, suprême, de Moore.

Une baston finale sans aucun intérêt contre un sous Jason Wyngarde

Une baston finale sans aucun intérêt contre un sous Jason Wyngarde et un texte un peu balourd ©Marvel Comics

Or, rien de cela chez Vess. Si la maestria graphique est de mise, le scénario est un peu couillon. Ce qui n’a rien de répréhensible en soi, mais qui contraste avec la maturité affichée du dessin. Vess connaît son Peter Parker : son langage, ses gaffes, sa maladresse mais aussi sa grandeur d’âme.

Là où le bât blesse, c’est qu’avec ce gros effort de mise en ambiance, le contenu est balourd.  Tout au long de l’histoire, plane des menaces invisibles, imperceptibles, angoissantes pour au final….obtenir la même intrigue que le comic-book traditionnel : un vilain aux motivations débiles (« je veux conquérir le monde, ahahaha« ), aux moyens grossiers (je pars à la recherche d’un cristal magique sous la terre puis valider le soutien du club des damnés à NY pour revenir en Ecosse),  des grosses ficelles usées comme la toile de Petey au bout d’une heure (je kidnappe un gamin-parce que….heu….il me faut bien un otage à la fin de l’histoire, bordel !) et des personnages gadgets qui sont là pour aiguiller artificiellement notre héros.

Ben voilà ! Sans les cellules de texte c'est presque bien mieux !

Ben voilà ! Sans les cellules de texte c’est presque bien mieux ! ©Marvel Comics

Quant au vilain, il est si inepte que son nom disparût moins d’une heure après la fin de la lecture de ma mémoire.  Aucune grandeur, aucune superbe, aucune ambiguïté.  Vess nous fait quand même le coup du vilain qui meurt poliment tout seul pour éviter à Spidey de l’exécuter. Spirit of the earth est l’oeuvre d’un dessinateur sûr de son art. Bien moins de sa prose.

Superbe metteur en scène, Charles Vess propose de grands moments avec d’autres aux intentions aussi brumeuses que Nessie.  Un bon moment de comics qui ne dispensera pas un lecteur exigeant d’une sensation de….douche écossaise !

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Jamais réédité depuis les années Semic (ouais, faudra sûrement attendre le film Spidey & Deadpool niquent les Avengers), redécouvrez chez Bruce Lit le Spider-Man de Charles Vess pour une histoire en Écosse.

La BO du jour : Un autre new-yorkais célèbre chanta l’Écosse dès son premier album

45 comments

  • Présence  

    Oui, c’est vrai, Charles Vess est un de mes illustrateurs préférés, et je trouve que tu décris très bien le charme de ses dessins dans ton article. Toutes les illustrations en extérieur que tu as choisies sont d’ailleurs magnifiques. Pour le scénario, je garde la même impression que celle que tu détailles : une intrigue un peu trop enfantine.

    Un petit peu avant (en 1986), il y avait eu dans la gamme Graphic Novel de Marvel, un autre récit sortant de l’ordinaire : Hooky, de Susan K. Putney & Bernie Wrightson, également consacré à Spider-Man.

  • Matt  

    Hum…je suis perplexe.
    Après avoir lu l’article, j’ai la sensation que s’il n’y avait pas Spider-man dedans et que ce n’était pas lié à la continuité (puisque tu relèves comme qualités une adéquation avec ce qu’on connait de Parker), cette histoire n’aurait pas eu droit à plus d’intérêt que de nombreuses BD franco belges de fantasy sans héros connu.
    C’est évidemment très beau visuellement mais bon…d’après ce que tu dis du scénar, je préfère me diriger vers d’autres belles BD.

    Je dis pas ça pour te faire passer pour un gros fanboy (de toutes façons on l’est tous un peu, non ?) mais j’ai juste l’impression que c’est le personnage qui fait vendre là.
    Qui sait ? Si Spider-man s’invitait chez des auteurs de fantasy français comme Civiello, ça les ferait connaître davantage. :roll:

  • Tornado  

    Bon, je vais faire court parce que je pense exactement la même chose : Dessin magnifique, concept très intéressant, mais scénario complètement tarte. Direction bac à solde dans la foulée de la lecture…

  • phil  

    j’ai assez peu de souvenirs de ce GN il me faudrait le relire
    je peux me planter mais je crois bien qu’en plus de réécrire pour mettre MJ dans l’histoire Vess a du en partie redessiner car il me semble me souvenir qu’il avait fait le costume noir
    mais c’est un vague souvenir, je peux mélanger

    • Bruce lit  

      @Phil : je ne saurais te dire, les coulisses éditoriales de Marvel ne me sont pas très connues.
      @Eddy : j’ai trouvé ça à 8€, ce qui est très raisonnable.
      @Matt : allez quoi, une réaction au chapitre Coulomb !
      @Présence et Tornado : d’accord dès le matin, mais pour une fois je me sens plus indulgent que vous !

      • Matt  

        On me cherche ? Désolé, pas assez d’exemples de dialogues pourris dans les scans^^

        Mais sinon je trouve toujours que cette BD donne une impression de coquille vide qui fait parler d’elle parce qu’on a collé un super slip dedans, même si le contexte autour n’a plus rien à voir. Je comprends le plaisir possible avec le joli dessin, mais bon…à quand Spider-man VS Conan ? Spider-man chez Dark Vador.
        Tu râles justement sur l’amour du manga qui s’efface derrière DBZ, ou Star Wars qui nous noie dans ses produits dérivés. On est en plein dedans avec la mode des super slips. Et tu râles aussi sur les films dans l’article alors que ce comics aussi me semble être une pure opération commerciale creuse^^ Oh bien sûr on peut en tirer un certain type de plaisir (comme avec les films en fait) mais bon…il existe surement plein de BD de fantasy meilleures que ça sur le fond avec de bons illustrateurs, mais tu ne les liras sans doute jamais puisque tu n’es pas fan de fantasy et qu’il n’y a pas Spider-man dedans pour susciter ton intérêt, non ?^^

        • Bruce lit  

          L’histoire des comics me fait dire qu’il ne faut jamais dire jamais mais tu as tout à fait raison sur mes limites de lecteur que je m’efforce de corriger. Autant ce que tu cites est très juste sur les opérations commerciales, autant là, je vois ça comme une opportunité (le mot est nuancé) de permettre à un auteur indépendant de faire son Spiderman. Comme Moebius chez le Surfer, Manara chez les Xmen ou Corben pour le Punisher. N’oublions pas Gaiman pour 1602 Même si c’est bien avant, c’est la même démarche que Marvel Knight de mettre une signature prestigieuse sur un héros totémique.

          • Matt  

            Oui mais là tu sembles bien dire que c’est creux, que le scénar est bidon. Je n’ai pas lu 1602 mais il y a moyen que Gaiman dépasse juste le concept simpliste du « tiens si on mettait Spider-man en Écosse ? »
            Je ne suis moi-même pas forcément un fan d’une transposition des super héros dans plein de cadres différents. En général je préfère juste lire des BD différentes pour lesquelles le contexte différent n’est pas juste un artifice, mais malgré ça je pense que certains otherworlds comme Marvel NOIR ou 1602 peuvent permettre des trucs intéressants sur le fond et pas juste pour changer le décor de fond.

        • Eddy Vanleffe  

          La vache Matt, tu es très sévère…

          produit dérivé?

          c’était l’époque où Marvel proposait à ses artistes la possibilité de faire un truc en roue libre sur un format proche du franco-belge.
          Je tente de temps en temps de me faire le maximum de cette collection.
          la premier fut la Mort de captain Marvel, et il en sortit régulièrement.
          les résultats sont variables, mais assurément l’expression d’une certaine liberté artistique vintage.

          • Matt  

            Bah on a chacun notre domaine où on est plus sévère j’imagine^^
            Pour moi je trouve que ça fout en l’air l’intérêt du concept de sortir le héros de son ambiance habituelle si le scénar est une sorte d’aveu comme quoi « ben…on savait pas quoi foutre, on a juste mis Spider-man en Écosse, c’est pas cool ? »
            C’est mieux quand ça a un autre intérêt quoi.

            Un héritage d’un parent qui sort de nulle part ? Un héritage qui disparait après cette même histoire ? Un supporting cast (MJ) inutile ? Une histoire de méchant tout naze ? A la limite il aurait mieux fallu faire un otherworld sans rapport avec la continuité et qui pourrait proposer mieux sur le scénar, quitte à se lâcher en créant un spider-man écossais en rapport avec le lieu où se déroule l’action, j’en sais rien moi^^ Ou juste un récit sans super slip ! Bon ok le but était de mettre un super slip dedans. Bon…eh ben juste un truc mieux, voilà^^
            Moi je me désintéresse complètement des super héros s’ils ne sont pas dans leur univers, ou si le nouvel univers ne développe rien d’intéressant.
            Qu’est-ce qu’un lecteur non-fan de Spidey trouverait dans e récit ? Une mythologie réécrite, un récit explorant l’héritage d’un personnage secondaire (MJ), un constat sur l’inutilité des héros urbains dans un contexte de nature plus sauvage (on pourrait imaginer un Spidey qui ne sert à rien sans immeubles pour se déplacer, et qui est moins efficace qu’un humain avec une bagnole) ?
            Non. Visiblement c’est un récit tout couillon de vilain méchant qui veut dominer le monde.

          • Matt  

            Après je ne reproche pas aux gens d’apprécier le truc hein. Il y a des scénar de « marvel team-up » tout aussi couillons, mais ils ne seront jamais le focus d’un article^^
            Là on en parle parce que c’est beau visuellement alors qu’il existe bien mieux dans des domaines négligés par les fans de Marvel qui pardonnent beaucoup à des récits mineurs dès qu’il y a un super héros dedans.
            Je réagis comme ça justement parce que Bruce parle dans l’article des films qui ne l’intéressent pas et qui n’aime pas la fantasy en général. Je lui fais remarquer qu’il n’aurait jamais laissé sa chance à une BD franco-belge de fantasy sans Spider-man dedans, et qu’il y a un côté commercial à ce comics aussi. C’est tout.
            Après y’a pas de quoi en faire un flan hein. Chacun peut aimer, et je comprends très bien le plaisir visuel d’une BD. J’en ai aussi qui ne volent pas bien haut mais qui sont superbes à regarder.
            Mais là ce comics, je n’y vois pas grand intérêt. A moins d’être amoureux de Vess.

  • Eddy Vanleffe  

    Ce comics est un témoignage souvenir des vacances de l’auteur en Ecosse je crois.
    une sorte de reportage photo avec Spider-Man dedans.

    le scénar n’est pas inoubliable. l’album est donc une sorte de plaisir coupable graphiquement superbe.
    pourvu que ce ne soit pas hors de prix; c’est quand même à posséder.

  • OmacSpyder  

    Cette histoire de « Spiderman en Écosse » donne envie de faire partie du voyage et permet ainsi de changer le décor. Le fond de l’intrigue sert visiblement de prétexte au voyage : un méchant, un otage, le club des damnés au pays des fantômes… Fantomas contre Scotland Yard n’est peut-être pas loin dans nos imaginaires embrumés!
    Mais rien que pour ces très beaux dessins et pour ce passage de l’article :
    « Sur la plupart des planches de Vess, notre héros semble sur le qui-vive, son langage corporel trahit son inquiétude, constamment voûté, prêt à bondir. Déjà pas le plus confiant en lui-même en temps ordinaire, Spider-Man est plus angoissé que jamais, recroquevillé, offensif et défensif à la fois. Les Highlands ne lui offrent que peu de surface auxquelles adhérer. Peu d’altitude pour prendre du recul. Pas de cachette pour dissimuler son mal-être. Pas de truands à casquette à vanner pour tromper son angoisse. »
    je suis content d’avoir ouvert cette page.
    Un contexte exotique pour un autre regard sur le Tisseur, pour montrer notre héros un peu bouleversé, chamboulé, égaré, et voir comment son corps et son esprit y réagissent. Bref, nous portons nos fantômes en nous et nous les libérons sur des terrains qui s’y prêtent… L’enfant en otage ne serait- il pas une version de Peter con- »damné » aux brumes de la culpabilité..?

    • Bruce lit  

      @Omac : malgré la panne OVH du jour qui m’a flingué mon audience matinale (on se croirait dans télématin…), je pense que nous reparlerons bien vite d’enfant intérieur cette semaine. Juste une illusion, à peine une sensation…de douche écossaise.
      @Tornado : avec Présence j’étais bien en mal de définir les couleurs de cet album.

      • OmacSpyder  

        Tu veux dire que je m’auto-tease?! :D
        Nom d’un p’tit William Leymergie!!

  • Tornado  

    Il y a une dominante de couleurs froides et de gris colorés, avec apparemment un parti-pris tri-chrome (trois teintes par planche) et des nuances de tons. Ça donne une atmosphère brumeuse (comme ton titre l’indique) et humide, propre à cette lande écossaise.

  • JP Nguyen  

    Malgré le scénar à la Scooby-Doo, j’aime bien cette histoire. Elle est ultra-bateau mais la patte graphique de Vess est telle qu’elle fait bien voyager et mérite à elle seule le détour. Du coup, ma note serait la même que celle de Bruce.
    Vess avait aussi illustré quelques covers de Spider-Man en costume noir ainsi qu’une back-up story de Spidey vs le Wendigo (pas le gros monstre à fourrure blanche, un autre monstre incarnant le blizzard).

  • Jyrille  

    Je ne connaissais pas du tout cette histoire, et c’est vrai que les scans sont beaux (à part l’avant-dernier, la baston finale, je n’aime pas trop, je ne saurai dire pourquoi. Des personnages avec un encrage trop précis ?) mais tu ne la vends pas très bien, malgré une verve inspirée (« inspirées et inespérées » est chouette, tout comme le paragraphe pointé par Omac). Elle semble tout de même marquante puisqu’on en a fait une figurine…

    Ah tiens, question à JP : pourquoi tes FR commencent toujours par « Go Figure ! » ?

    Et question à Bruce : c’est quoi une rachtèque ?

    La BO, c’est chouette, pas le Dylan que je préfère mais bon. A ce propos, Stanislas Gros a fait une playlist « Reprises de Dylan » sur Deezer : http://www.deezer.com/fr/playlist/3325803022

    • Bruce lit  

      @Jyrille : le Go Figure est ma petite touche au rdv de JP. Je trouvais que c’était sympa d’avoir une phrase Hey, ho lets’ go avant de commencer. C’est un jeu de mot jouant sur le sens Go, allons y avec les Figure et l’expression Go Figure qui veut dire Allez Comprendre.
      Je suis peut être un peu sévère avec cette histoire. Le fait qu’elle soit signée par un géant de l’illustration m’a sûrement rendu plus exigeant que si cela avait été un tacheron lambda.

      Rachtèque est un mot utilisé par Coulomb en terme argotique de Rachitique. En gros, quand une personnage est baraqué, il n’est pas rachtèque.

      Dylan : je vais écouter cette playlist avec plaisir. J’aime beaucoup ce premier album de Dylan. Ce n’est évidemment pas aussi abouti que ce qu’il commettra par la suite, mais il y a un sentiment d’urgence et de fraîcheur que j’adore. Je suis loin d’avoir fait le tour de sa disco mais c’est un artiste que j’aime beaucoup, notamment l’album Desire et le premier disque de Blonde on blonde.

      @Jp : Scobidoo et ses copains drogués….C’est tout à fait ça. Même enfant, je détestais ce show.

  • Patrick 6  

    Pas grand chose à rajouter par rapport à ce que tu as dit; le ramage de l’histoire ne se rapporte définitivement pas au plumage des dessins ! L’intérêt n’est que visuel.
    Cependant l’autre chose qui m’avait dérangé à l’époque de la lecture (je confesse ne pas m’y être replongé depuis…euh… presque 30 ans !! La vache ça donne une sacrée claque !) c’est le coté un brin flashy du costume de spiderman au milieu des décors superbes de l’écosse tout en demie teinte… J’avais trouvé (exactement comme lors de son séjour à Paris) que loin de ses buildings le tisseur a l’air parfaitement ridicule ^^

    • Bruce lit  

      (je confesse ne pas m’y être replongé depuis…euh… presque 30 ans !! La vache ça donne une sacrée claque !)
      And Happy B. Mr P

    • Matt  

      Voilà, il y a ça aussi. ça me fait penser aux récits de Batman qui garde son costume quand il va dans le désert voir Ra’s Al Ghul. Déjà quel intérêt ? Il ne fait peur à personne sous le soleil du désert^^ Il pourrait juste mettre une cagoule s’il a peur qu’on reconnaisse Bruce Wayne. Quant à Spidey, il n’est pas connu. Pourquoi enfiler un costume en Écosse ? On peut dire qu’à New York ça symbolise quelque chose pour les autres héros ou les criminels qui le connaissent, comme un uniforme de police. Mais en Écosse ça sert à que dalle^^
      J’essaie de rationaliser les costumes flashy ? Oui bon ok c’est voué à l’échec. Mais c’est pour ça aussi que les super héros fonctionnent dans leur contexte de mythologie urbaine.

      • Bruce lit  

        Oh pour Peter, c’est pas bien compliqué, le garçon se cache et se sécurise comme il peut. Tu as lu cet épisode des Xmen rencontre l’homme chose et Despair ?
        Ils sont dans les marécages, Despair manque de tuer Scott en le défenestrant. En proie à un choc aussi bien émotionnel que traumatique, le Xman avoue mettre son costume pour se rassurer et être plus à l’aise au combat. Ça ne m’a jamais choqué. J’adore cette séquence au contraire.

        • OmacSpyder  

          Ah oui c’était bon cet épisode!!
          Uncanny X-men 144 dans les Everglades : Scott er Man-Thing face à Despair… Un épisode cauchemardesque avec une visite de la psyché de Cyclope… avec les dessins inquiétants de Brent Anderson!

          • Bruce lit  

            ça y est, je suis nostalgique !

          • OmacSpyder  

            Il faut que je me relise cet épisode!
            Je devrais retrouver ça dans l’intégrale X-men 1981…

          • Eddy Vanleffe  

            Cet épisode m’a vraiment marqué aussi. il y avait une atmosphère très forte d’horreur onirique qui tranchait avec les combat contre un super-vilain. et puis ça commençait cash par un suicide! plus dark, tu meurs!
            La preuve aussi que Claremont, même sans Byrne c’était un mec doué.

          • Bruce lit  

            Et on enchaîne ensuite direct avec une histoire dans le triangle des Bermudes mélange de Jules Verne/Star Wars avec révélation du passé tragique de Magnus. Oui, il y a définitivement un focus à écrire sur ces épisodes.

          • Matt  

            Alors moi j’avais pas pigé d’où sortait cet épisode inutile avec l’homme chose et despair. ça m’avait gonflé.^^ Le principe du méchant du mois ne me plaisait pas spécialement. Scott avait quitté l’équipe et paf il tombe sur un random ennemi dont on entendra plus jamais parler ensuite et il se fait emmerder. Ma foi…
            Par contre j’avais bien aimé le passage sur l’île de Magneto.

          • Eddy Vanleffe  

            la vache, tu as une façon de voir les choses incroyablement cynique…
            D’spayre n’est pas sun méchant random mais un adversaire de l’homme chose et du Docteur strange à l’péoque où Claremont animait ces séries.
            le père Chris adore lier toutes les séries qu’il écrit….
            D’où le squattage de Carole Danvers et d’autres trucs…
            le coup du méchant du mois, je crois qu’on peut pas vraiment accuser les X-Men de l’époque d’obéir servilement à ces contraintes.

          • Matt  

            T’en fais pas des tonnes là quand même ? Incroyablement cynique de trouver inutile un épisode ou des ennemis sans rapport avec les X-men s’invitent pour 20 pages pour emmerder un héros qu’ils ne connaissent pas et disparaitre ? Euh…moi je me suis dit « ok et…ça a servi à quoi ? »
            Je ne connaissais pas ce personnage aussi quand j’ai lu cet épisode, et je ne le connais toujours pas. Effectivement si tu lis tout Marvel, tu te dis peut être « éh cool c’est ce mec de chez Strange, ha ha il fait passer un sale quart d’heure à Scott » mais moi j’ai pas vu ça. Certains trucs fonctionnent si t’es un lecteur assidu je crois.

          • Matt  

            « le coup du méchant du mois, je crois qu’on peut pas vraiment accuser les X-Men de l’époque d’obéir servilement à ces contraintes. »

            Bof…justement je trouve qu’aucune série ne faisait ça en 1981. A part les marvel team-up. En général c’était de histoires sur plusieurs épisodes et qui mettaient en scène des personnages en rapport avec la mythologie de chaque héros (on ne voyait pas débarquer Galactus chez Spider-man pour 1 épisode de 20 pages)
            Claremont le premier ne faisait pas ça, il développait de longues intrigues. J’ai toujours vu cet épisode avec Scott tout seul contre un ennemi obscur qu’il ne connait ni d’Eve ni d’Adam et qui ne reviendra jamais dans la série comme un aparté bizarre qui ne m’intéressait pas.
            Mais bon hein, encore une fois j’ai pas dit qu’il n’y avait rien à en tirer. Juste que moi ça m’est passé à côté.

          • Eddy Vanleffe  

            bien disons que soudainement, j’ai l’impression qu’on parlait des ces dessins animés des 80′s genre Musclor ou les Tortues ninjas et que là je m’insurge… :)

            je précise que je n’ai aucune tendresse nostalgique pour ces dessin animés là…

          • Matt  

            J’aime bien les tortues ninja^^ Au moins ça se prenait pas au sérieux.
            J’ai même écrit un article boudé par tout le monde, donc si tu veux te moquer, vas-y :
            http://www.brucetringale.com/du-dessin-anime-aux-produits-derives-tortues-ninja/

            Mais je ne vois pas trop comment tu fais ce rapprochement. J’ai juste trouvé cet épisode des X-men anecdotique sans y voir un truc psychologique sur un personnage. Peut être que si je le relisais…

          • Eddy Vanleffe  

            C’est vrai que je l’ai mieux compris à la relecture tardive.
            j’ai trouvé l’atmosphère deuil, rapport à la mort très impressionnant.

            Brent Anderson dessine des flammes qui brûlent vraiment…
            mais je suis fou à lier sur les comics de cette époque… c’était mes premiers…

          • Matt  

            Tu sais j’ai quand même tendance à chercher des trucs positifs dans les BD, je ne suis pas un lecteur méprisant. Tu vois j’aime bien certains vieux dessins animés qui m’ont curieusement fait marrer en les revoyant, même si je suis conscient que c’était débile et pour enfants.
            Il peut m’arriver d’être cynique mais ce serait plutôt parce que je vous vois parfois impitoyables envers certaines séries récentes ou BD franco belges et trouver 12000 sens cachés profonds dans certains vieux comics anecdotiques (oups, je parle comme Tornado)
            Alors je râle, comme hier sur une histoire qui a l’air bien tarte et qui n’a que le dessin pour elle. Vous savez quoi ? Il y a plein de BD franco belges qui sont chouettes avec de meilleurs histoires et quand j’en fais un article, je fais un gros bide et j’ai à peine un retour de la team. C’est pas juste !^^

          • Matt  

            Tiens je pense faire un article sur la série en 3 tomes « la dynastie des dragons » par Emmanuel Civiello. On verra si je dépasse les 20 vues des membres de la team^^

          • Eddy Vanleffe  

            Ha Ha!

            je comprends tout à fait ton ressenti.
            tout ça est affaire de ressenti et de capacité à mettre des mots dessus.
            BRUCE LIT m’ a happé quand j’ai lu tous les articles positifs sur MES kiffs personnels. je me suis dit: Ça alors !

            j’ai une prédilection pour une certaine génération de BD et d’auteurs. je ne pense pas trouver des sens cachés (on peut en trouver dans les teste de Rorschach aussi ^^) mais plutôt un rapport à une certaine poésie quand à la façon de parler des choses…

            je ne retrouve pas ça dans le franco-belge moderne… j’en lis à la bibliothèque mais je trouve ça souvent vulgaire, décompressé à outrance et donc pas passionnant ni attachant.
            je ne suis pas fermé et je me force souvent à faire des pas que je ne ferais pas spontanément (je me souviens de ton article sur l’ANKOU).
            j’ai aussi du mal avec la mise en couleur…

            par contre quand John Buscema dessine une danseuse du ventre, j’entends les grelots… les dessins me rentrent directement dans l’ADN sans passer par la case cerveau.

          • Matt  

            On a chacun nos préférences et je comprends et respecte ça, mais ça me fait hallucier de voir ce schisme entre les fans de comics et de BD franco belges (et même mangas tiens)
            Sur bdgest, il y a des tas de sujets avec des gens qui parlent avec amour de BD franco belge mais regardent de haut les comics ou n’y connaissent rien. Ici les gens sont davantage orientés vers les comics (et je ne parle pas juste de la team mais des lecteurs vu que visiblement un article sur du franco belge fait toujours un flop)
            Je sais pas, je pige pas…moi j’aime tout^^ On n’y retrouve pas les mêmes choses certes, mais dans un sens ça vaut mieux. Pourquoi vouloir toujours la même chose, même façon de raconter, etc ? (les comics et leur manie de la voix off omniprésente, euh…et rois de la décompression aussi hein, genre Brubaker et son captain america)

            Présence a même ouvert un blog dédié au franco belge par constat que tout le monde s’en branle ici. Moi ça me rend triste, voilà.

          • Bruce lit  

            Je ne crois pas que tout le monde s’en fiche Matt. Je dirais qu’il y a moins de possibilité de partage sur FB de groupes dédiés à la BD ou au manga. Concernant ce dernier, le volet animé supplante largement la lecture. Si je poste une image de Goku je me tape autant de Like que si je publie une photo de mon chat. Par contre, un article manga fera un bide-relatif-, disons 2 x moins que pour un article comics où les groupes sont pour la plupart plus actifs.
            Je le redis : si vous connaissez des groupes BD/Mangas ou cinema auquel nous pouvons nous affilier, je prends.

          • Eddy Vanleffe  

            on s’exprime de façon parcellaire…
            J’ai un tas de franco-belge et j’adore personnellement les SODA, SEULS, Spoon et White, De capes et de crocs…
            par contre j’ai beaucoup de mal avec les Fantasy FB. je ne sais pas pourquoi d’ailleurs…
            peut-être parce que j’ai du mal à retrouver l’impact des Légendes des contrées oubliées…
            J’aime le FB , j’aime le manga mais le comics est une passion qui écrase tous les autres centres d’intérêts (le folklore par exemple)

          • Matt  

            C’est la mode des super héros que je m’efforce de ne pas laisser m’influencer qui commence à m’influencer quand même^^
            J’en ai marre que dès qu’un super slip apparaisse sur un article, même dans une série Marvel moderne à chier sur un personnage récursivité 50 fois avec une note de 2/5, ça rameute un monde fou quand même^^

            C’est pas à toi ni à tes goûts que je m’en prends hein. C’est juste que si nos articles sur les pires merdes de Bendis ou Soule font un carton, toute BD de toute origine mériterait d’être sous les projecteurs et d’intéresser du monde.^^

          • Matt  

            « récursivité » mouhaha ! Merci le traducteur auto.
            Ressuscité !

          • Eddy Vanleffe  

            la mode…

            oui bien sûr… j en me sens pas concerné en fait j’en lit depuis que j’ai appris à décoder les lettres alors…

            mais c’est vrai qu’un article qui démontera Bendis fera toujours plus de vues qu’un articles sur un truc genre… SILENCE de Comès?

            On aime bien taper sur Bendis, c’est notre côté sale gosse…hihihi…

        • Eddy Vanleffe  

          il y a aussi ce genre de séquence dans un Wolverine qui se passe en guerre d’Espagne, il met son costume pour une raison psychologique, un peu comme un uniforme en fait…

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