Pierrot Lunaire au pays des blockbusters

MARS ATTACKS ! + LA PLANÈTE DES SINGES + ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, par Tim Burton

Par TORNADO
Moult stars au générique !

Cet article portera sur trois films de Tim Burton dans le genre blockbuster et adaptation : MARS ATTACKS !, LA PLANÈTE DES SINGES et ALICE AU PAYS DES MERVEILLES.

Il y a déjà plusieurs articles sur le blog dédiés à la filmographie de l’éternel garnement d’Hollywood, notamment un consacré à ses deux BATMAN, un autre à son DARK SHADOWS, et un troisième aux films d’Halloween.

Tim Burton n’est pas resté un créateur au sens premier du terme bien longtemps. Il ne lui a fallu qu’un seul film en fin de compte, pour faire un acte de création totale : EDWARD AUX MAINS D’ARGENT. Un seul projet pétri de sa personnalité, de ses souvenirs d’enfance, de ses névroses et de son univers personnel. Le film-somme de sa puissance créatrice. Avec ce seul long-métrage (auquel on peut en revanche ajouter la plupart de ses courts-métrages), il avait tout dit, tout balancé, tout réglé. Pas la peine d’en rajouter.

Du coup, comme il ne lui restait absolument rien d’autre à dire, il a passé le reste de sa carrière de cinéaste à ne faire quasiment… que des adaptations ! Mais ce n’est pas un défaut en ce qui le concerne, puisque, on vous le répète, il avait dit tout ce qu’il avait à nous dire en un seul film (vous n’écoutez rien ou quoi ?) !

Le fait-est que le bonhomme avait assis une sacrée esthétique personnelle, une patte, un style, un univers reconnaissable entre mille, de ce genre d’univers que fort peu d’artistes sont capables de générer. Du coup, il y a fatalement un avant et un après Tim Burton. Combien de cinéastes peuvent prétendre à une telle signature ? Il y a un cinéma hitchcockien, un cinéma lynchéien, et un cinéma burtonien. La marque des inimitables qui fait que, si un quidam essaie de les copier, il y a immédiatement plagiat !

Tout cela pour dire que si, par ailleurs, Tim Burton n’a quasiment réalisé que des adaptations, ce n’est pas un mal car, par principe, il fait partie de ces auteurs (et c’en est vraiment un, avec ses thèmes récurrents) capables de digérer les créations d’autrui en les faisant siennes, en les diluant dans son univers personnel. Toutefois, on verra que, selon les films, la recette est plus ou moins efficace et la marque de l’auteur est plus ou moins consommée.

Parmi tous les films de sa carrière aujourd’hui longue et fournie, il y en a trois qui peuvent être réunis sous la bannière du blockbuster. Et qui sont très intéressants à mettre en parallèle sous l’éclairage de l’adaptation burtonienne.

MARS ATTACKS ! – 1996

En 1994, Tim Burton réalise ED WOOD (un autre de ses rares films à ne pas être une adaptation), biopic fantasmé du « pire réalisateur de tous les temps », lequel a commis PLAN 9 FROM OUTER-SPACE, considéré comme le « plus mauvais film de l’histoire du cinéma » ! Il était donc tout à fait logique qu’il réalise à son tour un film de science-fiction kitsch !

Notre réalisateur a toujours claironné son amour pour les films fantastiques de son enfance, notamment les séries-B et les films de monstres. Logique, ici encore, qu’il s’attèle à un projet d’invasion extraterrestre. Le réalisateur hésite un moment entre un remake de « PLAN 9 » ou une nouvelle version de LA GUERRE DES MONDES, avant qu’il ne tombe, avec son scénariste Jonathan Gems, sur une collection de trading cards éditée par Topps (célèbre fabriquant de chewing-gum) au début des années 60, intitulée MARS ATTACKS !, et réalisée par des dessinateurs de comics parmi les meilleurs de l’époque, notamment ceux des EC Comics, eux-mêmes rompus à la SF avec les anthologies WEIRD SCIENCE et WEIRD FANTASY !

Une « carte » originale de Topps. Tout y est !
Source : Wikipedia.

Avec le recul de toutes ces années, que faut-il garder de MARS ATTACKS ! ?
C’est d’abord un anti-INDEPENDANCE DAY, Burton y mitraillant toutes les valeurs prônées dans le film susdit (qui sort à peu-près au même moment, à une époque où le cinéma hollywoodien remet les extraterrestres à la mode). C’est ensuite une farce féroce, jubilatoire, rock’n roll, voire punk, où rien n’est cohérent, où tout est surréaliste, et où seuls les losers gagnent, ou plutôt les outsdiders, ceux que le réalisateur a jusqu’ici métaphorisé sous l’image des freaks ! Soit une ode aux geeks, un réquisitoire contre le vrai monde : Les martiens sont les garnements sans foi ni loi qui vont rendre notre planète à ceux qui ne cherchent pas à marcher sur la gueule des autres !

Ici, Tim Burton est le frère de Garth Ennis, un pur anarchiste qui nous venge de ce monde de merde… Mais MARS ATTACKS ! est surtout un film intemporel, au sens noble du terme. Rêvant de porter à l’écran des aliens selon les effets spéciaux à l’ancienne de Ray Harryhausen, Burton suivra les obligations de la production et optera finalement pour les images de synthèse. Mais le miracle se produira car, tous les artisans du film, au diapason, opteront pour une esthétique rétro postmoderne, offrant au public une œuvre en dehors du temps, assimilable comme un divertissement science-fictionnel pouvant se raconter à n’importe quelle époque !

À ce stade de sa carrière, si tout le monde aime Tim Burton, (y compris les stars hollywoodiennes, qui se bousculent pour figurer dans ses productions comme dans les films de catastrophe des 70’s !) ? C’est parce qu’il est l’un des seuls cinéastes capables de réaliser ses projets en toute liberté et de dessiner une filmographie dont la cohérence échappe à toutes les modes et à tous les schémas établis (dans MARS ATTACKS !, impossible de deviner à l’avance ce qu’il va se passer !). Il est le héros d’une génération qui n’attendait que lui et qui se reconnait dans une œuvre dont la personnalité pourtant bien campée est communicative. Il est sans égal sur ce registre.

La bande-annonce VF d’époque, sans la musique de Danny Elfman…

MARS ATTACKS ! est, tout comme les deux premiers BATMAN avant lui (surtout le second, d’ailleurs), un « blockbuster hollywoodien » qui coïncide avec le « film d’auteur ». Un miracle où les moyens mis en place sont à la hauteur de la liberté d’expression de l’artiste. Avec le recul, c’est une denrée rare. Ici, Burton réussit son tour d’équilibriste en contentant tout le monde et en gardant son intégrité. Certes, il ne s’agit pas du plus sensible de ses films (c’est en tout cas, de loin, le plus corrosif et le plus déchainé !). Mais le tour de force est indiscutable.

Visuellement, le résultat est extraordinaire. Après le noir et blanc (somptueux) d’ED WOOD, MARS ATTACKS ! multiplie les couleurs flashy et criardes sous la houlette d’ILM qui gère les effets spéciaux à coup d’images de synthèse qui tiennent la route encore aujourd’hui. Burton en profite, bien évidemment, pour rendre hommage aux grands classiques du genre (le genre « SF série-B : rayon invasion extraterrestre » !) avec, en avant-poste, les incontournables américains des années 50 (LA GUERRE DES MONDES (1953), LES SOUCOUPES VOLANTES ATTAQUENT (1956), PLANÈTE INTERDITE (1956), LES SURVIVANTS DE L’INFINI (1955), voire le beaucoup plus confidentiel THE BRAIN THAT WOULDN’T DIE (1962), film de chevet de notre cinéaste), et même le tout aussi incontournable PRISONNIÈRE DES MARTIENS du tout aussi incontournable réalisateur nippon Hishiro Honda, le créateur du GODZILLA originel !

Du côté de la bande-son, Burton retrouve son complice Danny Elfman (absent du film précédent – pour cause de brouille passagère) qui, lui aussi, cite ses classiques (on reconnait notamment le sublimissime thème de Bernard Herrmann, compositeur attitré d’Hitchcock, tiré du film LE JOUR OÙ LA TERRE S’ARRÊTA (1951) et celui du magnifique MÉTÉORE DE LA NUIT (1953), composé par Henry Mancini, Irving Gertz & Herman Stein). L’osmose parfaite…Tim Burton était-il fait pour les blockbusters ? La suite prouvera malheureusement que non.

LA PLANÈTE DES SINGES (PLANET OF THE APES) – 2001

Tout commence très mal sur ce projet qui est, d’emblée, considéré comme un remake du film de 1968 (par Franklin J. Schaffner, un chef d’œuvre incontesté) et non comme une nouvelle adaptation du roman de Pierre Boulle. Un détail tout de même très significatif.

Le machin est en fait un parfait exemple du phénomène hollywoodien de « development hell » (le genre de projet qui navigue de Charybde en Scylla), le pire étant la participation d’un duo de scénaristes (Lawrence Konner & Mark Rosenthal) doué pour faire… de très mauvais films (au hasard LE DIAMANT DU NIL, SUPERMAN IV et MON AMI JOE) !

Pas de bol, donc : Burton hérite d’un scénario complètement moisi, qui n’adapte pas le roman de Pierre Boulle (alors que, contrairement au film de 1968, on avait cette fois les moyens de le faire en bonne et due forme !), garde les parti-pris du film précédent les plus cheap (un décorum médiéval tandis que, dans le roman, c’est très high-tech avec des villes futuristes dans des bulles de verre…) et qui, allez savoir pourquoi, décide de coller une fin totalement incongrue pour rattraper le roman à l’arrache à coup de voyage spatio-temporel ! Un édifiant exemple de plantage artistique et scénaristique (on regarde aujourd’hui le film en se demandant comment on a pu écrire une histoire aussi incohérente !) qui devra attendre la postologie STAR WARS pour trouver son équivalent dans le genre portnawak du blockbuster SF !

Pour la première fois de sa carrière, et bien qu’il soit admis qu’il s’est lancé dans le projet avec la détermination de se glisser dans le moule du blockbuster sans chercher à imposer son univers, Burton se heurte à une production qui ne lui laisse pas les mains libres, et le résultat est sans appel. Certes, il démontre une fois encore des qualités d’enlumineur exceptionnelles (la ville médiévale des singes est une pure merveille, plus proche de l’heroic fantasy -voire de la dark fantasy- que de la SF), mais parvient laborieusement à harmoniser son film selon sa volonté.

Au rayon des ratés, on lui refuse par exemple la consommation de l’histoire d’amour entre Léo (Mark Wahlberg, le héros humain) et Ari (Helena Bonham Carter, la guenon chimpanzé). Où est donc passé le temps où notre cinéaste faisait tout ce qu’il voulait ?
LA PLANÈTE DES SINGES est à la fois le moins réussi des films de Tim Burton, et son œuvre la moins personnelle.

Une bande-annonce d’époque ratée (toujours sans Danny Elfman), comme le film…

Le casting est une fois encore fourni mais, si Tim Roth et Helena Bonham Carter parviennent à crever l’écran sous leur masque de singe, le premier rôle, tenu par un Mark Wahlberg très hypé à l’époque (son nom trône sur le haut de l’affiche), a un tel charisme d’huitre que le cinéphile espère rapidement voir arriver Charlton Heston pour le remplacer. Ce dernier apparait bel et bien au casting, en hommage au film de 1968, paradoxalement sous la peau d’un singe mourant… Des choix vaseux, qui en disent long sur le statut d’une production qui sera rapidement évacuée au profit d’une nouvelle série de films (quatre à ce jour) bien plus réussie, qui déferlera sur les écrans à partir de 2011.

Nonobstant toutes ces considérations de formes et de fond, on peut tout de même, vaguement, passer un bon moment de cinéma en regardant cette version aujourd’hui tombée quasiment dans l’oubli, noyée dans le fond des bacs à solde des navets à plusieurs millions de dollars.

On gardera notamment les magnifiques maquillages de Rick Baker, ici à son apogée. Ce génie absolu, messieurs-mesdames, nous aura offert aussi bien certains des plus grands singes du 7ème art (KING KONG version 1976, GORILLE DANS LA BRUME, GREYSTOKE), que ses plus mémorables loup-garous (HURLEMENTS, LE LOUP-GAROU DE LONDRES, WOLF).

Enfin, si Burton ne réussit que (très) partiellement à diluer le film dans son univers, il parvient tout de même à ciseler quelques séquences dignes d’intérêt et le geek averti de repérer, ici et là, les prémices de ce que fera Peter Jackson (lequel était au départ prévu au poste de réalisateur pour cette version de LA PLANÈTE DES SINGES !) sur LE SEIGNEUR DES ANNEAUX. À ce titre, la scène où les singes quittent leur cité pour partir en guerre, est, avec le recul, un prototype assez criant de celle où, dans LE SEIGNEUR DES ANNEAUX, les orcs déferlent de Minas Morgul !

Charlton Heston returns !

Côté musique, Danny Elfman réalisait ici son rêve de composer une musique de film d’action. Effectivement, ce brillant compositeur n’avait encore jamais réussi à choper un blockbuster de ce genre. Cette dernière anecdote est fatale (sa bande-son n’a strictement aucun intérêt, contrairement à tout ce qu’il a fait jusqu’ici !). En vérité, elle démontre comment le système hollywoodien dévore ses propres génies, car ni Tim Burton, ni Danny Elfman (qui deviendra ensuite spécialiste des films de super-héros…) ne sortiront indemnes de ce blockbuster. Jamais ils ne retrouveront leur modjo initial. Ni l’un, ni l’autre…

Le plus triste dans cette histoire ? LA PLANÈTE DES SINGES demeure au moment de sa sortie le plus gros succès public de notre réalisateur. Ou quand le monde se marche sur la tête…

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES (ALICE IN WONDERLAND) – 2010

Si cette énième adaptation du roman de Lewis Carroll fait partie de la nouvelle vague de longs-métrages produit par Disney, visant à réaliser des remakes de ses dessins-animés les plus célèbres en mélangeant l’animation avec les prises de vue réelles selon la technologie Disney Digital 3D (Tim Burton répètera l’exercice avec le remake de DUMBO en 2019), il s’agit en vérité d’une suite. Un scénario original imaginant le retour d’Alice au Pays des merveilles treize ans plus tard, au moment où Hamish, un lord anglais qu’elle n’aime pas du tout, s’apprête à lui faire sa demande en mariage. La jeune femme de vingt ans réussira-t-elle de nouveau à vaincre ses peurs ? Et acceptera-t-elle, de retour à la réalité, cette vie qu’on veut lui imposer ?

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES fait partie des films de Tim Burton régulièrement démolis par la critique. Le reproche le plus récurent (en plus de trouver que le film est bien trop lisse) étant de dénoncer que le réalisateur s’attarde beaucoup trop sur les figures positives, alors qu’il a, par le passé, tant et tant misé sur les vilains.

Bien que ces reproches soient fondés (mais, de manière objective, tout à fait en dehors des qualités intrinsèques du film lui-même), on retrouve pourtant un Burton en grande forme, à égalité avec un Danny Elfman que l’on n’avait pas entendu aussi inspiré depuis des lustres.

Contrairement à LA PLANÈTE DES SINGES, le film est un festival de motifs burtoniens (les arbres décharnés et les damiers semblant avoir été récupérés de certains de ses films précédents). De la même manière, le réalisateur renoue pleinement avec ses thèmes de prédilection et l’on retrouve autant les personnages socialement en rupture (Alice en tête) que l’absence du père, le Chapelier fou (Johnny Depp pour la septième fois aux côtés de son réalisateur fétiche) faisant office de père de substitution comme autant de protagonistes burtoniens avant lui.

Fidèle au roman de Lewis Carroll davantage dans l’esprit que dans la lettre, cette nouvelle version s’impose comme un conte initiatique dans la grande tradition du genre.

Visuellement, le film est un enchantement continu et, pour ceux qui ont eu la chance de le voir au moment de sa sortie en salle, il est l’un des rares à avoir fait quelque chose de la technologie 3D en noyant ce Pays des merveilles dans un feu d’artifice multicolore encore plus immersif que le premier AVATAR de James Cameron. Peut-être le plus beau film en 3D de l’histoire du cinéma et le plus gros succès de la carrière du réalisateur au box-office.

Le principal souci, celui qui prive le film d’une cinquième étoile, vient en réalité de la production, Disney ayant à coup sûr bridé le réalisateur afin qu’il livre le spectacle tout public le plus inoffensif possible. Ainsi, à part de très rares moments de malaise (Alice qui traverse une douve remplie de masques mortuaires, la Reine de cœur en dictatrice reposant ses pieds sur des cochons, sa cour composée de courtisans s’enlaidissant grâce à des postiches pour ne pas faire d’ombre au physique ingrat de leur monarque…), cette nouvelle étape de la filmographie burtonienne manque clairement des éléments subversifs que l’on était en droit d’attendre, aussi bien d’un film de Tim Burton que d’une adaptation moderne du roman de Lewis Carroll. Car, entre la version animée de 1951, déjà assez osée pour l’époque, et la chanson « pornogra-phonique » de Serge Gainsbourg (VARIATIONS SUR MARILOU), il y avait moyen de trouver un juste milieu mêlant la fantasy et les sous-textes en tout genre, notamment sexuels, ce qui n’aurait pas été gratuit dans la perspective de raconter le parcours initiatique d’une jeune femme en quête de libertés et d’épanouissement.

Vite ! un cochon !

Résultat édulcoré en définitive et qui, surtout, survole beaucoup trop ses thèmes quand, à l’époque d’EDWARD AUX MAINS D’ARGENT, ils étaient purement au cœur du script. Reste un divertissement familial certes inoffensif mais d’une beauté plastique totalement envoûtante, portant très haut la signature de son cinéaste. La forme davantage que l’esprit…

La conclusion de notre article est arrivée : Tim Burton est un grand réalisateur de l’histoire du cinéma hollywoodien qui aura souvent réussi à imposer sa personnalité et son univers aux plus grandes productions de son époque. Toutefois, l’industrie cinématographique se durcissant au fil du temps, il ne pourra pas toujours réussir cet équilibre compliqué et, à certains moments, devra adoucir ses fulgurances afin de continuer son chemin.

Évidemment, nous ne partageons pas l’avis de ses détracteurs les plus acharnés qui estiment qu’il a vendu son âme à la tout puissance du cinéma commercial car, dès qu’il a pu le faire, il y est allé à fond (voir et revoir SWEENEY TODD, LE DIABOLIQUE BARBIER DE FLEET STREET).

Au sein de ce parcours, on aura en tout cas compris que ses films les plus coûteux sont souvent ceux qui l’ont contraint à renoncer à ses libertés artistiques, parmi lesquels LA PLANÈTE DES SINGES, sans aucun doute son film le moins réussi.

Nous consacrerons peut-être encore quelques articles à ce réalisateur fétiche (pour les geeks que nous sommes), car on peut très bien saucissonner sa filmographie en plusieurs thématiques. Il reste donc de l’espace pour les films d’animation en pâte à modeler (L’ÉTRANGE NOËL DE Mr JACK, LES NOCES FUNÈBRES, FRANKENWEENIE), ceux qui traitent directement de l’absence du père (BIG FISH, CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE, SWEENEY TODD), les biopics (ED WOOD, BIG EYES), ainsi que ceux qui divisent sévèrement la critique (DARK SHADOWS, MISS PÉRÉGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS, DUMBO).


La BO : The Cure : VERY GOOD ADVICE

Si Tim Burton a exactement les mêmes goûts cinématographiques que votre serviteur, on ne peut pas en dire autant de la musique…

Le réal d’EDWARD AUX MAINS D’ARGENT adore Siouxie & the Banshees, le genre de machin que l’auteur de l’article a envoyé aux chiottes en tirant la chasse trois fois d’affilée depuis qu’il en a écouté. Mais bon, le VERY GOOD ADVICE de the Cure a été cité dans MARS ATTACKS !…

L’auteur de l’article (encore lui) aurait préféré y mettre Tom Jones, que l’on voit et que l’on entend dans le film idoine. Mais il sait être consensuel, notamment avec le boss de notre blog bien aimé…

27 comments

  • zen arcade  

    Je ne suis pas très fan de Mars attacks. Je vois dans sa surenchère de références (que j’aime pourtant beaucoup) un des symptômes d’une fuite en avant au sein d’un système burtonien qui commence à s’essouffler et qui répond par le trop-plein de tout à un début de perte d’inspiration (qui malheureusement ne fera que se confirmer).
    Je le suivrai encore sur le suivant (Sleepy Hollow) avant que mon intérêt déclinant m’éloigne de ses productions. Il compta pourtant pendant une dizaine d’années parmi mes cinéastes préférés et je prends toujours beaucoup de plaisir à revoir ses meilleurs films : Edward, Ed Wood, Batman returns et Nightmare before Christmas.
    Mais merci pour tes articles fouillés sur le cinéma burtonien.

    La BO : alors là, c’est vraiment vraiment pas du bon Cure.
    La BO bis : les propos outranciers par rapport à la musique de Siouxsie ne grandissent pas l’article. Je me demande toujours à quoi servent de tels propos. Enfin bon, chacun fait comme il veut. Et le morceau de Siouxsie pour Batman returns est une petite merveille.

    • JB  

      le morceau de Siouxsie pour Batman returns : « Face to face » pour la danse entre Selina et Bruce, si je me souviens bien ?

      • zen arcade  

        Oui.
        Avec la sublime Michelle Pfeiffer, évidemment.

    • Jyrille  

      « les propos outranciers par rapport à la musique de Siouxsie ne grandissent pas l’article. Je me demande toujours à quoi servent de tels propos. Enfin bon, chacun fait comme il veut. »

      Totalement d’accord.

  • JB  

    Mars Attacks : oh le petit bijou iconoclaste, qui éclate l’image du président sauvant le monde, du général va-t-en-guerre autant que du pacifiste aveugle, du scientifique je-sais-tout, des médias avec le tandem Sarah Jessica Parker et le bien trop bref Michael J. Fox, le matérialisme avec Danny De Vito dont le dernier mot est « Rolex ».
    Petite note : j’aime assez les ravages qu’ils commettent dans les univers comics qu’ils visitent, tant Image (leur passage a un effet durable sur l’univers de Savage Dragon) qu’IDW ou leur rencontre avec Red Sonja !

    La Planète des singes : difficile de transformer le plomb en or. Même à l’époque, Mark Wahlberg m’avait paru mal casté. Et ce film se complait bien trop dans l’ombre de la première adaptation, en ressortant comme l’indique Tornado l’environnement médiéval ou ce twist final sorti de nulle part.

    Alice au pays des merveilles : ouais, non. Juste non. Pour moi, Burton « vole » son histoire au personnage-titre pour faire du Chapelier fou un perso principal. A la rigueur, pourquoi pas, mais ce rôle de Johnny Depp m’a été insupportable de bout en bout.

  • Tornado  

    Je ne suis pas du genre, à la base, à flinguer le goût des autres en matière de musique. Mais après avoir subi moult condescendance sur mes goûts musicaux qui ne rentrent pas dans la charte du bon goût rock, je ne vois pas pourquoi je ne ferais pas la même chose.
    Je trouve les fans de Tim Burton vraiment sévères avec son parcours cinématographique. C’est quand même difficile, je pense, de tenir tête aux producteurs quand on veut à la fois rester grand public et livrer des films d’auteur. Même s’il tourne des films beaucoup plus lisses avec le temps, on a encore un artiste généreux qui ne renie pas son univers. Et un film moyen de Tim Burton, c’est encore au-dessus de la moyenne des films hollywoodiens.

    • zen arcade  

      Je conserve du respect pour le parcours de Tim Burton même après que son inspiration et sa capacité de renouvellement se soient émoussées. Ceci dit, je ne vois pas pourquoi cela devrait m’obliger à m’infliger la vision de ses films récents.
      Je ne pense pas que les relations avec les producteurs soient la seule explication à l’affadissement de son cinéma. Je pense aussi qu’après une période de créativité intense et fructueuse, au cours de laquelle il a mis en place un univers visuel très fort et immédiatement reconnaissable, au cours de laquelle il a également traité à l’envi et avec brio les thèmes de la marginalité face au conformisme, de la place de la monstruosité dans une société normée,.. il s’est un peu retrouvé coincé dans son système. Il a tenté de se renouveler mais la sauce n’a pas vraiment pris et puis ensuite je pense qu’il s’est rapidement résigné à revenir dans son petit univers mais la fraîcheur originale avait fait place à une odeur de renfermé.
      La BO : dans une conversation animée, dans un commentaire, ça fait partie du jeu mais dans un article, je trouve que ce type de propos, ça ne fait pas sérieux et que ça n’a pas sa place. Mais c’est juste mon avis.

    • Jyrille  

      « je ne vois pas pourquoi je ne ferais pas la même chose. »

      Pour briser la boucle, pour se montrer plus malin et réfléchi que le premier élitiste gardien du bon goût du coin. C’est une attitude salvatrice, et éviterait peut-être des guerres (et je parle de vraies guerres où des gens meurent).

  • Jyrille  

    Un article bienvenu Tornado, j’avais oublié à quel point tu es fan de Burton. Ton introduction est un poil trop longue (désolé) et tu oublies qu’il y a aussi un cinéma tarantinesque… Bref, c’est bien vu et même si cela fait longtemps que je ne suis plus le monsieur, j’aime bien les univers de Burton et ses vieux films – enfin la plupart, pour avoir revu le premier Batman dont je n’étais déjà pas fan, c’est encore pire. Je ne l’aime vraiment pas à part pour ses décors et costumes.

    Je n’ai vu MARS ATTACKS! qu’une seule fois, au cinéma, mais en VOST (j’étais étudiant). J’avais beaucoup aimé, la chanson de Tom Jones, les aliens qui explosent à cause d’une chanson, Brosnan à moitié chihuahua, j’avais bien rigolé. Mais il faudrait que je le revoie, je pense le découvrir différemment désormais. J’ai beaucoup aimé ED WOOD aussi. Je ne savais rien de la genèse de MARS ATTACKS, c’est fascinant.

    « C’est parce qu’il est l’un des seuls cinéastes capables de réaliser ses projets en toute liberté et de dessiner une filmographie dont la cohérence échappe à toutes les modes et à tous les schémas établis » Complètement. C’était une bonne époque, je ne sais pas si on a une correspondance à l’heure actuelle. Comme pour la musique, j’ai l’impression que c’est plus compliqué d’avoir de la quantité, les artistes sont très rapidement rincés par l’industrie. Même si bien sûr je n’ai jamais autant entendu de noms tellement les plateformes (vidéo ou audio) proposent des choses.

    Je crois que je n’ai pas vu sa PLANETE DES SINGES. Ou si c’est le cas, aucun souvenir. Par contre j’ai vu récemment pour la première fois son ALICE. Disons que je suis content de l’avoir vu mais ça me suffit (alors que ma fille l’adore). Certains trucs y sont réussis, d’autres beaucoup moins. J’ai largement préféré son DUMBO.

    J’apprends donc plein de choses, merci bien ! J’ai enfin vu LE LOUP GAROU DE LONDRES et j’ai adoré. C’est à la fois drôle et terrifiant.

    Je ne comprends pas lorsque tu dis que le film est une influence du SEIGNEUR DES ANNEAUX : les films sont sortis la même année. J’aime beaucoup la BO de Elfman pour les Spider-Man de Raimi dont le premier sort l’année suivante. C’est de la pure BO de blockbuster. Ce n’est pas antinomique d’être leur plus gros succès : les gros films avec beaucoup de pub marchent souvent, ce n’est étonnant en rien.

    Je ne trouve pas que le film ALICE soit visuellement réussi. Il est un peu trop rococo. Alors c’est l’histoire qui veut ça mais les couleurs sont trop flashy, je n’ai pas adhéré. Je vois aussi que tu parles de toi à la première personne du pluriel… tu as peut-être besoin de vacances… Pas vu SWEENEY TODD. J’ai beaucoup aimé MISS PEREGRINE par contre.

    Bel article en tout cas, merci.

    La BO : ah, un de mes groupes fétiches. Mais un titre que je ne connais pas. Et qui semblerait-il a été créé bien après la fin de leur dernière bonne production, celle de leur album éponyme de 2004. Sans surprise c’est pas terrible.

    • Tornado  

      « et tu oublies qu’il y a aussi un cinéma tarantinesque » : Mais oui, évidemment. Tu as aussi un « cinéma fordien », un cinéma « à la Chaplin », « à la Gilliam », etc. Ils sont à la fois nombreux, et exceptionnels.

  • Ludovic  

    Je souscris en grande partie à tout ce qui est écrit dans cet article et même je comprends ce qu’écrit Zen Arcade plus haut quand il souligne les limites de MARS ATTACKS, si on était méchant, on pourrait dire que c’est déjà le début de la fin, reste que MARS ATTACKS est quand même extrêmement réjouissant et c’est vraiment difficile de faire la fine bouche, surtout au regard de ce qui va venir après.
    LA PLANÈTE DES SINGES est donc un ratage, on ne sait pas à l’époque que ça augure le pire pour le reste de la carrière du cinéaste qui va devenir peu à peu l’ombre de lui-même et dont l’univers et le style va se réduire a un simple effet de signature totalement dévitalisé apposé sur des films plus ou moins intéressants.
    Depuis, j’en au fait mon deuil.

    PS: J’adore SIOUSXIE AND THE BANSHEES ! je crois que je l’ai mis en BO sur un autre article !

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonjour

    Je suis un grand fan de Tim Burton, possédant quais toute sa filmographie en DVD (cela doit être la seule exception) et moultes livres de et sur le cinéaste. ‘ai également souvenir d’une rétrospective qui lui avait été consacré à la cinémathèque.

    Des 3 présentés, c’est clairement MARS ATTACKS que je préfère. Quand on y pense, faire un film à partir d’un jeu de cartes.

    Je ne sais pas si on peut dire qu’il a décliné ensuite. Il y a de réel fulgurance comme BIG FISH que je mets dans mon top 3. Ou le très réussi et cynique CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE. Et comment de pas prendre son pied devant la noirceur de SWEENEY TODD.

    entre Mars Attacks et La planète des signes (où en effet rien de fonctionne) on a le très beau SLEEPY HOLLOW (même si j’ai toujours du mal à l’apprécier).

    Et puis ces films d’animations restent d’un gout certains : LES NOCES FUNEBRES qui n’a certes pas la fraicheur de L’Étrange Noël de monsieur Jack mais qui se tient, comme son remake de FRANKENWEENIE.

    Je pourrais même défendre MISS PEREGRINE, malgré une fin raté, mais bon les romans sont interminables passé la découverte des photos truquées des enfants. MISS PEREGRINE est mon X-MEN 3 à moi.

    Je rejoins JB sur ALICE AU PAYS DES MERVEILLES qi souffre presque des mêmes syndromes et défauts que LA PLANETE DES SINGES. Le Remake ou la réadaptation selon Burton ne fonctionne pas (au contraire de CHARLIE). Alice n’efface trop devant un Johnny Deep cabotin pas à sa place. Cela plombe le film (la suite est pire que tout au passage).

    Merci pour l’article qui me donne une nouvelle fois envie de me plonger à nouveau dans l’univers de Tim Burton. C’est bien écrit, fouillé et on sent qu’il y de la passion derrière tout en étant réaliste.

    La BO : sans avis précis. J’ai découvert THE CURE sur le tard, sans pour autant être totalement convaincu.

  • Présence  

    Incroyable : j’ai vu Mars Attacks! et j’en garde un très bon souvenir. C’est un grand plaisir que de pouvoir le revoir ainsi mis dans son contexte, avec une analyse mettant en lumière comment Blockbuster et Film d’auteur ont été conciliés.

    Je n’ai pas vu les deux autres films, et je me souviens que la critique avait été sévère pour le Planète des singes.

    Cet article a été pour moi l’occasion de ressortir un CD intitulé Le monde de Tim Burton, avec des compositions de Danny Elfman extraites de Edward aux mains d’argent, Charlie et la chocolaterie, Batman, Sweeney Todd, Ed Wood, Mars attacks!, Les noces funèbres, Sleepy Hollow, Pee Wee’s big adventure, Beetlejuice, Batman returns, Alice aux pays des merveilles. Pas mal comme palmarès.

    • Fletcher Arrowsmith  

      Même CD à la maison. Mon fils en est le propriétaire d’ailleurs (à défaut d’écouter JUL)

  • Bruce lit  

    Merci pour ce tour d’horizon.
    Je ne suis pas le plus grand fan de Burton. Je trouve qu’il s’ets enfermé dans un style très vite et toutes les idoles de Telerama (lui, Almodovar et tant d’autres) ont malheureusement tendance à me hérisser le poil.
    C’est un cinéma assez fédérateur et je suis très surpris d’y voir associé le nom de Garth Ennis pours MARS ATTACKS que j’avais trouvé supra lourdingue. Il faudrait que je le revoie, mais ne suis pas pressé de le faire.
    Quant à LA PLANETE DES SINGES, je me rappelle effectivement d’un truc assez chiant et tu m’en apprends quelques coulisses.
    En renvoyant le teaser, je n’y vois qu’un film d’aventure de plus, Bohnam Carter ressemblant plus à une mutante qu’à un singe.
    Les films de Burton que j’affectionne :
    Edward aux mains d’argent
    Ed Wood
    Batman le défi
    Ah, et Big Fish aussi où il changeait un peu de registre.
    TOus les autres, je les ai vus, tous, ai passé un bon moment sans être particulièrement touché.

  • Tornado  

    La provoc de la BO : M’enfin, ce n’est pas dans l’article, c’est juste dans le bonus BO 🙂

    @Cyrille : Une influence du SEIGNEUR DES ANNEAUX : Je me suis mal exprimé. Le film de Burton sort environ 6 mois avant celui de Peter Jackson et propose déjà des scènes similaires.
    J’ai toujours trouvé les BOs de Raimi pour les films de super-héros très consensuelles. On est loin de ses masterpieces.
    Je parle de moi au pluriel : Un manière de dire que je ne suis pas le seul à le penser. Plein de gens avec lesquels je discute aiment ancore Tim Burton malgré tout.

    @Fletcher : Merci. Ça fait plaisir de lire ça. Je me sens moins seul ! Je trouve également que BIG FISH et CHARLIE sont objectivement d’excellents films (j’adore aussi LES NOCES FUNÈBRES et FRANKENWEENIE). Ils se sont pourtant fait démolir par les critiques qui continuent d’avoir une dent contre un Tim Burton qui n’est plus celui des débuts. Des critiques très extrêmes, je trouve. Je reconnnais une part de ces critiques dans les retours de Zen et de Ludo. C’est leur droit, bien sûr.
    Pour ma part, je continue de me sentir bien avec le cinéma de Tim Burton. Je ne suis pas dupe : C’est nettement moins riche et profond qu’au début. Mais je le répète : Un Burton moyen est déjà au-dessus de la moyenne.
    C’est un cinéma qui continue de me toucher, dans lequel je me reconnais. C’est un cinéma qui me parle. Certes, il est devenu beaucoup plus lisse. Mais il est encore de ma famille. Alors que, majoritairement, je ne me sens pas en phase, ni avec le cinéma hollywoodien actuel qui fonctionne par les producteurs et leur cahier des charges, ni par le cinéma mondial, qui s’est clairement tourné sur l’approche naturaliste. C’est un cinéma qui ne me parle pas, qui ne me correspond pas, qui ne me touche pas. C’est un cinéma qui n’est pas celui que j’ai appris à aimer. Et au milieu de tout ça, celui de Tim Burton, même très édulcoré aujourd’hui, est encore celui qui me correspond le mieux.

    • Jyrille  

      La BO de l’article et son texte font partie de l’article 🙂

      Autant j’adore CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE (un des trois DVD que j’ai dû racheter pour usure par ma progéniture), autant je n’ai pas accroché aux NOCES FUNEBRES ni à BIG FISH. Pas vu FRANKENWEENIE. Mais j’ai SLEEPY HOLLOW en DVD et il faudrait que je le revoie, il m’avait fait une grosse impression, un bon cru selon moi.

      Je sors du dernier Dupieux (et récemment j’ai vu le dernier Gondry, LE LIVRE DES SOLUTIONS), nous étions trois (ma fille, moi et quelqu’un) dans une immense salle de multiplexe, ça fait bizarre. C’est du cinéma qui me parle, même si ça n’a ni queue ni tête, si c’est méta et étrange, je suis fan de ça, de ces perturbations de la réalité. Et c’est fait avec peu de moyens, mais c’est très bien écrit et joué.

      En y pensant, après nos discussions avec Zen, je crois vraiment que je suis plus proche du cinéma dont tu parles, Tornado, celui de l’école Méliès, de l’imaginaire et des effets spéciaux, des mondes parallèles, des icônes irréalistes, de l’aventure et de la féerie, ce que fait Burton en général, donc. Si tu ne l’as pas vu, je te conseille WONKA que j’ai beaucoup aimé.

      Tu as raison pour Ford, Gilliam etc…

      • Tornado  

        J’ai vu WONKA à Noël, en famille. Parfait pour ça.
        Parmi le(s) cinéma(s) que je préfère, il y a aussi le « cinéma fellinien ». Je n’ai pas de complexes par rapport aux élitistes. Ludovic m’a permis de découvrir UNDER THE SILVER LAKE de David Robert Mitchell, soit ma plus belle découverte de ces dernières années en termes de cinéphilie, tout va bien ! 🙂
        Il faudra un jour que je fasse mon TOP 100 cinéma comme avait fait Zen. c’est super complexe à faire en fait ! Je sais déjà qu’il y aura EDWARD AUX MAINS D’ARGENT, mais aussi BRAZIL, BLADE RUNNER, LA DOLCE VITA, LITTLE BIG MAN, APOCALYPSE NOW, MORT À VENISE, LA GRANDE BOUFFE, et L’EMPIRE CONTRE ATTAQUE…

        • zen arcade  

          C’était pas un top 100 des meilleurs films mais un top 100 de films marquants de mon parcours cinéphilique et qui continuent à irriguer mon parcours actuel.
          Mais oui, le processus de sélection est complexe.
          Je m’étais fixé comme contrainte de ne choisir qu’un film par réalisateur et de ne pas choisir de films postérieurs à 2000.
          L’avantage, c’est que ça permet d’avoir une liste qui ne bouge pas trop si on doit la refaire. Aujiurd’hui, je ferais peut-être quelques changements mais pas tant que ça.

      • zen arcade  

        Jyrille a écrit :
        « Je sors du dernier Dupieux (et récemment j’ai vu le dernier Gondry, LE LIVRE DES SOLUTIONS), nous étions trois (ma fille, moi et quelqu’un) dans une immense salle de multiplexe, ça fait bizarre. C’est du cinéma qui me parle, même si ça n’a ni queue ni tête, si c’est méta et étrange, je suis fan de ça, de ces perturbations de la réalité. Et c’est fait avec peu de moyens, mais c’est très bien écrit et joué. »

        Le Gondry m’a assez rapidement gonflé. Le personnage casse-couilles m’a rapidement saoûlé et je ne l’ai pas un instant trouvé attachant.
        Et puis, comme d’habitude, Blanche Gardin m’horripile. Et Niney m’a fait chier.
        Vraiment pas aimé.
        Le Dupieux, je le regarderai certainement quand je pourrai le choper sur le net. Mais bon, ça fait quelques films qu’il me gonfle pas mal aussi.

        • Fletcher Arrowsmith  

          LE LIVRE DES SOLUTIONS : comment dire …. ce n’est pas bon tout simplement. Un peu comme Burton, cela fait un moment que le cinéma de Gondry tourne en rond ou qu’il n’a plus grand chose à dire. Et là rien ne fonctionne, notamment les acteurs-trices.

          Quentin Dupieux : inégal mais il y a toujours un truc qui retient mon attention. Beaucoup aimé son Daaaaali.

          • Jyrille  

            Le Gondry est en effet raté malgré de bons moments. Mais je n’ai pas du tout de rejet des acteurs et actrices. Niney porte littéralement le film. Le personnage n’est pas sympathique parce qu’il ne l’est pas, c’est un peu autobiographique apparemment. Mais c’est du pur Gondry dans la forme (fun fact : le nom du film dans le film, CHACUN TOUT LE MONDE, est aussi le titre du premier album de Oui-Oui, le groupe de musique dont Gondry était le batteur. C’est en réalisant leur clips qu’il a commencé à faire des films, je crois).

            youtube.com/watch?v=SGnZr3yxz1s
            youtube.com/watch?v=yymYmzZPJe4

            Je n’ai pas vu tous les Dupieux mais je trouve que ses derniers sont meilleurs. On est loin de l’anecdotique comme Le Daim, Fumer fait tousser (vraiment pas top j’ai trouvé) ou Au poste!. Daaaaaali doit rester mon favori pour le moment, mais ce dernier est très bien, REALITE aussi, tout comme YANNICK. Enfin pour ceux que j’ai vus.

            Si j’avais un top 100, oui, il y aurait BRAZIL ou en tout cas du Gilliam. Fellini manque à ma culture, tout comme Fassbender (alors que j’en ai vu deux ou trois) ou Woody Allen (pareil, j’en ai vu quelques-uns) et tant d’autres…

  • zen arcade  

     » Ils se sont pourtant fait démolir par les critiques qui continuent d’avoir une dent contre un Tim Burton qui n’est plus celui des débuts. Des critiques très extrêmes, je trouve. Je reconnnais une part de ces critiques dans les retours de Zen et de Ludo. C’est leur droit, bien sûr.
    Pour ma part, je continue de me sentir bien avec le cinéma de Tim Burton. Je ne suis pas dupe : C’est nettement moins riche et profond qu’au début. Mais je le répète : Un Burton moyen est déjà au-dessus de la moyenne. »

    Ce qui est intéressant, c’est que le constat sur le déclin et l’appauvrissement du cinéma de Tim Burton, tu le formules toi aussi, à la fois dans l’article et dans tes réponses.
    Sur le fond, on est d’accord. Ce qui nous sépare, c’est le degré d’indulgence que nous accordons à ce qu’est devenu son cinéma. Moi, j’estime que j’ai trop de choses passionnantes à explorer et à découvrir pour m’embêter à suivre le parcours d’un cinéaste qui n’a plus rien à dire depuis longtemps.
    Ceci dit, ceux qui ont une dent contre Tim Burton, je pense que ce n’est pas vraiment parce qu’il n’est plus celui des débuts comme tu l’écris. Perso, tout ce que je demande, c’est justement qu’il ne soit plus celui des débuts. Le problème, c’est pas ça. Le problème, c’est que le cinéma plus récent de Burton, il est le même que celui des débuts… mais en tellement moins bien.

    • zen arcade  

      Tu écris que tu adores Frankenweenie.
      Moi, ce film m’a rendu très très triste.
      Je me souviens qu’à une époque, il fallait trouver l’occasion de voir Vincent ou l’original de Frankenweenie. Je fantasmais sur ces deux films sans pouvoir les voir. Et puis, quand j’ai enfin eu l’occasion de les voir et que je me suis rendu compte que c’était largement au niveau de mes attentes, ce fûtt une très grande joie. Tu te rends compte que tout était déjà là, dans une version chimiquement pure. Aujourd’hui, j’aime toujours d’amour ces deux petits films magnifiques.
      Mais le film de 2012, c’est l’exemple parfait de tout ce qui ne va plus dans le cinéma de Burton. Je l’ai vu en me disant qu’on ne sait jamais, ça pourrait peut-être le faire mais non, c’est complètement dévitalisé, il ne reste qu’une coquille. C’est du cinéma complètement mort. Et ça me rend vraiment très triste.

      • Tornado  

        Oui alors là, on est vraiment pas sur la même longueur d’ondes (et c’est pas grave).
        Ce qui me rendrait triste, ce serait que Tim Burton ne fasse plus de films.
        Comme je l’ai dit dans l’article, il avait tout dit en deux ou trois films et depuis, comme il n’a plus rien à dire, il ne fait que des adaptations, des remakes et/ou des suites. Mais ce n’est pas pour autant que son cinéma est à jeter à la poubelle. Ce qui est encore vachement chouette, c’est qu’il arrive à diluer tous ces projets dans son univers. C’est ça que je continue d’attendre de lui. C’est pour ça que je vais encore voir ses films.
        Et je prends énormément de plaisir à les voir. DARK SHADOWS c’est du vu et revu ? Alors là, vraiment, je m’en fous complètement. C’est tellement un univers que j’adore que je me régale à chaque fois que je me le passe autant que la première fois au cinéma. C’est ça qui est important pour moi.
        Il y a bien longtemps que je ne vais plus au cinéma comme si j’allais au musée. Je n’attends pas d’un film qu’il me surprenne ou qu’il me remue. Je veux seulement passer un bon moment. C’est tout ce que j’attends du cinéma : Prendre du plaisir, passer un bon moment. Ça ne veut pas dire que je vais me contenter de la première merde venue, mais en tout cas je n’attends pas à chaque fois d’être à la découverte de l’oeuvre du siècle.
        DARK SHADOWS, par exemple (ou idem avec SLEEPY HOLLOW), j’adore me le repasser pour les fêtes d’Halloween. Pour moi, le cinéma de Tim Burton, c’est exactement ça : La fête d’Halloween ou même celle de Noël, ça fait des lustres qu’on recommence, c’est toujours pareil, c’est juste de l’apparat, mais on adore ça.
        C’était le thème de l’article : Un artiste qui a tout dit au début de sa carrière, et qui, depuis, ne fait rien d’autre que recycler son univers. Et c’est déjà très bien. En tout cas pour moi c’est essentiel et c’est déjà bien plus que les 9/10èmes des films que je découvre encore aujourd’hui.

        • zen arcade  

          Je comprends ton point de vue.
          Mais en effet on n’a pas du tout du tout le même horizon d’attentes quand on regarde un film. Je ne pourrais jamais fonctionner comme toi. Je préfèrerais complètement arrêter de voir des films.
          Mais comme tu le dis, c’est pas grave. 🙂

          • Tornado  

            De mon côté c’est avec la lecture que je suis élitiste, notamment avec la BD. Je préfère arrêter d’en lire plutôt que de me contenter de lire du simple divertissement. Lorsque je lis, j’ai besoin que ça me happe et que ça me passionne. Sinon je m’endors…

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *