Carpenter se sent tout chose

The Thing par John Carpenter

1ère publication le 15/02/16-MAJ le 06/10/18

A toute chose, malheur est bon

A toute chose, malheur est bon

AUTEUR PIERRE N

The Thing est un film de 1982 réalisé par John Carpenter, qui s’est illustré principalement dans le cinéma d’horreur, dont il est devenu une des figures phares grâce à des films comme Halloween, Prince of Darkness, L’Antre de la folie, Christine ou encore Fog

Le film est ressorti en 2016 dans une version remastérisée. 

Article garanti sans spoilers et imitations malveillantes.

Tout commence à la fin années 30, avec la nouvelle Who Goes There ? de John W. Campbell qui a notamment été l’éditeur du pulp magazine intitulé Astounding Stories, connu pour avoir publié les travaux d’auteurs reconnus par la suite comme Isaac Asimov ou Orson Scott Card.

La nouvelle de l’auteur est suffisamment remarquée pour faire l’objet d’une première adaptation dans les années 50, intitulée La Chose d’une autre monde, sous la houlette de Christian Nyby et du réalisateur/producteur Howard Hawks (qui aurait apparemment participé également à la mise en scène, celui-ci étant de surcroît un des réalisateurs de western que Carpenter admire le plus).

Dans cette version placée sous le signe de tendances de la SF de cette période et ces allégories de la guerre froide, certaines concessions sont faites pour rendre le matériel original plus attrayant :  l’ajout d’une romance et l’aspect de la Chose, qui tient plus de l’humanoïde végétal que de la créature protéiforme.
Une honnête série B en somme qui marqua quelques jeunes cinéphiles, qui se feront par la suite un nom dans l’industrie.

Les apparences sont trompeuses

Les apparences sont trompeuses / Source Grizzly Bomb ©Universal Pictures

Dans les années 70, l’idée d’une autre adaptation fait son chemin dans la tête des producteurs d’Universal, le premier choix se portant sur Tobe Hooper (tout juste sorti du succès de son unique chef-d’oeuvre Massacre à la Tronçonneuse) qui ne fera finalement pas l’affaire.
Après son passage à l’USC, ainsi que la réalisation de l’excellent Assaut et de Dark Star, Carpenter se fait un nom, avec Halloween, souvent considéré comme un des tout premiers slasher de l’histoire du genre, sorte de chaînon manquant entre le survival et le giallo italien.

De la maîtrise du cadre à la gestion de l’atmosphère, en passant par le thème musical, tout le style du réalisateur est déjà présent dans ce jalon du cinéma d’horreur.
Avec le personnage de Michael Myers, le cinéaste impose un nouveau genre de menace, une force de la nature implacable, devenant de moins en moins humain et de plus en plus autre, ce qui est également le cas des fantômes de Fog.

Chef je crois qu’on a retrouvé le Faucon Millenium !

Chef je crois qu’on a retrouvé le Faucon Millenium ! / Source : Syfy  ©Universal Pictures

Entre temps, Carpenter a entamé sa collaboration prolifique avec l’acteur Kurt Russell, dont il utilisera souvent ses capacités d’adaptation et de mimétisme. Pour le rôle de Snake Plissken il s’inspire clairement de L’homme sans nom de Eastwood et des westerns spaghetti de Leone;  pour Jack Burton il propose une parodie de John Wayne, et pour le biopic télé du King of Rock, il s’inspire bien évidemment d’Elvis dont il interprète le rôle.

Il n’y a guère qu’avec Macready qu’il propose un personnage qui ne se base pas sur un archétype, si ce n’est celui du cowboy, ce qui n’est pas étonnant de la part du réalisateur qui est connu pour être un fana du western, dont il s’est efforcé de réinjecter des éléments dans ses films fantastiques. Lorsque il arrive sur le projet au début des années 80, Big John et ses collaborateurs choisissent de revenir au sources, pour élaborer une autre adaptation de la nouvelle plutôt qu’un réel remake du film de Hawks et Nyby (qui est justement le film que regardent les enfants dans Halloween).

50% homme, 50% chose, 100% terreur

50% homme, 50% chose, 100% terreur. Source : andrei rublev ©Universal Pictures

Cette fois il n’y aura pas de femmes au casting (Adrienne Barbeau a bien un petit rôle mais cela se limite à une partie vocale) et le nombre de personnages est considérablement réduit.
Mais surtout Carpenter veut à tout prix éviter l’aspect costume de la Chose, car ce qui l’intéresse c’est son apparence en constante évolution qui nécessite des effets spéciaux très élaborés.

C’est là que le jeune prodige Rob Bottin entre en scène, à qui l’on devra le design de Robocop et l’allure saisissante du corps décharné de Se7en, ainsi que le look de Darkness, la plus grande réussite visuelle du très moyen Legend de Ridley Scott.
Après avoir bossé sur les lycanthropes de Hurlements, celui-ci est engagé sur The Thing avec pour défi de restituer l’apparence de la chose.

Pour le design, il est aidé dans tâche par Mike Ploog, bien connu des amateurs des comics horrifiques Marvel des années 70 (du Man-Thing de Gerber à The Thing de Carpenter, il n’y a qu’un pas) et qui a également oeuvré sur le storyboard de Dark Crystal, autre très bon film de 1982, qui fut décidément une excellente cuvée pour le cinéma sf/fantastique.
Bottin s’impliquera tellement dans le projet sur la durée, au point de finir hospitalisé, et nécessitera du coup un peu d’aide de la part de Stan Winston (la scène du chenil).
Mais au final, le travail en vaut la peine, avec des trucages qui tiennent encore la dragée haute par rapport aux CGI actuels (à qui il manque parfois ce sentiment de réalité palpable).

Ouvrez grand et dites aaahh…

Ouvrez grand et dites aaahh…  / Source 2bp ©Universal Pictures

Pour sa première grosse production, Carpenter s’entoure de collaborateurs très compétents, qu’il s’agisse du scénariste Bill Lancaster (fils de Burt) ou encore le confectionneur de la plupart des matte paintings des films d’Hitchcock.
Et puis bien sûr pour la BO, c’est Ennio Morricone qui officie, pour un résultat mémorable (pourtant nommé aux Razzie Awards) très influencé par le style sonore de Carpenter.

Avec ce premier volet de ce qui appellera par la suite sa trilogie de L’Apocalypse, Carpenter réalise la pièce maîtresse de sa carrière, lui permettant de renouer avec le huis clos hérité du western (Assaut étant déjà un crossover entre Rio Bravo et les zombies de Romero, avec au beau milieu napoléon Wilson une figure énigmatique badass préfigurant Snake Plissken).

La mise en scène tirent habilement parti de l’espace restreint, et se distingue dans la façon de provoquer une angoisse à partir de peu (ce chien inexplicablement silencieux).
C’est également dans la gestion de la paranoïa que le film se montre singulièrement réussi, avec ce doute qui se propage tant aux personnages qu’aux spectateurs, dès lors que tout n’est pas clairement expliqué sur la nature de la créature (laisser une part de mystère n’a jamais fait de mal).

Le mode de propagation de cette chose occasionnera du coup nombres de parallèles avec le virus du sida qui émergeait durant cette période, une comparaison qu’il partage avec le tout aussi craspec film de David Cronenberg, La Mouche, qui rejoint lui aussi les cas rares des remakes supérieurs à l’original (l’aspect monstrueux pouvant également rappeler les oeuvres de Lovecraft).

MacReady ne fait confiance qu’à son lance-flammes

MacReady ne fait confiance qu’à son lance-flammes / source cimmecdn ©Universal Pictures

Via le côté concis et direct des enjeux, c’est également par ce biais que The Thing rejoint la voie du western et du survival, avec cette lutte pour la survie entre deux espèces situées dans un environnement isolé et inhospitalier (après tout on ne sait jamais vraiment s’il s’agit d’un être fondamentalement maléfique, toute communication est impossible, la barrière de l’alterité étant trop forte).

C’est aussi le représentant d’un mal intérieur (l’infection présumée) qui ne fait pas forcément ressortir les meilleures tendances de l’humanité (l’individualisme, la peur de l’autre).
On peut voir cela comme une constante dans la filmographie du réalisateur, ce mal destructeur qui existe sous différents avatars, qu’il s’agisse du tueur masqué d’Halloween qui hante les quartiers de son enfance, Christine la voiture possédée et possessive, ou encore la progéniture maléfique du Village des damnées (là encore un remake qui arrive à se démarquer, même si le degré de réussite par rapport à The Thing est bien moindre).

Avec son aspect formel évocateur, son anti-héros déterminé et désespéré, et la pleine exploitation des possibilités d’un tel sujet, Carpenter impose sa marque sur le genre quitte à choquer la critique et le public. La présence de la créature se fait sentir même quand elle n’est pas dans le cadre, amenant une tension permanente mise en valeur par la partition musicale. Son apparence évolutive donne lieu à un résultat viscéral, organique et dérangeant, rarement un monstre au cinéma aura réussi à provoquer un tel malaise dans sa capacité à se fondre dans la masse (Carpenter aura la dent plus dure sur le sujet avec les aliens de They Live qui arrivent à s’intégrer sans mal dans L’Amérique des années Reagan).

Chez la créature l’instinct de survie est indissociable de l'adaptation

Chez la créature l’instinct de survie est indissociable de l’adaptation / Source : sleepnolonger ©Universal Pictures

En revanche les informations à son sujet sont parcellaires, le spectateur a seulement droit à un aperçu de sa nature et de son apparence véritable, les zones d’ombres étant propices aux hypothèses car l’imagination fertile du public  peut combler les manques. C’est une manière de l’impliquer et de jouer sur les deux tableaux, avec une part de suggestion à la manière des films fantastiques de Jacques Tourneur, et en même temps une dimension frontale graphiquement repoussante, qui agresse la rétine par ses visions d’horreur, mais tellement bien fait techniquement qu’on en redemande volontiers (cette scène géniale du test sanguin).
Carpenter va au bout de sa logique thématique, avec une final crépusculaire qui conclue cette spirale infernale où comme souvent dans ses films le happy end n’est pas de rigueur, et si jamais cela semble tout de même se concrétiser, un élément vient souvent nuancer cela (cette fin ouverte fascinante de Prince of Darkness).

Forcément devant un tel jusqu’au-boutisme le public n’a pas accroché, et il a fait un flop à sortie, ayant eu qui plus est le malheur de sortir peut après E.T. avec sa vision beaucoup plus positive de la figure de l’extraterrestre. Il est intéressant de noter que le film a suivi une trajectoire similaire à celle du soporifique Blade Runner (ouch !, attention Pierre, tu vas pas te faire des copains ! enfin, je te soutiens, jamais pu passer le premier quart d’heure…Ndr) , sorti le même jour, mal-aimé à sa sortie puis revu à la hausse grâce à l’ère de la VHS et des supports vidéos, pour finalement atteindre le statut de classique du genre.

À noter que le film a eu droit à un préquel dispensable, qui sous prétexte de raconter l’histoire des norvégiens, se contente de faire une sorte de remake de la version de 1982.
Cependant s’il y a bien quelque chose à retenir dans la version de Carpenter, c’est qu’il vaut mieux privilégier l’original (l’humain) à la copie (la chose) et cela est valable pour ce cru 2011 qui n’égale pas ses illustres prédécesseurs.

La confiance règne

La confiance règne / Source Redhook  ©Universal Pictures

49 comments

  • Tornado  

    Tiens, j’ai également regardé « Le Crocodile de la Mort » que tu m’avais déconseillé. Et… globalement tu avais raison. D’abord c’est pas un film de crocodile ! ^^ Et on dirait que pendant 1h30, Tobe Hopper tente vainement de retrouver l’ambiance malsaine de Massacre à la tronçonneuse, sans savoir vraiment quoi faire avec son concept.
    Mais bon, je suis quand même content de l’avoir vu, après tout ce temps…

    • Matt  

      Voui il est plutôt naze ce film. C’est pourquoi je disais que Tobe Hopper franchement…bon…il n’a pas fait des masses de bons trucs. Il a surtout réussi un film et ensuite a essayé de conserver sa réputation de maitre qu’on lui a donné un peu vite^^

  • Matt  

    Par contre quand tu dis que c’est mieux que la plupart des blockbuster d’aujourd’hui, je ne peux pas te donner tort. Bon…il y a des blockbuster que j’apprécie en sachant que c’est pas du grand art…mais le truc c’est qu’il n’y a plus que ça. Bientôt on ne verra à l’affiche des ciné que des trucs genre « Wonder Woman 3″, « les schtroumphs 4″, « Alien 25″, « Avengers 12″, « Star Wars, les origines de Chewbacca » et autres films à la con basés sur les trucs populaires chez les jeunes comme tous ces films d’horreur à chier basés sur Twitter ou Facebook, etc.
    Et le buzz autour de ces films prouve que les gens ne s’intéressent qu’à ces films à la con, occupés qu’ils sont à les politiser pour rien. Genre Wonder Woman est-il féministe ou pas ? (qu’est-ce qu’on en a à foutre ?) ou Ghostbusters 2016 est-il un coup de génie pour promouvoir les femmes dans le cinéma ? (sans déconner ? Ce film à la con pas drôle ?)
    Pourquoi ils ne parlent pas de Annihilation qui a tout un casting féminin aussi par exemple, et qui, bien que je ne l’ai pas vu, semble plus intéressant ?

  • PierreN  

    « me suis bien amusé »
    Voilà. Pas un grand cru Carpenterien, ça c’est sûr, mais plutôt un divertissement fun bien supérieur à The Ward (un peu comme Los Angeles 2013, plus décomplexé et moins tendu que son prédécesseur, le premier volet avec Snake Plissken) et un véritable condensé des marottes du réalisateur (western, huis-clos : c’est pratiquement une transposition sur Mars de son film Assaut).

    J’aime bien Ice Cube dans les 21 et 22 Jump Street, l’air hargneux qu’il arbore constamment sur son visage s’accorde plutôt bien avec l’effet comique d’une scène en particulier (quand il découvre l’identité du gars qui fréquente sa fille).

  • Tornado  

    Pas vu les Jump Street. Je me souviens de Ice Cube dans « Anaconda », film d’aventure assez fun avec un anaconda géant et Jennifer Lopez en plus du Cube. Je l’avais déjà trouvé peu charismatique et plutôt out of caracter. Pas à sa place quoi. Genre Christophe(r) Lambert dans les films d’action des années 90…

    Pour en revenir au règne actuel des blockbusters à la con, c’est une spirale infernale. Alors que j’ai décidé d’arrêter les films de super-héros, c’est le moment où mon fils me réclame des séances de ciné en 4Dx (avec les fauteuils qui bougent, les coups dans le dos, la fumée, l’eau dans la tronche, tout ça…). Du coup, ben c’était « Solo » la semaine dernière et « Jurassik World » demain. Avant, j’allais au ciné avec mes potes. Maintenant avec mes potes on emmène nos gosses. Mais du coup je n’arrive toujours pas à éviter les blockbusters ! :D

    • Matt  

      Houlà c’est quoi ce truc de fauteuils qui bougent et d’eau dans la tronche ? ça me plait pas à moi cette idée^^
      Ce que j’ai entendu sur Solo et son fan-service qui va jusqu’à expliquer le moindre élément du perso (les dés, le flingue, le nom de famille), ça m’a calmé. ça fait pas envie du tout. On m’a dit que tout est tellement référencé et expliqué que c’est comme si Solo s’était fait plonger dans de la carbonite pendant les 30 ans qui suivent avant la trilogie d’origine^^
      Jurassik World on m’a aussi dit que c’était baigné d’un discours à la con écolo mais complètement à côté de la plaque parce que défendre les animaux n’est pas synonyme de les lâcher sans réfléchir sur le monde, surtout quand ils font 80m de haut et sont carnivores. Il y avait déjà plein de conneries dans le premier Jurassik World que je n’ai pas aimées donc…j’ai évité les 2 films moi^^

    • Matt  

      Surement encore un exemple que cette vague de bienpensance qui fait que les films se sentent obligés de se politiser même s’ils sont à côté de la plaque et que ça ne tient pas debout dans l’histoire.
      C’est con parce que ce genre de truc, pour moi, quand c’est mal fait, ça rend le film bien pire puisqu’il semble péter plus haut que son cul et enfoncer des portes ouvertes pour se donner de l’importance. Alors qu’un divertissement couillon sans prétention insulterait parfois moins l’intelligence du public^^

    • PierreN  

      Dit-toi nos paternels ont aussi du supporter ça en leur temps (Image le soulagement pour eux lorsque cette période s’arrête). C’est cyclique ! Et encore les blockbusters, c’est de la petite bière par rapport aux dessins animés et autres films d’animations, que les gamins regardent en boucle à la maison (bonjour la saturation).

      • Matt  

        Ouais mais maintenant ça fait des références aux premiers films. C’est donc pas uniquement du blockbuster, mais un déferlement de fan service. Des films entiers qui se basent sur le fan service, car à part ça, c’est très quelconque. Ah mais si on connait l’origine du pistolet laser de Solo, de son nom de famille, du surnom de Chewbacca, de comment il a trouvé le faucon millénium…alors surement que les gros fanboys seront contents.
        Le fan service ça me gave, je ne suis pas réceptif. Et puis je ne suis même pas un gros fan de Star Wars.

      • Matt  

        Désolé mais en fait Star Wars ça me sort par les yeux^^ Pour moi c’est pire que les films de super slips, alors que pourtant y’en a moins. L’univers Star Wars qui semble pourtant riche est super limité. On en revient toujours aux même personnages et comment ils se sont rencontrés, et comment les plans de l’étoile noire ont été volés…et j’en ai rien à carrer en fait !
        C’est comme si Marvel faisait des films sur comment Rocket et Groot se sont rencontrés la première fois, comment s’est passé l’enfance de Thor avec Loki, etc…

      • Matt  

        Je ne supporte pas les films qui se reposent sur l’affect des fans en fait. Les passages avec une musique nostalgique sur un truc anodin qui ne parlera qu’au fan du perso, les personnages morts qui apparaissent en CGI (Peter Cushing ou Carrie Fisher) pour faire plaisir aux fans et qu’un néophyte trouverait juste bizarre parce que ça n’a aucun sens de faire ça en dehors du fan service…tout ça me fait fuir.
        Faire des références, ok…mais il faut que ce soit fluide et pas que ce soit appuyé genre « éh les fans, vous avez compris ? clin d’oeil, cin d’oeil, on a mis la musique et on a fait une pause de 30 secondes sur des foutus dés qui pendouillent du tableau de bord du faucon millenium pendant 10 secondes dans « un nouvel espor », vous avez pigé ? »
        Sérieux ces dés à la c…, je les avais jamais remarqués.

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