Chuck X, la poupée mutante qui fait bander mou (Bullshit Detector : les X-Men de Chuck Austen)

Le run de Chuck Austen sur les Xmen

Un article de FLETCHER ARROWSMITH

VO :  Marvel

VF : Panini mag X-Men (pas de ré édition, la meilleure nouvelle de l’article)

Espoir douché
© Marvel

Ah faire une chronique sur les X-Men de Chuck Austen. Si cela ne ressemble pas à un bizutage (pratique interdite et sévèrement réprimée par la loi selon le code pénal : articles 225-16-1 à 225-16-3) je ne m’y connais pas. Le voyage est aussi horrible que la destination. Confidence pour confidence, le plus dur ne fut pas d’écrire ces paragraphes, je crois sincèrement que je les ai en moi depuis 20 ans maintenant, non ce fut de m’infliger la relecture des quelques 46 numéros (34 d’UNCANNY X-MEN, 10 de NEW X-MEN et 2 de X-MEN UNLIMITED) que constitue le pire du pire des runs canons chez les X-Men.

Je signale au passage que je ne me gênerais pas pour spoiler comme un goret à l’image de ce run et pour éviter à ceux qui ont eu la chance de ne pas connaitre ce run de s’y plonger.

En 2002 au départ de Joe Casey, après un run que je trouve pour ma part sous-estimé et intéressant, il semblait évident que Marvel recrute un nouveau scénariste tendance sachant donner le change à Grant Morrison de l’autre série X sans pour autant lui faire de l’ombre. Chuck Austen est alors une valeur montante de la maison des idées ayant notamment œuvré sur des séries de la gamme MAX (WAR MACHINE) avec un ton résolument adulte. Le choix semble adéquat, la suite ne fera que démontrer le contraire.

Ordre de lecture (je suis grand saigneur)

  • Hope (Uncanny X-Men #410-412)
  • Moving Story (Uncanny X-Men #413-416)
  • Dominant Species (Uncanny X-Men #417-420)
  • Uncanny X-Men Annual #43 et #44
  • Rules of Engagement (Uncanny X-Men #421-422)
  • Holy War (Uncanny X-Men #423-424)
  • Sacred Vows (Uncanny X-Men #425-427)
  • The Draco (Uncanny X-Men #428-434)
  • The Trial of the Juggernaut (Uncanny X-Men #435-436)
  • She Lies With Angels (Uncanny X-Men #437-441)
  • Of Darkest Nights (Uncanny X-Men #442-443)
  • Bright New Mourning (New X-Men #155-156)
  • Day of the Atom (X-Men #157-160)
  • Heroes and Villains (X-Men #161-164)
Qui veut être massacré par un scénariste ? moi, moi
© Marvel

Combien faut-il de X-Men pour viser une ampoule ?

Chuck Austen va avoir du mal à stabiliser son line up et son équipe des X-Men. Là où Grant Morrison arrive à donner de la consistance à ses personnages, choisis à chaque numéro, Austen se cherche continuellement. Grant Morrison a généralisé l’idée que désormais chacun pouvait puiser alégrement dans le cheptel des mutants au gré des besoins. Ainsi Iceman, Havok, Polaris, Vega, Husk, Archangel, Nightcrawler, Jubilee, Stacy X, Wolverine, Cyclope, Emma Frost, Le Fléau, Chambers, Fish Boy (Sammy Pare), M, Le Fauve, Malicia, Gambit, Storm, le Professeur Xavier vont passer sous la plume de Chuck Austen.

Pourtant le premier arc (Hope) met en évidence une équipe issue du run précédent de Joe Casey à savoir, Archangel, Nightcrawler, Stacy X, M, Iceman et omniprésent Wolverine. Mais péché mignon de tout scénariste qui essaye de laisser une trace sur la franchise X, il devient vite évident que Austen a son idée à lui de son équipe idéale. Péniblement il arrive à constituer un noyau dur composé de Iceman, Havok, Polaris, Vega, Husk, Nightcrawler et Archangel puis avec Malicia et Gambit sur la fin. Plus étonnant et assurément pour choquer, se démarquer et surement la relative seule bonne surprise, le recrutement du Fléau qui intervient dès le premier arc (Hope). Austen voulait un élément fort dans son casting. Malicia est dans les X-Treme X-Men de Claremont. Il avait pensé à Colossus, mais il était récemment décédé (lors du retour de Lobdell sur la franchise) et à l’époque comme un mort reste mort, Marvel dit non pour le russe. Donc va pour le Fléau tout en faisant quand même un pied de nez à l’éditorial Marvel avec la mort puis la résurrection d’Archangel (qui acquiert au passage une mutation secondaire). Wolverine, Cyclope, Le Fauve et Emma Frost viendront à l’occasion aider leurs coéquipiers.

Pour arriver à cela Chuck Austen ne se la joue pas fin psychologue. Il dégage Stacy X en en faisant une vulgaire roulure (oublié le travail de Joe Casey sur ce personnage casse gueule), tout simplement bonne à faire des vidéos pornos comme cadeau d’adieu. Il échoue à faire des jeunes étudiants mutants des futures X-Men en puissance : Husk qui grandit trop vite, M est expédiée tout comme Chambers et SquidBoy (Sammy Pare) ne sert pas à grand-chose. Chassant sur les terres de Claremont, Austen ressort des personnages non mutants. Du moins une : l’infirmière Annie. Cela aurait pu donner quelque chose de sympa, comme le fut à l’époque Sharon, Moira ou bien Stevie Hunter. Et bien non, tant Annie est exaspérante, niaise et tellement caricaturale dans son intolérance.

Bienvenue à connard land

On ne peut pas réellement accuser Chuck Austen de faire dans le Out of Characters (la charrette étant bien pleine, j’ai encore une once de compassion). Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, il défonce la personnalité des personnages qu’il écrit, oubliant l’élixir de subtilité. Le scénariste décide de décrire l’ensemble des personnages comme de véritables connasses ou connards.

Iceman devient prétentieux et très con se la jouant j’ai forcément raison car j’ai fait partie des premiers X-Men (attitude qui va avoir pratiquement tous le long du run), Havok devient encore plus mauvais que d’habitude dans son learderchip et plante Polaris, son grand amour, devant l’autel (bon Kitty Pryde fera pareil 20 ans plus tard, mais avec plus de classe), Polaris reste la schizo que l’on savait mais puissance 10. Stacy X rêve en permanence de cuir, Angel se la joue ange biblique amateur de jeune ado. Les membres d’Alpha Flight sont des bons petits soldats décérébrés à la solde de leur gouvernement. Vega ….à non lui il a toujours été insupportable donc là cela passe bien. Husk devient midinette portant des bonnets taille D. Nightcrawler endosse bien des problèmes existentiels, son côté pater n’est pas ce que réussi le mieux Chuck Austen.

Et quand il s’attaque au X-Man par excellence cela donne un Cyclope qui ne met pas longtemps à faire le deuil de sa femme (qui est réellement morte cette fois ci) sous les yeux bienveillants de ses camarades. On passe d’un adultère mental à un Don Juan sans cœur. Le traitement du Fléau reste presque exemplaire, la tentative de rédemption étant plutôt bien écrite.

Un mangaka chez les X-Men, un pari à moitié réussi.
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Y a-t-il un (bon) dessinateur dans l’avion ?

Bon on ne reviendra pas sur le débat des gouts et des couleurs mais il est évident que Austen a joué de malchance : A part Ron Garney, lui-même loin de ses meilleures prestations, et Salvador Larroca (en mode à partir de maintenant je vais mal dessiner) pas de grosses stars du dessin sur le run de Austen. Le style du pool des dessinateurs ne fonctionne tout simplement pas (Billy Tan, Asamiya) et il n’y aucune identité et unité graphique. Deux contre-exemples d’époque avec le X-Treme X-Men de Claremont ou le X-Statix de Milligan. Alors qu’à côté les scripts de Morrison sont destinés à guider les dessinateurs voire il écrit pour eux (Frank Quitely). Il sait tirer le meilleur de ses dessinateurs, son run sur NEW X-MEN l’a démontré …pas Chuck Austen.

Joe Casey et son approche de dessinateurs indés a rendu crédible Sean Philips sur Uncanny X-Men. Le dessinateur est clairement moins à l’aise ici. L’épisode cuir des X-Men de Morrison et Casey prêtait déjà à débat. Ce dernier est clos immédiatement devant nouvelle garde-robe hideuse des X-Men comme peuvent en témoigner les costumes de Vega, Iceman ou encore Angel.

Ce sont également des paris ratés comme la venue de Kia Asamiya. Graphiquement les épisodes du mangaka sont plutôt intéressants. Il ne change pas son style et dessine les X-Men avec une approche manga qui vaut quand même le coup d’oeil. D’ailleurs il récidivera dans la veine comics avec une version de BATMAN.

Philip Tan avec ses morphologies de personnages horribles et ses effets sales sont loin d’avoir apporté un effet whaou comme Bill Sienkiewicz ou Ashley Wood. A la rigueur il rend encore plus drôle qu’il ne l’est déjà (à ce niveau-là il vaut mieux en rire) Sacred Vows, l’arc sur le presque mariage apocalyptique de Havok et Polaris.

Enfin c’est sous l’ère Chuck Austen que Salvador Larroca devient ce dessinateur clivant (et mauvais) pour beaucoup. Bon il faut avouer qu’il n’est pas aidé par les couleurs fadasses et infames du studio UDON mais le dessinateur rate quand même un certain nombre de visage, dans des planches sans dynamisme ni saveur, loin de son niveau avec Scott Lobdell (on y revient toujours) et Chris Claremont qu’il venait pourtant de quitter après une prestation convaincante sur X-TREME X-MEN. Pourtant c’est quand Salvador Larroca devient le dessinateur régulier (17 numéros quand même) que la prestation de Austen reste la moins pire.

Pas de Wonderbras, pas de tablette de chocolat de Warren
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Si tu me montres la tienne, je te montre le mien

Un temps fort du run de Chuck Austen est assurément l’approche du sexe chez les X-Men. Loin de moi d’avoir une vision prude de nos héros de papier mais force de constater que le scénariste ne fait pas dans la dentelle.

Cela commence par Paige Guthrie qui se voit subitement doter d’une poitrine à faire pâlir Russ Meyer. Elle se comporte avec Angel comme une véritable roulure ce qui vaut un échange avec Stacy X digne d’American Pie qui se termine par un « pour info je vais regarder un film porno dans ma piaule ». Warren et Bobby se verront pris dans les filets d’une réfugiée de Genosha dont le pouvoir semble de faire bouger ses roploplos bleus pour une séquence de sexe sans sentiment.

Un exemple de la grande classe chez Austen : la déclaration des sentiments entre Angel et Husk. Warren s’inquiétant de ne plus voir Stacy X, découvre qu’elle est partie en laissant une vidéo d’elle nue. Warren la regarde attentivement, jusqu’au bout, et oups Paige arrive à ce moment-là. Moment de gène ? Tu parles, Charles ! On se déclare sa flamme juste après.

Viendra le temps de temps de la tentation pour Kurt Wagner avec Stacy X car la chair est faible même pour celui qui décide d’embrasser les ordres. Ses problèmes viendraient même de là (Rules of Engagement et Holy War). Forcément Austen la joue lourdingue pour les enterrements de vie de jeune fille et garçon du mariage de Lorna et Alex à coup de blagues graveleuses et stripteases.

Le climax est atteint dans l’arc de la honte, She Lies With Angels. Un Roméo et Juliette chez les Mc Coy et Hartley où une bande de bouseux du coin arrivent à mettre en échec les X-MEN dont Wolverine. Et là arrive le clou du spectacle : Warren et Paige se dessapent pour s’envoyer en l’air au sens propre et figuré devant Ma’ Guthrie. Oui la même Paige qui jouait encore à touche pipi avec ses coéquipiers de GENERATION X peu de temps avant. Nightcrawler évoque même le cas des prêtres pédophiles dans Dominant Species à l’occasion d’un dialogue lunaire.

Mesdames, vous savez ce qui vous reste à faire….
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Les femmes viennent de Vénus et les hommes de Mars

Chuck Austen a un problème avec les femmes. Il les décrit presque toute comme des objets sexuels, sans grande ambitions, faire valoir de la meute qui les entoure. Miss Hulk illustre parfaitement le personnage féminin type d’Austen quand elle met dans son lit son client, Cain Marko dans The Trial of the Juggernaut. Il faut coucher pour réussir, résoudre un problème ou simplement exister voire tout simplement passer le temps

On est loin de la description d’une Ororo qui prend le leadership dans un magnifique duel avec Cyclope dans UNCANNY X-MEN #201, du sacrifice de Phenix ou encore de la bonté de Jubilee et Kitty Pryde. Austen multiplie les triangles amoureux voir même les quadrilatères : Husk-Angel-Chambers ; Annie – Havok – Lorna – Bobby avec Vega qui tente même de s’incruster. Et toujours avec une représentation des males dominants. Annie et Polaris en viennent aux mains et deviennent complètement hystérique pour les yeux d’Alex Summers. Plus pathétique, la plupart des conversations et donc des dialogues des personnages féminins tournent autour du sexe ou des hommes

Même Ma’ Guthrie s’efface en découvrant la romance de sa fille. Sur la fin du run, Malicia tremblera pour son chéri cajun, comme une femme au foyer. D’ailleurs dans la Bachelorette Party de Lorna cette dernière interpelle Jean Grey en lui faisant remarquer qu’elle s’est mariée à Scott uniquement pour avoir une situation stable.

Kurt, I’m your father
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Le Shakespire des X-Men

Sauf à de rares exceptions, les aventures des X-Men de Chuck Austen ne décollent jamais. La faute à des antagonistes inintéressants. Pourtant on voit bien qu’il fait partie du cercle restreint des scénaristes qui ont tenté de renouveler la franchise avec de nouvelles menaces comme Draco ou les Lobos. Mais mal écrit, cela ne prend pas. Sans direction précise de son run, Chuck Austen nous lasse vite devant les histoires de cul et de cœur guère passionnantes, surtout à base de dialogues putassiers.

Les arcs s’enchainent sans lien, sans passion, sans empathie envers les déboires des X-Men. Il enchaine quand même des pitchs et idées bien nazes dans des arcs trop longs : Draco en 7 numéros, 5 épisodes pour les X-Men chez les Guthries, 4 pour l’escapade chinoise et les Lobos. Et même quand c’est assez condensé, comme le faux mariage (2 épisodes) cela semble tellement forcé que l’on tourne les pages sans envie aucune.

Pire, là où le bât blesse, c’est que quand Chuck Austen commence à devenir lisible, on le doit à des intrigues éculées comme avec la Confrérie des Mauvais Mutants (Heroes and Villains), les fanatiques anti-mutants (Bright New Morning) ou ce cher Black Tom Cassidy (Hope). Cela correspond également au retour de Chris Claremont sur UNCANNY X-MEN, Chuck Austen switchant sur New X-Men. Heroes and Villains dernier arc et chant du cygne pour Chuck Austen clôturera une prestation pitoyable. On sent bien que l’auteur va être débarqué car même s’il range certains de ses jouets en clôturant quelques sub-plot, cette fin de route bien qu’accueillie avec soulagement (quoi que, la suite c’est le double maléfique de Peter Milligan) est précipité. Il n’y a plus rien à sauver surtout avec une nouvelle incarnation soporifique de la Confrérie des Mauvais Mutants comportant un mutant à tête d’éléphant (je retiens les noms ce ceux qui se cachent pour en rire).

Petite exception avec les 2 UNCANNY X-MEN ANNUAL (le #43 et le #44) auxquels il contribue. Deux histoires pas si désagréables à lire au regard des autres numéros du run. Dans l’annual #43, Austen remet au gout du jour la Division Alpha (ALPHA FLIGHT) dans une histoire un peu bancale autour de la mort de Mac – oh ils encore tué Guardian – Hudson. Une histoire de cœur, on ne refait pas Austen, est à l’origine de l’accident. Je rassure les âmes sensibles, Mac ressuscitera bien aidé par le sang magique d’Angel. Plus intéressant, l’annual #44 approfondie la relation entre le Fléau et Sammy Pare tout en ouvrant les yeux à Cain Marko. Surement la pépite en papier maché du run de Chuck Austen.

S’envoyer en l’air, mode d’emploi
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Arrêtez de jurer Marie Thérèse.

Introduire la religion est souvent casse gueule dans un comics mainstream. C’est un sujet sensible outre Atlantique. Et pourtant Chuck Austen ose.
Avec Holy War, qui ouvre sur un champ de crucifixion, Chuck Austen clôt le chapitre de l’église de l’humanité, création de Joe Casey. C’est l’occasion d’abimer le personnage de Kurt Wagner notamment sa foi. Au passage on découvre qu’il a été ordonné prêtre, sans qu’aucun de ses amis soient au courant. L’amitié selon Saint Austen. Au moins on rigolera devant l’identité de celui ou plutôt celle qui dirige l’église de l’humanité (Austen y va franco, une femme pour remplacer le Pape) sans oublier que la notion de Ravissement mise en avant ne convient pas complètement aux catholiques.

Nightcrawler devient tout le long de ce run la voix de Austen sur la religion que cela soit à travers ses doutes (la tentation du péché de la chair) ou bien des questions philosophiques comme l’existence de Dieu et le fait qu’il tolère de telles atrocités sur Terre. Ne vous attendez pas à une thèse en théologie dans les pavés de textes.

Un peu de mal également avec la conception du mariage, où le péché est omniprésent à la cérémonie (Havok) ou à travers les vœux trahis (Cyclope vite casé). Au nom du père révélera les origines de Nightcrawler. Chris Claremont en avait très bien défini les contours en suggérant que Mystique était sa mère. A partir de là, il restait certes le mystère de qui était le père, mais sans que cela nous empêche de dormir. Mais ce bon vieux Chuck se voit bien comme le croquemitaine de nos nuits. Place à Draco, une sorte de démon du énième cercle. On découvre une guéguerre entre Anges et Démons. D’ailleurs tous les mutants aux caractéristiques angéliques auraient donc la possibilité de guérir. Concept bien pourri comme l’arc Draco. Ce même Draco a finalement trouvé une seconde vie ailleurs. Le personnage a été utilisé dans un des films X-MEN, surement un des meilleurs de la franchise : X-MEN FIRST CLASS. Comme quoi Austen n’a pas non plus complètement été inutile.

Le scénariste part également dans un délire mystique avec un Warren Worthington plus angélique que jamais, qui se prend désormais pour Jésus avec son sang qui peut guérir et ressusciter ses paires. Et quand on touche aux hommes d’église la tentation de la chair est forte que cela soit chez Kurt Wagner, altérant ses capacités de leadership au passage, mais plus grave chez Angel, décrit comme une figure biblique male, qui va chasser chez les plus jeunes et innocentes brebis. A priori ce n’est pas sale (mais comment Marvel a-t-il pu laisser passer cela) mais c’est assurément malsain. Sur le cas de Paige, il y a bien à un moment, un chouia de questionnement et un éditorial qui finira par valider la majorité, comme un tour de passepasse, de la sœur de Rocket.

Un éléphant cela trompe énormément
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Quand je serais grand je veux être Chris Claremont

Une des caractéristiques du run de Chuck Austen voire de son écriture c’est le soap. Vous me direz c’est ce qui a fait le succès des X-Men de Chris Claremont, puis plus tard de ceux de Scott Lobdell et Fabian Nicieza. Oui mais là on dans du soap de mauvaise qualité, écrit à la truelle avec un gout prononcé pour le mauvais goût lourdement nappé de dialogues et situations graveleuses. Austen transforme l’institut Xavier en un lupanar géant. Un manoir à phantasmes pour mutants en manque de sexe. Aucune logique dans les sentiments et les comportements des différents personnages.

Toujours avec cette idée de chasser sur les terres de Chris Claremont, Austen décide également de revenir à ce qui fait l’essence même des X-Men : la différence et l’exclusion. Et donc il y va gaiement. Vega, mutant et personnage homosexuel de l’univers Marvel est la cible idéale. Dialogues navrants à coup de pédé et gay avec un jeune mutant (qu’il échouera à sauver dans Moving Stories) puis amoureux transit d’un Iceman toujours aussi Stifler dans son attitude. L’infirmière Annie assure le rôle d’entremetteuse (en voilà un joli nom de code que je viens de trouver et qui va si bien à Ugly Annie), la même qui se décrit elle-même raciste envers les mutants. Austin se risque même sur le terrain de la géopolitique en dévoilant les origines arméniennes d’Annie Ghazikhanian avec une leçon d’histoire et de tolérance par le professeur Xavier à la clé. Bon les historiens, passez votre chemin, le génocide arménien par Austen cela ne va pas très loin.

Je ne résiste pas à la tentation de faire une énième parallèle entre Chris et Chuck. Le premier a inventé les démons, les limbes et Belasco, le second un énième enfer et Draco. Wolverine crucifié. Je réplique avec des dizaines de mutants sur des croix (Holy War).

Les mutants comme évolution de l’humanité, destiné à être l’espèce dominante comme le prône Magneto ? C’est dépassé. Place aux hommes loups avec les Lobos de Dominant Species. Raté comme le reste, malgré une prise de risque graphique intéressante avec Kia Asamiya. Pour enfoncer le clou, la vision de l’homo superior de Austen passe par une idée bien naze : les mutants ne pourraient pas attraper le SIDA (Holy War).

Et si j’écrivais un grand classique de la culture populaire américaine mais aussi des X-Men : un procès (comme Claremont avec UNCANNY X-MEN #200, Lobdell avec UNCANNY X-MEN #315 ou encore Seagle avec le #350). Et c’est parti pour un procès soporifique, le fameux Trial of Juggernaud, dont on ne retiendra qu’une chose : Miss Hulk s’envoyant en l’air. Tellement gêné par ce what the fuck improbable, Dan Slott retconnera cette histoire pour la jeter dans les poubelles de Marvel lors de sa prestation remarquée et remarquable sur Miss Hulk.

Et je voudrais aussi être John Byrne à l’occasion. Rules of Engagement voie le retour d’Alpha Flight sur le devant de la scène. On notera un travail dans la continuité car les évènements décrits font écho à l’émeute provoquée par Quentin Quire lors de la journée porte ouverte dans les NEW X-MEN de Grant Morrison. Alpha Flight est mandatée par un politicien pour faire évacuer tous les enfants de l’institut Xavier sous prétexte qu’ils sont en danger. C’est quand même tiré par les cheveux avec une confrontation bourrine. L’équipe canadienne, apparait sans remort, sans amitié aucune, agissant comme des parfaits toutous au service des politiciens.

Finalement la seule fois où ce bon vieux Chuck ne se loupe pas vraiment c’est dans la description de la relation entre Cain Marko et Sammy, assez touchante, souvent juste entre deux êtres qui se cherchent dans un monde qui les rejette. A mettre à son crédit, le fait que Archangel redevient Angel abandonnant sa peau bleue.

Jennifer passe son examen du (gros) barreau.
© Marvel

I see dead people

Austen n’a aucun problème avec la mort. Surement dans un soucis de plus ancrer ses histoires, il n’hésite pas à trucider quelques mutants ou humains. C’est même un carnage sur la fin (She Lies With Angels, Bright New Morning, Heroes and Vilains). Ou sinon il les ressuscite comme Guardian ou encore Jubilee puisque Angel, mort et auto ressuscitée lui aussi, a désormais ce pouvoir (finalement Hickman n’a rien inventé).

Surement une idée commandée par l’éditorial, le cas de Magneto est aussi à mettre dans la balance. Dans Day of the Atom, Austen gomme l’ère Grant Morrison en introduisant le frère jumeau de Xorn. Tout est fait pour invalider la mort de Magneto et donc de Xorn. A la décharge de Austen, c’est Chris Claremont lui-même qui organise le retour de Magnus dans EXCALIBUR vol2 qui parait en même temps. Nos amis les X-Men voyageront jusqu’en Chine (avec une équipe de super héros chnoise créée pour l’occasion que l’on ne reverra pas) pour découvrir ce deus ex machina improbable, inintéressant et surtout grotesque.

Bon il s’agit de conclure. Que retenir comme synthèse de ce gadin monumental. Des idées hors-jeu, un ton plus mature et une orientation adulte à côté de la plaque pour un comics mainstream et phare comme les X-Men. Que les X-Men c’est en effet du soap mais pas de la soupe et n’est pas Chris Claremont qui veut. Des histoires de fesses et des personnages obsédés sexuels n’ont jamais fait des bonnes histoires dans un comics des familles. Pourtant il est intéressant de se rappeler qu’à la même époque Peter Milligan offrait une version originale de l’univers mutant avec X-FORCE puis X-STATIX.

Les personnages sont à la limite du out of characters mais surtout mal écrit. Austen n’a jamais su les prendre en main, les écrire, les aimer, la subtilité n’étant un mot qui peut caractériser sa plume. La description d’Iceman, Havok, Nightcrawler ou encore Angel auront font saigner les yeux des plus résistants à la douleur d’entre nous. Non seulement on ne reconnait pas ces personnages qui prennent des positions ou des postures à l’encontre de ce qu’ils ont été, de leur évolution mais en plus ils sont inintéressants, stupides, tête à claques et surtout antipathiques.

Et même graphiquement cela ne prend pas. Ce qui était culotté chez Morrison (Quitely, Van Sciver, Kordey, JP Leon) ou Casey (Woods, Philips) déçoit chez Austen (Tan, Larroca, Asamiya). Chuck Austen marchant en plus sur des chardons ardents avec des thèmes casse gueule et mal amenés comme le sexe, l’intolérance ou encore la religion. Bref un plantage dans les règles dans ce qui semble être finalement le haut du panier dans le pire du pire chez les X-Men.

BO : Rape me, Nirvana

30 comments

  • Doop  

    Tout pareil que toi. seule la relation Caïn, Sammy est à sauver. et tu ne parles même pas des erreurs de scénario. le Draco qui revient sur terre pour avoir des enfants qui lui donneront la’possibilite de … revenir sur terre 😁. joli tour d’horizon.
    Merci fletch

    • Fletcher Arrowsmith  

      Bonjour Doop.

      en effet la relation entre Sammy et Cain est assez bien écrite. Dans une moyenne haute.

      Je n’ai pas relevé les erreurs scénario car en fait elles proviennent à chaque fois d’un script ou d’idées bien nazes. Donc à partir de là ….

  • JB  

    Merci Ô saint Fletcher d’avoir subi le martyre de cette lecture. Douloureux souvenir que cette période ! Plus que tout, l’histoire DRACO qui torpille le perso de Diablo en indiquant qu’effectivement, il fallait se fier à son apparence qui indiquait son origine démoniaque…

    Pour ma part, j’ai aussi subi US War Machine, les séries MAX d’Austen. Ce truc est imbitable, avance à la vitesse de l’escargot, propose des trucs improbables sur le racisme (Nick Fury Sr. donne des leçons à Jim Rhodes sur le sujet…) Je ne parlerai même pas du second volume avec des images générées par ordinateur, le visuel donne des nausées. Ça ne laissait présager que du bon sur l’auteur !

    Juste un truc pour Archangel : pour moi, il acquiert son facteur guérisseur au moment de The Twelve, dans la série Wolverine (sous la plume de Nicieza et Larsen)

    • Fletcher Arrowsmith  

      Salut JB.

      C’est en effet pendant la saga The Twelve (et sous les Wolverine de Larsen / Cruz) que l’on voit pour la première l’idée que Archangel peut soigner. Mais cela n’avait pas été réutilisé ensuite (donc en fait 1 seul numéro).

      Austen utilise l’histoire de la mutation secondaire et je ne suis pas persuadé qu’il se soit rappelé de THE TWELVE (un futur BD ?). Et là on parle de ressusciter et pas que guérir.

      Ce qui est mauvais c’est ce qu’il en fait : dans un épisode Warren doit avoir au moins 50L de sang pour ressusciter tous les mutants morts crucifiés. Et puis Austen abuse du procédé : hop un grand blessé ou un mort et Warren arrive. Jason Aaron sera beaucoup plus subtile dans WOLVERINE AND THE X-MEN sur ces pouvoirs de Warren.

      • JB  

        Bien vu, si ça se trouve, c’est une heureuse coïncidence que ce soit plus ou moins raccord ^^
        Pour Aaron, il a quand même à son « actif » une résurrection par téléportation depuis le Paradis 😉 (en vrai, j’aime bien ce story arc d’ASTONISHING)

        • Fletcher Arrowsmith  

          En effet, un premier arc bien sympa sur ce troisième volume d’Astonishing X-Men, avec de forts beaux dessins de Ed McGuiness. Des hommages à Cockrum, du fun, de la fantaisie. Il y avait aussi Azazel il me semble.

  • Jyrille  

    Alors déjà, excellent titre et super intro avec un lien très officiel, peut-être le premier sur ce site ! Je découvre, n’ayant jamais lu ceci et n’en ayant aucune envie donc merci pour ma culture 🙂 Surtout que 46 numéros, ce n’est pas rien !

    J’aime beaucoup tes titres de paragraphes thématiques (un découpage bienvenu je trouve) tirés d’un peu partout, de références diverses. Ca rend le tout très vivant et marrant. Au niveau des scans par contre, ça m’a l’air bien laid. Rien d’attirant (même si j’aime bien celui avec Miss Hulk).

    « oubliant l’élixir de subtilité » ah ah bien vu !

    J’ai beaucoup aimé ta description du rôle des femmes ici. Pour sûr, je ne pourrais jamais lire ça. De manière générale je trouve ton article complet, faisant un tour du propriétaire peu glorieux et un état des lieux lamentables : je te crois sur parole.

    La BO : tuerie. Je me souviens bien l’avoir vue en direct, cette prestation. Ils avaient fait trois titres. Souvenirs.

    mowno.com/articles/playlists-zoom/nulle-part-ailleurs-meilleurs-lives/?fbclid=IwAR39BjRaLpZ6P-O9bdxE6shgs8ABMTTHLX5Whi2ErgwU-z1PNZ3K0S3Zx00

    • Fletcher Arrowsmith  

      Bonjour Cyrille.

      merci pour des commentaires. Je m’y suis repris à 3 fois pour écrire cet article, cherchant le bon format et voulant éviter de commenter chaque arc (ce que j’avais commencé à faire).

      En effet Austen et le femmes c’est clairement minable.

      J’avais choisi la BO dès le début. La plus facile à trouver depuis mon arrivée sur le blog 🙂

      • Jyrille  

        Je me souviens qu’à l’époque, Canal+ repassait tous les lives de la semaine de Nulle Part Ailleurs le dimanche matin. En revoyant cela avec ma mère, elle m’avait dit « Au moins eux ils sont bien habillés » 😁

  • Kaori  

    Eh bé ! Un article qui m’a bien fait sourire, jolie intro !!
    Pauvre de toi, contente de ne pas avoir eu à subir ce genre de bizutage !!

    Merci pour ce sacrifice qui nous épargne bien des moments difficiles !

    L’acte sexuel d’Angel en plein ciel avec une jeune demoiselle devant sa mère, j’en entends encore parler régulièrement…

    Nirvana en BO : j’approuve !

    • Fletcher Arrowsmith  

      Hey Kaori,

      je suis sur qu’après un tel article, désormais tu ne rêves que d’une chose : le retour de Chuck dans les comics mainstream. Pourquoi pas sur Nightwing 😀

      Pour en revenir sur Warren et Paige, c’est réellement dérangeant à la lecture. Chris Claremont, malgré ses marottes fétichistes, avait traité la relation entre Kitty et Piotr avec classe et sensibilité. Et comme l’a fait remarquer Bruce dans son article d’hier, combien d’année avant qu’ils passent à l’acte (même si Kitty avait déjà tâté de la bête à deux dos avec la perfide albion dans Excalibur 90 sur crayonné de Carlos Pacheco)

  • Présence  

    J’ai dévoré cet article car je n’ai lu aucun épisode écrit par Chuck Austen… mais j’en ai tellement entendu parler.

    Spoiler comme un goret à l’image de ce run : 😀 excellent.

    Chuck Austen a quand même écrit 46 épisodes, l’équivalent de presque 4 ans d’un titre mensuel, je ne pensais pas que ça faisait autant.

    Austen ressort des personnages non mutants : un bon point pour lui.
    Exaspérante, niaise et tellement caricaturale dans son intolérance : ah oui, la déception est rapide et sans espoir.

    Austen dégage Stacy X en en faisant une vulgaire roulure, tout simplement bonne à faire des vidéos pornos comme cadeau d’adieu : il me semblait avoir déjà entendu parler du légendaire sens de la mesure et de la sensibilité de ce scénariste. 🙂

    On ne peut pas réellement accuser Chuck Austen de faire dans le Out of Characters (la charrette étant bien pleine, j’ai encore une once de compassion). Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, il défonce la personnalité des personnages qu’il écrit : ça fait plaisir de voir Flectcher autant en verve.

    Pas de grosses stars du dessin sur le run de Austen : est-ce à dire qu’il n’était pas aidé par les responsables éditoriaux ? Que les priorités de l’époque n’étaient pas les séries X-Men qui de toute façon se vendaient toutes seules ?

    Un temps fort du run de Chuck Austen est assurément l’approche du sexe chez les X-Men : et avec sa sensibilité toute en finesse, ça ne pouvait qu’être traité tout en nuances.

    Russ Meyer : une référence qui me parle. Ne me jugez pas. 😀

    Warren et Paige se dessapent pour s’envoyer en l’air au sens propre et figuré devant Ma’ Guthrie : je me souviens avoir déjà vu cette page dans des top divers et variés. Voici donc d’où elle provient, merci.

    Le Shakespire des X-Men : encore une magnifique expression, vraiment très en verve.

    Austen transforme l’institut Xavier en un lupanar géant : Sex sells, comme disait Joni Mitchell.

    Mazette quel article ! Enjoué et dense, une réussite impressionnante, et on n’a même pas à lire les épisodes pour pouvoir l’apprécier.

    • Fletcher Arrowsmith  

      Merci Présence.

      Avec Austen on ne peut qu’être en verve (ou en verge :)). A défaut d’un run intéressant, l’article tente de l’être. Je suis en général plus à l’aise pour défendre plutôt qu’accuser.

      Graphiquement : réelle déception. Garney n’a jamais impressionné sur son passage et on voit bien que l’éditorial surfe encore sur la vague indé – Momo/Casey et tentant de faire des paris sur des futurs stars. Totalement raté. Comme écrit c’est finalement surement Salvador Larroca qui s’en sort le mieux, sa régularité faisant pour beaucoup à l’arrivée (et on ne peut pas lui enlever sa régularité à rendre ses planches tous les mois).

  • Surfer  

    Pour être honnête, en voyant l’article ce matin je me suis dit que: Vu la longueur et mon désintérêt total pour les mutants de cette période, jamais je n’irais jusqu’au bout.😩.
    Et finalement, j’ai tout lu grâce à ton humour. Bravo tu as réussi à ne pas me faire décrocher 👍
    L’introduction y est pour beaucoup 😉.

    J’ai quand même un truc à vérifier. Tu nous sort, comme ça de ton chapeau, un article de loi du code pénal. Je veux confirmation auprès de ma fille, qui est juriste… Elle saura me dire !
    Si c’est le cas, je vais porter plainte en espérant qu’il n’y ait pas prescription !
    J’en ai subit et fait subir des bizutages à la fac 😀😀😀.

    La BO: je valide aussi

    • Fletcher Arrowsmith  

      Salut Surfer.

      Il fallait assurément en rire plutôt qu’en pleurer car nos yeux et nos neurones saignent à la lecture.

      A mon époque on parlait d’intégration et pas de bizutage …..

  • Tornado  

    Je n’ai lu de ce marasme que les NEW X-MEN, des épisodes qui faisaient suite au run de Morrison. C’était pathétique. Bête, moche, vide et réac. Un bon de 10 ou 20 ans en arrière, je n’en revenais pas. Heureusement, tout ceci est loin à présent. Et je n’en reviens toujours pas que vous soyez aujourd’hui encore aussi accrocs à cet univers. Tellement peu de bonnes histoires sur tant et tant d’années, d’épisodes et d’auteurs laborieux. Pour arriver aujourd’hui à un incompréhensible gloubiboulga géant. Il y a bien longtemps que je suis passé à autre chose ! Au final, je n’ai pas gardé 10 comics des X-men dans ma bibliothèque..

    • Fletcher Arrowsmith  

      Salut Tornado,

      tu en poses une bonne interrogation : Et je n’en reviens toujours pas que vous soyez aujourd’hui encore aussi accrocs à cet univers.

      Alors comme tu as pu le lire, je ne goute pas du tout à ce run, qui est mauvais. Mais en effet je l’ai toujours à la maison, car présent en mag Panini qui comportent d’autre récits comme CABLE, SOLDIER X, du Momo (pour les dessinateurs surtout) ….. En fait je n’ai jamais réalisé la bascule de passer à des recueils. Et désormais trop cher de le faire. Donc je garde pour quelques trucs ici et là.

      Je suis moins sévère que toi également sur le genre super héroïque, vaste, varié où chacun vient y chercher et trouver ce qu’il a envie. Cela n’empêche pas d’être lucide et d’avoir les gouts qui évoluent également.

  • Bruce lit  

    Un premier article de référence pour 2023 ! Bravo Fletch’, tu l’as fait !
    Tout a tout dit ou presque. C’est drôle, bien mené et pédagogique.
    Je me permets juste de compléter : c’est à la demande de Quesada que Austen officie sur Xmen. Il soutiendra jusqu’au bout. Je crois même me souvenir qu’il y est allé d’un petit mot de remerciement lorsqu’Austen est parti dans l’esclafferie générale en louant son travail. C’est étonnant comme ce mec a pu se tromper car il donnera aussi blanc seing par la suite à Soule ou Daniel Way en disant qu’ils faisaient partie des 10 meilleurs scénaristes actuels.

    Donc, à l’époque Austen doit garder le lectorat conservateur des Xmen. Morrison va trop loin et il s’agit de proposer un titre qui raccroche les wagons de la continuité et où l’on retrouve des personnages disparus du giron X avec Morrison : Gambit, Angel, Iceberg etc.

    Austen s’acquitte donc de sa lettre de cadrage et c’est vrai qu’à l’époque j’ai tout acheté en passant du run de Morrison à celui-là.
    Je trouvais les dessins mangas intéressants : aujourd’hui c’est atroce.
    Toutes les couvertures étaient moches.
    Je tentais d’accrocher les wagons comme je pouvais : Angel redevient enfin blanc, oh! le père de Diablo, le mariage de Lorna et Alex mais au final j’ai revendu tous mes TPB sans remords.
    Même la rédemption de Cain Marko, c’était très mauvais. Il ne suffit pas de mettre en scène un connard avec un enfant pour le dédouaner de toutes ses saloperies.

    Tiens je me rappelle du dernier épisode que j’ai lu de lui :
    Charles organise des funérailles pour Magneto alors que le mec a tué Jean Grey. Wolverine lui dit que c’est un gros con. Pendant ce temps,Hank et Scott se rappellent que Cassandra Nova était emprisonnée dans l’hôtel Xavier. Ils se disputent toujours pour des histoires de cul. Et oublient de chercher Cassandra Nova….
    A côté Bendis, c’était Scott Fitzegrald.

    Bref, merci Fletch.

    La BO : culte ! J’eus la chance de voir le groupe quelques jours après au zénith. Pour la dernière fois…

    • Fletcher Arrowsmith  

      Merci Bruce.

      Tu vois il fallait savoir attendre mais I DID IT.

      • Tornado  

        J’ai d’ailleurs oublié l’essentiel : C’est un super article, avec un super titre, et une super BO ! 🙂

        • Fletcher Arrowsmith  

          Merci monsieur.

  • JP Nguyen  

    Je ne connaissais ce run que de réputation. Il date d’une époque où je lisais beaucoup de reviews en VO pour sélectionner les fichiers cbr que j’allais télécharger. Je me rappelle de certains doux rêveurs qui commençaient à chroniquer un arc en espérant que Austen allait relever le niveau, exploiter le pitch correctement, et inévitablement, de mémoire, ça se soldait par une déception.

    Je ne sais pas si c’était le but mais ton article m’a donné envie d’y jeter un oeil. J’ai lu en ligne l’épisode du non-mariage d’Havok.
    Les dessins sont moches mais c’est du Michel-Ange à côté du scénario. C’est tellement mauvais que ça en devient fascinant, un peu comme un nanar au cinoche.
    Et le pire, c’est que je me dis qu’il faudrait que je m’en lise d’autres, pour le « fun ».
    Je ne sais pas si je dois te remercier, mais si, il faut apprécier les occasions de rire dans la vie, donc MERCI pour ce moment (ta review) et ceux à venir (mes prochaines lectures nanardesques).

    • Fletcher Arrowsmith  

      Si je peux rendre service, c’est toujours avec plaisir.

  • Matmout Gougeon  

    Bonsoir Fletcher et félicitations à toi pour cette rétrospective amusante et en même temps très instructive (j’y ai découvert le mot « roulure » !), quel courage faut-il avoir pour en rédiger autant à partir d’un contenu si pauvre.

    Et pourtant.. pourtant.. au risque de manœuvrer à contre-courant, je fais partie des rares lecteurs à éprouver une sorte de fascination morbide à l’égard du run d’Austen sur les X-Men. Du même genre que celle que j’éprouvais ado en matant des émissions de télé-réalité débiles où se mêlaient protagonistes grotesques, dramas improbables et échanges tous plus lunaires les uns que les autres. Un peu comme quand tu vas au Macdo en sachant que tu n’en ressortiras pas meilleur que quand t’es rentré mais t’y vas quand même. La fange m’attire.

    Objectivement, ce run est pathétique, beauf, sexiste, vulgaire, affligeant. Austen fait le choix d’écrire des personnages médiocres au service d’intrigues très médiocres : comme tu le soulignes très bien, le récit super-héroïque ne semble pas l’intéresser plus que ça (pas d’épopée intergalactique, pas de voyage temporel ou de réalité alternative, pas vraiment d’intrigue SF en dehors de la brève incursion dans la dimension d’Azazel durant DRACO), le mec est venu là pour nous montrer la vie ordinaire de ces êtres extraordinaires. Il y a bien quelques passages réussis, si si (le premier arc « Hope » très correct, la relation Fléau/Squidboy, la scène où Havok découvre tout ce qu’il a raté depuis sa « mort »), mais aussi trop de moments WTF pour qu’on s’en souvienne.

    Quelque part, je trouve que cette daube a au moins le mérite de ne pas se prendre au sérieux et en cela, je trouve le run d’Austen bien plus divertissant à lire que nombre de séries de l’ère HoX/PoX/DoX/XoS/RoX/DoX où les auteurs passent leur temps à se toucher la nouille et se regardent écrire des récits de SF tarabiscotés enrobés de réflexions pseudo-philosophiques (Jonathan Hickman en tête bien évidemment, mais côté Duggan c’est pas beaucoup mieux, je suis à deux doigts de m’endormir à chacun de ses épisodes). Austen, c’est du nanar décomplexé et c’est bien fendard à lire au troisième degré.

    • Matmout Gougeon  

      J’oubliais, pour prendre la défense du père Austen : je signale son premier passage sur la franchise mutante dans l’univers Ultimate X-Men avec un diptyque, mêlant action et émotion, consacré à Gambit (« On n’oublie jamais son premier amour »). Un récit visiblement bien accueilli car c’est suite à cette histoire qu’il est propulsé sur Uncanny X-Men 😉

      Et toujours dans l’univers mutant, il s’en était plutôt bien sorti sur la série Exilés où il a officié le temps de quelques numéros (certes, assez longtemps pour nous ramener ses maudits loups-garous dans une intrigue foireuse, mais aussi pour mettre en scène un arc plus convaincant qui voit Hypérion débuter son périple destructeur et devenir le grand némésis des Exilés). J’avais beaucoup aimé.

    • Bruce lit  

       » je trouve le run d’Austen bien plus divertissant à lire que nombre de séries de l’ère HoX/PoX/DoX/XoS/RoX/DoX où les auteurs passent leur temps à se toucher la nouille et se regardent écrire des récits de SF tarabiscotés enrobés de réflexions pseudo-philosophiques »
      Non ! Tu n’as pas le droit d’écrire ça ! Moi si ! Si même le leader du groupe A MOI MES XMEN trouve l’ère Hickman infecte, où va le monde ?

    • Fletcher Arrowsmith  

      Merci pour ce retour Matmout.

      Là ou je ne suis pas d’accord avec ton argumentaire de la défense, c’est qu’un nanar c’est une œuvre qui ne se prend pas au sérieux, où l’envie de faire bien avec les moyens du bord (Ed Wood par exemple).

      Austen se prend au sérieux. Il écrit des récits qui se veulent matures, au dessus de la mêlée, avec une orientation adultes sensé trancher avec ces prédécesseurs n’écrivant que des « comics ». D’où le fait que le fun est oublié, même dans les caractérisations des personnages qui sont tellement poussées que l’on est même plus dans la caricature mais dans le raté, une mauvaise écriture (et des dialogues affreux).

  • Eddy Vanleffe  

    Chuck Austen, le scénariste qui est si bas qu’il ne peut que remonter…
    grâce notamment à la solidarité et les efforts forcenés de braves tels que Bendis, Lemire, Milligan (son run sur les X-Men, m’a pelé le cerveau à l’économe rouillé).
    J’avoue avoir bien ricané sur le mariage raté (qui a du faire date puisqu’il a été remaké…)
    Mais un passage qui reste célèbre parce qu’un membre fondateur s’envoie une ado (on sent le avant et après me-too… ^^) Le père de Diablo qui est Satan (ouille ouille ouille) et tous les trucs cités par Fletch (qui a subi ses propres scènes de la passion à la relecture de tout ça…)
    Comment vous dire que j’ai jarté tout ça de ma mémoire…
    Je ne commenterais plus le run de Hickman puisqu’il est quand même relativement bien foutu, c’est juste la sémantique et la méthode qui ne me plaisent pas…

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