Beyond the Silver Screen (Spider-Man : No Way Home)

SPIDER-MAN : NO WAY HOME

Une toile visionnée en quatrième vitesse par CYRILLE M

SPIDER-MAN : NO WAY HOME est le vingt-septième film du MCU. Il est la suite directe de SPIDER-MAN : HOMECOMING et de SPIDER-MAN : FAR FROM HOME. Les rôles principaux sont tenus par Tom Holland (Peter Parker / Spider-Man), Zendaya (MJ), Benedict Cumberbatch (Dr Strange) et Marisa Tomei (Tante May). Il a été réalisé par Jon Watts et produit par Kevin Feige. Comme toujours, j’utilise plusieurs sources dont Wikipedia.

Les divagations suivantes ne comportent que très peu de spider-spoilers.

A la fin du précédent opus, à la scène bonus post-générique, le destin de Peter Parker semblait voué à être définitivement bouleversé : dans une vidéo largement diffusée, mensongère et manipulatrice (adjectifs pouvant s’appliquer à la plupart des actes de l’auteur de ladite vidéo), l’identité secrète de Spider-Man est révélée au grand jour par Mysterio. Pire : ce dernier l’y accuse de l’avoir assassiné et le dépeint comme un psychopathe assoiffé de sang. Allons-nous nous retrouver dans une partie non-développée au cinéma du comics CIVIL WAR ?

Ce troisième volume du Spider-Man de Tom Holland démarre sur cette même scène et enchaîne : Peter sauve sa petite amie de la foule menaçante et traverse New-York tant bien que mal (avec comme illustration sonore le I ZIMBRA des Talking Heads), agressés de toute part par un tribunal populaire aussi prompt à la réaction qu’une solution de fluor dans un bécher d’hydrogène.

Pendant une petite demi-heure, le rythme est trépidant, les vannes fusent dans tous les sens, c’est un tourbillon qui nous fait virevolter tel Peter dans son costume au milieu des tours de la ville. Cela se termine avec l’apparition de Matt Murdock, joué par Charlie Cox, le DAREDEVIL de Netflix : il est l’avocat de la famille Parker.

Ce dernier les rassure : aucune poursuite ne peut être lancée contre eux. En revanche, l’opinion publique ne leur facilitera pas la vie. Après avoir fêté son retour à la maison et la nuit de promotion des étudiants (HOMECOMING pouvant être traduit par ces deux concepts), après s’être promené en Europe dans FAR FROM HOME, Peter ne peut plus vivre chez sa tante. Cela coûtera même l’admission des trois teenagers (Peter, MJ et leur ami Ned) à la prestigieuse école du M.I.T.. Peter décide alors d’aller voir le Dr Strange afin d’effacer tant d’injustices.

Bien, posons-nous deux secondes. Pourquoi allons-nous voir des films ? Pourquoi allons-nous voir les films du MCU ? Qu’en attendons-nous, après vingt-six longs métrages, une vingtaine de séries télé et treize années de nos vies ?

Penchons-nous sur le sujet
© Marvel Studios / Sony Pictures
Source Digitalspy

Comme souvent, j’ai volontairement évité toute information sur le film avant d’y aller. Cette stratégie fonctionne la plupart du temps et ce fut clairement le cas ici. Moins vous en saurez, meilleure sera l’expérience. Si malheureusement, vous êtes échaudé(e) par les critiques négatives qui fleurissent déjà, voici donc une petite liste d’arguments qui pourraient vous inciter à vous faire votre propre opinion.

Le casting est sexy et dynamique. Aucun comédien ne se rate ou joue mal. Si vous êtes attiré(e) par les femmes, Zendaya et Marisa Tomei devraient suffire. Surtout qu’elles balancent autant de vannes que Spider-Man et Happy, joué par Jon Favreau, homme à tout faire de feu Tony Stark (Iron Man). Si vous êtes attiré(e) par les hommes, Tom Holland se retrouve en caleçon.

La bande-son composée par Michael Giacchino fait bien le boulot. Quant aux chansons, en plus des Têtes qui Parlent, vous y entendrez entre autres du Vivaldi, du De La Soul et du Beastie Boys.

Les scènes d’action sont bien menées. Ce ne sont pas les meilleures que j’ai vues, et toutes les critiques négatives que vous entendrez à leur sujet seront sans doute justifiées. Mais elles ne sont pas laides ni paresseuses, tout comme le climax autour de la statue de la liberté. Elles font preuve d’un savoir-faire solide et d’effets spéciaux souvent plus efficaces sur grand écran.

Tout comme le dernier James Bond, les deux heures et demie passent à la vitesse de l’éclair. J’en profite pour préciser qu’il y a une scène bonus post pré-générique (oui, après le premier générique, celui illustré, qui vient avant le second générique classique, enfin vous voyez ce que je veux dire, puisque le MCU a changé quelques codes des métrages dans ces parties) et une bande-annonce après le second générique (et non pas une seconde scène bonus. Je peux vous le dire : Dr Strange reviendra).

La première bande annonce en VF, je vous conseille de ne pas la regarder si vous voulez voir le film

Le scénario multiplie les fausses pistes et se montre très malin dans son développement. Par moments, il paraît balisé, mais ce n’est jamais vraiment le cas. Le plus important, ce qui le démarque de ses prédécesseurs et son angle principal reposent sur un postulat simple : il se concentre sur Spider-Man et sa famille de sang ou de cœur. Oubliez le prof rigolo et bienveillant (joué par le très bon Martin Starr, dont le rôle dans SILICON VALLEY est bien différent) : il n’a qu’une seule scène. Oubliez les villes et les décors comme des personnages à part entière : ils sont génériques, pourraient aisément être interchangeables avec d’autres localisations. Oubliez les hommes de main des super-vilains qui fournissent des minutes de métrage inutiles. Oubliez les Avengers, le S.H.I.E.L.D., les gadgets, les grosses cylindrées. Si vous aviez trouvé les précédents trop éloignés du personnage de papier et de ses valeurs, sachez que c’est ici que Peter devient Spider-Man.

Alors qu’attendez-vous ? D’être diverti(e) ? D’être traité(e) comme un(e) connaisseur(se) de l’univers, des comics, des personnages ? De vous évader ? D’apprécier la réalisation, la caractérisation des personnages, la photo, le montage ? De scruter les easter eggs, les références, les connexions ? Car oui, il y a bien du fan service. Mais pas tant que ça finalement. Tout dépend comment vous le considérerez. Dans ce cas, il fait intégralement partie de l’histoire, il en est presque l’enjeu. NO WAY HOME lie nombre de films qui nous ont suivi depuis les débuts et semble s’inspirer de la fraîcheur de INTO THE SPIDER-VERSE. C’est un joli tour de force de production et de scénarisation, prévu sans doute depuis très longtemps. Je ne dirais jamais assez à quel point je suis admiratif de la gestion de toutes les histoires, sous divers formats, sur tant d’années, effectuée par les créateurs du MCU, souvent épaulés par les auteurs des comics originels.

Soufflé
© Marvel Studios / Sony Pictures
Source Variety

Si vous lisez mes articles, vous savez que je partage ces films avec ma progéniture. Je disais précédemment que ma fille est une nouvelle fan, mais je me trompe : le SPIDER-MAN de Raimi est son premier vrai film, celui qu’elle a vu plus de cinquante fois entre ses deux et trois ans. Ces douze dernières années, avec son frère, nous avons vu les films du MCU ensemble, ils font partie de leur vie et de leur évolution. De leur génération, qui a elle aussi grandi avec ces franchises, avec les films Harry Potter, le nouveau rap et les mangas, la génération qui connaît Marvel non pas par les comics, mais par les écrans.

Dans la salle de cinéma, presque pleine, le public comportait beaucoup de gens dans la vingtaine ou la trentaine, réagissant comme des Américains : des rires francs, des applaudissements, des exclamations d’admiration et de surprise, bref, de la joie exprimée sincèrement et généreusement. Lorsque les lumières se sont rallumées, en me retournant vers mes jeunes adultes, j’ai vu le même visage, celui que je devais moi-même avoir : un sourire en coin, des étoiles plein les yeux et des joues mouillées. Voilà personnellement tout ce que j’attends lorsque je vais voir un film.


La BO du jour : Talking Heads, what else ?

50 comments

  • Eddy Vanleffe  

    Le lien suivant contient un contre point à l’article.
    c’est à réserver à ceux qui ont déjà vu le film puisque le vidéaste ne considère pas le MCU comme du cinéma et souscrit aux paroles de Scorcese, du coup il spoile comme un porc. néanmoins il possède un regard et une analyse intéressante:

    https://www.youtube.com/watch?v=fb9-KEoMqcE

    • Jyrille  

      Mouais. Je comprends complètement, et c’est loin d’être faux (ça aurait pu être mieux, attraction etc) mais de toute façon c’est biaisé : il ne considère pas que c’est du cinéma dès le départ. En même temps tu as John Watts derrière la caméra, qui n’est ni Raimi ni Scorcese donc bon. Je trouve ça donc très facile de dire que le film est cynique. Où est-ce cynique ? C’est son point de vue, ce n’est pas une réalité. Je peux tout à fait dire le contraire et me tromper également, dans tous les cas le film remplit son office et fait tout ce qu’il peut (parce que bon tu sais bien que la critique est facile, l’art est difficile…), c’est déjà un petit miracle en soi. Vraiment, personnellement, j’ai de plus en plus de mal avec les gens qui savent, l’élite. J’étais comme ça avant, j’en ai plus rien à foutre désormais. Et comparer l’incomparable ne servira toujours qu’à une seule chose : rien.

      Mais merci pour le lien Eddy ! Cependant j’attends plus de toi : ton retour après l’avoir vu 🙂

      • JP Nguyen  

        J’ai essayé, Eddy, mais j’ai pas tenu 2 minutes. Je trouve le type assez pédant.
        De toutes façons, LE cinéma, c’est juste l’endroit où les films sont projetés. Après, il y a plein de sortes de films. En quoi le MCU serait moins du cinéma que La Grande Vadrouille, Bienvenue chez les Chtis, Opération Dragon et tant d’autres ? C’est du divertissement, plus ou moins intelligent, plus ou moins réussi selon les cas…

    • Jyrille  

      PS je ne trouve pas son analyse pertinente. Notamment sur le fan service, qu’il ne définit pas et traite tel que cela l’intéresse et appuie son propos (Spring Breakers c’est du fan service ? Sérieusement ? Real Player One ? C’est le propos du film, c’est Spielberg qui s’interroge sur son propre cinéma et sur celui de Kubrick qui était son ami, et c’est de loin le meilleur passage du film). Galaxy Quest est très cool mais pas non plus génial et surtout, je ne vois pas à quel moment son propos est de se moquer des fans. Je n’ai pas compris ça du tout, plutôt même le contraire : ces acteurs déprimés existent grâce à l’amour de leurs fans et ils l’avaient perdu de vue.

      Sur Jurassic World il a sans doute raison mais quel est donc l’intérêt pour le spectateur de voir ce parti pris cinématographique si le film est loupé ? En quoi faire un film comique (Abbott et Costello contre Frankenstein) est moins cynique et plus respectueux ? Ca n’a aucun sens.

      Bref, il y aurait beaucoup à dire encore (comme 2010 et Dr Sleep sont des romans avant d’être des films par exemple), c’est une réaction à chaud et ça se sent, ça mélange tout et les arguments ne tiennent pas vraiment.

      Evidemment que NO WAY HOME aurait pu être mieux, mais à aucun moment je n’ai eu l’impression d’être devant un produit cynique, au contraire, plutôt devant un film malin avec un gros cahier des charges qui s’en sort très bien.

  • Jyrille  

    Je n’ai pas cherché trop loin, je n’ai vu que deux vidéos de ce gars, mais je trouve ça nettement plus constructif et surtout objectif (et en plus une partie sans spoilers au début) : https://www.youtube.com/watch?v=havSF8SAHkI

    • JP Nguyen  

      Ah oui. Je préfère celle là, de critique. Il est nuancé, il rappelle sa subjectivité, il ne s’érige pas en « sachant ».

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