Alpha Flight par Bill Mantlo : la Doom Patrol de Marvel !

Focus : Alpha Flight par Bill Mantlo

Un article de DOOP O’MALLEY

© Marvel Comics

VO : Nous parlons ici de la première série ALPHA FLIGHT (vol1) produite par Marvel Comics. On s’attardera ici sur les épisodes 29 à 66 qui constituent l’intégralité du cycle scénarisé par Bill Mantlo et qui sont datés de décembre 1985 à janvier 1989. Ils n’ont jamais été republiés en recueil et ne sont disponibles qu’en singles de l’époque.

VF : La plupart de ces épisodes ont été publiés dans la magazine STRANGE de mai 1987 à juin 1990 avec énormément de pages censurées ou modifiées. Les épisodes 30,31 et 62 sont totalement inédits en France (merci à www.comicsvf.com pour ces infos toujours précieuses)

Lorsque l’on parle du groupe de super-héros canadien, on associe immédiatement son nom avec celui de son créateur, John Byrne. Et pourtant, celui-ci n’a réalisé qu’une trentaine d’épisodes sur 130 ! Nous allons nous intéresser aujourd’hui au scénariste qui lui a succédé et qui a réalisé le plus grand nombre de numéros consécutifs de la série : Bill Mantlo. Accompagné de Jim Lee, de Dave Ross et de Mike Mignola aux dessins, celui-ci va livrer une quarantaine d’épisodes qui se démarquent clairement des précédents par leur ambiance plus horrifique et leur volonté de consolider un véritable groupe.

Souvent censurés dans les pages de STRANGE pour leur côté violent, les épisodes de Bill Mantlo m’avaient laissé un bon souvenir et je pensais retrouver un bon moment de lecture. Et j’ai été clairement déçu. Si de nombreuses idées sont pertinentes, notamment concernant le rapport au corps, la mise en forme est souvent très maladroite, avec un style très verbeux et des dessinateurs débutants et pas encore totalement à l’aise avec ce qu’on leur demande. Dont le style est de plus totalement recouvert par des encreurs à la main lourde. De fait, à la relecture, Mantlo a beaucoup de mal à donner une ligne directrice à sa série et à établir un groupe stable. Pourtant, ses personnages aux pouvoirs bizarres avaient un énorme potentiel que le scénariste n’a pas réussi à utiliser pleinement.  

Première mouture de la nouvelle équipe avec un Mike Mignola dont les dessins sont totalement écrasés par l’encrage de Gerry Talaoc.
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Alpha Flight #28-34

Après 27 numéros, John Byrne, qui avait déjà rechigné à prendre les rênes de la série ALPHA FLIGHT, ne sait absolument plus quoi faire avec ses personnages. Et il a une irrésistible envie de dessiner HULK. De fait, après quelques coups de fil à des éditeurs, l’échange entre l’équipe artistique de INCREDIBLE HULK et d’ALPHA FLIGHT est entériné. Byrne rejoindra le titre consacré au géant de jade pour 6 épisodes avant de claquer la porte suite à une dispute avec l’éditeur en chef Jim Shooter.

Bill Mantlo et Mike Mignola, qui sortent d’un arc narratif d’anthologie sur Banner et son père, se voient confier réciproquement le destin des super-héros canadiens. Si le run de John Byrne connaît encore un énorme succès d’estime (grâce à la nostalgie des fans), il est loin d’être réussi. L’auteur n’a jamais donné d’unité à son équipe, en dépit de quelques épisodes anthologiques (enfin, un seul, le n°12, où il tue James Hudson, le leader de l’équipe). Pour le dire clairement, il n’y a pas d’équipe.

Bill Mantlo, qui avait déjà assuré les commandes d’un comics de groupe (les MICRONAUTES), décide donc de mettre en avant les relations entre les personnages avant de proposer des histoires qui sortent du lot en remettant tout à plat dès son premier épisode. Confrontant l’équipe au personnage le plus puissant de Marvel (Hulk), il installe ou remet sur le devant de la scène les différentes interactions entre les personnages. Il se débarrasse de Sasquatch en perdant l’esprit de Walter Langkowski dans un autre univers pour mettre sur le devant de la scène Box et Madison Jeffries, alors sous exploités et même pas dans l’équipe. Il sous-entend l’attraction de Jean Paul Beaubier (Vega) pour Walter Langkowski (Sasquatch), alors l’amant d’Aurora, sa sœur, dévastée par sa mort. Puis il fait vivre une une véritable crise de foi à Shaman qui, après ses différentes désillusions concernant le sacrifice de sa fille Talisman, ne peut plus faire de magie. Il impose aussi Heather en véritable leader, dont l’équipe suit les décisions et Puck pour la seconder. On apprend que ce dernier est absolument fou amoureux de la jeune veuve. Harfang vient compléter le casting. Nous avons même le retour de Gary Cody, du département H pour remettre ALPHA FLIGHT sous la tutelle du gouvernement canadien.  

La page Byrne est effacée, Bill Mantlo peut désormais faire ce qu’il veut. Et dès l’épisode suivant, il place ALPHA FLIGHT sur le champ de l’horreur, en introduisant Scramble, alias Lionel Jeffries, le frère de Madison, qui peut modifier la chair à sa guise. Corps difformes, agglomérés, chair fusionnée, rien n’est épargné dans ce numéro. Tout comme le suivant, où nous avons le retour de Deadly Ernest, un mystérieux personnage en lien avec Vega et de Nemesis, que Byrne avait maladroitement introduits dans ALPHA FLIGHT #8 et qui n’en avait rien fait. Après des chairs fusionnées, nous avons droit à des corps démembrés qui reprennent vie ! Grosse entrée en matière !

Et pourtant les deux histoires ne sont pas très bonnes. Les intrigues sont constamment alourdies par des dialogues totalement indigestes et les mises en page assez tarabiscotées de Mike Mignola. Le dessinateur n’est pas à l’aise dans les séries de groupe, et il multiplie les cases aux dépends de sa narration. Cases qui sont non seulement illisibles à cause des phylactères qui mangent la moitié du dessin mais aussi par l’encrage plus que lourd de Gerry Talaoc. L’encreur, qui est un vétéran des comics, donne certes une unité graphique à la série mais annihile totalement le style des dessinateurs. Certaines planches sont à la limite du ridicule ! Cela ne fonctionne pas et Mignola part au bout de 3 épisodes. Soi-disant pour réaliser un graphic novel ALPHA FLIGHT qui ne verra jamais le jour. Il ne reviendra plus mais assurera les couvertures. Pas le meilleur moyen pour débuter une série.

Les lecteurs français ont échappé à ça ! Oui, c’est bien du Mike Mignola !
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On appelle donc en urgence Jon Bogdanove pour réaliser l’épisode où Heather reprend le costume de son mari tout en dévoilant l’histoire de Puck. Première polémique : Puck n’est plus un nain mais un homme de 2 mètres dont le corps a été réduit lorsqu’il a accepté d’emprisonner à l’intérieur de lui-même l’esprit d’un démon. Ce n’est pas l’histoire la plus judicieuse. Mantlo change la matrice d’un personnage très apprécié et différent des codes habituels pour la ramener vers une figure plus basique : celle d’un héros qui souffre de manière littérale. Puck est désespéré, mais plus uniquement par le fait qu’il ne se sente pas à la hauteur de Heather. Il n’a plus à supporter ses propres limitations psychologiques, qui prennent cette fois-ci corps et c’est dommage. Peut-être que Manto ne voulait pas faire doublon avec l’histoire d’amour qu’il commence à développer entre Aurora, qui se remet très vite de la mort de Walter, et Roger Bosch, un infirme amputé des deux jambes. Bogdanove est totalement méconnaissable, ses traits étant toujours phagocytés par l’encrage invasif de Talaoc.

Qui appelle-t-on lorsqu’une série n’a plus de dessinateur régulier ? Sal Buscema bien sûr ! Le dessinateur réalise les 2 épisodes confrontant Heather Hudson à Lady Deathstrike et aux X-Men. Le but est simple : faire de Heather une véritable super-héroïne, tout en préparant le crossover avec les VENGEURS. Désormais l’équipe semble assez stable, avec des liens assez établis. Un nouveau dessinateur régulier va donner un nouveau souffle à la série.

Alpha Flight #35-46

Le tout jeune artiste canadien David Ross prend alors en main le destin artistique de nos Alphans. Et pour des débuts, il va être gâté puisque nous entrons dans la meilleure saga du scénariste avec un personnage redoutable : Pestilence !

Tout commence lorsque Harfang et son mari débarquent dans la nouvelle résidence d’Alpha Flight, sponsorisée par le gouvernement. La déesse est enceinte et souffre horriblement. Malheureusement, Shaman, le docteur de l’équipe n’est plus là. Il est reparti dans une quête spirituelle qui a pour but de lui faire retrouver sa foi en la magie, qui a disparu depuis qu’il a fait perdre à sa fille Talisman son humanité. Une fois de retour, Shaman décide de trouver un lieu magique pour faire accoucher Harfang. Avec l’aide du Docteur Strange, tous se fixent sur un endroit au nord du pays. Malheureusement, l’accouchement se passe mal. Talisman, qui en veut toujours à son père, l’a en effet conduit vers un lieu de mort. Et c’est l’âme d’un ancien capitaine de corvette, enterré vivant depuis des siècles, qui prend possession du corps du nouveau-né : Pestilence ! Talisman pensait pouvoir se débarrasser du démon afin d’humilier une fois de plus son père mais cela ne se passe pas comme prévu. Pestilence est très fort et arrache à Talisman sa tiare qui lui confère ses pouvoirs. Finalement, Pestilence s’enfuit et Shaman reprend le rôle de Talisman !

Toute la puissance et la cruauté de Pestilence sous les crayons de David Ross
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C’est une excellente saga et Pestilence semble redoutable. Ce dernier incarne encore la décomposition, la putréfaction et certaines de ses actions continuent à plonger le titre vers l’horreur pure et dure. Un seul reproche à cette saga : le traitement de Talisman. Mantlo ne semble pas vouloir de redondances et il décide de se débarrasser de la jeune Elizabeth pour ne garder que son père. C’est un peu bizarre dans la mesure où il lui avait fait retrouver ses pouvoirs et son statut de Shaman (avec un costume ridicule) à peine un ou deux numéros auparavant. Dave Ross s’en sort bien et réussit à affirmer un peu plus son style, plus rond et plus fluide, face à Talaoc.

Talaoc est remplacé par Whilce Portaccio pour un crossover pas très intéressant avec les AVENGERS qui verra le mariage de Namor et de Marina, dernière personne du groupe à ne pas encore avoir eu de traitement. Roger Bochs est enfermé dans le corps de son robot après une mauvaise décompression et Aurora se retrouve encore une fois privée d’un amour physique. Aurora semble perturbée et ses atermoiements ne plaisent pas à son frère, qui décide de quitter l’équipe. Heather, quant à elle, se rapproche de Madison Jeffries qui prend une place de plus en plus importante et devient officiellement un Alphan. Ce qui ne plaît pas beaucoup à Puck, qui continue de souffrir en silence. L’équipe est de nouveau chamboulée avec l’introduction de Kara Kilgrave, alias la fille pourpre, la fille non reconnue du méchant Killgrave et qui possède les mêmes pouvoirs que lui : contrôler l’esprit des gens tout en rendant la couleur de leur peau violette. Après deux numéros où Kara va prouver sa valeur, on décide d’intégrer Kara à la nouvelle OMEGA FLIGHT, c’est-à-dire la chambre d’entraînement des jeunes super-héros.

La fille pourpre, une des bonnes additions de Mantlo à l’équipe, qui change encore de composition.
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Cette idée ne va malheureusement pas s’imposer sur la durée et Kara fera partie de l’équipe principale (avec le retour de Vega qui n’est donc parti que pour un épisode) sans aucune contestation. Mantlo a des idées mais a véritablement du mal à les faire s’installer sur la longueur.Tout comme un line-up fixe. Cette deuxième phase du run de Mantlo se termine par le retour de Pestilence. Et c’est un carnage : après que son mari ait été tué, Harfang, transformée en Sasquatch, tue son bébé. Heather n’a d’autre choix que de tuer Harfang/Sasquatch.

Là encore c’est une réelle déception. L’histoire est celle bonne, glauque à souhait mais on se demande pourquoi Mantlo a passé autant de temps à développer cette intrigue sur le bébé d’Harfang et sa famille si c’est pour tous les exterminer quatre épisodes plus tard. La composition de l’équipe est encore une fois totalement renversée lorsque Bochs voit son corps réparé par Lionel Jeffries. Il pense pourvoir enfin être un « homme » à la hauteur d’Aurora, pile au moment où Walter Langkowski revient, prenant possession du corps défunt de Harfang/Sasquatch. Problème de taille : lorsqu’il redevient humain, Walter est désormais une femme. Ce qui suffit quand-même à Aurora, dont l’instabilité mentale est de plus en plus affirmée pour rejeter Bochs, qui devient fou et prend son armure pour combattre Sasquatch. Madison Jeffries n’a pas d’autre possibilité qu’utiliser son pouvoir de contrôle du métal pour sortir Bochs de son robot et prendre sa place. Niveau dessins, Dave Ross laisse sa place après 10 numéros à June Brigman, qui va rester quatre ou cinq épisodes sur le titre. Son dessin est un peu plus lisse que celui de Ross et l’encrage de Portaccio lui convient moins bien.

La saga Pestilence est terminée et désormais la série va entrer dans une phase un peu moins intéressante. Mantlo continue à changer son équipe et à introduire de nouveaux membres tous les quatre ou cinq numéros. Un nouveau dessinateur débarque et c’est une future star : Jim Lee.

La mort est toujours présente. Dessin de June Brigman
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Alpha Flight #47-66

Après un récit d’invasion extraterrestre dans le village de naissance d’Heather (pas réussi et qui voit le retour de Mike Mignola pour une dizaine de pages), Mantlo revient aux bases avec le retour de Scramble. C’est un peu un marronnier de la série. Il fusionne cette fois-ci avec Roger Bochs, avide de vengeance et de haine envers ses coéquipiers. Le combo sera exécuté par son frère Madison Jeffries.

Un nouveau héros assez bizarre fait son apparition : Manikin (Whitman Knapp). C’est un assistant du docteur Lionel Jeffries qui a le pouvoir de convoquer des versions évolutives de lui-même issues du passé ou du futur. Ce qui n’a aucun sens. Il peut faire apparaitre en même temps une version de lui en homme de Néanderthal, en homme du futur ou en … blob. Si c’est sur la papier assez ridicule, Knapp est un personnage sympathique qui servira en plus d’intérêt amoureux de Kara, qui, je le rappelle, n’a qu’une quinzaine d’années.

Manikin, l’homme aux pouvoirs les plus improbables de l’univers. On remarque bien ici encore l’idée de la difformité des corps chez Mantlo.
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Le numéro 50 chamboule une nouvelle fois l’équipe avec le départ de Vega et Aurora dans une histoire vraiment ratée qui surfe sur la mini-série X-MEN & ALPHA FLIGHT. On apprend que les deux jumeaux sont en réalité des demi-elfes. Puck est guéri mais se réfugie dans une montagne isolée, Vega retourne chez les elfes et Aurora, dont les personnalités multiples ont été fusionnées se réfugie dans un monastère. Heather est totalement démoralisée.

C’est encore une fois une nouvelle équipe voit le jour au numéro 51 avec Jim Lee aux dessins : Heather, Box/Jeffries, le Sasquatch féminin, La fille pourpre et Manikin. Après les avoir réconciliés avec le gouvernement au début de son run, Bill Mantlo défait son histoire en opposant le groupe aux officiels du Canada après que Gary Cody ait trahi l’équipe. Cody libère avant de mourir un terrible ennemi : Bedlam ! Ce qui entraîne le retour de Wolverine, seul capable de venir à bout de la menace. Expulsés de leur QG, ils investissent la base du vilain en Antarctique.

C’est là qu’ils découvrent Goblyn, une créature issue d’une autre dimension qui se trouve être la sœur jumelle d’une petite fille, Laura, qui la fait apparaître à chaque fois qu’elle se sent en danger. Toute l’équipe affronte ensuite les Grandes Bêtes, avec un final qui les expulse dans l’espace ! Jeffries a en effet dû absorber toute la masse de leur nouveau QG pour affronter Toundra ! Ses pouvoirs ayant atteint leur limite, Jeffries, fou de douleur, se transforme en vaisseau spatial et a embarque toute l’équipe, dont Goblyn. Whilce Portaccio laisse l’encrage de Jim Lee à Tony De Zuniga. Encore un encreur à la patte très lourde qui dénature ses dessins. Il est remplacé par Al Milgrom après deux numéros pour la saga Dreamqueen.

Jim Lee en pleine(s) forme(s) !
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La Dreamqueen est la reine du Liveworld, le monde où Goblyn et Laura vivent lorsque l’autre se retrouve sur Terre. Pas très intéressante, cette saga introduit un nouveau personnage, le Dragon de Jade, un héros chinois capable de se transformer en dragon. Durant ces trois épisodes, la division affronte la méchante reine (au look très Jim Lee-esque) et se confronte à l’armée chinoise. Puck revient, encore une fois pour se sacrifier en empêchant la Dreamqueen d’arriver sur Terre. Mais les agitations de la Division Alpha en Chine ont attiré l’attention du gouvernement canadien. Un procès sur la futur de l’équipe est décrété. Le marché est simple : soit la division Alpha accepte d’être surveillée par le gouvernement et ils pourront continuer à être financés, soit ils n’auront plus aucun moyen de subsistance.

Bill Mantlo effectue un retour en arrière qui le ramène à son tout premier épisode ! Heather et Madison Jeffries refusent mais annoncent leur mariage. L’équipe est dispersée. Le comics change de format : moins de pub, un peu plus de pages mais une augmentation de 25% ! Manikin décide de reprendre ses études de médecine et de quitter le groupe ainsi que Kara, qui rentre chez elle avec Laura. Jim Lee s’en va et laisse la place à Hugh Haynes. On a pu assister à une jolie évolution de son style.
Quant à Bill Mantlo, on voit que la fin approche puisqu’il ne livre que des épisodes assez médiocres où les Alphans sont assaillis par des cauchemars récurrents. Il installe de fait les éléments d’intrigue pour son remplaçant.
Reste toutefois l’exception ALPHA FLIGHT #66, où pour son dernier épisode, Bill Mantlo tente quelque chose d’assez spectaculaire. Avant le ANIMAL MAN de Grant Morrison, il livre une véritable réflexion méta où le personnage de Manikin prend conscience du fait qu’il n’est qu’un héros de BD. Manikin va même rencontrer … Mantlo en personne ! Bon, c’est enrobé dans une histoire où Heather ne peut plus enlever son costume, mais quoi qu’il en soit, c’est l’une des premières fois que l’on voit ce type de réflexion dans un comics Marvel.

Quand une création rencontre son créateur. En haut, Bill Mantlo lui-même ! Dessin de Hugh Haynes avec le retour de Gerry Talaoc à l’enrage !
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Mantlo conclut donc son run de 39 numéros, le plus long de la série avec son épisode le plus original et le bilan est malgré tout assez mitigé. L’auteur aborde beaucoup de thématiques adultes sur le thème du changement de sexe, du changement de corps, de la mort, de la violence et inscrit définitivement l’ADN de la série dans l’horreur. Nous avons des zombies, des corps putréfiés, des décisions difficiles : on repense à la saga Pestilence où toute la famille d’Harfang est décimée en 20 pages. Il ajoute des personnages aux pouvoirs assez bizarres comme Goblyn ou Manikin qui pourraient faire de cette version de ALPHA FLIGHT une véritable DOOM PATROL.

Parmi tous ces héros, aucun n’est à l’aise dans son corps, aucun n’arrive à s’accepter tel qu’il est. Heather est prisonnière de son costume, Bochs de son corps de métal puis de son infirmité, tout comme Puck. Walter est désormais dans un corps de femme, la fille pourpre est…pourpre. Aucun de ces personnages n’est adapté à la vie en société. Faire vivre tout ce petit groupe ensemble n’est pas vraiment une gageure ! Avec des dessinateurs débutants mais de premier plan comme Mike Mignola, Jim Lee et Dave Ross, Mantlo avait une mine d’or entre les mains. Et pourtant, il ne transforme pas l’essai. Ceci est dû à un style véritablement trop verbeux et parfois assez naïf. Je ne sais pas si c’est volontaire, mais le scénariste n’a jamais réussi durant presque 40 numéros à proposer une équipe stable. Les changements sont incessants et annihilent souvent tout le travail fait autour d’un personnage en amont.

Un line-up qui a trop souvent évolué ! Dessins de Jim Lee
@ Marvel Comics

On fait revenir Puck pour le faire repartir, on met la Divison Alpha dans un nouveau QG pour 2 épisodes avant de le détruire. Manikin reste une dizaine d’épisodes avant de repartir. Walter devient une femme mais sa transition n’est survolée que du point de vue factuel : il n’arrive pas à retrouver son argent car on ne le reconnaît plus. Il n’y a aucune réflexion sur le genre, contrairement à ce que l’on avait pu voir dans une série comme CAMELOT 3000 ou encore sur la DOOM PATROL. Mantlo passe plusieurs numéros à construire ce qu’il détruit l’épisode suivant. C’est assez frustrant. 

Comme ces épisodes n’ont jamais été republiés en VF depuis l’époque des STRANGE, le souvenir qu’on en garde est bon et l’envie de les relire est forcément vivace, mais en toute honnêteté, j’ai vraiment eu beaucoup de mal à les lire. Reste toutefois des idées très intéressantes, par un scénariste qui a du mal à les mettre parfois en forme.


La BO du jour : Il fallait bien une chanteuse canadienne. Avec une très jolie reprise de Police


22 comments

  • Eddy Vanleffe  

    Chemin inverse pour moi, je detestais ce run petit à cause des « erreurs de continuités » Bochs et Jeffries qui se connaissaient depuis l’asile alors qu’à leur première rencontre chez Byrne, Jeffries ne sait pas prononcer son nom, le Nain devenu géant par magie, les jumeaux devenus elfes….
    De plus, tout ce tu énonces comme des défauts chez Byrne ont contribué à rendre son passage particulièrement réussi, comme l fait que l’équipe n’existe pas….
    Bravo pour la comparaison avec la DOOM PATROL, il y a de ça en effet…
    et en relisant et en bossant avec JB sur un autre article, je me suis réconcilié avec sa partie notamment l’arc sur PESTILENCE carrément osé pour l’époque.
    Merci pour cette piqure de rappel.

  • JB  

    C’est marrant, la manière dont Momo semble avoir plagié cette série, tant sur Animal Man avec la rencontre perso/auteur que sur les persos très concept évoquant la Doom Patrol
    Merci pour cette relecture 🙂 Difficile de s’accrocher à cette série, seule Vindicator semble être la constante de l’équipe.

    Côté horreur, Scrambler est impressionnant mais ses actes ont trop peu de conséquences (à l’exception de Box) pour être mémorable. Sinon, j’ai pour ma part bien aimé le passage dans la ville de Heather, qui a un petit parfum de film SF des années 50.

    • Eddy Vanleffe  

      l’épisode avec les « cosses » venus de l’espace? un petit one-shot délicieux…

    • Jyrille  

      Je n’ai pas encore lu Animal Man (dans ma PAL) mais tu peux aussi citer Alan Moore alors puisqu’il reprend le même concept dans PROMETHEA. Quant à la DOOM PATROL de Morrison, elle est contemporaine de cette série (il doit débuter vers 87 ou 89) mais les personnages sont bien plus anciens, même si ils sont en grande partie différents il est vrai.

      • JB  

        Pour Animal Man, je pense spécifiquement à la scène où le perso éponyme regarde vers le 4e mur, scène que Mantlo a imaginé un an avant dans Alpha Flight. Comme c’est une scène qui est beaucoup évoqué quand on parle de Momo, il me semble juste qu’il était très loin d’innover.
        Pour Doom Patrol, je fais le rapprochement pour les persos « concepts » tel que Manikin, qui annonce des créations de Momo comme Crazy Jane 2 ans après

        • Eddy Vanleffe  

          Mantlo savait imaginer des scènes balèzes quand même…Qui est avec moi pour attendre fébrilement l’Omnibus ROM ?

  • Kaori  

    Merci pour ce résumé d’une série que je ne lirai jamais. J’avais feuilleté quelques épisodes en ligne par curiosité, et effectivement, ce n’est pas très accessible…

    Merci aussi pour la BO, une voix et un style que j’adore…

  • zen arcade  

    Alanis Morrissette qui reprend Police, c’est un peu la double peine;

  • PierreN  

    Et toujours pas de réédition en VO (hormis Byrne).

  • Nicolas  

    Bons souvenirs de mes années Strange, mais c’est vraiment une série plus axée sur l’horreur physique et psychologique que sur les standards super-héroiques habituels.
    Manikin avec la Fille Pourpre… elle à 15 ans ? De quoi faire bondir Jim Shooter qui avait mal pris la liaison de Kitty Pryde avec Colossus à une lointaine époque.

  • Présence  

    Des épisodes que je n’ai pas lus parce que je faisais une indigestion de Bill Mantlo à l’époque dont je n’aimais guère l’écriture.

    Pour le dire clairement, il n’y a pas d’équipe. – C’est vraiment frappant à la relecture des 27 épisodes de John Byrne qui ne les regroupe qu’à quelques rares reprises, une autre conception d’une non-équipe, assez différente de celle des Defenders qui fut elle aussi qualifiée de non-équipe.

    Mantlo impose aussi Heather en véritable leader : une bonne idée, initiée par Byrne qui l’avait testée avec Heather en civil, principe séduisant mais qui atteint vite ses limites lors de combat contre des individus dotés de superpouvoirs.

    Les intrigues sont constamment alourdies par des dialogues totalement indigestes : Tornado sort de ce corps ! 😀

    Puck n’est plus un nain mais un homme de 2 mètres dont le corps a été réduit lorsqu’il a accepté d’emprisonner à l’intérieur de lui-même l’esprit d’un démon. Ce n’est pas l’histoire la plus judicieuse. – On sent bien la patte de Bill Mantlo dans cette modification : accabler ses personnages de tous les coups du sort possibles pour pousser tous les paramètres dramatiques au maximum possible, comme s’il voulait être sûr de faire pleurer dans les chaumières.

    Aurora se retrouve encore une fois privée d’un amour physique. Elle semble perturbée et ses atermoiements ne plaisent pas à son frère, qui décide de quitter l’équipe. Heathe se rapproche de Madison Jeffries, ce qui ne plaît pas beaucoup à Puck, qui continue de souffrir en silence. Vega qui n’est donc parti que pour un épisode… – Mantlo donne à nouveau l’impression d’empiler tout ce qu’il peut pour que chaque case génère un drame, pour que chaque personnages soit un traumatisme ambulant sur patte.

    Lorsqu’il redevient humain, Walter est désormais une femme : c’est sûr que ça manquait, le personnage n’était pas déjà assez en souffrance comme ça.

    Manikin a le pouvoir de convoquer des versions évolutives de lui-même issues du passé ou du futur. Ce qui n’a aucun sens. – Houlà, on sent que tu commençais à saturer dans ta lecture. 🙂

    Les jumeaux sont en réalité des demi-elfes : et hop ! Une nouvelle modification de la nature des personnages qui deviennent ainsi magiques.

    Jeffries se transforme en vaisseau spatial : d’un autre côté, l’imagination de Bill Mantlo semble être en mode turbo, voire hors de contrôle.

    Parmi tous ces héros, aucun n’est à l’aise dans son corps, aucun n’arrive à s’accepter tel qu’il est. – Cette sensation finit par devenir pénible à la lecture, comme si le scénariste insiste toujours et tout le temps sur la souffrance consubstantielle à la vie humaine, sans aucun moment de répit, jamais.

    Pfou, je ressors épuisé de cet article, et je m’incline devant ta réussite à évoquer autant de péripéties, de malheurs et de souffrances.

    • Bruce lit  

      Oui, pour le connaître en vrai, Présence peut se faire sarcastique. La preuve.

  • Bruce lit  

    En voilà un bel encyclopegeek sur un sujet inédit pour le blog. Sans doute ton meilleur article à mes yeux. C’est même assez court et très fluide à lire. Bravo.
    John Byrne sur Hulk ça a donné quoi du coup ?
    Pour la Division Alpha, on est dans la période où je décroche totalement de LUG. J’ai dû tomber sur des épisodes de ce run et je n’y comprenais rien. Apparemment Mantlo non plus. Il est tragique de constater que la fascination de Mantlo pour les corps mutilés et cellulles aura fini par le rattraper.
    Je me rappelle quant à moi d’avoir ressenti cette grosse impression de bordel-gachis sur la fin de la lecture de ROM qui est nullissime.
    Merci pour ce volet d’histoire.

    • Présence  

      Hulk par John Byrne, 3 étoiles sur amazon.

      Ce tome comprend les épisodes épisodes 314 à 319 de la série Incredible Hulk, l’épisode annuel 14 et Marvel Fanfare 29, parus en 1986/1987. Tous les scénarios sont de John Byrne, les illustrations également à l’exception du numéro annuel dessiné par Sal Buscema.

      Épisodes 314 à 319 et annuel 14 – Hulk est de retour d’un voyage dans d’autres dimensions. Il arrive dans le Colorado, après une réapparition au Canada (dans Alpha Flight classic 3, épisodes 20 à 29). Il se fait enlever par une personne qui en a après un échantillon de son sang. Puis comme souvent, il s’en retourne au Nouveau Mexique, près du site où a explosé la bombe gamma qui a transformé Bruce Banner en Hulk. Sur place il est capturé par Doc Samson (Leonard Samson) qui réussit par un processus scientifique inédit à séparer Hulk et Banner en 2 individus distincts, chacun avec leur corps et autonome.

      En 1986, John Byrne estime qu’il a raconté toutes les histoires qu’il avait a raconter sur Alpha Flight, et Bill Mantlo arrive au terme de son passage sur Incredible Hulk qu’il a écrit du numéro 245 au numéro 313 (plus les annuels 10 à 13), soit de 1980 à 1985 (épisodes illustrés à plus de 90% par Sal Buscema). Les responsables éditoriaux ont l’idée de les faire permuter : Mantlo s’occupe d’Alpha Flight à partir de l’épisode 29, et Byrne de Hulk à partir de l’épisode 314. Il propose une histoire pour l’équivalent d’un an de publication (12 épisodes), mais se fâche avec les responsables éditoriaux, et accepte la proposition de DC Comics de relancer Superman avec The Man of Steel .

      En relisant ces quelques épisodes, il est visible que Byrne a une idée assez claire de ce qu’il souhaite faire subir au personnage. Il commence donc par le réinstaller dans les zones désertiques du sud des États-Unis, puis le sépare d’avec Bruce Banner. Il faut commencer par mettre le numéro annuel de coté. Pour cet épisode, Byrne s’est contenté d’étirer une histoire assez mine écrite à la manière de Bill Mantlo (beaucoup de pathos, de culpabilité, de sentiments exacerbés pour une fin bien morale et édifiante) que Sal Buscema a dessiné à sa manière un peu primaire (3 expressions maximums pour les visages, la moitié des visages avec la bouche ouverte, le minimum syndical pour les décors, etc.).

      Une fois passé cet hommage à Mantlo, Byrne plonge tout entier dans les codes de la série. C’est ainsi que le lecteur assiste au retour en force de Doc Samson (il a même droit à un nouveau costume, tout en cuir rouge, très années 1980), au retour de Betty Ross, à une nouvelle itération des Hulkbusters (équipe composée de Craig Saunders, Carolyn Parmenter, Samuel LaRoquette, Armand Martel, et Hideko Takata), à la restauration en état de fonctionnement de la Base Gamma, et à une brève apparition de quelques Avengers des 2 équipes côte Est et côte Ouest (She-Hulk, également cousine de Banner, Iron Man, Wonder Man, Hercules et Namor). Coté histoire, le principe est donc de pouvoir opposer l’intelligence de Bruce Banner à la force brute de Hulk, en laissant planer le doute sur les liens subsistant entre les 2, et de développer la relation entre Betty et Bruce. Comme à son habitude, Byrne en a profité pour mettre Betty dans une situation initiale glauque et scabreuse. Le tout se laisse lire sans déplaisir, mais sans élan de transport non plus. Byrne intercale dans chaque épisode, des scènes de combat démesuré d’Hulk contre ce qui lui tombe sous la main (assez souvent Doc Samson), sans que ça ne fasse avancer le schmilblick.

      Coté visuel, Byrne a choisi une mise en page aéré, le plus souvent de 4 cases par page pour pouvoir rendre compte de la masse imposante de Hulk. Celui-ci est affublé d’un maillot de bain violet en guise de vêtement, c’est parfois un peu bizarre de penser que ce vêtement est à l’abri de toute déchirure. Il dessine des décors régulièrement, même si les scènes de combat dans le désert l’exonèrent régulièrement de cette partie du dessin. Il n’hésite pas inclure de nombreux débris et éclats, qui sont mieux mis en évidence par Keith Williams (encreur des épisodes 315 à 319) que par Bob Wiacek (épisode 314). Il réemploie une technique déjà utilisée dans un épisode de Fantastic Four (numéro 277 dans Fantastic Four visionaries 6) : par alternance la moitié supérieure de chaque page de l’épisode 319 suit les destructions de Hulk, la moitié inférieure la discussion entre Bruce Banner et Rick Jones. Au fil des pages, plusieurs scènes s’impriment dans la mémoire du fait d’images marquantes : Ramón rassurant Betty Ross, Hulk assommant un cerf, la peau de Doc Samson brûlée, She-Hulk discutant d’un traitement de la dernière chance pour Bruce, avec son médecin, le nouveau costume ridicule de Doc Samson (l’armure rouge et argent d’Iron Man n’est pas terrible non plus), la logique basique et plausible des combats entre Hulk et Samson.


      Le numéro 29 de Marvel Fanfare est écrit, dessiné et encré par Byrne et il présente ceci de particulier qu’il est illustré uniquement de pleines pages dont Byrne ne se sert que pour mettre en avant la taille imposante de Hulk. À l’époque de sa parution, il s’agissait pour Byrne de montrer qu’il était autant capable qu’un petit jeune (McFarlane ou Liefeld) de dessiner des pleines pages. À la relecture, cela devient un épisode particulièrement creux de 22 cases (autant qu’il y a de pages) uniquement destiné à exécuter froidement 2 supercriminels de troisième zone (Hammer & Anvil) dans la croisade de Scourge pour éliminer tous les personnages les plus ringards de l’univers partagé Marvel (pour plus de détails, il est possible de lire le recueil de Captain America Scourge of the Underworld ). C’est d’ailleurs l’un des éléments scénaristiques les plus étranges : par 2 fois Hulk tue un individu.


      Ces quelques épisodes de Hulk par John Byrne se laissent lire ou relire sans s’avérer fastidieux, mais sans être indispensables. La trame principale progresse lentement, émaillée de quelques moments inattendus. Les images apportent le lot attendu d’affrontements brutaux et basiques, spécialité de Hulk, sans grande trouvaille dans l’utilisation de la force du géant vert.

      • JB  

        J’ai l’impression que Byrne voulait transposer la dynamique de Hulk/Ross en Banner (séparé de Hulk) qui traque un Doc Samson de plus en plus violent (d’ailleurs, Samson ne cause-t-il pas la mort d’un Hulkbuster sans jamais le payer ?)

    • Doop O'Malley  

      Merci chef ! Il bouillonnait depuis un moment dans ma tête celui-là ! J’hésite à aller sur les Hudnall !

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonsoir Doop.

    Possédant également ces numéros en VO, je te trouve un peu dur. Certes c’est verbeux mais c’était le style de l’époque. Ses Hulk, Cloak and Dagger, ses ROM (tient de l’horreur) le sont tout autant comme le Claremont de l’époque.

    Je dois avouer que Byrne avait déjà déjà écrit sur une non équipe, alors pourquoi pas Mantlo même si il arrive quand même à faire un team comics.

    J’aime ce comics car en effet cela va à 100 à l’heure, c’est aventure sur aventure. Peu de guest stars, presque en marge de l’univers Marvel avec un casting qui apporte de la fraicheur. Et puis graphiquement il y a de très belles propositions.

    Je trouve aussi que l’arc avec Pestilence est le meilleur.

    je suis indulgent sur le #50. Cela se tient et ne fait pas offense à la mini X-MEN/ALPHA FLIGHT.

    Un run que j’apprécie de relire (et puis j’adore Kara, la fille pourpre, limite un de mes personnages préférés).

    La BO : cela fait une paie que je n’avais pas écouté du Alanis Morissette et je valide de mon côté.

    Très bon article mon ami.

  • Scarce Xavier Lancel  

    Ah, ça fait plaisir de lire des articles sur ce run !
    Run inégal (surtout la fin, bien foirée). Perso, j’ai adoré le rendu de Portacio sur Brigman !
    Et concernant le 50 et 53, ce sont des restes de la série avortée Derangers chez Epic, don’t La back up devait causer d’elfes. Et comme Shooter a refusé que Northdtar ait le sida, ben du tout il a été malade d être un elfe, une fairy (ce qui est croquignolesque quand on connaît le double sens de fairy).

    Sinon, je pose là le plus grand mystère et plantage editorial: dans Alpha Flight 43, Northstar évoqué le baiser de Pestilence, qui n arrivera qu’à l episode d après!
    Personne n’a jamais pu expliquer ce cafouillage ! Ma théorie : il y a eu inversion des numéros prévus entre le 43 et le 44 mais du coup ils ont oublié de le corriger.

    Dernière anecdote sur le dessinateur régulier de la série au run le plus court: Craig BrasField. Il n’a fait que les premières pages du numéro sur les aliens puis a fait le mort. Il nous avait raconté son calvaire quand on l avait interviewé pour Scarce 87.
    Blacklisté, il est revenu chez Marvel des années plus tard, et a dessiné plusieurs épisodes fill in de la serie avant que Pat Broderick (beurk) soit nommé nouveau dessinateur régulier.

    • Doop O'Malley  

      Merci Xavier !

  • JP Nguyen  

    Comme je suis vieux, tout se mélange dans ma tête et j’ai du chercher pour retrouver le teamup entre Eddy et JB qui traitait l’ensemble de la série, sous l’angle « AF est un comics d’horreur » (mais pas horrible).
    En te focalisant sur le run de Mantlo, tu fais ressurgir mes souvenirs de lecteur de Strange, souvent décontenancé par « la Division Alpha », série où il se passait toujours quelque chose mais dont la composition était très instable, avec un penchant pour les trucs pas beaux et vaguement dérangeants… Je suis allé lire en ligne les numéros 30-31 dessinés par Mignola et c’est vrai que l’encrage travestit pas mal son style. Il aura quand même pondu de chouettes covers et Présence a aussi exhumé une belle pinup (dessin promotionnel) pour son teaser du soir sur FB.
    Même si ça ne forme pas un tout cohérent, il y a quand même un ton particulier et, avec le filtre de la nostalgie, il est probable que je serais un poil plus indulgent si je relisais ce run, tout en regrettant une fin qui part en cacahuète.

  • Jyrille  

    Et bien dis donc c’est hyper pointu cet article… Tu crois qu’il est possible d’avoir tout ça en VO un jour ? Bon, aucune chance que j’essaie donc. Par contre je me souviens avoir déjà lu un article sur cette équipe, sur la période Byrne, de la part de Eddy je crois (et JB en plus après recherche), et il disait déjà que c’était un comics d’horreur en fait !

    Je salue ta détermination à relire et revoir tout ça avec des yeux plus matures, mais à te lire, il n’y a aucune chance que j’essaie ça. Ca me rappelle trop ce que je ne comprends pas dans X-Men. Je me souviens avoir essayé de lire de vieux épisodes après Le club des damnés et Proteus, je ne comprenais rien, l’équipe traversait le monde sans pause avec des aventures rocambolesques au milieu d’un tissage de telenovela où on essayait de comprendre qui aimait qui, c’était épuisant. Et comme tu le soulignes, on ne semble rien ressentir de ces péripéties, aucune évolution, juste une fuite en avant vide de sens.

    Le fait de ne pas connaître ces personnages n’aide pas du tout à tout comprendre malheureusement, mais le nom des artistes donne tout de même des pistes pour se cultiver. Merci donc pour tout ça, comme je le disais ce matin à JB, c’est toujours plaisant d’entendre la voix d’un passionné.

    La BO : autant je suis fan de Police (très grand groupe, ne t’en déplaise, Zen Arcade), autant Alanis ne me procure rien du tout, et cette version aseptisée, un peu dans l’esprit de ce qu’a pu faire Sting en solo lorsqu’il n’est pas inspiré, ne déroge pas du tout à cette règle à mon encontre.

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