God is an american (American Gods : la série)

American Gods par Bryan Fuller

Laissez venir à moi les petits enfants

Laissez venir à moi les petits enfants

AUTEUR: ALEX NIKOLAVITCH

1ère publication le 07/09/17- MAJ le 18/11/18

VF : Studio Canal

American Gods est une série en 8 épisodes de 60 minutes tirée du roman éponyme de Neil Gaiman.

Ah, il est loin, le temps où Neil Gaiman débarquait dans les comics en repompant allègrement tout ce que faisait Alan Moore. Bon, il avait une excuse, vu que c’était plus ou moins sa feuille de route. Mais les premiers Sandman et Black Orchid, par exemple, se situent dans la continuité directe des Swamp Thing du wookie de Northampton, jusqu’à l’utilisation des personnages oubliés des anthologies d’horreur des années 70, qui avaient été remis au goût du jour dans les pages consacrées à la Créature du Marais. (notons qu’on sait que c’était un cahier des charges, vu que quand il reprend Animal Man et Doom Patrol, Grant Morrison semble avoir à peu près le même).

Petit à petit, Gaiman s’était émancipé. On avait vu son potentiel dès ses premiers boulots plus personnels, comme Violent Cases avec Dave McKean. Si les grandes thématiques étaient souvent les mêmes, Gaiman les intellectualisait beaucoup moins que son modèle, il y mettait beaucoup plus d’affect et ça se sentait.
Flash forward. Gaiman devance Moore en se mettant au roman, adaptant au départ sa propre série télévisée Neverwhere passée sur la BBC en 1996. Il faut dire que les moyens alloués à la créa à l’époque par la vénérable institution britannique sont loin d’être ce qu’ils sont à présent, et que déçu du résultat (pourtant plein de fulgurances), Gaiman tient à en donner sa vision. Et il y prend goût, le bougre. Il en signera par la suite des paquets, des bouquins, dont pas mal seront adaptés en comics, juste retour des choses, mais aussi au cinéma, comme Stardust et Coraline, lui permettant de toucher le très grand public.

Ça m’épate toujours, la façon dont les gars qui font les couvertures peuvent parfois faire du gros hors sujet en se croyant très malins.

Ça m’épate toujours, la façon dont les gars qui font les couvertures peuvent parfois faire du gros hors sujet en se croyant très malins.

Mais si son premier contact avec la télé a été décevant, la lucarne est devenue entretemps l’endroit où ça se passe. Le cinéma hollywoodien est désormais trop formaté, trop verrouillé par des producteurs échappés d’écoles de commerce et de management et appliquant à la lettre des manuels de recette et des cahiers des charges. Si l’on veut tirer sur écran la substantifique moelle d’une œuvre, lui donner la place de se déployer, c’est en série télé qu’on y arrive, de nos jours. Et du coup, son gros pavé American Gods est arrivé cette années chez Starz.

Alors c’est quoi, American Gods ? Au départ, un roman racontant comment le taulard Shadow Moon est recruté à sa sortie de prison par un mystérieux Mr. Wednesday, et se retrouve propulsé dans un monde dont il n’avait pas conscience, ou plus précisément dans l’arrière boutique du monde qui lui était familier. Car de nouveaux dieux ont émergé à notre époque, comme les médias et la technologie, et les anciens dieux qui n’ont pas su pactiser se rebiffent et se préparent à un baroud d’honneur.
On y retrouve tout plein de thématiques chères à l’auteur, déjà vues dans Sandman et Neverwhere, par exemple, et réexploitées ensuite, sous une autre forme, dans Coraline et Nobody Owens. Les concepts et archétypes qui s’agitent sous la surface des choses, déjà. Le vieillissement des concepts, et donc des dieux qui se fondent sur eux. L’humanisation de ces concepts, et ses conséquences fatales.

Alors, que dire de la série ? (je ne parlerai que de la série TV. Je sais qu’il y a une adaptation en comics, mais j’ai pas vu du tout à quoi ça ressemblait, et en fait, j’ai même pas cherché à voir).
Le résultat est visuellement assez étrange. Si le showrunner Bryan Fuller s’est bien installé dans le paysage avec Pushing Daisies et Hannibal, imposant une patte esthétisante qui se retrouvera ici, mais distordue par un côté un poil clinquant (mais thématiquement pas absurde), son comparse Michael Green inquiète plus : scénariste du récent Logan, il a aussi trempé dans Alien Covenant (ainsi que dans Molleville et dans le film Green Lantern).

Côté acteurs, les noms qui ont vite surnagé étaient ceux de Ian McShane, un vétéran des vieux de la vieille (il a tourné dans son premier film en 1962, et il avait crevé l’écran dans Deadwood, ce qui ne nous rajeunit pas non plus) et de Gillian Anderson (vue dernièrement dans Hannibal et le retour des X-Files, et qui impressionnait fort dans The Fall).
Le reste du casting principal est moins connu. Ricky Whittle, qui joue Shadow, n’a pas brillé jusqu’alors, et semble surtout là pour sa belle gueule et ses biscotos. Emily Browning avait été vue dans Sucker Punch, pas le Snyder le plus réussi, ce qui en dit long au vu de la filmo de Zack l’épate. Mais s’arrêter sur son cas permet de définir la force de toute la série : la miss parvient à être hyper craquante, même quand elle joue une morte vivante ultra glauque. Et quand je dis glauque, la série met le paquet pour insister sur ce point, entre les mouches qui lui tournent autour, les cicatrices d’autopsie qui craquent, le teint qui vire au bizarre et le fait qu’il lui arrive de tousser des asticots.

Et malgré cela, elle parvient à porter le personnage et à le rendre absolument touchant. Et toute la série réussira à se poser sur ce fil là, équilibrant des fulgurances grotesques (la volée de flèches reçue par le Viking dès les premières secondes de la série) et des scènes de cul (hétéro et homo, ça vaut le coup de le signaler au passage) qui pourraient sembler gratuites et sordides, mais ont à chaque fois du sens, des moments d’inquiétude pure et d’autres d’humour au troisième degré (Wednesday/McShane est incroyable sous ce rapport, parvenant à être menaçant un plan, et redevenir un petit vieux inoffensif et presque ridicule l’instant d’après).

Côté seconds rôles, Gillian Anderson semble s’amuser comme une petite folle : elle joue la déesse des médias, et se grime pour l’occasion en Lucille Ball (la vedette de la sitcom I Love Lucy, mais elle fut aussi productrice sur Mission Impossible et Star Trek, excusez du peu), en David Bowie, en Marilyn Monroe et et Judy Garland, mais on peut aussi saluer les performances de Peter Stormare, qui campe un Czernobog immonde et terrifiant ou Crispin Glover (George McFly! ) en Mister World, antagoniste principal aussi inquiétant que discret.

 Insérez ici une blague sur Scully et Life on Mars.

Insérez ici une blague sur Scully et Life on Mars.
Source Indiewire
© 2017 Starz Entertainment, LLC / Studio Canal

Mention spéciale à Pablo Schreiber (le frère de Sabretooth) qui campe un farfadet aussi improbable que complètement destroy, ainsi qu’à Bruce Langley en Technical Boy coplètement tête à claque mais complètement conçu pour. Et n’oublions pas Anansi, joué par Orlando Jones, qui pourrait avoir le droit à un spin-off puisque ça a été le cas en roman, avec Anansi Boys.

En termes d’écriture, la série approfondit certaines choses tout en collant assez bien au déroulé du roman. C’est un récit initiatique somme toute classique, avec un Shadow Moon découvrant graduellement un monde de magie (s’il est épaté par la révélation de l’identité de Wednesday, tout lecteur qui connaît même très vaguement la mythologie nordique ou a lu trois épisodes de Thor chez Marvel a pigé en dix minutes qui est ce petit vieux habillé de terne avec un œil louche, qui ment comme un arracheur de dents et se passionne pour les histoire de pendus).
Si la patte Fuller baigne l’ensemble, elle n’étouffe pas pour autant la voix de Gaiman. La séquence avec la vieille égyptienne et la Mort, ou celle sur la vie de la petite irlandaise envoyée en exil sont typiques de l’auteur.
La critique de la société américaine (parfois brutale et frontale, parfois beaucoup plus subtile) est aussi typique du regard assez extérieur que lui porte Gaiman. S’il vit en Amérique depuis longtemps, il reste fondamentalement anglais, porte un regard acidulé sur, par exemple, le culte des armes à feu, ou l’omniprésence de la figure d’un Jésus que chacun accommode à sa sauce.
Quand arrive la fin de la première saison, le spectateur comprend qu’elle n’était qu’une mise en jambe, que le plat de résistance est encore à venir.
Alors, ce n’est pas exempt de défauts. Globalement, American Gods me fait penser, à sa façon, à la série télé tirée de Preacher (quoiqu’AG soit plus fidèle, sur le fond). Alors, j’ai beaucoup aimé Preacher (je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde ici) (mais comme qui dit Preacher dit Garth Ennis, je me sens exceptionnellement autorisé à lever un gros doigt à la cantonade en faisant des bruits obscènes avec ma bouche) (mais bon, je vous fais un cœur avec les doigts juste derrière, les gars, on n’est pas des sauvages non plus), mais je conçois que la série ne puisse pas plaire à tout le monde (on n’est jamais trahi que par ses amis- Ndr). Là, c’est pareil, je pense que les gens accrocheront à fond ou pas, mais qu’il n’y aura pas de milieu.

AmericanGods : Czernobog, ça reste quand même mon petit préféré.

AmericanGods : Czernobog, ça reste quand même mon petit préféré.
© 2017 Starz Entertainment, LLC / Studio Canal
Source : Poulpe.com

Ces défauts, on peut les détailler vite fait : Shadow Moon a un côté creux, et un charisme qui n’impressionnera que les collégiennes, pour lesquelles cette série n’est pourtant pas conçue a priori. Je ne dis pas qu’il soit mauvais, attention, mais à côté d’un Ian McShane, par exemple, il est tout de suite inconsistant (bon, après, c’est peut-être comme quand on trouvait inconsistant l’acteur de Cyclope, dans les films X-Men : justement, c’est Cyclope) (tapez pas).

C’est parfois aussi vulgaire visuellement qu’Hannibal était élégant. Est-ce dû à la prod Starz, ou est-ce qu’il y a là un message, je me garderais bien de trancher (mon opinion sur le sujet est soumise à variations saisonnières, humeurs, degré d’alcoolémie et qualité du réveil). Le rythme est assez lent, mais c’est en trompe l’œil, il y a pas mal de mises en place, de structures en buildup/payoff plus ou moins discrètes, et d’accélérations violentes, ainsi qu’une structure en puzzle.

La bande son de Brian Reitzell (lui aussi vu, ou plutôt entendu, dans son cas, sur Hannibal) appuie cette notion du puzzle, de cut-up systématique, passant de l’ambiant electro aux cuivres de film noir en passant par du gros son et des percussions atonales quand il s’agit de faire ethnique. L’ensemble a, à chaque fois, un côté cliché, tout en tapant assez juste.
Et peut-être est-ce là la clé de toute l’affaire : les dieux, après tout, sont les clichés ultimes.

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Un sourire messieurs dames ?
© 2017 Starz Entertainment, LLC / Studio Canal
Source : EW 

—–

Bruce : hé, les gars, y’a cette adaptation tv de American Gods, le fameux bouquin de Gaiman qu’est sortie ! Qui fait la review, hein les gars ?
Les gars : ——–
Bruce : bordel ! c’est pas possible, je me demande à quoi je ne les paie pas ! Heureusement, il me reste (générique de Captain Flam) : NIKOLAVITCH au fond de sa batcave pour nous en parler ! (merci les gars !)
Les gars : ——–

La BO du jour :

31 comments

  • Présence  

    J’ai lu le livre il y a de nombreuses années, et c’est à partir de ce moment-là que j’ai compris que la sensibilité de Neil Gaiman et la mienne n’était pas compatible, dans ce format. En fait, je ne me souviens même pas du nom du personnage principal. De ce que tu décris de la série, j’ai également dû oublier tous les moments horrifiques. Je pense que je tenterai quand même l’adaptation en comics, supervisée par P. Craig Russell.

    Merci donc pour cette présentation qui de cette œuvre dans un autre support qui me permet de me rendre compte que je peux me replonger dans ce récit (presque) comme si je ne l’avais jamais lue, et qui satisfait ma curiosité quant à cette étrange photographie de Gillian Anderson que j’avais aperçu sur internet.

  • Artemus Dada  

    Salut pèlerin, peut-être que la « feuille de route » dont tu parles, au début de ton billet, était aussi celle de Moore.

    Autrement dit une feuille de route dictée par les « editors » de DC.

    Des gens, qui, quoique discret impriment leur marque (autrement dit celle de l’éditeur) sur toute la production dont ils ont la charge ; c’est-à-dire tout le catalogue.

    On se souviendra par exemple que Moore (recruté, comme le reste de la vague anglaise, surtout parce qu’il était moins cher que ses homologues étasuniens) avait dû changer ses plans sur The Watchmen, l’éditeur préférant garder intact le cheptel de Charlton Comics qu’il venait d’acquérir.
    (Ce qui au final, s’est révélé une très très bonne idée pour la maxi-série en question)

    • Nikolavitch  

      Et en priorité Len Wein, oui, qui voulait réactiver plein de trucs sur lesquels il avait bossé.

      • Artemus Dada  

        Cela dit, que Gaiman s’inspire du travail de Moore semble assez logique puisque, si mes souvenirs sont bons, c’est Alan Moore qui lui a enseigné les rudiments du scénario.
        Neil Gaiman venait alors de le rencontrer pour une interview (de mémoire).

        En ce qui concerne Grant Morrison, que Moore avait recommandé à Karen Berger au début (ou au milieu des années 80), effectivement ses premiers travaux s’inspirent assez ouvertement de ceux de Moore. Ensuite c’est peut-être moins flagrant, mais le scénariste écossais marquera longtemps le magicien de Northampton à la culotte (au point de devenir son pire détracteur).

        Cœurs avec les doigts.

        • Bruce lit  

          Et de faire assaut d’une mauvaise foi incroyable en reprochant dans son Supergod à Moore d’être….trop violent !!

  • Jyrille  

    Super article, drôle et révélateur. Je repasserai plus tard parce que j’ai vu la série mais n’ai pas lu le livre.

  • Matt  

    Et m… !
    Je vois au début « saison de 8 épisodes »
    Et puis non, i y aura une autre saison. Grr. Ce ne sera encore pas ma série courte souhaitée. Encore que avec un roman comme matériau de base, ils ne devraient pas faire 12 saisons.

    Je n’ai jamais lu le roman, je sais à peine de quoi ça parle. En adaptation de Gaiman sur écran, je n’ai vu que Coraline d’Henry Selick qui est un joli film tous publics. Et en stop motion s’il vous plaît ! Oui, oui avec des marionnettes animées à la main, tout ça. En même temps, c’est le même réal que « l’étrange Noël de Mr Jack ». Bon évidemment il y a aussi des images de synthèses pour certaines choses.

    Mais bref. L’article est intéressant mais je dois avouer quand même que je ne suis pas sûr d’avoir pigé de quoi ça parle. D’anciens dieux qui se heurtent à de nouveaux dieux qui servent à critiquer la société US ? Mais le personnage qui sort de taule il sert à quoi là dedans ? Et pourquoi il y a des gens qui deviennent des morts vivants ?
    Bon en tous cas tu évites bien les spoilers^^
    Je sais que mon frère a suivi cette série. Je lui demanderais ce qu’il en a pensé.

    • Nikolavitch  

      Alors, le concept de la série télé, c’est quand même d’avoir plein d’épisodes. Râler là-dessus, je pige moyen. (surtout que ça va, des saisons de 8, c’est pas non plus fleuve).

      sur le fait que j’en dévoile peu, je suis assez hostile par principe aux articles qui racontent l’histoire.

      • Bruce lit  

        Je n’arrive pas à croire que tu n’aies pas aimé 24 heures ! C’est tellement défoulatoire. On ets parfois proche du Punisher. En fait, Bauer pourrait être le frère de Frank !

        • Bruce lit  

          LA BO : sûrement le Bowie que j’ai mis le plus de temps à apprivoiser. Moi = pur white trash.
          J’aurais d’avantage opté pour Im afraid of americans et son clip avec Reznor, mais je m’incline vu que tu le clin d’oeilise dans le titre de l’article.

          @Artemus Dada : Welcome back.

        • Nikolavitch  

          J’ai trouvé ça forcé, gadget et con, 24 heures. et le discours est vachement ambigû.

  • Baragrine  

    À quoi sert Shadow? À servir d’intermédiaire entre le lecteur et le monde caché qu’on découvre peu à peu, bien entendu. Ce qui explique un peu sa transparence, vu qu’il est d’abord une interface. Du point de vue de l’intrigue, Wednesday/Voyageur l’embauche comme garde du corps. Mais connaissant Wednesday, on se dit qu’il y a peut-être des motifs ultérieurs.

  • Eddy Vanleffe  

    De mémoire, c’est un truc à la Gaiman sur le fait que la spiritualité de l’humanité s’incarne en des figures archétypales, avant c’était les dieux des mythologie qui incarnaient cette spiritualité, mais cette humanité devenue débile et consumériste s’est mise à générer de nouvelles idoles comme la télé, la technologie etc…
    du coup: c’est la guerre!
    il écrit ça dans à peu près tous ses trucs…J’ai jamais réussi à terminer le livre parce que derrière le concept brillant, c’est surtout pour faire jurer et baiser des figures divines.
    Gaiman, j’ai un vrai problème. je lis un tas d(articles pour dire que c’est trop intello, littéraire etc et moi je trouve ça con comme la lune à chaque fois. j’ai l’impression de lire les trucs d’un étudiant qui étale tout ce qu’il a lu à base de: « t’as vu la référence que j’ai placé, là? ça vient du livre d’Enoch et j’y trouvé un point commun avec Nostradamus alors j’ai lié les deux, t’as vu c’est brillant non? « 

    • Bruce lit  

      Salut Eddy. Autant l’écriture de Morrison m’est insupportable de prétention et de fatuité autant je trouve que celle de Gaiman est plutôt humble en restant brillante. Je n’ai jamais eu l’impression qu’il cherchait à épater la galerie. Ses références s’inscrivent dans le rythme des pages, de l’histoire, de sa mythologie comme Moore d’ailleurs. Ça reste humain et accessible, il y a beaucoup de sensibilité dans sa prose. Tu peux lire ses histoires de Shakespeare et avoir les balises nécessaires pour apprécier l’histoire sans ne rien connaître du grand Will. A l’inverse, Morrison est inintelligible et chie ses références sans que l’on y comprenne rien si l’on a pas pris le bon acide.

      • Eddy Vanleffe  

        Y’a des trucs de Gaiman que j’aime bien mais pas trop son versant mythologique -ça fait fait une grosse part quand même)
        De bons présages est rigolo mais ça doit être à cause de Pratchett ^^
        Certains arcs de Sandman sont touchants aussi mais j’ai plus de mal avec celui où il y a un défilé de dieux qui veulent avoir les clés du paradis ou des enfers je ne sais plus…
        American Gods ne m’a pas plu non plus pour les mêmes raisons
        Par contre j’aimerais lire Neverwhere qui m’a rappelé brièvement Cabal de Clive Barker

  • Bruce lit  

    Ahahaha, je me suis marré pendant cet article. Jamais, je n’aurais imaginer lire quelque part que Gaiman avait pompé Moore, heureusement que c’est toi qui l’écris. Tu connais l’anedcotde où Gaiman mange avec Moore dans un resto et le barbu lui raconte en détails les meurtres de From Hell à l’époque en cours d’écriture. Gaiman sort alors en courant pour vomir je crois. Moore le retrouve un peu KO sur le trottoir en train de dire « mais c’est horrible ». Avant d’ajouter « voici donc Neil Gaiman, le maître de l’horreur »…..

    Je suis pas fan du tout de la série Hannibal. J’ai dû décrocher à la première saison. Mais je suis intrigué car American Gods manque à ma culture. j’avais tenté la lecture du roman qui m’était tombé des des mains mais en partie par ma faute. Je n’arrivais pas à lire un bouquin où le héros s’appelait « Ombre » (dans la traduction de ma médiathèque).

    J’aime bien Gaiman. Je l’aime beaucoup même si j’ai une préférence pour Moore, capable de varier d’avantage son écriture. Celle de Gaiman reste celle d’un conteur, elle est un peu lunaire avec ce que ça comporte parfois d’emphase. Il me faut toujours un peu de temps pour y entrer tant et si bien que j’y vais parfois à reculons. Lorsque j’avais lu Nobody Owens j’étais à la fois subjugué et agacé. Gaiman produit souvent ça chez moi, c’est vraiment une histoire de température affective. Une fois dedans, je me régale, mais avant d’y aller, je me dis « oh, encore ses histoires de changement, de dieux déchus et autres lubies Burtoniennes » . Au cinéma j’avais vraiment aimé Coraline, que j’e trouve très effrayant pour les enfants. Stardust aussi. Par contre, le film avec Mc Kean, Mirrormask, j’avais trouvé ça atroce.

    Bon,tu m’as bien vendu le truc, si tu as ça en DVD, je te le squatte, ne serait ce parce que je suis curieux d’y voir les clins d’oeil de Gaiman à la culture rock.

    • Matt  

      Effrayant pour les enfants Coraline tu penses ?
      Marrant, je ne me suis pas fait cette remarque.
      D’un autre côté, si tu connais Vice Versa de Pixar, je l’ai trouvé super triste…mais davantage pour les adultes. On pourrait se dire « houlà c’est triste pour les enfants » mais je crois qu’ils ne peuvent pas piger le message un peu désabusé de la fin de l’innocence s’ils ne sont pas sortis de l’enfance.

    • Matt  

      Je n’ai pas lu des tonnes de trucs de Gaiman à part Sandman, mais je pense pour ma part que je préférerais à Moore, justement pour ses histoires mythologiques et ses lubies Burtoniennes.
      Il faudrait que je lise Nobody Owens. Mais je dois bien avouer que je suis un plus gros lecteur de BD que de romans. Alors il y a bien le comics mais je ne sais pas vraiment si je pourrais dire que j’ai lu du Gaima et que j’aime bien n si j’en lis une adaptation par Craig Russell…

  • OmacSpyder  

    Un article ou est convoqué le dieu de la parenthèse : un dieu majeur ici! Et n’est-ce pas ici le fond de l’histoire? La parenthèse, ou le sous-texte, à décoder en proposant ces archétypes divins comme clefs de compréhension?
    L’idée de départ est séduisante, mais je crains que cette séduction ne soit tenue par un dieu trompeur. Y jeter un oeil? Il semblerait que seuls les borgnes soient à même d’apprécier le voyage.
    Initiatique? Et toc! Le mot est lancé. Mais qu’a-t- il d’initiatique ce récit? Montrer des choses cachées n’est pas suffisant : ça en fait un récit ésotérique, mystique…
    (Soit dit en passant ça serait déjà pas mal, mais encore mieux si une Ombre se voyait éclairer par une lumière jusqu’à disparaître et renaître, mais nous n’en sommes visiblement pas là…)
    La prestation de Gillian Anderson semble sympa par contre. Son déguisement de Bowie fait penser un peu à The Wicked+The Divine (Tiens! Encore une affaire de dieux modernes qui viennent mettre le souk^^)

  • Tornado  

    Purée, je suis bien content de lire un avis positif sur cette série au moment où je croyais qu’elle avait fait un bide. Je n’ai dû lire que les mauvais avis, du coup.

    L’article (au delà du plaisir de la marrade parce que j’ai rigolé du début à la fin) donne très envie. Mais une chose me retient : Le fait que le roman (que je n’ai pas lu) soit adapté par P. Craig Russel, dont je suis fan. Du coup je suis tenté d’y préférer le comic-book…

  • JP Nguyen  

    Je ne suis pas un inconditionnel de Gaiman. Il a écrit des trucs que j’aime beaucoup comme Death et Nobody Owens, et d’autres trucs auxquels je n’ai pas accroché : Black Orchid, Sandman…
    Le seul roman de lui que j’ai lu, c’est « De bons présages », co-écrit avec Pratchett… Je me souviens surtout d’un café qui n’en finissait pas de moisir… Ses autres romans (Neverwhere, American Gods…), je les ai parfois offerts à des potes qui, dans l’ensemble, ont plutôt aimé.
    Du coup, pour la série… chaipa.
    Je crois avoir lu quelque part que la série ne fera que 2 saisons… mais comme je n’ai pas envie d’aller la chercher en streaming ou download illégal et qu’elle ne fait pas partie du catalogue de mes abonnements légaux, je crois que je ferai l’impasse sans trop de regrets…

  • Jyrille  

    Je réitère mes compliments : ton article est super, Niko, et super drôle. Tu m’ouvres même les yeux sur certaines choses pourtant évidentes (Gillian Anderson déesse des médias, comment n’ai-je pas pu comprendre ? Ou alors déesse de l’image, de la célébrité ? Elle est terrible en Bowie mais encore plus en Marilyn je trouve.) tout en ne dévoilant rien. Comme toi, je préfère les articles qui ne racontent pas l’histoire.

    Je ne suis pas encore un vrai fan de Gaiman que je ne découvre que depuis quelques années. J’aime beaucoup Sandman mais je dois le relire intégralement, autant dire que cela va me prendre des mois, surtout que je n’ai pas lu les bonus des éditions Urban. J’ai lu plusieurs de ses romans, et seul Coraline me semble réussi : il est court, concis, sans gras, avec une vraie aventure gothique. Par contre Neverwhere m’a paru trop facile, plein de grosses ficelles, et j’ai bien ri devant De bons présages mais ce doit être grâce à Pratchett. En fait la seule autre bd de Gaiman que j’ai lue est Violent Cases, que j’ai beaucoup aimé. Là je lis Mr Punch mais j’ai plus de mal.

    Coraline, le film, est une réussite, et la remarque de Matt est très juste : elle devrait faire peur à de jeunes enfants. J’ai emmené les miens à sa sortie en 2009, ils avaient donc 5 ans et 8 ans. Aucun n’a eu peur, mais ils ont eu quelques frissons par moments.

    Je n’ai donc pas lu le roman. J’ai des amis qui ont regardé la série, et certains n’ont pas apprécié les digressions, les personnages qui n’apparaissent que pendant un seul épisode, le manque de fil directeur. Et pourtant, pour moi, c’était évident que c’était du Gaiman : le monde souterrain (de la magie), les petites histoires à côté qui peuvent prendre la moitié d’un épisode, des personnages sans lien, tout ça sonne comme du Sandman. Je n’aurai pas rapproché Gaiman de Moore mais en y repensant cela fait sens.

    Personnellement j’ai beaucoup aimé la série. Ne serait-ce que visuellement, elle développe des parti-pris étonnant et très travaillé. Même si effectivement, par moments, c’est trop (le générique est raté de ce point de vue). Comme tu le soulignes, tout le casting est bon. La fille, je l’ai vue récemment dans un film où elle était toute jeune fille, c’était marrant. Je n’avais pas reconnue l’héroïne de Sucker Punch (mon Snyder favori, parce que je n’aime pas du tout ce réalisateur). Comme tu le soulignes, le rythme est lent mais il se passe plein de choses.

    J’ai un retard monstrueux en séries : pas vu Hannibal non plus. 24h, j’ai vu les 5 premières saisons, je trouve ça limite et très con. C’est le Desperate Housewives pour les mecs. Par contre je ne comprends pas ton aversion pour The Leftovers…

    Quant à la BO, je l’ai toujours aimée. L’album n’est pas aussi bon que ce titre, mais il y en a de chouettes, comme celle-ci, en bonus sur ma vieille édition. Par contre la version de John I’m only dancing est horrible.

    • Bruce lit  

      Je trouve que 24 est très proche en écriture des comics : too much, too fast, absurde mais addictif. A chaque saison, je me suis dit que c’était la dernière, que la saison 4 avec sa bombe atomique qui explose en plein LA c’était too much. Et à chaque fois, je me suis fait avoir par l’efficacité du show et l’interprétation de Sutherland. Je trouve que de mauvais procès lui ont été faits sur la torture et le racisme. Mais Jack Bauer est un personnage aussi tragique que le Punisher. Si tu arrêtes de voir cette série comme un truc réaliste et d’avantage comme un comic book, c’est une série incroyable.

      • Jyrille  

        Je ne connais pas assez le Punisher pour ça, mais le côté patriotique de la série est insupportable. Après, ton argument se tient, mais j’ai trop de mal à passer outre toutes les incohérences, ces personnages hautains et détestables (ah les caricatures chez les anti-terroristes, le chef le premier, qui au final meurt en héros pour un truc débile…), et surtout le sérieux du ton utilisé.

        Alors oui c’est addictif et fun si tu le prends à la rigolade, mais 24 épisodes d’incohérences et de Jack Bauer qui fait la gueule et ne mange rien, c’est trop pour moi.

        • Bruce lit  

          Mais Logan ne mange rien aussi….
          Bauer est un super flic au sens super héroïque. C’est Captain Punisher ! Mais surtout il est de plus en plus fêlé, de plus en plus violent entre chaque saison. Il est increvable physiquement, mais il meurt psychiquement d’avantage entre chaque saison. Et puis chaque saison est une victoire à la Pyrhus pour lui. Bcp des comics actuels n’auraient pas vu le jour sans 24.

          • Jyrille  

            Ca ne marche pas, je n’ai aucune envie de regarder les trois dernières saisons…

    • Nikolavitch  

      Merci pour les compliments.

      Sur de Bons Présages, le mix est complexe : j’avais interviewé Gaiman peu de temps après, et il m’avait confié que la Mort, dans ce bouquin, c’était lui qui l’écrivait. Parce que c’était une Mort pas Gaimanienne du tout, mais Pratchettienne, et que ça l’amusait de pasticher son collègue. ils se sont beaucoup parodiés l’un l’autre, là-dedans, semble-t-il.

      Sur le roman, là je suis en train de me relire Anansi Boys, du coup, qui creuse le personnage de M. Nancy et de sa petite famille.

      Ce que j’ai vu de The Leftovers m’a emmerdé, et en plus, un truc basé sur le Rapture, par les temps qui courent aux US, c’est plus que malsain. C’est la version « grand public » et moins conspi de Left Behind, un truc bien glauque qui a cartonné dans les milieux évangéliques. (et au fait, le Rapture, ça n’a rien de biblique, c’est une interprétation complètement distordue d’un passage pas clair d’une épitre de Saint Paul, c’est hyper pas solide sur le plan doctrinal)

      • Jyrille  

        Merci Niko pour toutes les précisions, tu es plus fiable que Wikipedia ! Cela dit, pour The Leftovers, on se fout un peu du principe, l’important ce sont les personnages et comment ils réagissent. Pourquoi dis-tu « en ce moment » ? A cause de Trump ? Je n’ai jamais entendu parler de Left Behind…

        La mort dans De bons présages, je ne me souviens plus précisement, mais ce n’est clairement pas un joli minois comme Death, plutôt celle de Moore dans Top Ten.

        • Nikolavitch  

          une série télé basée sur un article de dogme de fondamentalistes qui sont quand même l’équivalent chrétien des wahabbites, pour situer, je trouve ça super inquiétant dans une perspective de Soft Power. Left Behind était un carton auprès de ce public là, mais demeurait globalement de la merde. Là, un truc paraît il bien foutu (moi, j’ai pas accroché, mais j’ai pas accroché à plein de trucs qui sont de gros cartons) sur ce thème, on peut se poser des questions.

          (surtout quand on le met en perspective avec le fait que dans les années 60-70, les fondamentalistes protestants n’étaient pas capables de se donner une imagerie propre, et que l’imagerie religieuse de base, même aux USA, demeurait celle du catholicisme, c’est pour ça que l’Exorciste présente des Jésuites, et que les rituels de l’Eglise de Satan sont en latin. le télévangéliste ricain du Sud en costard cravate n’est pas assez iconisable pour faire autre chose que méchant de troisième zone dans un polar, ou élément de décor dans True Detective). Là, depuis le milieu des années 90 (et les attaques moralistes sur Clinton, ce qui n’est peut-être pas une coïncidence), ces milieux là rattrapent leur déficit d’imagerie. Et crois-moi, c’est aussi inquiétant que les séries TV arabes basées sur les Protocoles des Sages de Sion.

          • Jyrille  

            Je ne connais rien à toutes les branches du catholicisme auxquelles tu fais référence, mais de manière générale, je ne connais rien à la religion. J’n suis encore à me demander ce que sont le 15 août et la pentecôte, et ce tous les ans. La religion me fascine autant que les fans hardcore de Star Wars ou la Beatlemania, je les vois tous comme des personnes ayant soudainement été aveuglés ou hypnotisés, et cela m’intéresse fortement, mais je dois avouer que je ne me suis jamais penché sur les différents mouvements et les différences entre cultes, tu me donnes ainsi une porte d’entrée que je devrai creuser. Je te crois donc sur parole.

            J’ai jeté un oeil sur imdb : Left Behind est donc un film pourri de 2014 avec Nicholas Cage. Coïncidence, la semaine passée, j’ai acheté L’exorciste en dvd sur une brocante, je voulais le revoir et Zoé voulait le voir, on a pas encore eu le temps, mais ta référence est donc la bienvenue, je pourrai avoir un autre oeil dessus désormais.

  • Jyrille  

    Ah et comme je ne suis pas si familier avec Gaiman, je n’avais pas du tout trouvé qui était Mr Wednesday… Alors que pour Czernobog, cela m’a semblé trop facile.

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