Davis et ses vertus (Focus : Alan Davis)

Encyclopegeek : Alan Davis

Un hommage en teamup de JP NGUYEN et PRESENCE

1re publication le 26/03/19- MAJ le 18/04/20

Davis les rend marteau !  Alan Davis

Davis les rend marteau ! © Alan Davis / Marvel Comics

Après s’être penchés sur John Byrne , deux contributeurs de la team se sont découverts une passion commune pour un autre créateur exceptionnel des comicbooks : Alan Davis. Les sacrifices humains étant proscrits dans le temple Brucelisien, nos deux compères n’ont rien trouvé de mieux qu’un humble article pour rendre hommage à ce talentueux scénariste/dessinateur britannique.

JP : Alors, toujours partant pour deviser sur Davis ? Tu n’as pas changé d’avis ?
Présence : c’est toujours un plaisir que de pouvoir papoter avec un connaisseur, en l’occurrence plus connaisseur que moi du sujet. Go !
JP : Alors pour démarrer, recyclons sans vergogne l’approche qu’on avait utilisée sur Byrne ! C’était comment, ta première fois avec Davis ?
P : Comme tu y vas ! Je préfèrerais tout de suite déroger à l’approche sur Byrne, et qu’on commence à se remercier mutuellement de notre participation. Ça évitera d’y revenir dans les commentaires. Donc en toute simplicité : merci.
JP : Euh… Tu sais, tu restes le plus à remercier pour accepter ce genre d’exercice. Tu ponds allègrement moult articles avec une certaine aisance… Moi, j’exploite sournoisement toutes les occasions pour organiser des teamups et ne faire que la moitié du boulot ! Merci !
Pour revenir à nos moutons, je dois avouer que, contrairement à certains artistes, ce ne fut pas immédiatement l’amour fou avec les dessins d’Alan Davis. Ses personnages possédaient une certaine souplesse, un côté « élastique » qui me décontenançait un peu. Il fut une époque où je préférais les auteurs avec davantage de force brute dans le trait. Aussi, bien que l’ayant probablement découvert dans ses épisodes de Uncanny X-Men puis Excalibur, ce n’est qu’avec le temps et via certains récits comme Wolverine : Bloodlust ou Batman : Full Circle que je me suis laissé prendre au charme de la rondeur de son trait.

Wolverine versus Sabretooth   Marvel Comics

Wolverine versus Sabretooth
© Marvel Comics

Toutefois, je me rappelle avoir repassé dans ma tête un nombre incalculable de fois le combat Wolverine/Sabretooth de Uncanny 213, publié en VF dans Spécial Strange 58. La chorégraphie de ce duel était haletante ! Tirant parti du facteur guérissant des deux combattants leur permettant de subir bien des outrages, le dessinateur leur faisait se rendre coup pour coup, avec une sauvagerie qui transpirait de la page !

P : ma réponse habilement dilatoire m’a donné le temps de la réflexion, parce que pour être honnête, je ne me souviens pas du tout de ma première fois… avec Alan Davis. Avec mes antisèches et en invoquant mon âge qui cumule plusieurs décennies, je suppute que mes premiers contacts avec ses dessins ont dû être comme toi : les 2 épisodes de 1987 qu’il a fait sur Uncanny X-Men (#213 & #215) sûrement le numéro annuel 11, puis le début d’Excalibur. Ce n’est qu’assez récemment que je l’ai pris au sérieux comme dessinateur, et encore plus récemment en tant que scénariste. Ce n’est pas tant l’élasticité de ses dessins qui m’a freiné dans mon appréciation pour lui, que plutôt que ses personnages souriants. Quel manque de sérieux !

Psylocke en rose bonbon   Marvel Comics

Psylocke en rose bonbon
© Marvel Comics

JP : Ce qui fait que j’ai une certaine affection pour cet auteur de comics, c’est que c’est un autodidacte. À un caprice du destin près, il aurait pu embrasser la carrière de charpentier ! Il a commencé à dessiner pour des fanzines avant de décrocher le job pour la série Captain Britain, grâce à Paul Neary qui était alors Editor-in-chief chez Marvel UK. Et des années après, alors qu’il avait dessiné les plus grand héros pour les deux « Big Two », il restait toujours très modeste. Dans une (déjà ancienne) interview donnée pour Modern Masters, il confiait toujours apprendre à dessiner, alors qu’il avait déjà 20 ans d’expérience. C’est une personnalité attachante du comics mainstream.

P : je ne connais rien de la vie intime de ce monsieur, mais il est vrai que ses dessins ont quelque chose de chaleureux, avec ces personnages qui sourient et qu’il y a une forme de narration à l’ancienne. Dans mon esprit (mal rangé et encombré), j’ai l’impression qu’il représente une sorte de croisement entre le dynamisme de Neal Adams et ses cases penchés en trapèze, et l’aspect plus rond de John Byrne. Je crois que c’est aussi pour ça que j’ai longtemps eu du mal à le voir comme un véritable auteur, parce que ses pages me semblaient trop dérivatives. Quelles sont ses influences et ses inspirations ?

Cases en trapèze   Marvel Comics

Cases en trapèze
© Marvel Comics

JP : Dans l’interview donnée pour Modern Masters, il fournit deux principales sources d’inspiration dans sa jeunesse : les strips publiés dans les journaux britanniques et les comics américains. Parmi les auteurs anglais, l’influence la plus visible est, selon moi, celle de Frank Bellamy, dessinateur de Thunderbirds. Mais Davis cite aussi volontiers Frank Hampson (auteur de Dan Dare), Jesus Blasco (Steel Claw) et bien d’autres. Ces BD principalement publiées en noir et blanc sont à l’origine des premiers dessins du jeune Alan Davis, qui commença comme beaucoup en voulant copier les dessins qui lui plaisaient. Chez les américains, Davis cite volontiers Steve Ditko (pour son sens du mouvement), Gil Kane et Neal Adams (pour l’expressivité des personnages) mais aussi Jim Aparo, Nestor Redondo, John Buscema (pour la puissance qui se dégageait de ses personnages) et Barry Windsor Smith (pour sa narration).

Après ce survol de ses influences, je souhaiterais revenir à ton expression « véritable auteur ». De son propre aveu, Alan Davis ne se considère pas comme un auteur, il se verrait plutôt comme « raconteur d’histoires » (storyteller). Toutefois, je trouve qu’il est très (trop) humble et qu’il a quand même produit un nombre conséquent de comics avec, au fil du temps, une patte bien marquée, un vrai style, au point d’influencer à son tour la génération suivante (Scot Eaton, Mike Perkins et… Bryan Hitch, à ses débuts).
P : pour la petite histoire, Davis (né en 1956) a déclaré en interview qu’il a appris les rudiments de comics en lisant How to draw the Marvel way. En regardant sa carrière on constate qu’il a souvent travaillé avec les 2 mêmes encreurs (peut-être des membres de sa famille…) d’abord Paul Neary (né en 1958, ce même responsable éditorial de Marvel UK), puis Mark Farmer (né en 1957). As-tu une préférence, avec un autre critère que l’âge puisqu’ils sont nés à une année d’intervalle ?

How to draw the Marvel way (et sa parodie)   Marvel Comics

How to draw the Marvel way (et sa parodie)
© Marvel Comics

JP : Il me semble que Neary a surtout encré Davis à ses débuts et environ jusqu’à la fin de son premier run sur Excalibur, en 1990. Depuis, c’est presque exclusivement Mark Farmer qui encre Davis. Leur duo est devenu quasi-inséparable, même s’il arrive à Farmer d’encrer d’autres dessinateurs… En simplifiant un max, je pense que l’encrage de Neary est un peu plus « gras » que celui de Farmer. Ca ne veut pas dire que Neary ne sait pas être « fin » puisqu’il a aussi encré Bryan Hitch, au style très détaillé, mais, visuellement, quand il encre Davis, son encrage me donne cette impression de contours plus épais et prononcés. Même si je garde un très bon souvenir de Wolverine : Bloodlust, encré par Neary, je pense m’être habitué à Farmer sur Davis, qui amène davantage de finesse et une patine toute particulière.

Le résultat, c’est que le style d’Alan Davis est à la fois marqué (on le reconnaît sans peine) mais pas agressif. Il peut dessiner à peu près n’importe quel personnage du mainstream qui apparaîtra à la fois « à la Davis » tout en gardant son look iconique. Du coup, il me semble être le dessinateur parfait pour mettre en scène des rencontres entre de nombreux héros. Dans ce genre d’exercice, je le préfère même à George Perez. D’autant plus qu’il met bien en scène les personnages que ce soit dans les scènes d’action ou dans les simples dialogues.

Des super-héros à la pelle : normal, pour un artiste né un 18 juin ?   Marvel Comics

Des super-héros à la pelle : normal, pour un artiste né un 18 juin ?
©Marvel Comics

Davis possède le sens du détail mais ses planches restent toujours lisibles (contrairement à, disons, Arthur Adams, à ses débuts, un dessinateur qui lui aussi aimait bien faire sourire ses persos). Il est au service de l’histoire même s’il ne rechigne pas à utiliser des pleines ou des doubles pages pour rendre certaines scènes plus marquantes.
Et toi, quelles qualités trouves-tu à Davis le dessinateur ?

P : si tu le permets, je vais commencer par répondre à la première question. Contrairement à toi, je préférais l’encrage de Paul Neary, exactement pour les raisons que tu évoques. Son encrage plus gras donnait plus de poids aux formes détourées, et en particulier aux personnages, plus de force. Pour ses qualités (même si j’ai fait mon rebelle en répondant d’abord à une autre question), j’aime beaucoup l’impression de mouvement de ses planches, avec effectivement, maintenant que tu le dis, une influence de Jim Aparo, mais lui aussi fortement influencé par Neal Adams. Au fil des années, j’ai fini par me rendre compte qu’il est plus agréable de retrouver des personnages qui sourient, qui semblent savoir être contents (avant qu’une tuile ou un supercriminel ne leur tombe dessus), plutôt que des personnages tout le temps agressifs ou dépressifs. Finalement, Alan Davis est devenu scénariste juste pour pouvoir écrire des histoires qui lui conviennent ?

JP : En tant que scénariste, Davis reste fortement attaché au silver age et au bronze age. Il me semble qu’il affectionne beaucoup les incarnations des personnages dans ces périodes éditoriales et qu’il a une prédisposition pour raconter des séries d’aventures distrayantes sans pour autant porter de grands « messages ». Il me semble moins ambitieux que John Byrne dans ce domaine, tout en étant du coup plus sympathique. Les récits écrits et dessinés par Alan Davis sont sans grande prétention mais très agréable à lire. Et on y trouve parfois quelques pistes de réflexions, même si la priorité est donnée à l’évasion et au merveilleux.

Le sens du sourire et du comique   Marvel Comics

Le sens du sourire et du comique
© Marvel Comics

P : moins ambitieux que John Byrne… On ne va pas retenter le diable en en disant du mal de cet auteur réputé ombrageux, mais peut-être que Davis est comme tu le dis un conteur conscient de ses capacités de narrateur, et n’ayant pas un égo tel qu’il veuille se faire passer pour ce qu’il n’est pas. C’est vrai qu’en tant que scénariste il reprend souvent des pistes établies par ses prédécesseurs (dans la série X-Men, par exemple), ou qu’il reprend des schémas bien établis pour sa série ClanDestine. Mais, dans le même temps, sa narration visuelle donne l’impression au lecteur que ce créateur a une forte implication émotionnelle dans ses personnages, qu’il éprouve de la sympathie pour eux. Par voie de conséquence, il ne les en fait que plus souffrir, le sadisme consubstantiel de la condition d’auteur.

JP : Hum, c’est quand même loin d’être le plus sadique des auteurs… Il ménage souvent un happy end. Sur l’échelle de Brubaker, notée de 1 à 10, je lui mettrais un 5 en sadisme, pas plus ! C’est peut-être une de ses limites mais cela permet de savoir où on met les pieds. Si on lit du Brubaker, ou encore du Bendis, du Ellis ou du Ennis, les personnages peuvent s’en prendre vraiment plein la gueule, on a tendance à se faire du mouron pour eux… Dans les histoires d’Alan Davis, c’est plus rassurant. Quel que soit le nombre de péripéties traversées, un dénouement heureux est quasiment toujours de mise.

P : quand on regarde la longue carrière d’Alan Davis, on peut voir qu’il a souvent collaboré avec des grands noms comme Alan Moore ( Captain Britain , Miracle Man ), Chris Claremont (X-Men, Excalibur), Brian Michael Bendis (Avengers Prime), Ed Brubaker (Captain America), Matt Fraction (Thor), Jim Starlin (Thanos Infinity Entity, Thanos Inifinity Sibling). À chaque interview, il ne tarit d’ailleurs pas d’éloges sur la créativité de Claremont. De manière plus étonnante, il est peu loquace concernant Alan Moore, indiquant même que la production des planches de Miracle/Marvel Man fut difficile (réalisées pendant les pauses lors de son boulot dans un entrepôt), et que la réédition par Eclipse Comics ne lui a jamais été rémunérée.

Collaborations avec Alan Moore   Marvel Comics / 2000AD

Collaborations avec Alan Moore
© Marvel Comics / 2000AD

Par contre, il est toujours resté dans le registre des superhéros Marvel et DC, sans chercher à réaliser une série originale chez Image Comics ou Dark Horse. Il le dit lui-même, tout ça n’est que redite. Quand il crée les personnages de ClanDestine, il transpose des superhéros déjà existants Hulk pour Walter, Creeper pour Dominic, etc. Plus étonnant pour lui, les comics Image ne sont également que des redites. On peut supposer qu’il n’ait pas suivi Image au-delà de ses toutes premières années d’existence.

JP : Euh, je n’ai pas lu sa mini-série Killraven, parue en 2002 mais il me semble que c’est bien de la SF et pas du super-slip, non ? Plus tôt dans sa carrière, en 1983, il avait, avec Alan Moore, créé D.R. & Quinch, une série humoristique mettant en scène un duo d’extraterrestres avec un fort penchant pour le chaos et la destruction massive…
Ces dernières années, j’ai l’impression qu’il s’est plutôt bien trouvé avec Jim Starlin, étant donné qu’en plus des histoires de Thanos que tu as citées, ils ont également produit la mini-série Guardians of Galaxy : Mother Entropy, sortie en 2017… Et dans une interview donnée fin 2017, Starlin loue le talent de Davis en mettant en avant deux points forts : la subtilité des expressions pour les scènes intimistes et le spectaculaire pour les scènes de batailles. Ma foi, quand on excelle dans ces deux registres, on est plutôt bien armé pour raconter des histoires de super-héros, non ?

P : oui, en plus il a l’art et la manière d’insuffler une personnalité chaleureuse et faillible aux personnages qu’il dessine. Je me souviens des portraits qui étaient en quatrième de couverture des 6 premiers épisodes de la série Excalibur, avec des superhéros souriants. Je garde également un souvenir inoubliable de son interprétation de Brian Braddock (Captain Britain) qu’il a dessiné de manière chronique au long de sa carrière. Dans ses dessins, ces personnages dégagent des émotions qui les rendent immédiatement sympathiques.

Meggan Puceanu & Brian Braddock   Marvel Comics

Meggan Puceanu & Brian Braddock
© Marvel Comics

P : du coup j’ai beaucoup critiqué, mais dans le même temps, quand j’ai envie de lire un comics de superhéros classique et inventif, je sais qu’une dose d’Alan Davis me comblera. Avec le temps qui passe, je dois dire que j’ai beaucoup aimé Fantastic Four La fin (recommandé par un contributeur émérite du site), ainsi que les épisodes d’Excalibur écrits par Chris Claremont, avec une verve, une inventivité et un humour irrésistibles. Mon plus grand regret est d’avoir laissé passer Killraven qu’Alan Davis juge comme étant son travail le plus abouti. À chaque série d’Alan Davis, le lecteur peut retrouver cette impression de mise à profit de l’infini des possibilités que permettent les comics, c’est-à-dire cette liberté narrative qui l’a incité à se lancer dans cette carrière.

JP : Même si Killraven et ClanDestine sont des œuvres qu’il semble particulièrement affectionner, je pense que Davis colle merveilleusement aux comics « old-school-mais-pas-trop ». J’entends par là qu’il sait raconter et mettre en scène des histoires de super-héros, en rendant cela beau sans pour autant être bête. Cela n’est jamais révolutionnaire mais, de temps à autre, la lecture d’évasion, ça fait du bien ! Plutôt que de déconstruire répétitivement le genre en singeant DKR ou Watchmen, ou de le ringardiser comme dans The Boys, on peut aussi prendre le temps d’apprécier des histoires bien charpentées, décorées de planches de premier choix qui envoient du bois ! Du coup, mes récits favoris du père Davis, seraient Fantastic Four: The end et JLA: The Nail , des mini-séries où il a eu le loisir d’utiliser tous les personnages classiques des « Big Two » en les façonnant à son envie. J’ai beau chercher, dans ce registre-là, je ne vois que très peu de scénaristes-dessinateurs qui lui arriveraient à la cheville (à Davis) !

Batman, les Outsiders   DC Comics

Batman, les Outsiders
© DC Comics

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La BO du jour : un petit déjeuner avec Alan, ça vous tente ?

59 comments

  • Présence  

    Un grand merci à JP de m’avoir ainsi permis de découvrir un auteur dont je croyais avoir fait le tour, mais dont la carrière recèle bien des œuvres que je ne connaissais pas, et plus de finesse que je ne lui en attribuais.

  • JP Nguyen  

    Même si on avait dit qu’on se remerciait dans l’article pour ne pas le faire dans les commentaires : merci Présence !

  • Eddy Vanleffe....  

    Et merci à vous deux d’avoir écrit cet article sur un de mes artistes préférés…
    C’est simple il « possède » tous les personnages et à l’instar d’un George Perez ou d’un John Burne l’un des dessinateurs qui incarne mieux le « zeitgeist » super héros…

    • Présence  

      Autant il m’était facile de définir les spécialités graphiques de Perez (plein de personnages) et de Byrne (une dramatisation très psychodrame), autant il m’était difficile d’exprimer celle d’Alan Davis avant de co-écrire cet article.

  • Tornado  

    Cela me fait penser qu’il y a plusieurs Davis qui m’attendent sur mes étagères : FF la Fin, Dr & Quinch et Capptain britain par Alan Moore.
    J’en profite aussi pour rappeler que le petit one shot où Stan Lee en personne rend visite au Dr Strange (dont j’ai parlé dans mon article sur l’anthologie JE SUIS Dr STRANGE), par Davis, est un petit bijou graphique et une lecture très sympa.

    PS : Non de dieu, la pose des nanas sur la couverture « How to draw the Marvel Comics way » (celle de gauche), notamment celle de Spider-woman… Ça passerait moyen ça aujourd’hui, genre dans la journée de la femme… 🙁

    • PierreN  

      C’est d’ailleurs cette Spider-Woman de Manara qui avait provoqué une polémique.

      La Valkyrie paraît assez soft, moins excessive par rapport à la représentation des autres personnages (le dessin dont elle est issue semble nettement plus récent que les autres). Dans cette logique de parodie,
      ça aurait peut-être été plus pertinent de remplacer le Thor de Buscema par celui des années 90 (son redesign d’un goût douteux par Deodato).

      • Présence  

        Je m’en souviens encore du *bon goût* du costume de Thor par Deodato : une des pires horreurs des années 1990.

        • PierreN  

          Même Deodato l’admet. https://66.media.tumblr.com/8285f0aba7e6f8dd94accb0d50301ebc/tumblr_inline_nzfwrkyyei1s4xps8_500.jpg

          « Well, the Thor design is my fault only — I take the blame [laughs]. In my defense: it was the 90s, people — it was the 90s! Everybody looked ridiculous back then! if you weren’t ten years old back then, if you were older, you were ridiculous. You were wearing those big shoulders, that hair that looked like an animal in front of your head and those colors like lemon yellow and everything was too much. Everything was ridiculous, so why not Thor? Why? [laughs] Because he’s a god? That’s my defense.
          But you know if there is a list of worst uniforms in the history, my Thor design is there. The other characters, like the Wasp — I think it was Joe Madureira who created them. People think it was me but I would have made them even worse [laughs]. »

    • Présence  

      Tu parles en fait de la couverture de droite, c’est-à-dire le pastiche réalisé récemment, à base de collage, reprenant effectivement la couverture de Manara (finalement jamais publiée) et Emme Frost par Greg Horn, artiste réputé pour recopier des poses piquées dans les magazines de charme.

      • Présence  

        Sur cette couverture, on reconnaît Spider-Woman par Milo Manara, Captain America par Rob Liefeld (avec un torse défiant toutes les lois de l’anatomie), Hulk par Todd McFarlane, Psylocke par Jim Lee, Emma Frost par Greg Horn, et Valkyrie par je-ne-sais-pas-qui.

        • PierreN  

          Une Valkyrie des années 2010 (l’absence de sa cape me permet de le supposer), donc provenant probablement de l’ère Fear Itself (les machins de Cullen Bunn) ou de la série Fearless Defenders.

        • PierreN  

          Partant de là, l’hypothèse Will Sliney se confirme de plus en plus.

        • Présence  

          Merci pour la précision, parce que le nom de Will Sliney n’évoque aucun souvenir. Je n’ai jamais dû rien lire de lui.

  • PierreN  

    Son Captain Britain est pétri de qualités. Dr & Quinch est jubilatoire. Excalibur faisait grise mine dès qu’il s’éloignait de la série. Clandestine aurait mérité plus de succès (moins confidentiel en tout cas). Son FF The End c’est de la balle. BloodLust est un joyau pas assez reconnu comme tel à mon sens des histoires du griffu. Son Killraven me fait de l’oeil depuis des lustres (alors si en plus il en est très fier) tout comme ses oeuvres sur le Batman post-Crisis (pas tant Year Two mais plutôt son travail sur Batman and the Outsiders puis Detective Comics). Même dans le registre contraignant des adaptations de comic-book movies en BD, il s’en est relativement mieux sorti que d’autres (la transposition du premier film Spider-Man).

    Un très très grand, mais j’ai bien peur que ses années les plus fastes soient désormais derrière lui.
    Dans ses interviews de ces dernières années, il semble avoir du mal à se satisfaire du paysage éditorial actuel, comme si sa vision du médium et des personnages étant moins en phase avec certaines tendances. Le fait qu’il se réfugie dans une collaboration régulière avec un autre vétéran tend à le confirmer (lui est Starlin se serrent les coudes). Puisque Marvel et Starlin ont l’air d’être résolus à se quitter en mauvais termes (l’embrouille autour de son histoire finale de Thanos), qu’est-ce qu’il va bien pouvoir rester comme os à ronger pour Davis (cover artist à temps plein ?) ?

    • Présence  

      J’avais lu cette interview d’Alan Davis. Effectivement il avait l’air en décalage par rapport à la production comics actuelle. Il avait quand même réalisé des épisodes de Wolverine en 2013, sur un scénario de Paul Cornell.

      • PierreN  

        « Il avait quand même réalisé des épisodes de Wolverine en 2013, sur un scénario de Paul Cornell. »

        Bien loin d’arriver à la cheville (que dis-je le petit orteil) du Wolverine: Bloodlust de Davis (son dernier travail avec Neary ?).

        • Présence  

          D’après wikipedia, Mark Farmer a commencé à travailler avec Alan Davis à partir de 1987 sur D.R. and Quinch (2000 AD). Par contre ils n’indiquent pas quand Paul Neary a arrêter d’encrer Davis.

  • Bruce lit  

    Le duo dynamique continue de fonctionner du tonnerre avec de bonnes relances entre les deux briscards.
    Je suis assez étonné de la frilosité de Présence plutôt bon public au style de Davis, qui a une vraie signature visuelle. Ton honnêteté t’honore en admettant le réchauffement de cette frilosité.
    Je suis actuellement en train de lire le Xmen Reload de Claremont et Davis : le résultat est moins mauvais que je ne le pensais avec même de très bons passages. La comparaison avec les pages de Coipel ne sont bas à l’avantage du jeune frenchie. Je vais traquer assidumment le sourire de ces personnages fort d’un article qui me conforte dans mes lacunes irrémédiables en matière de comics magiques et science-fictionnels.

    • Présence  

      Ayant lu ces épisodes de X-Men Reload après avoir écrit l’article, j’avais été beaucoup plus à même d’apprécier les qualités des dessins d’Alan Davis que j’avais trouvé en bonne forme.

      • Eddy Vanleffe  

        X-Men Reload avant « decimation » est un run que je qualifierais de « plaisant », c’est moyen+…
        ça se lit sans difficulté mais c’est très superficiel, gâché par le fait que toutes les idées que Claremont met en place sont shuntées ailleurs (House of M, Black Panther, etc…)
        au finish je ne conseille pas parce que ça finit en queue de poisson et sans conclusion aucune..
        C’est quand même au dessus objectivement de la plupart du run de Austen, clairement au dessus de celui de Peter Milligan, de Deadly genesis, celui de Lemire (qui souffre aussi d’un kidnapping éditorial), Brian Wood dont le concept féminin est totalement artificiel, Bref, pas honteux…

        • Bruce lit  

          Il y a les débuts de X-23 et un épisode de Noel totalement charmant.

          • Eddy Vanleffe  

            L’épisode de Noêl?
            c’est vraiment une caricature de son style celui-là… 🙂

          • Bruce lit  

            Oui , mais c’est frais et l’amour des personnages entre eux répond à celui du créateur pour son équipe.
            Et puis il n’arrête pas d’humilier cette pauvre Emma Frost…

  • Bruce lit  

    Alan Davis scénariste : ses Xmen étaient ok. J’adore son prélude à Magnetic War où Magneto teste ses théories sur un humain témoin.

    • Tornado  

      J’ai lu ce run. A l’époque j’avais assez bien aimé (Magneto War). Mais en fait moi je m’étais attaché à Joseph. J’adorais cette itération. Là aussi on a droit à un « mais en fait c’était pas Magneto« , déjà !

      • Bruce lit  

        Oui c’est justement Davis qui introduit ça. Un beau gâchis encore une fois.

      • Matt  

        Moi rien à carrer de Joseph^^
        Je ne l’appréciais pas spécialement, et c’était une technique un peu nulle l’amnésie pour rendre encore une fois un méchant gentil. Technique de Marvel sans cesse utilisée pour faire changer de camp les bad guys. Au final tant mieux que ce ne soit pas Magneto. Après…le fait de le faire crever dès qu’on apprend que c’est pas le vrai…là c’est moins cool. Comme si le perso se résumait à un artifice pour tromper le lecteur, et une fois que c’est expliqué, paf on le bute…

        Sinon j’avais trouvé Magneto War sympa aussi.
        ça vaut quoi le truc précédent ? « Sur la piste de Xavier. »

        • Tornado  

          C’est du même acabit (Sue la piste de Xavier).
          Lorsque je suis revenu aux comics Marvel, j’ai lu les intégrales X-men à partir de 1976 (que je n’ai pas aimé relire), et j’ai lu en parallèle les X-men à partir de Opération Zéro Tolérance jusqu’au run de Morrison. C’est là que je me suis attaché à Joseph, en lisant à peu-près tout ce qui était sorti sur ce personnage (dont la mini-série lui étant consacrée, par Peter Milligan et Kelley Jones). Et bien c’est ce que j’ai préféré des X-men parmi tout ce que je lisais ^^
          Ce personnage de Joseph me touchait. Un peu comme le Adolf Hitler de La Part de L’Autre de Eric Emmanuel Schmitt. J’avais aimé ce personnage lavé de son passé, qui recommençait à zéro, pur comme l’eau claire. Je trouvais que c’était bien écrit.

        • Matt  

          Je dis pas que c’était mal écrit mais ça me passait au dessus en fait ce perso^^

          Euh…faut se taper Operation zero machin pour comprendre « sur la piste de Xavier » ?

          • Bruce lit  

            Euh…faut se taper Operation zero machin pour comprendre « sur la piste de Xavier » ?
            Non, il suffit de savoir que Bastion a capturé Xavier.

          • Matt  

            Ok.
            Et entre Magneto War et le machin « les douze » là, y’a un truc bien ?^^

        • Matt  

          EN fait entre Zero tolerance (que j’ai trouvé pas top et traduit pas machine en plus…) et le run de Morrison, je n’ai rien lu à part Magneto War et la mort de Moira/fin du legacy virus avec sacrifice de Colossus.
          Donc je me questionne si un truc vaut le coup là dedans^^

  • Présence  

    Ce panégyrique dithyrambique aurait fait une belle conclusion à notre article. Je vois que pour toi aussi la première fois (avec Alan Davis) a compté. 🙂

    Pour tout avouer, j’avais acheté le recueil House of M: Uncanny X-Men (Uncanny X-Men 462 à 465) uniquement pour le plaisir des dessins d’Alan Davis, sans me soucier plus que ça de ce que pouvait raconter le scénario de Chris Claremont, tellement la couverture m’avait tapé dans l’œil (l’image de droite avec la légende Meggan Puceanu & Brian Braddock), individu baraqué et pourtant complètement dépassé par les circonstances.

  • Matt  

    Ah tiens j’avais bien aimé Clandestine (en best of marvel en VF. Je trouvais ça cool mais…y’a pas de fin !!
    Puis la famille Destine s’est invitée chez les X-men le temps d’un petit crossover durant le prélude à Onslaught (mais la saga est indépendante et compréhensible) C’est dans un 100% Marvel en VF.
    Et par la suite, il y a eu une nouvelle mini série Clandestine avec Dr Strange et Wolvie (marvel top v2 n° 9 en VF).
    J’aimais bien les personnages, on sentait le potentiel du truc…mais je sais pas s’il manque des trucs en VF ou s’il n’y a jamais eu de vraie conclusion sur l’histoire de cette famille mais voilà quoi…

    • Présence  

      De mémoire, il n’y a jamais eu de vraie conclusion et le Marvel Top v2 n° 9 comprend la dernière histoire réalisée par Alan Davis sur cette équipe, datant de 2012.

  • Bruce lit  

    Des épisodes que j’aime beaucoup oui : le combat entre Marrow et Wolverine, la rencontre entre la Morlock et Archangel, quelques épisodes autour du journal de Destiny.

    • Matt  

      Bon…cool.
      Mais…ça correspond à quels épisodes ?^^
      On peut sauter des trucs ou faut tout lire en continu.

      Surtout que je me base sur les magazines VF moi…les revues 41 à 47. Ou c’est que c’est bien ?

      • Bruce lit  

        Déjà à l’époque, je n’achetais que les volumes qui m’intéressaient.
        Tu trouveras le combat Marrow / Wolvie dans le volume 3 des éditions Panini de l’époque : Les leçons de la vie où figure aussi l’épilogue de Zéro Tolérance.

        • Kaori  

          Ah, ceux-là, je les ai ! (tomes 1 à 6 de la collection 100% Marvel, mais j’avoue que j’ai eu du mal à tout saisir… faudrait que je les relise…)

        • Matt  

          Ah ceux là…
          Arf…Coulomb à la trad hein ?
          Et Carlos Pacheco ? Comment peut-on le préférer à Bachalo ?^^
          Bon ben non, je crois.
          Vais voir les trucs avant Magneto War.

          • Kaori  

            Nicole Duclos à la trad.

          • Matt  

            Ah ? Merci.
            Je jurerai que le précédent par contre, Zero tolérance donc, c’est du Coulomb. Donc j’avais peur que ce soit pareil sur tous les épisodes de l’époque.

          • Kaori  

            Tome 1 : L’elixir de vie
            Tome 2 : Opération : Tolérance zéro
            Tome 3 : Les leçons de la vie
            Tome 4 : La fin : rêveurs et démons
            Tous les 4 de Nicole Duclos

            Tome 5 : La fin : Héros et martyrs
            Tome 6 : La fin : Humains et X-men
            Trad : Laurence Belingard.

            Je ne peux pas te dire ce que j’en pense, je n’ai jamais réussi à quitter la période Byrne/Claremont.
            Je les garde parce que ce sont les X-men et que je suis incapable de les revendre, et je me dis qu’un jour, grâce au blog, je les relirai en y comprenant quelque chose (sachant que j’avais un trou de 15 à 20 ans à combler…)…

          • Tornado  

            J’ai lu les tomes 1 à 3 et j’ai trouvé ça vraiment pas terrible. Le problème principal étant que Operation Tolérance Zéro, en plus d’être un crossover très moyen et soporifique, est en principe divisé sur au moins 6 ou 7 séries, et qu’il n’y a là que les épisodes des X-men dans les 100% Marvel.

          • Matt  

            Oui j’avais lu une bonne partie de Zero tolerance dans les revues (pas les 100%) et il manque plein d’épisodes dans le 100%. Du coup la trad de Coulomb devait être dans des épisodes d’autres séries^^

            Mais bon c’est pas terrible en effet Zero machin.

            @Bruce : elle sort d’où Marrow ? Je l’aimais bien dans un jeu Capcom X-men, et je sais qu’elle se pointe durant Zero tolerance, mais elle existait avant ?
            Et elle est devenue quoi ? Perso oublié parce que personne n’en voulait ?^^

          • Bruce lit  

            @Matt :
            Tu as de la chance, je ne travaille pas demain !
            Donc Marrow en dix ligne et sans Wikipedia. Elle apparaît pour la première fois dans Xmen 325. C’est une jeune terroriste qui pour l’anniversaire du massacre des Morlocks envisage de tuer des humains. Elle est arrêtée par Storm, qui comprend qu’il faut engager un duel à mort contre la jeune fanatique. Pour éviter l’explosion d’une bombe greffée sur son coeur, Storm le lui arrache et donc…la tue.
            Sauf que pendant Zero Tolerance, Marrow apparait contre Spider-Man. On apprend qu’elle a deux coeurs de par sa malformation. Elle est recrutée par Iceberg pour battre Bastion. Il lui propose alors l’asile chez les mutants en remerciements ce qui rend Storm folledingue.
            Après le départ de Lobdell, elle s’adoucit au contact de Colossus qui l’emmène avec lui dans un road trip où elle va se passionner pour la peinture. On apprend que les Morlocks ont été créés par Dark Beast ce qui explique leur apparence monstrueuse. Marrow a ensuite été élevée par le frère de Colossus Mikhail Raspoutin qui a fait d’elle une guerrière. Au moment de The 12, elle controle plus ou moins son apparence. On perd ensuite sa trace dans le bordel éditorial de l’époque pour la retrouver dans l’équipe de Dents de Sabre dans Weapon X qui hélas ne tient pas ses promesses. Je ne l’ai plus revue depuis.

          • Matt  

            Globalement j’aime bien les Morlocks moches d’ailleurs. Dommage qu’ils aient été un peu oubliés. Ils auraient pu faire de bons « freaks » dans l’école. Morrison ou Aaron auraient pu en intégrer quelques uns^^

          • Matt  

            Merci.
            Euh…mais Dark Beast il n’est pas arrivé après AoA ? Les Morlocks remontent à Claremont. Y’a un machin temporel qui fait qu’il est retourné loin dans le passé le Dark Beast ? Bon bref…ils auraient très bien pu être des mutants qui ont pas de bol. L’idée que certains peuvent naitre déformés me plait. Après tout…ça existe les malformations monstrueuses, y’a pas besoin de « l’expliquer ».

            Ok j’ai lu l’épisode ou elle débarque contre Spider-man. Pas lu le truc avant avec Storm. Et peu de choses après non plus en fait. Je me souviens surtout que lors d’une histoire ou Sinistre et le maitre de l’évolution privent tous les mutants de leurs pouvoirs, elle est plutôt contente Marrow^^

          • Bruce lit  

            @Matt :
            Je comprends ton intérêt pour les malformations. Tous les mutants ne sont pas des sex symbols et les Xmen se bousculent pas pour accueillir des rats d’égouts (dixit Archangel chez Lobdell) dans leur manoir. Le problème si on peut dire c’est que la plupart des Morlocks a souvent été assez taré…
            Le fait que Sinistre veuillent les tuer n’a jamais été très clair. J’ai bien aimé le travail de Lobdell là dessus qui ramène une explication cohérente.
            Dark Beast traverse le cristal M’kraan durant AOA. Par un paradox temporel il arrive 20 ans avant la création des Xmen. Il décide de se cacher de Sinistre qui risquerait de le torturer pour découvrir les secrets de AOA et pour passer le temps, il créé des monstres par pur sadisme qui seront les Morlocks. Ce qui explique que les malheureux soient complètement déglingués du ciboulot et que Sinistre par souci de pureté aryenne veuille les éradiquer.

          • Matt  

            Ok ça explique les intentions de Sinistre.
            Mais c’est vrai qu’ils auraient pu exister sans l’aide de personne les Morlocks.
            Ouais ils sont un peu tarés, mais c’est pareil les attardés ça existe^^ Et vu comme ils vivent et ont été rejetés, leur haine est explicable aussi.

            Enfin peu importe.
            Je vais aller lire les épisodes Uncanny 373 et 374 de Davis qui mettent en scène Marrow et Colossus et qui semblent revenir sur comment les nouveaux Morlocks comme Marrow sont apparus alors qu’ils sont censés avoir été massacrés.

          • Bruce lit  

            Oui, l’existence de Freaks en opposition aux beautiful people de Wetchester était intéressante. Même Diablo ou Wolverine sont 1000 fois plus canon que le plus beau des Morlocks.
            Ce qui m’a toujours gêné dans le massacre Morlocks, c’est qu’effectivement c’est interminable mais surtout que des mutants en tuent d’autres sans qu’à aucun moment n’en soit expliqué la raison. Du coup le fillin de Lobdell me convient tout à fait.

          • Matt  

            D’ailleurs parmi les épisodes pré « période australienne » (que j’aime bien^^), mes moments préférés des X-men de Claremont c’est :
            -la saga où on apprend que Magneto a subi les camps lorsqu’il blesse Kitty
            -God loves man kills
            -la saga des Morlocks (les 2 parties : celle ou Tornade devient leader et celle ou Caliban veut se marier ave Kitty mais la laisse finalement partir)
            -Lifedeath
            -X-men vs FF

            Mutant massacre m’emmerde copieusement. ça raconte en 400 pages ce qui aurait pu être raconté en 40 pages, en convoquant Thor, les power pack et tous ces persos inutiles relou^^

            Bref tout ça pour dire que j’ai toujours bien aimé ces épisodes avec les Morlocks. Leur massacre était mal foutu et donnait l’impression d’un moyen de les virer de la scène parce que Claremont (ou Marvel) ne savait pas quoi en faire. Mais ç’aurait pu dériver vers certains qui seraient acceptés à l’école comme certains freaks de chez Morrison. La tolérance c’est pour les moches aussi, non ?^^

  • Nikolavitch  

    Tiens, par coïncidence, j’ai récemment mis la main sur les TPB de son second run sur Excalibur, ce qui me permet de les relire d’un bloc et dans l’ordre (en plus, je crois qu’il me manquait des épisodes, à l’époque).
    en apparence, c’est complètement le foutoir, ça part dans tous les sens, mais en fait ça remboite très efficacement tout un tas de trucs mis en place dès le début de la série (et même ailleurs). Et c’est hyper fun, bourré d’idées.
    Gros plaisir.

  • Jyrille  

    Merci pour l’article les gars ! Un auteur que je ne connais pas du tout, que je n’ai dû jamais rencontré (en effet je n’ai jamais lu les Moore que vous citez… et le reste, je ne pense vraiment pas connaître). En tout cas, je trouve la première planche Wolvie / Sabretooth très laide : il manque des traits ? La couleur bave ? Par la suite c’est assez bluffant et je trouve effectivement un peu de Bryan Hitch là-dedans. Merci donc pour tout ça, en plus du plaisir de vous lire et de vous renvoyer la balle (j’adore).

    La BO : le pire morceau de l’album selon moi (je le sais je l’ai réécouté l’an passé), vraiment pas terrible.

  • Eddy Vanleffe  

    Je viens de lire les KILLRAVEN d’Alan Davis. je découvre un peu cette suite zarbi de la GUERRE DES MONDES et je me dis que le voyage est vachement plus enlevé, original et rythmé que dans REBEL MOON par exemple.
    Lecture amusante et séduisante grâce à un dessin toujours aussi élégant.
    Pourquoi un costume à la Zardoz? Personne ne le saura mais ça reste un détail rigolo

    • Fletcher Arrowsmith  

      J’ai de la chance, Alan Davis m’a signé les 6 numéros de KILLRAVEN (oui je l’ai rencontré, avec à la clé une superbe Kitty Pryde et Lockeed). Je garde un bon souvenir de la partie graphique, moins sur le scénario qui ne m’avait pas plus emballé que cela. Peut être une nouvelle lecture quelques années après me fera changer d’avis.

  • Bruno :)  

    Alan Davis, c’est joli avant tout !

    Il est, en effets, héritier d’une tradition plus que classique, régulièrement remise au goût du jour avec plus ou moins de bonheur : le Super-Héros archétypal, dans son costume à la fois flashy et peu pratique. L’exemple le plus criant qu’il ait proposé étant, bien sûr, Psylocke dans son incarnation rose-bonbon. J’avais adoré, tout en constatant l’artificialité de ces X-Men, sous son trait ; car leur allure si « enjouée » ne collait pas avec leur continuité Historique (!). Ceci-dit, ça faisait du bien de voir un véritable artiste aux commandes, même si pour peu de temps.
    Comme un écho (bien agréable !) du passé, il n’a cessé de mettre en scène des personnages très stylisés, fidèles à l’idée qu’on se faisait du Monsieur Muscle et Madame Bonnets E sensés remplir les pages de nos magazines ; en leur ajoutant, en plus, une aura de légèreté (les poses et attitudes) et de gaité : les fréquents sourires pointés dans l’article, et dont Meggan est définitivement l’incarnation la plus réussie.
    Au delà de ça, il faut aussi lui reconnaitre une virtuosité, encore assez rare chez la plupart des artistes à l’époque où il s’est lancé, pour la mise en scène et le découpage. Son aisance quant à l’anatomie et l’expressivité des visages lui facilitant l’illustration de séquences traditionnellement zappées par les moins doués.
    De ses débuts -et de ses influences- il a gardé (du moins jusqu’à ses travaux plus récents (les FF…?!)) une « patte » typique des Seventies, qui souligne exagérément le geste, flatte la courbe et ne peut s’empêcher d’embellir tout ce qu’elle trace sur le papier.
    Personnellement, je suis fan ; même si, chez lui, l’absence de contrepartie stylistique donne à ses planche une aura d’irréalité qui limite (c’est subjectif) la « crédibilité » des ressentis. J’ai d’avantage l’impression de lire une pièce de théâtre, bien plus qu’une histoire proprement dite. Même ses décors, pourtant très soignés, demeurent de soigneux entrelacs de lignes, aux perspectives parfaites, mais sans réelle atmosphère, au delà de leur vocation décorative. Un John Byrne, à contrario (et avec beaucoup plus de maladresse à ses débuts !) avait le chic pour équilibrer ses fonds avec ses personnages : ces derniers gagnent ainsi en substance aussi vis-à-vis de leur background. J’ose même supposer que la virtuosité très propre de Alan Davis joue en sa défaveur sur ce plan-là : le côté « brouillon » pas toujours maitrisé (et aujourd’hui presque schématique !) de Byrne, à cause justement de ces caractéristiques graphiques, reflète mieux la perception réelle que l’on a, dans la vie, de ce qui nous entoure : on ne « voit » en détail que ce que l’on observe, le reste est à peine perçu.

    Sinon, quant à moi, je crois bien avoir découvert l’artiste tout à la fois chez les X-Men, Excalibur, et le récit passionnant d’originalité consacré à Psylocke, avec les Nouveaux Mutants, Mojo et Spirale.
    C’est bien sûr son run sur Excalibur qui m’a permis, à l’époque, de vraiment constater son talent : fluidité et facilité, rien ne heurte et rien ne gêne dans ces pages pleines de mouvement, de personnages aux looks charismatiques et de second degré graphique. La sus-nommée mini-série Wildways est un cran au dessus, surtout du fait de son traitement plus radical, au niveau du dessin (de l’encrage ?!) : il s’en dégage une identité, sinon plus forte, en tous cas plus accrocheuse, moins « lisse »… Mais ça ne diminue en rien la prouesse que représente le renouvellement quasi-continu, tout au long de sa série « so British ! », de ses trouvailles de mise en scène et autres acrobaties stylistiques.

    The ClanDestine demeure son meilleur boulot chez Marvel -mais j’ai décroché à la même période, alors, évidemment, c’est un peu partial !
    En fan respectueux, il applique les recettes antédiluviennes de « La Boite Aux Idées » en y insufflant beaucoup (beaucoup !) des siennes, très personnelles qui, si il avait eu le temps d’y travailler, aurait pu aboutir à une « franchise » aussi riche de sens que la série des Nouveaux X-Men originels ; ne serait-ce qu’à cause de l’inextricable des relations affectives au sein de cette famille de dingues -mais pas du tout recomposée !
    Au delà de son art, complètement abouti et légèrement moins « décoratif » sur cette -courte !- période, il réussit à mettre en place, en seulement quatre ou cinq épisodes, une dynamique interactive proprement bluffante de promesses quant à de futures itérations dramatiques : de la singularité de ce « jeune » patriarche, à l’exploration minutieuse des pouvoirs paranormaux dont jouissent chacun des membres de cette fratrie (centenaire ? millénaire ?! Me rappelle plus !), ainsi que l’intelligente utilisation scénaristique de l’influence de ces mêmes capacités surhumaines sur les caractères et tempéraments des personnages (ce qui faisait aussi l’attrait de nos chers mutants, à la préhistoire de leur titre…), c’est une réussite éclatante de ce qu’on est en droit d’attendre d’un périodique à vocation distractive.
    Une honnêteté patente dans la démonstration et une cohérence manifeste dans l’élaboration. Alors, oui ; les méchants font pâle figure, comparés à ces frères et sœurs radicalement « nouveaux » dans leur conception, et ils ne sont là que pour justifier la présentation du petit groupe central de « faux » Super-Héros. Mais on ne s’ennuie pas une seconde et l’esprit de la bande, à la fois sombre (le mystère autour de Vincent, l’apathie de Adam, la folie souterraine de Walter et les failles morales de kay -et l’antipathie violente entre ces deux-là ! Etc…) et léger (Rory et Cassandra, Samantha,…) est parfaitement raccord avec la trame, malgré tout très Super-Héroïque du concept.

    C’est un peu une parenthèse enchantée, cette (mini !) série ; et peut-être qu’elle n’aurait pas pu continuer sur ce ton si particulier, au sein d’une production de plus en plus inféodée aux changements rapides des marchés ainsi qu’à une actualité insupportablement présente. Je veux bien croire que Alan Davis ne se sente plus vraiment concerné, le matériaux proposé ayant été si délavé qu’il est devenu quasi impossible de le renouveler, sinon en le transformant tout à fait. Son travail sur Fantastic Four (je ne l’ai que parcouru en virtuel) témoigne d’un désengagement plutôt manifeste : ces quatre personnages, graphiquement lissés à l’extrême -n’expriment qu’à grand peine leur existence au sein de leur univers de couleurs pétillantes ; et j’avoue ne les avoir reconnus qu’à peine -à par Ben, bien sûr.

    Sacré parcours, en tous cas, pour un dessinateur accidentel !!

  • JP Nguyen  

    Sur le site, tu trouveras aussi des articles sur JLA : THE NAIL et FANTASTIC FOUR : THE END, qui comptent parmi les plus belles réussites d’Alan Davis en tant que scénariste/dessinateur.

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