Un héros mort, et qui le reste (La mort de Captain Marvel)

La mort de Captain Marvel par Jim Starlin

Première publication le 06/11/15- Mise à jour le 21/10/19

Article de PRÉSENCE

VO : Marvel comics

VF : Lug, Panini

D'après la Piéta de Michel-Ange

D’après la Piéta de Michel-Ange

La mort de Captain Marvel est la première Graphic Novel publiée en 1982. Cette histoire fut publiée en France par Lug dans la collection Top BD puis réedité avec des couleurs aux saturations affreuses par les marchands de sandwichs.

Qu’est-ce qu’il a de si important que ça, ce Captain Marvel ? L’univers partagé Marvel voit le jour en 1961, avec le premier épisode des Fantastic Four. Pendant les années suivantes, Stan Lee (avec l’aide de ses équipes) crée un certain nombre de superhéros divers et variés. En 1967, le lecteur voit arriver un dénommé Captain Marvel (Mar-Vell de son vrai nom), un extraterrestre Kree (mais à la peau blanche, alors que le reste de cette race a la peau bleue), créé par Stan Lee et Gene Colan. Il fait sa première apparition dans Marvel Super-Heroes, puis a droit à sa propre série en 1968 écrite par Roy Thomas, à nouveau avec Gene Colan. Il se présente sous la forme d’un bel homme aux cheveux blancs, avec un costume moulant blanc et vert.

Mais il faut croire que cet extraterrestre n’a pas le charisme d’un autre venu de Krypton, car après quelques épisodes, Mar-Vell hérite d’un nouveau costume rouge et bleu, et se voit doté de bracelets appelés Nega-bands qui lui permettent d’échanger de place avec Rick Jones, de la Terre à la zone négative. C’est avec l’arrivée de Jim Starlin en 1973 que Captain Marvel change de couleurs de cheveux (un joli blond), et qu’il acquiert de nouveaux pouvoirs, dont une conscience cosmique. Dans le dernier épisode réalisé par Starlin, il se battait contre Nitro (Robert Hunter), un supercriminel capable de se faire exploser (à l’origine de Civil War, mais c’est une autre histoire).

Un costume vert & blanc

Un costume vert & blanc ©Marvel Comics

Par la suite, ce sont Steve Englehart, puis Doug Moench qui narrent ses aventures, en développant ses liens avec la population du satellite de Titan (un des satellites de Jupiter), Mentor, Eros, et ISAAC. L’édition commentée dans cet article date de 2010. Elle contient l’épisode 34 de la série Captain Marvel (daté de septembre 1974), les épisodes 1 & 2 de Marvel Spotlight (datés de juillet et août 1979), et la première Marvel Graphic Novel intitulée Death of Captain Marvel (avril 1982). Les épisodes ajoutés à la Graphic Novel permettent de comprendre qui sont les différents personnages.

Captain Marvel 34 – (1974, scénario et dessins de Jim Starlin, dialogues de Steve Englehart et encrage de Jack Abel) – Rick Jones et Mar-Vell partagent leur existence sur terre : quand l’un est parmi les humains, l’autre séjourne dans la Zone Négative (celle d’Annihilus). Le combat contre Thanos (détenteur du Cube Comsique) vient de s’achever et il est temps pour Rick Jones de reprendre la route pour lancer sa carrière de chanteur et guitariste. Malheureusement dès la première partie du voyage, il croise un camion détourné par Nitro (c’est sa première apparition), et Captain Marvel doit intervenir.

La conscience cosmique

La conscience cosmique ©Marvel Comics

C’est le dernier épisode de la série écrit et dessiné par Jim Starlin. Il avait commencé comme dessinateur au numéro 25, et était devenu co-scénariste dès l’épisode suivant. Ici, il donne la direction de la série pour après son départ. Starlin a toujours son style de dessins assez détaillés, avec une prédilection pour les visages dessinés en contreplongée de trois quarts. L’encreur est minutieux. Le scénario fait la part belle aux personnages, et au combat. Cet épisode a été inclus du fait de l’importance de la rencontre avec Nitro pour la suite.

Marvel Spotlight 1 & 2 – (1979, scénario de Doug Moench, dessins de Pat Broderick, encrés par Bruce Patterson) – Captain Marvel et Drax font équipe, avec Rick Jones (sorti de la zone négative) et sa copine du moment, pour aller sauver les habitants de Titan, l’un des satellites de Jupiter. Thanos a corrompu ISAAC (l’intelligence artificielle qui gère la machinerie rendant la vie possible sur Titan) qui a décidé d’éradiquer la vie sur le satellite. Il s’ensuit un affrontement difficile au cours duquel Captain Marvel utilise sa conscience cosmique d’une manière originale.

Ces 2 épisodes sont inclus pour expliquer au lecteur ce qu’est Titan, qui sont ses habitants dont Mentor (A’lars), Eros et Elysius (l’intérêt romantique de Mar-Vell). Doug Moench est très bavard dans ses bulles (il décrit ce qui est en train de se passer à l’image), Broderick et Patterson réalisent des dessins minutieux, peut-être un peu surchargés, mais encore tout à fait regardables.

Death Of Captain Marvel – (1982, scénario, dessins et encrage de Jim Starlin, couleurs de Steve Oliff) – Captain Marvel a pris sa retraite sur Titan (lassé d’être un guerrier). Il est en train d’enregistrer ses mémoires. Il accompagne Mentor qui veut récupérer le corps de son fils Thanos dans une arche spatiale abandonnée. Une escarmouche s’en suit au cours de laquelle l’attitude de Captain Marvel montre qu’il est malade. De retour sur Titan, Mentor charge ISAAC de lui faire un check-up. Le diagnostic, un cancer, le condamne à l’échéance de quelques mois, les superhéros vont se mobiliser pour tenter de le sauver.

Il est temps pour moi d'écrire mes mémoires

Il est temps pour moi d’écrire mes mémoires ©Marvel Comics

En 1982, Marvel souhaite lancer un nouveau format de comics, équivalent à nos albums français mais avec couverture souple. Starlin ouvre le bal avec la mort d’un héros, mais sans supercriminel. Ce créateur a su créer sa niche chez Marvel et il a laissé des personnages qui ont connu une belle carrière avec ou sans lui. Par exemple, il a créé Thanos qui est arrivé dans les pages d’Iron Man, puis il est très vite passé dans les pages de Captain Marvel, et destiné à une belle carrière dans Infinity Gauntlet (et suivants), puis au cinéma contre les Avengers. Ensuite Starlin s’est emparé d’un personnage encore plus obscur pour une odyssée spatiale entrelacée de philosophie (Adam Warlock). Et le voici qui vient mettre un terme à la carrière de Mar-Vell qui en 2015 n’a toujours pas été ressuscité (une exception dans le monde des comics).

Pour un lecteur familier de cette histoire, il est difficile de prendre le recul nécessaire pour apprécier l’audace du scénariste. Contrairement à l’attente des lecteurs, Captain Marvel ne se jette pas à corps perdu dans une ultime bataille, contre un ennemi le surclassant de plusieurs niveaux. Il ne sauve pas des milliards de vie une fois encore. Il se bat contre la maladie.

Starlin construit son scénario en passant par les différentes étapes liées à la découverte d’une maladie mortelle : prise de conscience, refus plus ou moins marqué, marchandage, légère déprime (pour Mar-Vell) ou dépression (pour certains de ses amis) et acceptation (les 5 étapes théorisées par Elizabeth Kübler-Ross). Il présente les réactions de Mar-vell et celles de ses proches, passant avec plus ou moins d’acuité par ces 5 stades. Il est vraisemblable que l’auteur se soit inspiré de son propre travail de deuil pour montrer la consternation régnant parmi les amis, ou les connaissances de Mar-Vell. Malgré tous leurs superpouvoirs, ils se retrouvent démunis face à la maladie. Starlin n’hésite pas à se montrer cruel, lorsque certains d’entre eux (éminents scientifiques, voire médecins de renommée internationale) s’interrogent sur le fait qu’ils n’ont pas utilisé leurs connaissances pour concevoir des thérapies.

Le cœur de Mar-Vell dans une scène métaphorique

Le cœur de Mar-Vell dans une scène métaphorique ©Marvel Comics

L’auteur inclut quelques scènes de combat qui sont plus métaphoriques qu’autre chose, qui servent l’histoire, qui enrichissent la mythologie développée autour de Thanos et qui légitiment qu’il s’agit d’une histoire de superhéros. Il s’agit donc avant tout d’un récit autour de la mort d’un malade. Starlin sait faire naître des émotions adultes qui élèvent le récit au-dessus du ridicule inhérent à ces gugusses en collant moulant (malgré Marvel qui passe la moitié du récit avec son masque sur le visage même quand il n’est qu’avec Elysius, sa compagne).

À l’origine, les Marvel Graphic Novels étaient dans un format plus grand et cette édition est dans un format comics traditionnel. De ce fait les dessins peuvent apparaître comme un peu tassés. Les illustrations de Starlin présentent une sensibilité assez européenne, avec quelques clins d’œil discrets à Moebius (dans les décors en particulier). Ils comprennent également une forte influence de Kirby (perceptible dans la force des coups de poings échangés).

Peter Parker incapable de gérer son émotion

Peter Parker incapable de gérer son émotion ©Marvel Comics

Les scènes de dialogue abondent et elles bénéficient d’une mise en scène assez travaillée pour ne pas être lassante. À 2 reprises, Starlin convoque une flopée de superhéros de l’époque au chevet de Mar-Vell, et il n’est pas sûr que vous les reconnaîtrez tous (qui se souvient de Isaac Christians ou d’Eric Symon Paine ?).

D’un côté, il est possible de s’agacer des tics propres aux comics de superhéros, tels que les visages fermés, ou au contraire les personnages la bouche grande ouverte, montrant toute leur dentition. Quelques postures relèvent plus du ballet classique, que d’un geste naturel. C’est l’héritage des superhéros, et la façon dont Starlin dramatise les situations, en accentuant les réactions pour être sûr que son lecteur ne se trompe pas sur les émotions en jeu. D’un autre côté, l’artiste profite du nouveau format pour soigner ses planches, en incluant des décors avec une fréquence élevée, et en effectuant des découpages conceptuels dans la disposition des cases, en jouant sur l’écoulement du temps (des séquences en temps réel).

Avec ce récit, Starlin utilise les superhéros pour se concentrer sur la mort imminente et inéluctable d’un proche. Même si cette incursion du réel dans ce monde artificiel peut sembler incongrue (ces costumes chamarrés et ces personnages un peu poseurs), cet auteur met en scène le processus de deuil avec justesse.

Étrangement, il s’agit d’un personnage qui n’a pas été ramené à la vie, et ce depuis 1982. Il a bien fait quelques apparitions posthumes sporadiques, mais pas de résurrection. Son titre de Captain Marvel a été porté par Monica Rambeau, puis par Genis-Vell et même pendant une courte période par Phyla-Vell (la petite sœur de Genis-Vell), et de nos jours (en 2015) par Carol Danvers. Mar-Vell est donc un des rares superhéros à ne pas être mort au combat, et à ne pas être revenu d’entre les morts de manière pérenne.

La fin des illusions

La fin des illusions ©Marvel Comics

 

88 comments

  • Eddy Vanleffe  

    Ma foi si elle a pu encourager un peu le bilinguisme dans ce pays, on devrait peut-être lui décerner une médaille..^^

    Je croyais que l’es gros mots, c’était Duclos…
    Pour être honnête, je ne suis pas non plus un historien de l’argot mais je trouve ça marrant ça m’a pas choqué, c’était pour moi un équivalent aux tournures de phrases familières des dialogues de l’époque.En outre, on lui lui a peut-être expressément demandé de faire dans le « vieux »…
    Pour conclure, je l’accable pas la dame…J’ai juste pas l’esprit à ça.

    je lisais ça naturellement petit… bien avant de réaliser que c’était des traduction justement…
    comme « 6-p-o » ou Serval, ça convient super bien tout en ne convenant pas du tout et pourtant….ça reste.

    • Matt  

      Ouais mais quand t’étais petit c’était les traductions Lug non ? Et franchement je les trouve meilleures. C’est pas de l’argot aussi ringard.

      Mais le pire pour moi c’est que quand je lis du Coulomb, je ne vois pas des personnages parler, je vois Coulomb parler. Ils s’expriment tous de la même façon. Elle met ses expressions bizarres dans la bouche de tout le monde. Si c’était spécifique à la limite à un personnage comme le « dieu me patafiole » qu’elle a je crois attribué au Fauve, ben ça me choquerait pas puisqu’il est le seul à sortir cette phrase et c’est devenu le petit élément rigolo du personnage en VF. Mais quand tout le monde utilise « tintin », « des clous », « vache de valdingue » (même dans Watchmen !!) ça va plus du tout.
      ça lui arrive de ne pas abuser de sa prose chelou (dans Conan il n’y en a pas heureusement…et même s’il reste quelques fautes de français c’est tout à fait lisible. La dernière chasse de Kraven ou même la série Emma Frost sont lisibles aussi) mais parfois elle pète complètement un cable, surtout dans les intégrales Spidey ou X-men.

      • Bruce lit  

        C’est exactement ça. Ce sont les mêmes expressions d’albums en albums, pour le meilleur des cas.
        Pour le pire tu oublies des perles comme avoir un « aileron dans le coaltard », « con de moi » ou « j’en viendra pas à bout ». Je suis aussi capable de la reconnaître en 2 cases.
        Et effectivement les traductions lug étaient vraiment chouette, on y apprenait que « Fatalis » riait d’un rire « sardonique ».
        Lug qualifiait « Serval » de « Nabot »
        Coulomb le transforme en « petitou »….Non sérieux, appeler Wolverine « Petitou » ????

        • Matt  

          Je n’ai pas vu les expressions que tu cites, sauf « con de moi » (expression naze + gros mot, la totale). J’imagine qu’il y en a toujours à découvrir…pour le pire surtout.
          Du coup je me suis récemment re-procuré des albums « une aventure de l’araignée » (la proie du vautour, la folie de mystério que j’avais lues gamin) parce que l’intégrale qui réédite ça n’est pas lisible. Et tant pis s’il y a peut être un peu de censure. J’accorde trop d’importante au français et à la façon d’écrire un dialogue pour supporter les délires de Coulomb.

          Tiens c’est pas mal là aussi :

          http://filmsfantastiques.blogspot.fr/2014/04/les-traductions-calamiteuses-de-spider.html

          « bougre de polichinelle arriéré » ou « tu-tues » (pour des armes !!) et le pétage de lomb final « glaglatez, navarrais, maures et castillans » WTF ??

  • Eddy Vanleffe  

    Comment je fais?
    Ben j’ai pris l’habitude comme ça, parce que je l’ai connu comme ça..
    Après je suis d’accord: la traduction n’est pas top et les phrases incorrectes, ça doit être corrigé dans des rééditions parce que c’est pas vendable… je ne glorifie pas ça non plus…

    Parodie? je ne sais pas… mais effectivement, je trouve ça juste marrant, folklore un peu comme « Par le loup blanc! » je ne prends pas ça très au sérieux, même si je suis à fond dedans..^^

  • OmacSpyder  

    Quelle histoire! La Mort de Captain Marvel.
    Un titre direct comme une balle en plein coeur, et pourtant en le lisant nous pouvions commencer par ne pas y croire. A l’instar de Rick Jones qui réagit vivement. Rick Jones peut représenter le lecteur et les cinq étapes du deuil, passant du déni à l’acceptation en passant par la colère, la négociation, et la dépression.
    La Mort et l’impuissance des héros. Ça n’est pas rien que cet aveu par des personnages qui la défient, la provoquent, la contrecarrent, en jouent, la feintent. Ici, pas de Deus ex Machina ou de ruse. Marvel demande à Eros de s’occuper de son amour à sa mort et croise Thanos pour un dernier combat le menant à l’acceptation de la Mort, de sa mort. Nous avons ici la Vie, l’Amour, la Mort représentés par ces personnages hauts en couleur, allégories modernes.
    Et le défilé des héros en dit long sur le rapport de chacun à cette fin. Entre Spiderman qui ne sait plus quoi dire, entre La Chose qui reste le bon vivant, l’aveu d’impuissance pourtant combative des scientifiques et le silence de beaucoup face à ce réel inéluctable et indicible.
    Starlin inscrit ici une mythologie dans ce récit. Marvel y gagne définitivement ses lettres de noblesse. Thanos y joue son rôle, et les pages muettes sont d’une force qui raconte la vanité, au sens des vanités de l’antiquité et de la Renaissance.
    Et ici point de renaissance. La Mort est définitive car elle s’inscrit dans la réalité et non dans un combat épique. C’est cette réalité – là qui me marqua à sa lecture. Nous sommes dans un processus de deuil qui aboutit à la mort. Pas un sacrifice, juste la mort insensée qui prend son sens justement dans ce qu’elle définit l’humain en chacun, confrontée à cette fin.

    Et n’oublions pas que chacun refoule l’idée de sa propre mort, comme nous évitons de parler par convenance de celle de nos proches. Il n’y a guère que les enfants pour en parler ouvertement et poser la question : « Dis, quand tu seras mort… », mettant tout le monde très à l’aise..^^
    Dans ce récit (le numéro 1 des GN, ça n’est pas rien de commencer par ce bout-là!) la mort donne sens à la vie de Marvel. C’est connaissant sa mort à venir que notre Capitaine Marvel se met à écrire des mémoires.
    En outre, peut-être y traîne-t- il un bout de la culture anglo-saxonne, avec un écho étonnant…
    « Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Notre effroyable voyage est terminé
    Le vaisseau a franchi tous les caps, la récompense recherchée est gagnée
    Le port est proche, j’entends les cloches, la foule qui exulte,
    Pendant que les yeux suivent la quille franche, le vaisseau lugubre et audacieux.
    Mais ô cœur ! cœur ! cœur !
    Ô les gouttes rouges qui saignent
    Sur le pont où gît mon Capitaine,
    Étendu, froid et sans vie. » Walt Whitman

    Merci pour cet article Présence. Il rappelle une lecture indélébile.

    • Présence  

      Ça n’est pas rien que cet aveu. – Cette séquence m’avait également beaucoup marqué. Mes lectures de jeunesse (bibliothèque rose puis de bibliothèque verte) ont inscrit en moi que le héros est celui ne renonce jamais, qui trouve toujours une solution pour résoudre le problème, qui la cherche jusqu’à temps de la trouver par astuce et persévérance. Or là, ils font le constat de leur impuissance. Ils n’essayent même plus. Quel aveu en effet ! Ils sont contraints de se résigner malgré la puissance de leurs superpouvoirs.

      En lisant tes remarques, je prends conscience d’à quel point Starlin s’est montré habile en faisant apparaître la personnalité de chaque superhéros au travers de sa réaction face à la mort, à commencer par la détresse de Peter Parker.

      J’aime beaucoup cette notion d’inconvenance que je n’avais pas relevé mais qui permet de mieux saisir en quoi ce récit est transgressif, non seulement par rapport aux récits de superhéros, mais aussi d’une manière plus générale. Je te remercie pour tes remarques qui sont comme d’habitude très enrichissantes.

      • OmacSpyder  

        En effet, Stalin a ciselé son propos pourtant difficile à aborder de façon aussi sobre. Ça lui confère toute sa force et sa permanence…

    • Bruce lit  

      Je parle ouvertement de « ma mort » avec ma femme et mes enfants en rigolant (souvent). Je trouve ça plutôt sain au contraire.

      • OmacSpyder  

        En rigolant, oui. Tu précises bien « en rigolant », en mode Spiderman ou Iceberg ;)
        Et oui, ça peut être sain, mais ça reste dans le cercle très intime. On parle parfois d’autant plus facilement de la mort quand on la pense éloignée.

  • Philippe Fadde  

    Bel article. Merci.
    Complètement d’accord aussi avec les propos d’OmacSpyder.
    C’et marrant, et comme quoi il n’y a pas de coïncidences, je viens justement de faire un tout petit commentaire sur mes souvenirs de Starlin sur un autre blog, et voilà que je découvre ici sur vos propres commentaires !
    Si c’est pas de la conscience cosmique ça ! (rires)

    Comme beaucoup (effet de génération sans doute) cette mort du capitaine, je dis capitane car cette case où il enregistre ses mémoires me fait penser, dans la pose et dans l’idée, à Charlton Heston prêt à explorer un autre monde dans le premier film de la planète des singes(1967) cette mort de celui aussi qui porte aussi la lumière, comme dirait Cormac Mc Carthy, m’avait plongé dans un doute effroyable.

    Starlin était de toute façon angoissant et déjà complexe à lire déjà dans Strange.
    J’accroche moins aujourd’hui à tout ceci, mais cette histoire autour de sa mort m’avait également fortement marqué. Pour l’anecdote, Starlin avait été invité par mon ami Fred (déesse éditions). J’étais arrivé tôt le premier le matin pour le voir, mais à moins de cent mètres de la boutique, mon téléphone sonne et me voilà obligé de partir pour répondre à un appel urgent. Du coup je suis repassé au magasin deux jours plus tard et il restait encore quelques dessins et d’autres belles choses, mais jamais l’expression « poussières d’étoiles » ne pris autant de sens pour moi que cette impression de voir et de ne pas voir ce qui avait tant brillé dans le ciel Parisien le week-end précédent…

    Philippe Fadde

    • Présence  

      Bonjour Phillipe,

      j’utilise le tutoiement de mise sur le présent site. Merci pour ce retour. Je n’ai jamais eu l’occasion de rencontrer Jim Starlin, mais j’ai eu la curiosité de regarder des vidéos d’interview sur Youtube. C’est l’un des auteurs qui m’a convaincu de continuer la lecture des comics après l’adolescence, et que j’ai suivi tout au long de sa carrière : Batman, Dreadstar et autres Breed.

      Si le cœur t’en dis, tu peux trouver d’autres articles consacrés à ses œuvres sur le site (avec des commentaires). Pour y accéder il suffit de cliquer sur le mot clé Jim Starlin à la fin du présent article.

      - Infinity Gauntlet
      - Warlock
      - Thanos
      - Hulk / Thing : the big change

  • Matt  

    Pour ma part j’ai redécouvert cette saga avec la version rééditée par Hachette « vie et mort de captain marvel, partie 2″
    Et j’aime toujours. Oui ça a un peu vieilli mais Starlin reste intéressant sur le fond et pour moi ça change beaucoup de choses. Grâce à Hachette aussi, j’ai pu lire son Warlock (2 bouquins). Si on ajoute à ça Thanos Quest, le gant de l’infini, on a déjà un bon aperçu du best of de Starlin.

  • Tornado  

    Oui, même moi et mon aversion pour la narration old-school, j’ai bien aimé relire ce graphic-novel. Il y avait comme une impression de forte charge émotionnelle. Le sentiment de lire un gros moment de mythologie.

  • Matt  

    A propos de parler de la mort…je vais oser.
    mon chat vient de mourir. Après 19 ans de bons et loyaux…euh…caprices.
    http://imgur.com/WJSAf6c

    Rest in peace my furry friend.

    • Bruce lit  

      Oh pauvre petit bonhomme ! Mes pensées t’accompagnent dans ce deuil. Le chagrin de la mort d’un animal est très sous-estimé. Et si réel.

      • Matt  

        Merci. Oui, il est réel.
        Je m’y attendais depuis un moment cela dit. ça n’allait pas fort, il était hyper fatigué. La chaleur, tout ça. Et il a cessé de manger.

        Le véto m’avait déjà prescrit un truc pour ses reins depuis quelques mois. Au bout d’un moment, faut leur lâcher la grappe je crois. La vieillesse c’est la vieillesse. Pas envie de le forcer à vivre dans un sale état. Mais ouais 19, merde…ça fait des souvenirs j’étais gamin moi. D’un coup y’a un vide là quand même…

      • Présence  

        A mon tour de te présenter mes sincères condoléances. C’est forcément difficile de quitter un être qui nous a accompagné aussi longtemps.

    • Jyrille  

      Oh ben toutes mes condoléances, Mattie… Sinon merci Omac pour ton commentaire très intéressant et pertinent !

  • Père Huck  

    Pour ceux qui ont le top BD de Semic , vous avez remarqué sur le dessin de quatrième de couverture qu’un grand personnage de la Distinguée Concurrence vient rendre hommage à Captain Marvel.Derrière Diablo et Wolverine , vous le reconnaissez ? Bottes rouges , Cape rouge et la mèche , oui c’est bien Superman.https://www.bedetheque.com/BD-Top-BD-Tome-29-La-mort-de-Captain-Marvel-266613.html

    • Bruce lit  

      Ah ! Salut Huck ! C’est cool de t’avoir ici !
      Et bien j’avais remarqué que Logan avait pris des hormones de croissance sur ce dessin, mais jamais fait attention à l’homme de Krypton !
      Merci !

      • Père Huck  

        J’avais remarqué moi aussi que Logan avait anticipé des années à l’avance qu’il serait interprété par Jackman. :-)

    • Présence  

      Bonjour Père Huck,

      c’était assez étonnant de découvrir la présence d’un autre superhéros de premier plan dans le groupe de ceux portant le deuil. Il faut croire qu’à l’époque les angoisses des avocats étaient moins importantes en ce qui concernait les éventuels infractions à la propriété intellectuelle du distingué concurrent. Quand j’avais découvert la présence de Superman la première fois, le fait qu’un tel superhéros soit présent pour se recueillir avait ajouté à l’importance de la mort de Mar-Vell.

      • Matt  

        (je trouverai le bouton qui envoie mon message trop tôt un jour, je le trouverai ! C’est pas « entrée »)

        Ahem…oui bon voilà la gueguerre des fans pour savoir qui a inventé tel costume en premier ou tel pouvoir. Moi du moment que les histoires racontées sont bonnes, j’en ai rien à secouer que Black cat ait été pompée sur catwoman. ça semble même être un plus gros souci pour ces pseudo-fans que pour les maisons d’édition elles-mêmes.
        Je préfère en effet imaginer deux univers qui peuvent se faire des clins d’œil et faire se rencontrer leurs héros (pas trop souvent hein ! pas de mega crossover partout non plus SVP)

        • Père Huck  

          Je suis d’accord avec toi Matt.Puis les références , clins d’oeil entre DC et Marvel ça existe depuis toujours.Les « Challengers of the unknow » (DC) ont inspiré les « Fantastic Four » (Marvel) qui ont inspiré les « Sea Devils » (DC).Dans Sea Devils ont retrouvait un mutant mi homme mi poisson ressemblant fortement à Namor (avec des pouvoirs différents) qui essayait de piquer la petite amie du scientifique qui délaissait sa compagne pour ses missions et expériences , il y avait aussi un ennemi des Sea Devils qui ressemblait beaucoup au Maître des maléfices.
          Les premiers Moon Knight étaient très inspirés par Batman (Il était appelé « Le Batman blanc » à cette époque) , ça ne m’a jamais empêché d’aimer les deux.
          Tant que l’histoire est bonne , je me fous de savoir par qui elle est éditée. :-)

          • Présence  

            Je viens de finir la lecture du tome 3 de Squadron Supreme par James Robinson. Et dès l’origine, tous les personnages sont un décalque de superhéros DC : Hypersion/Superman, Nighthawk/Batman, Dr. Spectrum/Green Lantern, Power Princess/Wonder Woman, Whizzer/Flash.

            C’est du recopiage littéral, mais cette équipe a eu droit à de bonnes histoires, et parfois même certains de ces personnages en solo aussi.

  • Bruce lit  

    Une question pour nos spécialistes. Un lecteur me demande en MP le nom d’un personnage dans la vieille série Captain Marvel. Un vieux monsieur genre vieux cowboy qui vit dans l’espace avec sa mule en scaphandre… Que connaissait rick Jones. On le voit notamment dans l’épisode où l’intelligence Suprême tue Gazelle devant les yeux de Rick Jones.

    • PierreN  

      Ça doit correspondre à la fin du run d’Englehart (edit : il s’appelle Shabby Allus/Dayes).

      • Bruce lit  

        Wow cool.
        Pierre, je t’ai laissé plusieurs MP sur FB, check it please.

  • PierreN  

    En le relisant ce GN (définitivement la meilleure histoire du personnage), ce qui saute aux yeux (au-delà du caractère poignant du récit) c’est la qualité du travail de Steve « Akira » Oliff sur la colorisation, auquel je n’avais peut-être pas prêté suffisamment attention jusque-là (bleu turquoise & vert foncé).

    • Présence  

      Comme tu le rappelles, Steve Oliff était à la pointe de la technologie, et savait en tirer le meilleur parti. C’est effectivement à lui que Marvel a confié la colorisation d’Akira pour pouvoir vendre ce produit à des lecteurs américains peu friands de noir & blanc. Les graphic novels bénéficiaient d’un meilleur papier et d’une meilleure impression. En plus, Oliff ne se contente pas de tartiner. :)

  • Chip  

    Concernant la non-résurrection, je pense que Mar-Vell a encore un peu de marge avant de rejoindre Bucky. À la louche il a dû disparaître en 1963 (enfin être tué scénaristiquement dans le passé, le genre de phrase qui n’a de sens que quand on cause de continuité) au retour de Cap et réapparaître en 2005 non?

    Évidemment, son retour n’aurait strictement aucun sens au vu du poids du GN chroniqué ici, je pense et j’espère qu’ils le laisseront comme jusqu’ici en – relative – paix.

    • Présence  

      C’est une question que je ne m’étais jamais posé : de quand date la mort de Bucky ? Sans parler du paradoxe éditorial que tu évoques. :)

      Wikipedia précise que sa mort a été intégrée au canon dans The Avengers #56 daté de septembre 1968. Du coup cette année, ça met Bucky et Mar-Vell a ex aequo avec 37 ans de suspension de vie dans les pages des comics.

      Concernant Mar-Vell, ses quelques apparitions furtives (essentiellement des scènes du passé révélées rétroactivement, encore ce paradoxe éditorial de continuité) donnent l’impression que la permanence de sa mort est une règle éditoriale de Marvel Comics, mais sans certitude de ma part.

      • Chip  

        Je conteste, Maître Continuitello! Si l’explication arrive en 1968, le fait que Cap revienne seul en 1963 atteste de sa disparition. Certes, selon la chronologie à ce moment ça voudrait dire que Bucky a disparu au début des années 40, mais son absence en particulier daterait de 1963. Non mais.

        (au passage le retcon du Cap et du Bucky des 50s est vraiment un de ces tours de passe-passe rondement menés)

        « Il était mort, mais maintenant il va mieux », un thème récurrent dans l’explication des diverses continuités à ma progéniture.

        • Présence  

          Je m’incline et j’avoue ma défaite. :)

          Plus que 5 ans à attendre en espérant que Mar-Vell ne revienne pas d’ici là…

          Du coup, Bruce doit s’engager pour encore au moins 5 ans de blog, afin que nous disposions d’un endroit pour établir ce constat.

    • Bruce lit  

      Chip,
      Tu n’es pas à la page : Mar-Vell est vivant et anime désormais une célèbre émission sur Youtube…
      Quant au cancer, c’est finalement le grand problème des univers DC/ Marvel (un de plus) : des univers où l’on peut cloner, vivre dans l’espace, créer des cyborgs, remonter le temps mais pas guérir le cancer, le sida ou le visage défiguré de Doom. Charles Xavier est plutôt chanceux : il marche depuis 20 ans (et moi j’adorais quand il était handicapé).

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