Les compères (Spidey/Human Torch)

The amazing Spider-Man / Human Torch par Dan Slott et Ty Templeton

1ère publication le 21/07/16/-MAJ le 22/08/18

Ca va chauffer !

Ca va chauffer !©Marvel Comics

AUTEUR : BRUCE LIT

VO:  Marvel

VF : Spider-man HS 21

The Amazing Spider-Man / Human Torch est une mini série de 2005 scénarisée par Dan Slott, aux commandes depuis One More Day, auteur de Superior Spider-Man et illustrée par Ty Templeton. L’encrage est assuré par ce vieux routier de Tom Palmer. Toutes les couvertures sont signées par le légendaire Paul Smith.

Ces 5 épisodes sont auto-contenus et indépendants les uns des autres. Ils mettent en scène une histoire différente relatant l’amitié tumultueuse entre Johnny Storm et Peter Parker. Le temps tournant au ralenti chez Marvel, 12 ans sont censés s’être écoulés entre la première histoire situé à l’ère Romita et la dernière à notre époque.

Les connaisseurs de Spidey apprécieront les nombreux clins d’oeil aux moments clés des personnages (mort de Gwen, la rencontre de Crystal avec Johnny, la Spider-Mobile et le costume noir) mais il est tout à fait possible de jouir de l’écriture de Slott sans avoir rien lu de tout ça. 

Johnny cherche son meilleur profil

Johnny cherche son meilleur profil©Marvel Comics

Résumé des épisodes

Picture Perfect : Johnny Storm en plein ego trip souhaite faire la une du Buggle à la place de Spider-Man.  Il demande à Peter Parker dont il ignore l’identité secrète de couvrir un reportage le mettant en valeur. Pour se faire, Johnny décide d’attaquer Fatalis dans l’ambassade de Latvérie !

Coffee Bean : Suite à un pari, Spidey et Human Torch décident d’échanger leurs places; Johnny patrouille dans les bas fonds de NY à la recherche de Kraven tandis que Spidey avec sa guigne habituelle fait foirer une expédition des FF !

Auto Motives : Spidey veut customiser sa Spider-Mobile avec le rayon anti-gravité de Reed Richards. Johnny l’aide à voler son beauf tandis que rode Red Ghost et ses Super-Singes (oui….)

Cat’s Paws : Sexuellement attiré par la Chatte Noire (sic), Johnny Storm accepte de  l’aider à dérober un bijou précieux à l’ambassade du Wakanda ! Spidey tente d’empêcher l’incident diplomatique. Caméos adorables de She-Hulk et de T’challa, la panthère noire.

Together again : Au cours d’une prise d’otages, Johnny Storm apprend que Peter Parker = Spider-Man. Une discussion sur le sens de la vie super héroïque a lieu au sommet de la Statue de la Liberté.

Les deux compères évoquent leurs 400 coups (en fait les 4 épisodes précédents)

Les deux compères évoquent leurs 400 coups (en fait les 4 épisodes précédents)©Marvel Comics

Lorsque j’ai terminé ce volume, j’avais envie de sauter dans les gros bras de Dan Slott.  Lui dire que je lui pardonnais pour la résurrection de Kraven au vu de l’incroyable boulot fait sur cette mini-série. Voyons : des vilains ringards avec prix du jury au Red Phantom et ses singes savants, du soap en-veux-tu-en-voila,  aucun enjeu planétaire, des gentils prisonniers de leurs principes. Ce n’est pas donné à tout le monde de ressusciter notre âme d’enfant, celle qui dévorait les gentilles histoires de Spidey le magasine de Lug, tandis que Strange et Special Strange proposaient des histoires plus sombres avec les chutes de Matt Murdock, de Tony Stark et de Jean Grey.

Pour autant, le travail de Slott est-il infantile ? Que non !
Tout d’abord, Slott n’a rien du tâcheron. Il connait ses Spider-Man par Coeur (sic) et comme pour  Miss-Hulk et Superior Spider-Man, il se livre à un délicieux exercice d’équilibriste alternant entre l’irrévérence et l’amour authentique du personnage.
Certains moments sont purement irrésistibles : Johnny Storm qui cherche son meilleur profil sur deux photos analogues, Spidey qui, en souhaitant bien faire, tapisse de toile bien gluante le Quinjet des FF exaspérés. Le meilleur moment de l’album reste lorsque au  beau milieu d’une prise d’otage, Peter dévoile à son ami son identité secrète par le langage des signes auquel Johnny ne comprend NIB. A cela, s’ajoute mille et une petites répliques charmantes où Spidey fait preuve de son humour légendaire sans passer pour un abruti….

Je-suis-Spider-Man !

Je-suis-Spider-Man !©Marvel Comics

Cet humour est une partie intégrante de la mythologie du personnage, de ses super-pouvoirs, cette capacité surhumaine de rire de tout avec tout le monde. La force de cette histoire est de réunir les deux clowns de l’univers Marvel, le troisième étant bien sûr Bobby Drake qui ressemble beaucoup à Peter : un type profondément gentil et angoissé à mort qui balance ses vannes sur le champ de bataille pour surmonter son mal être.

Il s’agit donc pour Slott de mettre en image l’amour vache entre les deux super héros rivaux autant en terme de pouvoirs (Johnny liquide –sic-en une image le Vautour avec une simple boule de feu), de super-vilains (Peter roule Doom dans la farine en employant une ruse tordante) et de femmes (Johnny constate effaré le tableau de chasse de Peter Parker : Gwen, Felicia, MJ).

La chatte fait ronronner nos héros

La chatte fait ronronner nos héros sous les crayons de Paul Smith©Marvel Comics

Slott est définitivement le scénariste de l’échange. le succès de son Superior Spider-Man était  de remplacer le héros par le vilain pour en constater les limites avant de se rappeler de ses qualités. Ici, c’est pareil : Johnny réalise que les aventures du tisseur constituent la fange du super-héroisme avec ces entrepôts pourris, ces vilains déguisés en animaux, ces enjeux qui ne dépassent pas le quartier quand les FF sauvent les univers qu’ils découvrent. Il  n’hésite pas à qualifier les aventures de son ami de série Z alors que celles de son groupe s’apparentent à un blockbuster.

Mais pour paraphraser Sacha Guitry, les comics c’est trop sérieux pour les laisser aux mains de rigolos. Et force de constater que Slott écrit aussi autre chose qu’une farce, l’ensemble étant aussi parfois émouvant, tendre, attachant. Et surtout très malin.
Il aborde avec beaucoup de finesse l’épuisant sentiment de culpabilité de Peter sous un angle nouveau et simple. Lorsque Johnny lui conseille après la mort de Gwen de prendre des vacances, il lui répond que le monde peut attendre de découvrir d’autres dimensions, que les vies des petites gens sont constamment en danger. Qu’il n’a rien pu faire pour sauver son oncle mais que lorsqu’il a donné son maximum pour Gwen, le résultat a été le même : une mort tragique par sa faute. Bien vu !

Miss Hulk en soubrette !

Miss Hulk en soubrette !©Marvel Comics

La force du récit est aussi de superposer les frustrations de nos deux héros, de nous introduire dans leur moi intime, celui qui rêverait d’occuper la place de l’autre. Peter rêve d’une vie d’aventure avec les FF au service de la science, de pouvoir aider son prochain sans se faire poursuivre par les flics et diffamer par J.J.Jameson. Une vie de légèreté et d’insouciance.
Tandis que, et c’est le plus habile tour de passe-passe de Slott, Johnny Storm envie l’existence de Peter Parker, le plus grand loser de l’univers Marvel ! Une tante toujours dévouée et aimante, un cercle d’amis fidèles et des filles magnifiques qui se pâment d’amour sincère pour lui. Un joli conte sur la confrontation entre l’image intime et celle que les autres ont sur nous. Je, moi, les autres.

L’histoire se termine sur la rencontre entre la famille Parker (durant l’ère Strazcynski) et celle de Reed Richards. Une ambiance conviviale, brodée de respect et de tendresse mutuelle immortalisée par des photos prises par un drone de Mr Fantastic. Et un pur instant de grâce lorsque Peter rebondit sur les propos du petit Franlin sur son oncle Ben (The Thing) en lui répondant que les oncles Ben ont toujours raison.

Où doit se dérouler une conversation virile ? autour d'une bagnole forcément !

Où doit se dérouler une conversation virile ? autour d’une bagnole forcément !©Marvel Comics

Les symboles sont décidément très forts dans cette histoire craquante qui évoquerait le pendant humoristique du travail anthologique de Tim Sale et Jeph Loeb. Le symbole d’un super héroïsme profondément humain, du côté de la vie, versant plus dans la névrose que la psychose post Civil War qui, comme par hasard se déroule juste après. Un monde où dirigés par les deux pithécanthropes Alonso et Quesada, les super héros sont devenus les flics nerveux d’un univers en perpeptuel état d’urgence

Le comble de l’ambiguité en fait : alors qu’enfant je rêvais d’histoires matures et violentes, voici que désormais il n’y a plus que ce genre de récit  qui parvient encore à m’émerveiller.  Marvel en anglais, à la base, ça veut bien dire ça, non ?

Touchant du début à la fin

Touchant du début à la fin©Marvel Comics

55 comments

  • Kaori  

    Ah que je les aime ces deux-là !

    Même si Ben Grimm était toujours présenté comme le « meilleur ami » de Johnny Storm, j’ai toujours pensé que le vrai, c’était Peter (et vice-versa). Y a un « truc » entre ces deux-là.

    J’ai toujours adoré les voir en team-up, je n’ai pas lu ces épisodes, il va donc falloir que je remédie à ça très très vite !!

    Ah, et le scan sur les signes pour faire comprendre à Johnny que Peter est Spider-man m’ont fait mourir de rire !!

    Je suis d’accord avec toi (bon, c’est récurrent quand même, va falloir que je sois plus discrète), c’est ça, le « Marvel ». Moi c’est ce dont j’ai besoin en tout cas !

    • Bruce lit  

      Contente que tu aies aimé Kaori. C’est assez facile à trouver pour pas trop cher.

  • Matt  

    Bon j’ai entendu dire que la reprise de Spider-man par Nick SPencer était sympa.
    On pourrait presque sauter tout le bullshit de Slott après Superior avec son Parker milliardaire qui fait des OPA sur des entreprises, etc.
    Apparemment il perdrait le bénéfice de ses études quand il est prouvé que c’est Otto qui a rédigé sa thèse de fin d’études et paf on retrouverait un Parker qui ne ressemble pas à Tony Stark.
    Même la chatte noire serait de nouveau pote avec lui.
    Bon…je dis pas que c’est forcément bien le statu quo, mais perso j’en avais rien à carrer de ses aventures de milliardaire.

    • Présence  

      Tu as tout bien résumé.

  • Matt  

    Et je parle de ça pour savoir si quelqu’un a lu ces épisodes bien sûr^^

    • Présence  

      J’ai lu les 3 premiers tomes : j’ai bien aimé, mais Nick Spencer est inégal. Par contre j’apprécie son humour dans les réparties de Peter Parker. Commentaires détaillés pour la VO à l’endroit habituel.

      • PierreN  

        Il est plus inspiré sur Superior Foes of Spider-Man que sur Amazing Spider-Man (ou The Fix plus récemment en indé).

        • Matt  

          Sauf que je m’en fous des superior foes^^
          Je veux du amazing qui renoue avec la période pré OMD.
          Je fais mon fanboy, m’en fous ! Je vais me lire quelques épisodes et j’arrêterais quand je serai content de voir rétablies certaines relations gachées par OMD

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *