Tapes-en quatre !

Focus : Pif Gadget, entre 1978 et 1979

TORNADO SPECIAL ORIGINES

AUTEUR : TORNADO

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Alors, qui l’avait ce gadget ? Moi M’sieur !!!

Première publication le 29/07/16- Mise à jour le 04/08/17

Cet article est complémentaire de celui de Patrick Faivre.

Tandis que l’ami Patrick nous offrait une rétrospective historique et roborative de l’épopée du journal Pif Gadget depuis ses origines jusqu’à son extinction, celui-ci ne fait rien d’autre que d’entrer dans les détails et de raviver quelques souvenirs.
Je vous propose de remonter le temps avec moi jusqu’à la fin des années 1970, plus précisément entre 1978 et 1979, afin de nous replonger dans les pages du magazine culte tel qu’il était à l’époque.

J’espère ainsi vous faire partager quelques unes de mes plus belles expériences de jeunesse en ce qui concerne cette publication aujourd’hui un peu oubliée, pour diverses raisons.
Les lignes qui suivent s’adressent en premier lieu à ceux qui ont connu cette époque et qui, tout comme moi, pourront goûter à la madeleine…

Pif Gadget N°488 : Mon plus beau souvenir !

Pif Gadget N°488 : Mon plus beau souvenir !

Mon principal souvenir, c’est le Pif Gadget 488. Un numéro paru en août 1978 lorsque j’étais encore un petit garçon.
Je l’avais tellement lu que je me souviens avoir fini par le jeter à l’état de lambeaux ! Un geste que j’allais regretter, pendant bien longtemps…
Car ce magazine allait hanter mes souvenirs pendant trois décennies !

Les souvenirs, c’est compliqué. Une ou deux images se greffent dans notre esprit et finissent par s’y diluer sous la forme d’un sentiment de nostalgie persistant autant que diaphane.
Alors on fantasme. On imagine remonter le temps à la recherche du temps perdu et de ce souvenir qui resurgirait tel une madeleine de Proust magique et parfumée…
Souvent, d’ailleurs, il ne vaut mieux pas le retrouver et se contenter de ces images éthérées emprisonnées profondément dans les limbes de notre esprit, car le risque d’être déçu est important. Mais je suis un incurable nostalgique. Et je suis perpétuellement en quête de tout ce qui me ramène dans mon enfance et plus particulièrement dans les années 70. Il me fallait donc retrouver ce magazine !

Pourquoi d’ailleurs m’avait-il tant marqué, ce numéro ?
Je me souviens vaguement que les personnages (Pif, Hercule, Placid & Muzo et toute la clique) semblaient interférer avec le staff de Pif Gadget (dessinateurs, rédacteurs et éditeurs). Les personnages sortaient du cadre de la BD pour interagir directement avec le magazine. Ils influençaient le scénario et les dessins, faisant ressembler leurs avatars à des dessins d’enfant maladroit ! Tout cela m’avait vraiment impressionné. Mais était-ce vraiment ce qu’il s’y passait en dehors de mes souvenirs diffus ?

Et ça commence dès la première page !

Et ça commence dès la première page !

Pour l’essentiel, ce N°488 était spécial, car :
1) C’était un N° 100% comique, sans série réaliste.
2) L’histoire principale de Pif & Hercule, en général disposée au début, se déroulait ponctuellement sur toute la revue et permettait donc des interactions avec les autres séries. De plus, elle était très originale : Les dessinateurs de Pif Gadget étaient censés être en vacances (quoi de plus naturel en aout 1978). Les héros comiques (Pif, Hercule, Pifou, Dicentim, etc.) étaient donc chargés de la rédaction. Mais Hercule avait détruit l’histoire principale de Pif en la remplaçant par une autre ou Pif était un minable et lui un héros !

Bref, un numéro idéal pour les enfants, qui laissait de côté les séries pour les plus grands comme Capitaine Apache, Doc Justice, Loup Noir, ou Taranis, Fils de la Gaulle (parce que quand même, tout le monde adorait Rahan…), en donnant la vedette à tous les personnages rigolos, et avant tout à Pif & Hercule. Et puis en plus, il s’agissait d’un véritable crossover puisque l’on pouvait trouver Pif & Hercule dans une histoire de Dicentim ou de Supermatou, avant que tout ce beau monde ne se retrouve à la rédaction des bureaux de Pif Gadget !

Attention : Hercule a changé le scénario !

Attention : Hercule a changé le scénario !

Comme quoi le principe du crossover fonctionne toujours autant avec les enfants !
Voilà donc pourquoi cette histoire m’avait tellement plu : Elle crossoverisait !
Je me souviens à présent que je me précipitais sur le moindre album de super-héros où il y avait des crossovers, comme Superman & Spiderman (Une Aventure de L’Araignée #14 publié chez Lug en 1982), Le Tournoi des Champions (Un Récit Complet Marvel #3, Lug 1984) et bien entendu le Guerres Secrètes (Spidey #66 à 77, Lug 1985) et sa « partouze » de héros en slip !
C’est comme ça quand on est môme : On est persuadé que plus il y a de héros, meilleure sera l’histoire ! C’est loin d’être le cas avec les récits Marvel précités car, s’ils sont importants d’un point de vue historique, ils sont en réalité très mauvais en eux-mêmes. Mais il faut avouer que cette histoire de crossover chez Pif Gadget sortait nettement du lot et qu’elle avait de la gueule.

Et puis il squatte les pages de Supermatou !

Et puis il squatte les pages de Supermatou !

Je vais maintenant en profiter pour pousser un petit coup de gueule : Est-ce que les histoires de Pif Gadget étaient vraiment bonnes en termes de qualité artistique ? Et bien non, elles ne l’étaient pas toutes, notamment celles destinées aux enfants. Et lorsque je les relis aujourd’hui, je suis bien obligé de reconnaître que tout cela ne volait pas bien haut.

Mais les histoires de super-héros, est-ce qu’elles étaient si bien ? Je trouve qu’elles n’étaient pas bien meilleures. Et même si Stan Lee, Jack Kirby & compagnie et blablabla…

Une chose m’agace un peu quand même : Aujourd’hui, nombreux sont les fans de comics de super-héros qui célèbrent les aventures de Spiderman, des Avengers et autres Batman datant de la même époque que Pif gadget (années 60 à 80, pour faire court) avec lesquels il est impossible de discuter : Ces séries super-héroïques étaient toutes géniales, point. Et peu importe si en réalité elles étaient écrites avec les pieds en développant des récits dont la mise en forme relevait de l’âge mental de ses lecteurs de sept ans. Non, sans aucun discernement et avec une mauvaise foi assez déconcertante, ces fans collectionnent désormais les Intégrales de leurs séries super-héroïques old-school préférées et prétendent qu’il y avait des paraboles sociales, politiques et philosophiques dignes de Platon et Descartes. Disons qu’il y avait effectivement un sous-texte (parabole raciale chez les X-men, par exemple), mais plutôt digne de Patrick Sébastien (bon, allez, j’exagère mais pas tant que ça)…

Pour autant, je ne me verrais pas acheter et encore moins lire des « intégrales des aventures de Pif & Hercule » ou des « intégrales de Dicentim« . Je m’infligerais une sacrée torture à relire ces histoires pour gosses conçues et publiées à la va-comme-je-te-pousse. En revanche, je prends un plaisir infini à ouvrir un vieux Pif Gadget avec la tête de Garcimore en couverture, avec une odeur de vieux papier, avec un intérieur parsemé d’anciennes publicités pour les jouets de mon enfance, avec les Enquêtes de Ludo, le « Journal des jeux », les documentaires animaliers (« Encyclopif » !), les délicieuses planches de Mordillo (à la limite de l’illustration), et bien entendu la présentation aujourd’hui proustienne du fameux gadget…

Une BD dans la BD créée par… Hercule bien sûr !

Une BD dans la BD créée par… Hercule bien sûr !

Et c’est la même chose en ce qui concerne les super-héros : Alors que j’ai immédiatement revendu mes Intégrales Spiderman publiées chez Panini (elles me sont tombées des mains, car relire ces vieilles histoires imprimées sur papier glacé, dans une reliure aseptisée, était pour moi hors contexte !), j’ai gardé certains numéros des Strange, Titans, Nova ou autres RCM de mon enfance. Et lorsque je descends dans ma cave et que j’exhume un vieux numéro des éditions LUG, il y a une certaine magie qui opère. Là, dans cette vieille revue à la couverture magnifique, au papier-journal parsemé de jeux et de fiches dédiées à mes héros de l’époque, il se passe quelque chose, quelque chose qui disparait instantanément dès lors que le contenant disparait aussi…

Mon coup de gueule est en définitive adressé aux fans de comics qui essaient de faire passer les vessies pour des lanternes et qui méprisent par ailleurs les autres bande-dessinées pour enfants de la même époque. Pif ? Qui donc défend encore la chose ? A part entendre que c’était de la propagande coco (prière de relire l’article de Patrick Faivre afin de vérifier comme c’était faux), il ne se passe pas grand-chose pour faire revivre ces petites revues.
On me rétorquera alors que Marvel, c’était Jack Kirby, John Buscema et Gene Colan. Que DC, c’était Neal Adams. Bien sûr ! Ces artistes étaient de grands bonhommes. Leurs dessins, magnifiques. Mais dans les pages de Pif Gadget, il y avait Gotlib, Tabary, Hugo Pratt, André Chéret et Giorgio Cavazzano, ce dernier tendant à être oublié alors qu’il est un immense dessinateur, nous ayant d’ailleurs surtout enchanté dans les pages de Picsou Magazine (on lui doit aussi de nombreuses séries très réussies en Italie, comme Capitaine Rodgers, une sorte de mélange entre Oumpapah et les Tuniques Bleues)..

Ça c’est du crossover !

Ça c’est du crossover !

A ce titre, je repense à la série Supermatou, qui était une délicieuse parodie des comics de super-héros. Evidemment, ces petites histoires à « Raminagroville » (dans lesquelles Supermatou et son chien Robert se mesuraient au vilain bambin Agagax !) ne possédaient pas la puissance évocatrice de ses modèles américains, où Galactus et le Surfer d’argent arrivaient sur Terre pour affronter les 4 Fantastiques sous les crayons de Jack Kirby, ou cette longue série d’épisodes dans lesquels Tony Stark finissait par plier sous l’alcoolisme. En revanche, relire aujourd’hui une histoire de Supermatou par Jean-Claude Poirier permet de remarquer à quel point elle était bien mieux écrite et dialoguée (avec un second degré plein d’esprit !) que les comics old-school !

Alors voilà quoi. Toutes ces petites BDs ne relevaient pas du grand art. C’était de petites publications à destination des enfants pour la plupart, qui fonctionnent désormais essentiellement sur le terrain de la nostalgie et qu’il ne faut pas essayer de mettre, qu’il s’agisse de Spiderman ou de Pif le chien, sur celui de la philosophie…

N’empêche, qu’est-ce que c’était chouette Pif ! Je me souviens particulièrement de ces petites histoires qui commençaient dans la petite maison du héros, alors qu’Hercule vivait dans la cabane sur son arbre qui était dans le jardin. Ils cessaient de se chamailler comme chien et chat au moment de partir à l’aventure, généralement pour combattre Krapulax !
Il y avait une certaine poésie dans la naïveté de ces histoires qui étaient tellement courtes qu’elles exhalaient un parfum quasiment surréaliste !

Outre ce crossover de Pig Gadget 488, je me souviens aussi avec délice de cette histoire intitulée « L’Oiseau Picheboul ». Une petite histoire onirique et malicieuse dans laquelle Pif & Hercule entendent le cri étrange (« Kelperdepec » !) d’un oiseau mythique que les imbéciles ne peuvent pas voir. Durant toute l’histoire, les personnages et leurs lecteurs tenteront d’apercevoir la bête sans succès, jusqu’à ce que le récit se termine sur une note des auteurs qui espèrent que celui qui lit ces lignes ait pu être plus chanceux…

Un crossover qui se poursuit chez Dicentim !

Un crossover qui se poursuit chez Dicentim !

Mais mon histoire préférée, celle qui m’a fait rêver tant et plus, s’intitule « Tiger Khan » (Pif gadget 433). Dans ce conte presque horrifique, Hercule s’endort et rêve qu’il est le roi des chats de gouttières. Mais c’est alors qu’arrive « Tiger Khan », un gigantesque chat tyrannique venu de la lointaine orient, qui s’empresse de mettre la main sur le territoire, non sans infliger une raclée monumentale à notre matou préféré.
Pif va alors tenter d’aider son ami, avec l’objectif de demander conseil à la panthère noire qui habite le cirque du coin. Mis à mal par l’énorme gorille qui règne sur la ménagerie, Pif aura l’idée de monter le primate contre le chat géant, sauvant ainsi la mise au pauvre Hercule…
Une merveilleuse petite histoire pour enfants, écrite et dessinée par Motti, qui s’occupait pleinement de Pif & Hercule à l’époque. Un conte qui évoque parfois l’univers de Dickens, dont l’essentiel de l’action se déroule sur les toits de la ville.

Certes, c’est naïf et gentiment désuet (mais c’est moins balourd que les comics old-school car il n’y a ni bulles de pensées, ni dialogues ampoulés, ni aucune tirade infantile de la part de héros parlant d’eux-mêmes à la troisième personne, na !), sans aucune toile de fond autre que la poésie du récit. Mais pour un enfant de l’époque, c’était carrément jouissif, sans une once de vulgarité racoleuse.

Ça y est, Pif Gadget 488, c’est fini : Les véritables rédacteurs de la revue rentrent de vacances…

Ça y est, Pif Gadget 488, c’est fini : Les véritables rédacteurs de la revue rentrent de vacances…

Cette histoire m’aura tellement fasciné étant gosse que j’ai toujours voulu en écrire un remake et le réaliser sous forme de BD. Pour le moment, ce projet n’a jamais abouti, mais peut-être qu’un jour…
Mon idée était de garder la trame générale du récit tout en l’étoffant en y ajoutant une toile de fond sur les relations entre le réel et l’écriture. Hercule & Pif disparaissaient au profit d’un chat détective et d’un chien écrivain, le premier alimentant par ses aventures le contenu des romans du second ! Le monde des toits devenait alors celui de la fiction, tandis que celui du sol demeurait celui de la réalité !
Le personnage de Tiger Khan y apparaissait sous la forme d’un truand monstrueux. Et je durcissais son aspect horrifique !

Tout ça pour dire que l’on peut trouver dans ses souvenirs d’enfant matière à nourrir sa propre créativité ! Je ne désespère pas, ainsi, d’achever un jour cette histoire, ne serait-ce que pour me faire plaisir à moi-même, comme si une boucle avait été bouclée entre mon enfance et l’âge de ma maturité adulte pourtant teintée de geek-attitude…

 En premier l’original. Ensuite, quelques recherches pour une tentative de remake !

En premier l’original. Ensuite, quelques recherches pour une tentative de remake !

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Evidemment, parmi toutes les histoires de Pif & Hercule, il y avait à boire et à manger et la plupart étaient vraiment anecdotiques.
D’ailleurs, les connaisseurs de l’époque, s’ils voulaient des histoires plus substantielles, se tournaient vers les autres publications dédiées à ces personnages, notamment les Pif Parade Comique qui offraient parfois des récits plus longs dans un format avoisinant celui des bandes dessinées dédiées à Mickey, Donald et Picsou (avec l’alternance des pages couleur et noir et blanc).
Je me souviendrais particulièrement des numéros 8 à 12, avec des histoires comme « Veni Vidi Vickings », « La secte de la Pieuvre Jaune » ou « Le Trésor d’Ipleutoultan », datant de 1979.

Dans ces aventures « king Size » (une soixantaine de pages pour l’histoire vedette), Pif & Hercule y affrontaient Krapulax et faisaient équipe avec leurs amis et savants les professeurs Belpomme et Kifelkloun ! On surfait alors nettement sur les aventures de Picsou et nos héros transfuges de Pif Gadget trouvaient ainsi l’occasion de jouer les Tintin (au rabais quand même) en partant résoudre des mystères à travers le monde.
Puis, certains récits plus courts et plus anciens complétaient le programme, avec de nombreuses histoires de Supermatou, Les Rigolus et les Tristus, Surplouf le Corsaire ou encore Arthur le Fantôme, sans oublier les inévitable Placid & Muzo.

Petite sélection d’aventures ayant bercé notre enfance

Petite sélection d’aventures ayant bercé notre enfance

Et pourtant, la grande vedette des cours de récréation demeurait envers et contre tout le magazine Pif Gadget. Et c’était bien sûr à cause de son gadget !
Tout comme dans les paquets de lessive Bonux ou dans les Kinder Surprise, les gadgets étaient souvent nuls mais on ne s’en lassait pas ! Notamment ceux qui nous permettaient de faire des mauvaises blagues ou bien encore des tours de magie !
Ainsi, un pistolet à eau envoyait son jet d’eau sur le côté afin de surprendre sa cible, tandis qu’une boite mangeait la pièce de cinq francs que la pauvre victime ne parvenait plus à retrouver ! Ces gadgets pour les garnements sont ceux dont je me souviens le mieux, alors qu’il y en avait également d’autres plus éducatifs permettant de faire pousser des plantes exotiques ou de faire éclore des œufs d’artémia !

Étrangement, les gadgets dont je me souviens le plus n’étaient pas dans Pif Gadget, mais plutôt dans le magazine spécialement dédié à Rahan, ou encore dans certains Pif Poche.
Côté Gadget, Rahan c’était la panacée avec son coutelas d’ivoire (en plastique) et son collier à dents de tigre. Il y avait aussi la sarbacane, les pointes de lance en silex (c’est-à-dire en plastique…), le bracelet à têtes de lion, le médaillon et la statuette de Rahan, ainsi que diverses bestioles en caoutchouc (lézard, chauve-souris) ou bien à l’état de squelette (un tricératops), un lance boulette et une longue-vue. Mais mes préférés étaient les pendentifs en forme de squelette, notamment ceux qui s’appelaient la « Main mystérieuse » et « L’Ombre de l’homme », qui me fascinaient et que j’ai sûrement dû me faire voler à un moment. Je suis aujourd’hui désespérément à la recherche de ces deux derniers gadgets et je ne parviens désespérément pas à les dénicher…

Chez Rahan : Le top du top du gadget !

Chez Rahan : Le top du top du gadget !

Un autre souvenir aussi magique que frustrant est lié aux petites figurines aimantées qui étaient fournies avec les « poches », ces petits bouquins carrés (« 100 Jeux/100 gags » !) que l’on emmenait toujours en vacances avec nous ! Une petite dizaine de personnages étaient ainsi livrée avec les bouquins (encore une autre déclinaison des histoires de Pif, Hercule et compagnie !). Je les collectionnais scrupuleusement et amoureusement lorsque j’eu soudain une idée que je pensais lumineuse et qui allait se révéler dramatique et catastrophique : Les aimanter sur le derrière de la 2CV familiale ! J’étais fier comme Artaban en exhibant mes figurines à l’arrière de la bagnole sauf que, dès la première fois que ma mère est venue me chercher à l’école, quelqu’un me les a tout bonnement piqués !
Ce fut le drame… Et je désespère aujourd’hui, tout comme les figurines de Rahan précitées, de pouvoir un jour remettre la main dessus…

Les gadgets aimantés, c’était dans la le Poche !

Les gadgets aimantés, c’était dans la le Poche !

Un autre attrait du magazine Pif Gadget était évidemment dévolu à la diversité de tout ce que l’on pouvait trouver à l’intérieur.
Outre les histoires de nos héros et de celles des héros de nos ainés (les Loup Noir, Fanfan la Tulipe, Amicalement Vôtre et autres Robinsons de la Terre), il y avait aussi tout plein de séries attrayantes, comme le Sylvio de Luguy (le créateur de Percevan, un dessinateur que j’adore !), les désopilants Rigolus et les Tristus, le Léonard de Turk et De Groot, le Concombre Masqué de Mandryka, La Jungle en Folie de Mic Delinx ou encore Horace, le cheval de l’ouest.

Petit florilège des séries de notre enfance…

Petit florilège des séries de notre enfance…

Mais les pages de Pif Gadget, c’était aussi une vitrine ouverte sur le monde qui nous fascinait. Et outre les publicités pour les jouets de nos rêves (Action Joe, Big Jim, Playmobil et même Play-BIG !), on pouvait suivre l’actualité des geeks et contempler les images alléchantes des plus récentes découvertes en matière de dinosaures, de nos séries animées préférées comme Goldorak, de nos émissions phares comme le Muppet Show, ou encore de l’actualité cinématographique, avec en première ligne les contes-rendus de la saga Star Wars ! Et pour moi qui avais été privé de l’épisode IV lors de sa sortie pour cause de punition parentale, ce fut l’une des seules fenêtres ouvertes sur ce monde féérique !

 Une interview de Mark Hamill où l’acteur prétend apprendre à parler le français en lisant Pif Gadget !

Une interview de Mark Hamill où l’acteur prétend apprendre à parler le français en lisant Pif Gadget !

Enfin, pour finir sur le terrain de la diversité, Pif Gadget, en plus des jeux et des documentaires en tout genre, c’était aussi un magazine parrainé par les vedettes du showbiz que tous les enfants adoraient. Et ainsi, tandis que les couvertures affichaient les portraits de Carlos, Garcimore, Stéphane Collaro, Pierre Perret, Rolland Magdane ou Henry Salvador, ces derniers nous faisaient l’honneur de participer directement au magazine en se prêtant au jeu de la présentation du gadget, ou en participant à une action caritative.

Et parallèlement aux gadgets, on pouvait aussi bénéficier de quelques cadeaux supplémentaires, comme la figurine d’un personnage du magazine ou encore la célébrissime, l’irremplaçable, l’inoubliable Main de Pif à quatre doigts (un autocollant avec une ventouse proposé en guise de gadget en 1978 qui eut tellement de succès que l’on en voyait fleurir à travers toute la France ! au point qu’une deuxième version sans ventouse fit son apparition l’année suivante – CF l’article de Patrick), un autocollant que nous affichions fièrement sur la porte de notre chambre, ou bien à l’arrière de la voiture familiale…
Je possède d’ailleurs trois Mains de PIF encore intactes, prêtes à être collées à tout moment ! Et bien oui messieurs dames, génération Pif forever, quoi !

Une vitrine pour les privilégiés !

Une vitrine pour les privilégiés !

Vous vous demandez peut-être comment je fais pour me souvenir de tout cela ? En fait la réponse est dans ce Pif gadget 488 dont je parlais plus haut…

A force de ne pas réussir à rassembler mes souvenirs de manière satisfaisante, j’ai décidé de me transformer en Marcel Proust et de sauter le pas. Et je me suis lancé dans la recherche du temps perdu ! Tout a commencé laborieusement : Je voguais de forum en forum, j’écrivais directement à Vaillant, je posais la question sur les blogs spécialisés. Mais rien n’y faisait. Personne ne connaissait cette fameuse histoire de Pif où les personnages prenaient possession de la rédaction du magazine et interféraient dans le sommaire ! Personne ne voyait de quel numéro je voulais parler, y compris chez les gardiens du temple de Vaillant !

Je me suis alors dédoublé et j’ai achevé ma transformation avec une moitié de Sherlock Holmes : Je me souvenais que je lisais ce magazine un peu avant notre déménagement au cours de l’année 1979. Donc, ce n’était pas un numéro publié après cette année là. Je me souvenais que le magazine en question était en papier glacé. Hors, Pif Gadget a commencé à être imprimé sur papier glacé (et en grand format !) à partir du N° 416 de mars 1977 (ça, pour le coup, ce fut un renseignement relativement facile à obtenir). Il ne me restait plus qu’à me procurer tous les numéros publiés entre mars 1977 et décembre 1979. Soit précisément cent trente cinq numéros, du 416 au 550 (Pif Gadget était un magazine hebdomadaire, avec quelques hors-série). Et je l’ai fait !
Je chinais auprès des bouquinistes, j’écumais les sites internet. J’achetais les magazines par lots au début, puis par numéro unique à la fin, certains avec le gadget encore emballé. Et un jour, au bout d’un an environ, c’est arrivé : J’ai ouvert le colis et, comme d’habitude, j’ai feuilleté délicatement chaque revue (ce jour là, il devait y en avoir six ou sept). C’est alors que je l’ai reconnu ! Ce magazine qui m’avait tellement manqué, ce numéro fétiche de ma jeunesse ! C’était le Pif Gadget 488. Il était là, devant mes yeux qui semblaient ne pas y croire !

Allez ! Tapes-en quatre !

Allez ! Tapes-en quatre !

Parmi cette multitude de magazines que je m’étais procurés, je pouvais ainsi revivre mes souvenirs d’enfance et voyager à travers le temps. Je retrouvais « L’Oiseau Picheboul » et « Tiger Khan », je revivais l’émerveillement de jadis face à ces jouets et ces documentaires animaliers au parfum des années 70. Je pouvais de nouveau essayer de résoudre les énigmes de Ludo, et je tentais même de remonter quelques gadgets avec mon fils !

Bien évidemment, tout cela était du domaine de la seule nostalgie mais, quelque part, Proust avait raison : C’est un véritable voyage, troublant et vertigineux, que nous offrent les couloirs du temps !

Ma collection de Pif Gadget s’élève désormais à près de 150 magazines. Je les ressorts parfois lorsque j’éprouve l’envie de replonger en enfance. La sensation est fugace, elle ne dure qu’un instant. Mais elle est douce et privilégiée.
Toutes ces revues ont rejoint les Pif Poche, les Hit Parade Comique et Les Rois du Rire Poche que j’avais gardés (mais il y a aussi les Strange, Nova, Titans, Super Picsou géant et Mickey Parade !), en compagnie du cultissime La Fabuleuse Histoire de Pif, un recueil format géant entièrement en noir et blanc qui retrace l’épopée d’Arnal, le créateur du personnage en forme de chien marron et jaune ! Le livre est en piteux état, mais impossible de m’en séparer !

Ainsi s’achève le voyage dans le temps. Certaines personnes n’éprouvent aucun intérêt à la chose et, forcément, ne peuvent que mépriser ou au mieux ignorer ces anciennes publications obsolètes.
Ce genre d’entreprise possèdera ainsi toujours ses détracteurs, pour lesquels la seule idée de la nostalgie demeure un acte impie et réactionnaire, pathétique et avilissant. Face au bonheur unique que me procure le ravivement de ces souvenirs, je ne peux que soupçonner chez ces derniers une certaine forme de mauvaise foi, probablement motivée par une difficulté réelle d’actionner les neurones de la mémoire et une frustration vindicative. Bien que j’admire certains artistes comme Aznavour ou Léo Ferré, qui ont toujours hurlé que le passé ne les intéressait pas le moins du monde, et que « seul demain » comptait, je reste convaincu que chaque personne est la somme de ses souvenirs, de ses choix et de son passé, et que la nostalgie nourrit notre existence davantage qu’elle ne provoque de stagnation intellectuelle. Je me perçois personnellement comme l’addition de toutes mes années, celles que j’ai aimées comme les autres. Et ainsi, je tiens à mes souvenirs.
Pas de soucis : m’émerveiller de nouveau devant un mannequin en plastique ou un verre à moutarde ne me fera pas régresser au stade larvaire, mais m’aidera au contraire à me souvenir d’où je viens, et ainsi à mieux comprendre ou je vais…

La bible des fans de Pif !

La bible des fans de Pif !

25 comments

  • Présence  

    Je me souviens bien avoir lu pif Gadget pendant des années, semaine après semaine, mais je serais incapable de dire avec précision quelles années, vraisemblablement un pue avant toi au vu de notre différence d’âge. Concrètement, je n’ai aucun souvenir d’avoir lu ce numéro 488 avec son pistolet à eau à tourelle et avec son crossover, ce qui ne constitue une preuve, ni dans un sens, ni dans l’autre.

    Je n’ai jamais cherché à relire un Pif Gadget ; l’envie n’est tout simplement pas là. Par contre, je me souviens encore des aventures d’Hercule, réalisée par Yannick Hodbert. Relire une intégrale d’Hercule par ce créateur pourrait me tenter, même s’il est à craindre que la qualité des gags ne soit pas à la hauteur de mes souvenirs. Pourquoi pas relire une histoire de Supermatou pour la curiosité (Mince ! Mon amour pour les superhéros trouverait-il une partie de ses origines dans cette série ?).

    A a grande surprise, tu as raison : je garde un souvenir plus net des séries comiques que tu listes comme les Rigolus et les Tristus, le Léonard de Turk et De Groot, le Concombre Masqué de Mandryka, La Jungle en Folie de Mic Delinx ou encore Horace, le cheval de l’ouest. Avec le recul, difficile de croire que le Concombre masqué ait pu débuter dans Pif.

    Moi aussi, j’ai eu une main Pif, que mon père a toujours refusé de coller sur sa voiture.

    Respect pour l’émotion de cet article, et pour le minutieux travail de collectionneur pour retrouver le numéro manquant et marquant !

    • Tornado  

      Désolé pour mon absence ces derniers jours, mais on ne capte pas Internet du fin-fond de la Corrèze !
      Là j’ai fait un effort en demandant à un habitant du coin de me prêter son ordi !

      Les petites histoires de Pif dessinées par Yannick sont systématiquement au dos des 150 magazines que je me suis offerts ! Le dessin est superbe, en général meilleur que la moyenne des histoires que l’on trouve à l’intérieur. Les scénarios sont légers mais sympas. A peu-près comme ceux de Léonard ou La Jungle en Folie.

  • Matt  

    Eh bien quel article !
    Très intéressant tout ça. Pour ma part, c’est un peu trop vieux pour me concerner. Cela dit, il y avait quelques Pif gadget et Pif parade parmi les Strange, Titans, Spirou magazines que mon cousin m’avait laissés. Bon forcément le gadget n’y était plus.
    Par contre c’est amusant mais j’ai un squelette « l’ombre de l’homme » en métal strictement identique à ta photo, mais je l’avais eu dans un magasin de farces et attrapes. C’était un porte clefs. Si tu désespères tant de remettre la main dessus, cherche un porte clefs squelette sur un site comme priceminister, on le trouve^^

    Sinon je te trouve un peu dur dans ton coup de gueule sur les comics old school. On dirait finalement que tu es super sévère avec ces comics à cause des fans qui les mettent sur un piédestal. Et c’est un peu injuste aussi de les juger plus sévèrement à cause de leurs défenseurs. Sans doute qu’eux aussi les défendent pour des raisons nostalgiques.

    Je comprends ton sentiment de nostalgie vis à vis de ces vieilles lectures. Tu dis avoir regretté de t’être débarrassé de ce Pif Gadget. Moi ce que je regrette c’est de m’être débarrassé de gros albums regroupant des journaux de Mickey. Il y a plein d’histoires que j’aurais aimé relire, comme celles avec le fantôme noir (ennemi de Mickey que je trouvais cool), ou les « Super Dingo », sorte de parodie de super slip ou Dingo se changeait en héros en mangeant une arachide…et qui avait un pyjama rouge comme costume. Je ne sais pas du tout si ces histoires ont été rééditées…et je crois que je vais surement me lancer dans des achats comme toi pour en retrouver certaines.

    • Tornado  

      Mon coup de gueule étant un coup de gueule, il est forcément un peu piquant. Il ne s’adresse pas à la majorité des lecteurs de super-héros, mais surtout à ceux qui sont exclusifs, et qui continuent de prétendre que ces lectures sont mieux que les autres, et qu’elles sont du niveau de la grande littérature alors que ce sont la plupart du temps des créations pour gosses mal dégrossies.
      Mais tu as raison : C’est à cause des fans qui mettent ces histoires sur un piédestal que je suis devenu sévère avec ces créations.

      Internet, ça vaut ce que ça vaut, mais sans ça, je n’aurais jamais retrouvé ces souvenirs !

      Encore merci pour le squelette, j’y regarder ! :)

  • JP Nguyen  

    Wow, tes recherches pour Tiger Khan ont du style ! Le gros matou me fait penser à du Angel Medina, avec un trait à la fois cartoon et fin…

    Le passage sur les super-héros est un peu exagéré. Outre un moindre exposition à Pif, ce qui m’avait fait préférer les Picsou puis Marvel, c’était une impression d’univers partagé plus riche, avec des persos récurrents et une certaine continuité.

    Contrairement à toi, je n’ai pas trop de numéro marquant de mon enfance (enfin pas à ce point, car j’en avais lu un paquet, notamment des « Journal de Mickey ») et je serais plus preneur de rééditions des meilleures histoires (comme la Jeunesse de Picsou).
    En tous cas, bravo pour ta chasse au trésor réussie et pour ton article à la nostalgie communicative !

    Et je t’encourage à terminer de tracer la terrible symétrie du Tiger Khan ;-) !

    • Matt  

      Encore faut-il que ces rééditions existent. Je ne suis pas autant attaché au support d’origine que Tornado mais je suis d’accord que les comics old school sont plus joliment réédités dans les anthologies Panini sur papier mat ou les « incontournables » également sur papier mat. Le papier glacé ne fait que renforcer les couleurs basiques et criardes de l’époque.

      J’ai retrouvé sur le net des albums de Mickey que j’avais et que j’ai reconnus grâce aux couvertures. J’ai bien envie de me les procurer.
      Et il y avait les Super Picsou géant aussi avec « l’histoire selon Dingo » que je trouvais super.

    • Tornado  

      Merci ! Ces dessins ont été réalisés il y a déjà pas mal d’années. En ce temps-là je dessinais quotidiennement et mon niveau était autrement meilleur qu’aujourd’hui. Dès que j’aurais de nouveau du temps, je me repencherais sur ce projet et je reprendrai l’horrible symétrie de ce Tiger Khan ;)

  • phil  

    Je repense de temps en temps à ce petit carton dans lequel je rangeais un bon gros paquet de mes Pif et qui a disparu depuis des années
    Merci pour ce bain de jouvence

  • Bruce lit  

    « Est ce que tu viens pour les vacances ? » 4/4
    Pour notre grande finale, Tornado part à la recherche de PIF 488. Un numéro Crossover de toutes les séries de l’époque qui l’aura tant marqué qu’il l’a cherché pendant des années. La nostalgie est bien ce qu’elle était avec le coutelas de Rahan, Placid et Muzo, Garcimore et des tonnes de madeleines pour ce dernier dingodossier.

    La BO du jour: déjà à contre courant, The Kinks excellaient dans les chansons nostalgiques tel ce Village Green, un de leurs nombreux chef d’oeuvre https://www.youtube.com/watch?v=320yV68ab5c

    C’est une très émouvante Tornadospective même pas longue (!) tant le texte est attachant et dont l’universalité rejoint l’expérience individuelle.
    Au delà de PIF, c’est l’expérience de lecture que tu décris ici fort joliment : ce que j’ai aimé, l’aimerai je adulte ? les rituels avant d’y plonger, les formats, les couleurs etc.
    Je suis sûr que la recherche était finalement plus important que le résultat non ?
    Gamin j’écumais chaque semaine les puces de St Ouen à la recherche de Bootlegs de Pink Floyd. Un truc complètement impossible aujourd’hui puisque Internet centralise tout. Et les Bootlegs je ne les écoute jamais…..

    Je ne garde pas un souvenir extra de PIF mis à part Rahan qui me semblait plus adulte que Pif et Placide et Muzo. Tout comme les Picsou ou Mickey que je feuilletais sans grand intérêt. Rien de comparable avec mes Spidey ou Tintin.

    Ce crossover avait l’air rigolo néanmoins. Ca rappelle certains épisodes de Gaston où Franquin invite des stars ou modifie le scénario.
    Je mentirai si je disais que je ne convoitais pas le coutelas de Rahan. jamais eu. Jamais. Et je n’ai aucun souvenir d’autres Gadgets.

    Quant aux idoles de jeunesse Garcimore et compagnie….euh…

    Les rééditions Panini : je trouve la maquette des rééditions silver age particulièrement atroces.

    • Matt  

      C’est quoi la maquette au juste ? Les couvertures ? Ou tout ce qui concerne aussi papier, etc ?
      A la limite les couvertures je m’en fous pas mal…mais le papier mat aurait été bien meilleur. La preuve ces vieux épisodes sont bien plus beaux dans les publications en papier mat de type anthologie « je suis Spider-man, nous sommes les X-men, etc… »
      Ces dernieres années ils ont fait des efforts. Auparavant, non seulement c’était mal traduit (Coulomb), mais on voyait les points de trames degueu et les couleurs étaient très criardes et bavaient. A présent, ça reste du papier glacé mais la qualité d’impression est meilleure. Et Coulomb ne sévit plus. Je l’ai constaté en 2012 sur l’intégrale 1988 (2) des X-men. Les intégrales sorties après sont plus belles, même lorsque le matériel VO n’est pas dispo pour travailler à partir de ça.

      Pas de grand intérêt pour Picsou ? Dommage. Les Don Rosa sont pour moi de chouettes histoires. Même à lire adulte. Je dirais même qu’elles gagnent un niveau de lecture quand on est adulte. Toutes les recherches historiques qu’il faisait sont très intéressantes et nous passaient au dessus gamins. Mais c’est vrai que Don Rosa a débarqué en 1987. Vous n’étiez peut être plus trop gamins à ce moment là.

    • Tornado  

      La recherche était effectivement une merveilleuse expérience, davantage que de relire ces magazines.
      Mais ce que je préfère quand je relis ces magazines, c’est me replonger dans une époque, raison pour laquelle j’apprécie de revoir la trogne de Carlos ou Garcimore, ainsi que les pubs pour Big Jim et Action Joe, ou encore les rubriques diverses et variées.
      De la même manière, j’adore revoir une vieille émission des 70′s comme Le Grand Echiquier ou les trucs de variétés de Marité & Gilbert Carpentier. Il y a peu, j’ai revu un « Champs Elysées » présenté par Drucker de 1980 et, comme c’était une émission qui m’avait marqué quand j’étais gosse (avec des sketches de Michel Lebb et Aldo Macchione, et la présence du groupe Abba), l’effet Madeleine a été immédiat !

  • Matt  

    Ah oui j’ai oublié de t’encourager à poursuivre ta BD. L’article étant assez long, j’avais oublié cet aspect au moment de laisser un commentaire.
    ça pourrait même être sympa de voir ton travail ici. Mais ça c’est si tu en as envie…parce que mettre ça en accès libre sur le net, c’est une question de choix.

    • Bruce lit  

      C’est vrai que tes dessins sont chiadés !

  • Mat & Maticien  

    Superbe article émouvant. Je n’ai pas le même attachement à Pif car je n’avais pas le droit de le lire mais je me retrouve dans les autres publications jeunesse que tu cites. Le we dernier dans un vide grenier, j’ai aperçu un vieux monsieur qui farfouillait dans d’immenses boites remplis de vieux journaux Tintin et manifestement il cherchait un numéro spécial avec une gourmandise d’enfant. Comme à chaque fois, belle écriture.

    • Bruce lit  

      Ce qui me fait penser que Pif avant Internet aura joué un bel ambassadeur et promoteur de la culture geek. Et aura créé une génération de collectionneur non ?

      • Tornado  

        @Bruce : Complètement d’accord. Et pour toutes ces raisons, je pense que ces articles sur Pif, Rahan et d’autres futurs possibles (Mordillo ? Ludo ? Pifou ???) ont leur place sur notre blog bien aimé.

    • Tornado  

      Tu n’avais pas le droit de lire Pif ! Tes parents étaient plus sévères que les miens, qui m’interdisaient pourtant pas mal de choses !
      Merci en tout cas, mais je ne suis pas encore un vieux monsieur ! :)
      N’empêche, c’est émouvant cette capacité, même à un âge avancé, de savoir retrouver son enfance. C’est ce que je cherchais à dire avec l’article.

  • Patrick 6  

    Excellent article ! Tu as choisi le parti pris de l’emotion quand j’avais choisi celui de l’histoirien ! Du coup nos articles se complètent parfaitement !
    En tous cas je suis très impressionné par ta détermination à retrouver ton numéro fétiche ! Waow ! Bien qu’ayant acheté Pif toutes les semaines pendant des années (crise internationale si j’en manquais un) je n’ai pourtant gardé aucun souvenir précis d’un numéro en particulier ! Je me rappelle finalement mieux des gadgets que des numéros en eux même !
    Bon la question que je me pose est, puisque tu as trouvé des numéros sous plastique, as tu résisté à la tentation de monter le gadget ???

    • Tornado  

      Oui, nos articles sont complémentaires, c’était l’idée, et c’est cool !
      Ma détermination a été murement réfléchie. Et puis un jour, à la manière de Proust (toutes proportions abyssales gardées), j’ai décidé de franchir le précipice !

      Je n’ai ouvert aucun magazine contenant un gadget ! Je pensais le faire avec mon fils, mais je leur trouve un aspect « sacralisé » en les laissant intacts ! Et puis j’ai un projet de création artistique dans lequel je pourrais inclure ma collection, littéralement. Quand j’aurais le temps…

      • Patrick 6  

        Bigre ! ,Alors là je dis respect, car même arrivé à l’âge dit adulte il me serait impossible de laisser un pif gadget sous plastique ! Du reste je retrouve le même travers avec la musique si j’achète plusieurs pressages du même vinyle je dois obligatoirement ouvrir les deux ! (Alors que les vrais collectionneurs n’ouvrent JAMAIS leur disque). Ça veut sûrement dire quelque chose.je pense…

        • Tornado  

          Il y en avait deux avec des gadgets comme ça, sans plastique. Ceux-là je les ai montés avec mon fils…

  • Jyrille  

    Haaan Super Matou ! Je l’avais oublié ! J’adorai cette série. Je me demande ce que ça vaut avec mes yeux d’adultes. Bon je dois avouer que je n’ai pas encore lu tout l’article, mais tu fais une introduction nostalgique avec laquelle je suis totalement d’accord. D’ailleurs, l’article précédent de Patrick, je ne l’ai pas encore lu non plus… Pfou. Du retard quoi. Plein.

    Je ne me souviens pas trop de mes années Pif, j’adorai plein de séries et bien sûr le gadget. Par contre je me souviens parfaitement quand j’ai abandonné Pif pour demander à ma mère qu’elle ne me prenne plus que des Spirou (le magazine), qu’elle m’achetait chaque semaine ensuite pendant des années. Je devais avoir 9 ou 10 ans. C’est marrant, le moment est assez marquant. C’est comme lorsque je me suis rendu compte que je n’aimais plus écouter les disques de Phil Collins, vers mes 16 ans : je me souviens très bien lorsque je me suis clairement dit ça, que ça ne m’intéressai plus, qu’il me fallait autre chose.

    Pif c’est clairement pour les moins de dix ans, mais tout comme toi, je regrette de ne pas les avoir gardés.

    A part ça, je viens de lire le Lucky Luke de Mathieu Bonhomme, c’est pas mal du tout. En fait, je ne connais pas assez Lucky Luke pour apprécier l’hommage je pense. Je n’en ai lus que quelques albums, et sans doute pas les plus marquants ou réussis. Cela fait quelques temps que je me dis que je dois me pencher sur cette série. J’ai aussi eu un peu le sentiment que le détournement était un peu bancal, trop sérieux, avec quelques gimmicks assez marrants malgré tout, comme pouvaient le faire les Lucky Luke d »époque. Mais il n’y a que Goscinny pour avoir des trouvailles telle que celle d’appeler les habitants de Nothing Gulch les nothingulchois. Ce mélange des langues et des us et coutumes est irrésistible.

    Allez, je vais lire ton article en entier !

  • Jyrille  

    Et bien j’adore ton article pour plusieurs raisons :

    - je suis totalement d’accord avec ta conclusion
    - je reste admiratif de ta persévérance et j’adorerai voir ta collection
    - tu m’as ranimé des souvenirs que j’avais oublié (le gadget de la main de Rahan, je l’avais ! Nom de Zeus)
    - tu me rappelles les dessins de l’époque, les dessinateurs que je ne connais pas et que j’ai lus
    - tu me rappelles aussi que j’ai acheté un Pif sorti récemment et que je dois le lire : je vais le prendre en vacances aussi.

    Par contre, je n’ai plus rien de tout ça. Je n’avais pas la main (même si ça me dit quelque chose) de Pif, je n’avais pas de petits formats (ou alors un ou deux, mais les magnets ne me disent rien du tout) et surtout, je n’ai que très peu de souvenirs de cette époque où je lisais Pif. Un seul me revient pour le moment : mes parents me demandent de me presser de ranger mon bordel parce que nous devons aller quelque part, je dois rassembler toutes les pièces du gadget que je montais à ce moment là, met un morceau en plastique dans ma bouche pour libérer mes mains, et pressé par mes géniteurs, je ramasse le Pif magazine lui-même qui se trouve au sol : le morceau de plastique s’enfonce dans mon palais, je hurle de douleur. Tout cela finira aux urgences.

    En fait, c’est trop dangereux, Pif !

  • Jyrille  

    Ah et au fait : super titre et j’aime beaucoup tes dessins ! Ce sont plus que des études, c’est plus que du crayonné, c’est déjà du dessin, même si effectivement cela reste sans volonté d’illustration.

  • Tornado  

    Supermatou : C’est pour les gamins, avec un second degré de lecture amusant pour les adultes (parodie de super-héros). C’est soft, sans prétention et plutôt bien foutu (bien que répétitif). C’est le même auteur que pour « Horace, le Cheval de l’ouest ».

    Tu dois lire l’article de Patrick : Indispensable !

    « Pif c’est clairement pour les moins de dix ans » : Tout à fait, comme pour les comics de super-héros old-school ! :D
    Mais c’est le reflet d’une époque, comme pour les… Enfin voilà quoi ^^

    Je n’ai pas adhéré complètement au Lucky Luke de Bonhomme car, comme tu le dis, il y a un parti-pris trop bancal. A force d’apporter un regard plus ou moins naturaliste à cette « mythologie », on la prive de sa dimension romanesque.
    Du coup le scénario devient casse-gueule et le moindre relâchement saute aux yeux.

    Ton souvenir lié à Pif est unique ! C’est tout à fait ce que je recherche dans cet effet Madeleine, tout en souhaitant y trouver surtout des souvenirs sympas plutôt que des souvenirs douloureux (quoique…).

    Merci pour tes retours. Fut un temps où j’étais un vrai dessinateur. Mais je n’ai pas encore dit mon dernier mot ! Attends que mes enfants aient suffisamment grandis pour que je retrouve un peu de temps… :)

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