Le Bateau de Thésée (JOHN PROPHET)

John Prophet par Brandon Graham

Un article de JB VU VAN

VO : Image Comics

VF : Urban Comics

Jodorowsky, es-tu là ?
© Urban Comics

JOHN PROPHET, un revival datant de 2012 du comic book des années 90 PROPHET, est un titre écrit principalement par Brandon Graham, alternativement illustré et co-écrit par Simon Roy, Farel Dalrymple, Giannis Milonogiannis et d’autres artistes. Il est paru en VF en 3 tomes chez Urban Comics qui rassemblent PROPHET n°21 à 45, PROPHET STRIKEFILES n°1 et 2 ainsi que PROPHET: EARTH n°1 à 6, le tout traduit par Benjamin Rivière.

En 2012, Image Comics réimagine plusieurs créations de Rob Liefeld. Parmi les séries relancées, on retrouve Prophet, que Liefeld a imaginé comme un Captain America qui se réveillerait dans les années 90 pour affronter un pseudo Darkseid. Que faire avec ce concept ? Tout simplement une aventure cosmique et une réflexion sur l’âme humaine.

10 millénaires dans l’avenir, John Prophet sort d’hibernation sur une Terre où l’humanité n’est plus qu’un vague souvenir et que d’autres races ont colonisés. Il doit parcourir une planète inconnue et hostile dans un seul but : déclencher le signal qui va éveiller l’Empire terrien, une civilisation colonisatrice brutale, dominée par les “Mères” et dont la force armée est constituée de clones de Prophet. Mais lorsque cet appel résonne dans l’espace, il est également reçu par un vieux John Prophet, le clone rebelle qui a fédéré les planètes occupées pour vaincre l’Empire terrien. Une nouvelle guerre gronde, et John Prophet l’Ancien doit retrouver d’anciens et nouveaux alliés pour protéger l’univers de sa propre race.

Qui est Prophet ? Le personnage fait partie de ces innombrables personnages créés par l’écurie Liefeld lors des débuts d’Image Comics, avec l’ambition de créer rapidement un monde partagé, et de multiplier les numéros collector vantant l’apparition d’un futur personnage culte, dans l’idée de séduire les spéculateurs. Pratiquement chaque numéro de Youngblood voyait ainsi l’apparition de héros ou équipes annexes, souvent copiés sur des personnages Marvel ou DC. Prophet ne fait pas exception : super-soldat de la Seconde Guerre mondiale, il est principalement… “inspiré” par Captain America, à ceci près qu’il a été programmé par son créateur. Liefeld l’avait d’abord imaginé pour X-Force mais a fini par le garder pour du creator owned, avec des éléments propres à un autre personnage cocréé par Rob Liefeld : Cable. L’artiste atteint de podophobie reprend notamment l’idée d’un double maléfique de Prophet façon Stryfe, Crypt.

Le retour de l’humanité. Hourra ?
© Image Comics

Le personnage a surtout fait l’objet de 2 séries régulières (10 et 8 numéros) et de quelques one-shots avant de sombrer dans l’oubli. Cependant, après avoir quitté Image Comics en 1996 pour fonder son propre label Awesome Comics, Liefeld ramène ses personnages pour 5 titres Image qui reprennent leur numérotation initiale : BLOODSTRIKE par Tim Seeley, GLORY par Joe Keatinge, YOUNGBLOOD par John McLaughlin, SUPREME par Erik Larsen et ce PROPHET de Brandon Graham. Si chacun des titres raconte sa propre histoire, ils sont généralement interconnectés par l’apparition de personnages de l’un à l’autre. Suprema joue un rôle crucial dans les derniers numéros de BLOODSTRIKE, Supreme, Youngblood et Bloodstrike viennent prêter main forte à Glory dans la bataille finale. La fin de la série GLORY révèle également qu’une organisation secrète a cloné d’innombrables Prophets dans un but caché, donnant des indications sur la genèse du récit de JOHN PROPHET.

Pour cette refonte de la série, Brandon Graham reprend le concept général du personnage sans s’encombrer de son historique. Le personnage originel était un super-soldat s’éveillant après un sommeil de plusieurs décennies ? Le Prophet de la première histoire fait partie des troupes d’un Empire, revenant à la vie après des millénaires. Le héros de Liefeld était programmé d’abord à des fins malfaisantes avant de se voir inculquer une morale, les clones de Prophet sont contrôlés mentalement par leurs supérieurs mais finissent par se rebeller contre eux. Même le concept de clones vient de la première série régulière, et celles de clones génétiquement altérés d’un one-shot des années 2000, qui suit les aventures de Joanna Prophet, une clone féminine du personnage.

Tant de variation sur John Prophet, mais aucun John Bigbooté
© Image Comics

Si la première histoire laisse présager d’un récit à la KAMANDI, où le héros se retrouve seul dans un monde hostile, la suite fait rapidement comprendre au lecteur que PROPHET va exploiter différents genres de Science-fiction. Le premier récit évoque tant LA PLANÈTE DES SINGES par son principe d’une humanité remplacée que des aventures d’exploration post-apocalyptique. L’artiste se plaît même à retranscrire sur papier la gestion de l’inventaire du protagoniste, façon FALLOUT ! La suite voit un Prophet piégé dans un vaisseau avec une créature monstrueuse à la ALIEN, LE 8e PASSAGER.

On retrouve d’autres tropes du genre : le Space Opera où des rebelles composés de diverses races extraterrestres affrontent un Empire dominé par des humanoïdes (coucou STAR WARS), des arènes de gladiateurs futuristes, une pincée d’AVATAR avec notre héros tournant le dos à une humanité agressive pour embrasser (dans tous les sens du terme) les peuplades opprimées. L’un des Prophets du côté obscur de la Force ressemble furieusement au Slaine de 2000AD. Les Mères de l’Empire apparaissant sous la forme d’enfants pour encourager les Prophet à les protéger évoqueront aux vieux gamers les “Petites Soeurs” de BIOSHOCK. Même les aventures astrales d’une des Mères ne déparerait pas dans un anime de Leiji Matsumoto ou un EVANGELION !

D’un infini à l’autre, toujours insignifiant
© Image Comics

Le choix de faire de l’Empire Humain l’antagoniste principal conduit à une remise en question de l’humanité. De fait, les membres de cet empire paraissent bien éloignés physiquement des proportions idéales de l’Homme de Vitruve. Le premier clone que l’on suit perd un bras remplacé par des os collectés au passage, le second possède une queue préhensile, un troisième semble une version organique du tandem Master/Bomber du 3e MAD MAX, on découvre encore un Prophet à 6 bras entre autres abominations. Les Mères de l’Empire ne rattrapent guère leur fantassin : bras et jambes atrophiés, tête démesurée pour accueillir leurs pouvoirs psychiques, elles ont des airs de MODOK ! Quant à leur comportement, c’est le pire de l’humanité que cet Empire a conservé : en interne, un système de castes consolidé par hiérarchie cachant derrière une rhétorique familiale (Frères, Soeurs, Mères, Pères) des élites prêtes à sacrifier leurs inférieurs. En externe, l’Empire repose  sur la conquête et l’esclavagisme motivés par une croyance en la supériorité de la race humaine.

En dehors des exactions de l’Empire, c’est en imaginant les personnages de Liefeld dans ce lointain futur que Brandon Graham représente la perte d’humanité. En effet, il réutilise plusieurs héros des débuts d’Image Comics dans son histoire, mais les rend méconnaissables. Badrock, un ado coincé sous l’aspect d’une créature de pierre à l’image de Ben Grimm, est devenu un titan aux proportions colossales, de la taille de plusieurs planètes, qui s’est exilé dans une autre dimension alors que ses enfants sont eux-mêmes devenus des planétoïdes. Troll, nième plagiat de Wolverine et nabot immortel et paillard, s’est métamorphosé en créature proprement méphistophélique : ombre manipulatrice, manipulant les personnages à ses propres fins. La famille Supreme est devenue inhumaine : Lady Supreme a évolué en un vaisseau vivant, alimenté par le cadavre de Supreme. Tous ont laissé derrière eux leur vie humaine, et leur retrouvaille devient un cataclysme cosmique !

Les retrouvailles d’anciens Youngbloods, 10 000 après !
© Image Comics

Cette réflexion sur une humanité qui a perdu ce qui la définissait est incarnée ici par le cyborg Diehard. Comme Prophet, il était actif dès la Seconde Guerre Mondiale, mais doit sa longévité à sa mécanisation progressive. 10 millénaires plus tard, il existe sous forme de conscience dans un corps entièrement robotique. Prophet retrouve d’abord son bras, qui le guide vers le reste de son corps. Dans ce récit, Diehard représente l’exercice de pensée connu sous le nom de bateau de Thésée (qui sera plus tard utilisé par un certain androïde Marvel dans le comics AVENGERS de Mark Waid et dans WANDAVISION), un navire dont les planches pourrissantes sont progressivement remplacées par de nouvelles pièces : quand il ne reste plus aucune pièce d’origine, le bateau est-il le même ou s’agit-il d’un nouveau vaisseau ? Diehard est lui-même animé par une quête désespérée d’une humanité perdue : lorsqu’il retrouve une tête, il tente vainement de lui dessiner un visage. Alors qu’il peut communiquer via n’importe quel morceau de son corps, il attendra d’obtenir des cordes vocales pour s’exprimer, afin de ne pas s’entendre comme un robot.

Quant à John Prophet l’Ancien, c’est son humanisme qui le conduit à se rebeller. Le choix de la liberté, de l’amitié, de la confiance, de l’acceptation d’un autre totalement différent de soi s’oppose aux méthodes d’oppression de l’Empire. Lorsque d’autres Prophet rejoignent ses rangs, c’est parce qu’ils ont pu regagner leur individualité et leur libre arbitre et partagent d’eux-mêmes les valeurs que l’Ancien. Les alliés de ce vieux Prophet sont souvent inhumains (blob informe, reptile, végétal) mais leurs coutumes, aussi étranges qu’elles paraissent, sont respectées et suivies par le héros. A contrario, le clone du premier arc se mettait tout un clan à dos en “sauvant” un patriarche, imposant sa culture humaine dans un rite accepté de tous, y compris de la victime.

Les compagnons de John l’Ancien
© Image Comics

En parallèle des aventures des différents Prophet, l’auteur va consacrer de nombreux numéros à des personnages choisis : le numéro 39 se focalise sur Diehard et suivre son évolution du XXe siècle au 10e millénaire, sa désillusion croissante quant à l’Empire, sa recherche d’un havre et d’une famille, la première défaite de l’Empire. Dans le 26e épisode, le protagoniste est un robot, Jaxson, l’une des nombreuses créations de l’Ancien en mémoire de l’acolyte originel de Prophet, Kirby. La machine consciente s’éveille en même temps que l’Empire Terrien et, en allant prévenir son créateur, médite sur le sort de ses frères (détruits, endeuillés), une approche spirituelle qui contraste avec celles des clones de Prophet. Certains récits vont même rendre sympathiques l’une des Mères de l’Empire en la détachant de son collectif. La série va jusqu’à reprendre le concept des STRIKEFILES des premiers comics Image (des numéros spéciaux composés de fiches techniques et de courtes histoires) pour enrichir l’univers.

Niveau graphique, difficile de faire un résumé tellement cette série alterne les styles : du trait européen au style manga en passant par des pages torturées dignes d’un Paul Pope, il y en a pour tous les goûts ! Mais chaque style s’adapte aux nécessités du récit. C’est notable dans PROPHET n°43, qui utilise 5 artistes mais les répartit soigneusement : les scènes perçues du point de vue d’un compagnon végétal de Prophet font la part belle au détail avec une colorisation quasi-réaliste, John l’Ancien est illustré dans une colorimétrie plus simplistes et dans un trait dynamique alors qu’il tente d’échapper à une explosion ; la lutte d’un Prophet dans des arènes est dominée par la couleur rouge et un style dynamique mettant en avant l’action et la violence de la bataille.

PROPHET et ses dérivées (PROPHET STRIKEFILE et PROPHET: EARTH WAR) constituent-ils une bonne histoire ? En tant que Space Opera, pas forcément : Brandon Graham choisit de s’intéresser aux individus plutôt qu’aux grands évènements, que les héros perçoivent de loin sans forcément en comprendre les enjeux. Les antagonistes principaux semblent disparaître en cours de route, au profit d’un affrontement final sur Terre contre un autre ennemi que l’Empire, avec une menace universelle à peine perçue et réglée par une déesse ex machina ! Le combat entre les rebelles et l’Empire est voué à se poursuivre, selon des flashforwards qui concluent le dernier numéro. L’intérêt n’est ainsi pas le suspense du récit, ni même les enjeux cosmiques, mais bien l’âme humaine des personnages. Je vous recommanderais donc, si vous êtes curieux, de ne pas vous attendre à une épopée, mais à une aventure méditative à grand spectacle.

Passé et avenir : l’aventure continue
© Image Comics


BO du jour :

17 comments

  • Bruno. ;)  

    Heuuu… C’est un article extrêmement détaillé, mais je n’arrive pas à savoir si tu as aimé ou pas ?! Ce que j’en déduis sur le Comic lui-même me fait l’impression d’un exercice un peu (beaucoup) outré d’extrapolation d’une ribambelle d’idées et de concepts hors d’âge. La (les ?!) création(s) d’un fan visant à rendre hommage à une époque (une décennie), ou simplement se faire plaisir avec les jouets de ses ainés. Bon ; si l’intérêt de la lecture du tout repose surtout sur les personnages eux-mêmes, au détriment du contexte, je ne comprends pas bien l’énormité de la toile de fond qui, à priori, ne brille pas vraiment par son originalité…
    Pas non plus trop emballé par les choix graphiques exprimés par les scans : aucun ne semble exprimer une forte identité, au contraire.
    Le tout apparait extrêmement délavé, niveau inspiration, à travers le prisme de tes arguments : ça l’est vraiment ou bien c’est moi qui projette ?!

    …Mé mé mééé ! Ahhhh Kate ❤️ !
    Sauf que, là aussi, je pige pas le rapport avec le Comic : il va me falloir une explication de texte.

    • JB  

      Oui, j’ai aimé 🙂
      Toutes mes excuses si je ne suis pas clair.
      J’ai surtout voulu montrer que l’auteur voulait utilisait une vaste palette d’outils (une ribambelle de styles graphiques, des hommages vibrants à plusieurs thèmes de la SF) au profit d’une réflexion finalement cohérente sur la nature humaine. Un sujet qui m’intéresse ^^ Mais que du coup, un lecteur qui y va spécifiquement pour ces thèmes qui ne sont finalement que prétextes risque d’être déçu et d’y voir surtout un pot-pourri sans grand intérêt.

      • Bruno. ;)  

        C’est sans doute que tu es un poil subtil dans la nuance : je comprends mieux quand on chausse de gros souliers OUARFF !
        Je t’entends sur l’intérêt principal du Comic -une exploration de la nature humaine, donc- ; mais cette enfilade de ce qui semble les clichés les plus usités du genre S.F. comme décorum (les empires colonisateurs, les clones-soldats, les civilisations extra-terrestres aux mœurs voisines des nôtres, l’esclavage « technologique »), me fait craindre, pour le coup, du déjà vu aussi en ce qui concerne l’évolution des personnages.
        La S.F. est mon genre préféré, et encore plus quand elle est utilisée pour extrapoler -un peu au delà de ce qui est habituel- le spectre de nos potentialités ; mais j’ai la sensation que ce qui est démontré ici peut très bien être obtenu sans l’apport de l’Anticipation : une « simple » histoire Humaine.
        Mais si tu as apprécié, c’est que c’est quand même assez bien fichu, quel que soit mon ressenti à priori : je vais farfouiller voir si je dégotte ça.

    • JB  

      Ah, sinon j’ai oublié pour la BO : la narratrice observe la Terre de loin, comme s’il s’agissait d’une fragile enfant (« Go to sleep, little earth »), faisant ressortir son insignifiance et par extension celle de l’humanité. Mais j’avoue, si je ne l’avais pas déjà grillée sur Spider-Man: Reign, la chanson « In the year 2525 » aurait été plus appropriée, avec ses 10 000 ans de décadence de l’Homme passés au crible.

      • Bruno. ;)  

        Tiens ?! J’avais pas intégré la chanson de cette façon-là. Je me voyais moi complètement au niveau des vagues, en pleine tempête : c’est le crescendo de son interprétation (ses appels/mises en garde aux marins, aux gardes-côte, Etc…) qui induit ça, je pense.
        Kate Bush m’emporte (loin !) systématiquement dans ses délires, c’est dingue.
        Merci pour l’explication, en tous cas : ça m’ignerve quand je comprends pas !

        • JB  

          Il me semble que dans la narration de l’album, ton interprétation est parfaitement cohérente. C’est juste que durant la chanson, la narratrice semble prendre de la distance et observe la Terre comme on verrait la Lune depuis celle-ci (With just one hand held up high / I can blot you out out of sight / Peek-a-boo, peek-a-boo, little earth…)

          • Bruno. ;)  

            Arf ! Hé ben j’avais rien compris ! Trop pris par l’émotion (la forme) encore une fois, et complètement à côté de la plaque en ce qui concerne le fond. Je vais me l’écouter différemment, la prochaine fois : ça me fait une « nouvelle » chanson de Kate Bush, grâce à toi 😀.

  • JP Nguyen  

    Fascinant de voir qu’en partant de Youngblood, on puisse arriver à une oeuvre de SF aussi différente…
    Je ne me rappelle plus quand j’avais entendu parler de cette série. Cet article m’a donné envie d’y jeter un œil.

    • JB  

      On a aussi eu des Supreme par Alan Moore et par Warren Ellis, ou des Bloodstrike par Michel Fiffe ou Tim Seeley. De mauvaises langues diraient que les idées viennent quand Liefeld lâche l’affaire à d’autres…

      • Bruno. ;)  

        Liefeld était un peu prisonnier de ses affections, elles-mêmes plutôt sérieusement calibrées et auto-restrictives. Après, quand on aime un genre, il est assez stimulant de travailler avec les créations d’un autres : sans grande surprise, les contraintes dont je parle ne peuvent que stimuler l’imagination d’un auteur/artiste un peu concerné ; et ce afin de les biaiser et/ou les utiliser à son avantage.

  • Présence  

    Une série que j’ai lue et qui m’a demandé de gros efforts pour m’y immerger, y prendre plaisir, et discerner la nature de l’intrigue.

    L’artiste atteint de podophobie : excellent. 😀 Il ne faut pas pour autant oublier les dessins d’une rare énergie de Stephen Platt.

    J’avais bien aimé Glory de Joe Keatinge & Ross Campbell.

    La série Prophet et ses dérivées constituent-elles une bonne histoire ? – Je ne m’attendais à une telle question en conclusion, et la réponse fait pleinement sens. Mille mercis pour ce passage en revue et ces explications qui m’ont fait apparaître ce que je n’avais pas su distinguer à la lecture. C’est maintenant la série elle-même qui fait sens pour moi.

    • JB  

      Stephen Platt : son grand oeuvre VF reste l’éphémère Soul Saga. Sinon, je me rappelle surtout la fin de la série Marc Spector : Moon Knight (enfin, les couv, parce que les intérieurs étaient assez illisibles !)

      GLORY est aussi dans les tuyau !

      Le Tome 3 de John Prophet a été costaud à avaler : j’ignore si c’est la taille du volume qui le rendait assez difficilement manipulable ou le récit de plus en plus déconnecté de la trame principale, qui m’a demandé quelques relectures pour trouver un sens (je ne prétendrai pas que je détiens la lecture ultime de la série !)

  • Fletcher Arrowsmith  

    Salut JB

    Merci pour cette review. Cette série, du moins ce segment, avait eu une excellente presse en France lors de sa publication. Peut être car elle avait une approche de la SF à l’européenne et non à l’américaine, surtout dans sa conception super-héros. Idem pour la partie graphique.

    Il est toujours intéressant de voir comment un bon auteur peut s’approprier un concept, aussi mauvais ou banal soit-il. Le SUPREME BLUE ROSE de Warren Ellis peut être lu et vu de la même façon. En VF j’avais beaucoup aimé la conception de la MACHINE QUI REVE, le 46eme album de Spirou, à une époque où il était rare (et surtout sans une vision mercantile) de voir une telle ré-invention.

    J’avais fait l’impasse à l’époque mais c’est ce type de récit qui m’intéresserait de lire actuellement.

    • JB  

      Salut, et merci pour la lecture et le commentaire !
      Réinvention dans la continuité, ce qui est assez étonnant (contrairement aux séries Absolute DC, qui ne sont finalement que des Elseworlds). PROPHET fait le choix du lointain futur où le personnage originel ne figure pas vraiment.
      Pour MACHINE QUI REVE, malheureusement, à cause d’une histoire un peu trop convenue, je n’avais pas été assez sensible au changement réel de ton par rapport aux précédents albums de TOME ET JANRY.

  • Jyrille  

    Merci JB pour la mise en avant de ce titre. Je ne connais rien ici, ni l’original, ni cette remasterisation. En regardant les scans, j’ai un peu le sentiment de voir du Moebius, et pourtant il semble y avoir plusieurs dessinateurs bien distincts.

    Je ne suis pas certain de la lire un jour donc je vais lire tes spoilers. Je ne savais pas que podophobie était un vrai mot ! Merci pour le lien sur FALLOUT 🙂

    Tout ce que tu racontes sur l’univers et le genre (du space opera) me fait pas mal penser à SILLAGE de mon côté, avec une humanité disparue, uniquement représentée par sa dernière personne vivante, Nävis. Mais la somme de références fait surtout qu’on imagine une oeuvre mélangeant beaucoup d’univers connus et une sorte d’hommage global. Le fait de choisir le nom de Kirby pour un des personnages est éloquent.

    La BO : j’adore.

    • JB  

      Merci pour ta lecture ! Le premier arc a effectivement un parfum de Sillage 🙂

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