Vampires Sous les Sunlights : BRAM STOCKER’S DRACULA

BRAM STOCKER’S DRACULA par Francis Coppola

Par TORNADO

I love Dracula… © Columbia Pictures

I love Dracula…
© Columbia Pictures

Cet article est le premier d’un cycle dédié aux films de vampires. Soit un sous-genre à part entière du cinéma fantastique et horrifique qui contient en son sein un panel assez conséquent de films importants.
Nous appellerons cette rubrique VAMPIRES SOUS LES SUNLIGHTS et, afin de l’inaugurer en grandes pompes, nous commencerons avec l’un des ses plus illustres représentants modernes : Le BRAM STOCKER’S DRACULA de Coppola !

Nous reviendrons de temps en temps vous présenter d’autres films de la rubrique. Mais chaque chose en son temps. Aujourd’hui, nous retournons en 1992 afin de remettre, sous le feu des projecteurs, cette bonne vieille goule des Carpates vue par le réalisateur du PARRAIN…

Un peu, passionnément, à la folie… © Columbia Pictures

Un peu, passionnément, à la folie…
© Columbia Pictures

Gothique, baroque et romantique :

Une version de DRACULA par Francis Ford Coppola ? Tous les geeks de la planète n’en revenaient pas ! Si le vampire des Carpates avait si souvent été malmené par les petites productions et les réalisateurs laborieux (en dehors de Murnau, Todd Browning, Terence Fisher et Werner Herzog quand même), voilà qu’il était soudain propulsé sur le devant de la scène par l’un des plus grands cinéastes de l’histoire !

Alors que le projet lui a quasiment été quémandé par Wynona Rider, qui cherchait quelqu’un pour adapter un scénario de James V. Hart prévu au départ pour être transposé sous la forme d’un téléfilm, Coppola surprend tout le monde : Il a déjà réalisé l’essentiel de sa filmographie lorsqu’il entreprend le tournage de DRACULA mais c’est la première fois qu’il s’intéresse à un sujet aussi populaire et à un véritable film de genre depuis ses débuts chez Roger Corman et depuis son premier film entant que metteur en scène : DEMENTIA 13 (si l’on excepte l’attraction CAPTAIN EO de Disneyland). A savoir le fantastique et le film d’horreur gothique.
Ainsi, le réalisateur du PARRAIN prend le public à contre-pied en s’éloignant de son style naturaliste habituel pour nous offrir une plongée totalement décomplexée dans le gothique le plus extrême et l’esthétique la plus romantique et flamboyante possible.
Comprenons-nous bien : Si nous parlons de naturalisme à propos de Coppola ce n’est pas au sens documentaire du terme, tant sa mise en scène est lyrique et sophistiquée, mais parce que ses sujets sont, jusque là, dénués de tout élément surnaturel.
Nonobstant, s’il a délaissé cet univers depuis les années 60, à l’époque où il était l’assistant de Roger Corman, notamment sur le cycle des adaptations d’Edgar Poe, Coppola a constamment œuvré dans le baroque le plus échevelé. C’est ainsi que son DRACULA sera gothique mais, bien plus encore, il sera infiniment baroque !

 Un château de vampire qui ne fait pas semblant… © Columbia Pictures Source : Tsimpkins.com http://www.tsimpkins.com/2015/10/bram-stokers-dracula-1992-gary-oldman.html

Un château de vampire qui ne fait pas semblant…
© Columbia Pictures

Source : Tsimpkins.com

Dans tous les cas, si l’on pouvait s’attendre à ce qu’il soit aussi baroque, il était bien plus surprenant de le découvrir aussi romantique. Car le DRACULA de Coppola est gothique, baroque, mais surtout, il est romantique !

Cessons de tourner autour du pot : le père Francis Ford nous a troussé là une bobine tautologique bourrée à craquer d’images inouïes et d’émotions fortes. Et pour assurer le spectacle, il nous a déroulé ses 127 minutes de métrage en les gorgeant d’une déferlante de références artistiques, à tel point qu’il est possible d’en découvrir de nouvelles à chaque visionnage. Nous allons essayer d’en relever les principales, qu’elles soient de l’ordre de l’Histoire de l’art, du cinéma ou même de la musique.

La première fois que l’on regarde le film, on aurait tendance à n’en voir que la surface. Le cinéaste joue à la fois sur de fulgurantes images horrifiques et sur la composition hallucinée de Gary Oldman. Il imagine un Dracula inédit et maniéré, aux multiples facettes, passant du vieil aristocrate caricaturalement précieux (et bizarre ! (et bizarrement accoutré !)) à la bête sauvage et sanguinaire, pour au final incarner un prince superbement romantique dans la grande tradition du XIXème siècle.
Oldman domine la distribution à égalité avec Wynona Rider tandis qu’étrangement, le grand Anthony Hopkins cabotine à l’excès pour finalement composer un Van Helsing n’ayant rien à voir avec celui du roman. Quant à Keanu Reeves, futur héros de MATRIX, il est tout simplement inexistant de charisme en jouant un bien pâle Jonathan Harker. En revanche, Tom Waits est épatant en Reinfield et Sadie Frost interprète une Lucie d’un érotisme à fleur de peau « positivement indécent », pour reprendre les termes du personnage de Mina !

Mais la principale richesse du film se trouve ailleurs. Plus précisément, il faut regarder attentivement du côté de sa mise en scène et de son imagerie foisonnante, car c’est là que l’on va y dénicher son principal trésor, à savoir son vaste champ référentiel…

La bande-annonce originelle, très complète, avec une musique différente de celle du film.
© Columbia Pictures

Un Siècle de Cinéma :

Au niveau des références, on va commencer par ce que Coppola connait le mieux, c’est-à-dire le cinéma ! Son film cite directement certains passages des précédentes adaptations, notamment le DRACULA de Todd Browning (1931, période UNIVERSAL) et celui de John Badham (sorti en 1979), en faisant « réciter » au personnage des passages célèbres entendus dans les films précédents de la bouche de Béla Lugosi et Frank Langela, notamment « Ils sont les enfants de la nuit » (lorsque Dracula écoute avec délectation le hurlement des loups) ou « Je ne bois jamais de vin »… Ensuite, comme le cinéma est constitué d’images mais aussi de sons, et par extension de musique, la longue scène introductive cite explicitement le thème principal du CAUCHEMAR DE DRACULA de Terence Fisher (période Hammer), composé initialement par James Bernard en 1958.
Bien évidemment et en premier lieu, le jeu d’ombres-portées qui n’en font qu’à leur tête nous ramène directement à la version initiale, celle du NOSFERATU de Murnau (1925), dont l’expressionnisme somptueux mettait en avant ces grandes déferlantes de noir…

On l’a dit, Coppola opte pour une approche outrageusement baroque et il imagine par ailleurs toute une galerie de décors majestueux qu’il va pimenter d’une série d’effets spéciaux pour le moins surprenants puisqu’ils vont être puisés dans toute l’histoire du cinéma, tout en tournant le dos aux effets numériques de leur période contemporaine ! Le cinéaste regarde en arrière et convoque la savoir-faire en matières de trucages de ses ainés depuis George Méliès, parvenant au passage à palier à un budget relativement modeste pour un film de cette envergure, tout en offrant à chacun de ses plans une imagerie universelle et une poésie noire qui coule de source comme le sang jaillit soudain du calice sacré que brandit Dracula au moment où il promet de se réveiller du royaume des morts ! Ainsi, dans le prologue, la bataille sanglante qui oppose Dracula à l’armée turque est tournée dans un petit théâtre miniature, quasiment en ombres chinoises, avec des marionnettes en arrière-plan et des filtres de couleur rouge pour masquer l’absence de décor. Et le résultat est extrêmement réussi !

Le prologue, avec la superbe bataille de marionnettes contre les turcs sur fond de décor de carton-pâte !
© Columbia Pictures

Et l’on continue encore au rayon des citations et des œillades adressées à l’époque de DRACULA, le livre, avec notamment un hommage au Cinématographe (qui fut créé un an avant la parution du roman), lorsque le vampire découvre le procédé à son arrivée à Londres. Coppola filme alors certains plans de la scène avec une caméra Pathé d’époque (on y voit les personnages, filmés en près de vingt images par secondes, marcher en accéléré comme dans les films des Frères Lumière et ceux de George Méliès), l’occasion d’enchainer toute une galerie d’images où le spectateur ne sait plus s’il regarde le film DRACULA où si ce sont les personnages qui regardent des images du Cinématographe !
C’est une forme de régurgitation postmoderne de l’histoire du cinéma fantastique que nous propose le réalisateur, une recherche esthétique exhaustive qui aboutit à un montage d’une liberté et d’une imagination folle (ah ! ces fondus enchaînés sublimes : l’œil de la queue du paon qui s’efface devant l’entrée du tunnel ferroviaire qui mène à la Transylvanie ; les larmes de Dracula qui deviennent l’océan sous le zoom de la caméra ; les marques de morsures au cou de Lucie qui laissent la place aux yeux étincelants du loup blanc ; les bulles d’absinthe par-dessus lesquelles se substituent les globules rouges du sang de Mina, etc.), pour un résultat où se combinent merveilleusement l’œuvre d’un auteur et le divertissement populaire dans le meilleur sens du terme.

L’œuvre d’un auteur ? Parlons-en : Le souhait du scénariste James V. Hart était de coller au plus près du roman de Bram Stocker (davantage que tous ses prédécesseurs), mais en y ajoutant des variations et, surtout, en remettant au centre du sujet la dimension érotique qui pouvait se lire entre les lignes du roman. Le film de Francis Ford Coppola s’intitulera donc BRAM STOCKER’S DRACULA afin d’insister sur la note d’intention mais développera néanmoins de nombreux éléments qui ne sont pas dans le livre, dont la romance exacerbée entre le comte des Carpates et la jeune Mina (Willelmina Murray de son nom complet).

Le film ajoute ainsi tout un pan de la mythologie liée à la genèse du roman de Stocker, à savoir la réalité (plus ou moins) historique puisque pour imaginer le personnage de Dracula, l’écrivain s’était inspiré de Vlad Tepès, dit Vlad l’empaleur, ou encore Drăculea (que l’on peut traduire littéralement par fils du dragon). Selon la légende (car il est très difficile de savoir ce qui relève de la stricte réalité historique), ce prince roumain transylvanien (ou valachien selon les sources) massacrait ses ennemis en les empalant mais il aurait également perdu son épouse, laquelle se serait jetée (ou serait tombée) du haut d’une falaise lors du siège de leur château. Ce dernier élément, réintroduit de manière romancée dans le scénario, ancre ainsi, davantage encore que le roman, notre film dans une certaine réalité historique. Ce faisant, le réalisateur en profite pour développer certains de ses thèmes récurrents en offrant au vampire une forme de quête rédemptrice (thématique déjà très présente dans la trilogie du PARRAIN et dans le final d’APOCALYPSE NOW, mais totalement absente du roman de Bram Stocker), mais aussi en marquant son obsession pour le temps (à travers l’errance éternelle et douloureuse d’une âme en quête de son amour perdu). Soit la matérialisation d’un opéra de sons et d’images sur les thèmes de la folie et de la mort, car c’est bien un Opéra que nous offre là le cinéaste, avec ses codes et son final tragique et cathartique. Soit toute une plus-value pour le film en termes de contenu sémantique, absent du matériau littéraire originel, mais déjà présent en filigrane dans toute la filmographie de Coppola…

La scène des succubes, l’occasion de voir Monica Belucci à poil mais aussi un clin d’œil à la GORGONE façon Hammer par Terence Fisher !
© Columbia Pictures

Une Histoire de l’Art :

Parallèlement, le réalisateur se tourne vers les courants artistiques contemporains de Bram Stocker et encourage ses collaborateurs, costumiers et décorateurs, à s’inspirer des artistes emblématiques du Symbolisme, du Romantisme et de l’Art Nouveau en leur montrant des œuvres de Gustave Klimt, Caspar David Friedrich, Gustave Moreau et Fernand Khnopff. Par exemple, lorsque Dracula revient à son château, à la fin du film, on le voit revêtu d’un costume ressemblant furieusement à celui que porte l’homme du BAISER de Klimt !

Il cite également les courants artistiques contemporains de l’acte de naissance de Dracula (sa conversion au monde de la nuit), à savoir ceux de la Renaissance et du Caravagisme aux 15ème et 16ème siècles. La fresque de la coupole où l’on voit le personnage s’envoler avec sa « promise » évoque par exemple celles du Corrège (1489-1534), peintre de la Renaissance italienne parfaitement contemporain de l’époque consacrée.
Enfin et surtout, le portrait qui orne le salon de Dracula au début du film, qui le montre au faîte de sa gloire et de sa jeunesse, est une copie parfaitement assumée du célèbre AUTOPORTRAIT de Dürer, réalisé en 1500 ! On y reconnait parfaitement les inscriptions étranges ainsi que la posture du peintre et la manière originale dont il avait alors représenté l’écart entre les doigts de sa main droite.
Ces citations artistiques, nombreuses, fluides, foisonnantes, participent à une volonté d’ancrer cette adaptation dans un courant postmoderne et de puiser à la source de l’art comme une communion naturelle et une exigence culturelle dans laquelle le fond et la forme s’unissent en un tout unique et fédérateur.

En haut, Dracula. En bas, LA VISION DE St JEAN par le Corrège, ainsi que l’AUTOPORTRAITde Dürer. Source : BookWiki http://boowiki.info/art/peintures-par-correge/vision-de-saint-jean-a-patmos.html © Columbia Pictures

En haut, Dracula. En bas, LA VISION DE St JEAN par le Corrège, ainsi que l’AUTOPORTRAITde Dürer.
Source : BookWiki
Source Wikipedia :
© Columbia Pictures

Ajoutez à tout cela la musique lugubre et envoûtante à souhait de Wojcieh Killar, une histoire d’amour entre la Belle et la Bête aussi improbable mais évidente que dans le film de Jean Cocteau ou même que dans KING KONG, où quand l’amour pour une créature monstrueuse devient monstrueusement romantique, et vous pouvez difficilement espérer mieux pour un film de ce genre populaire issu d’un grand studio hollywoodien.
Ainsi, malgré une dernière partie très en deçà des précédentes, quelques erreurs de casting et un soupçon de mauvais goût (dont on peut adorer ou détester la note d’humour, c’est selon), ce BRAM STOCKER’S DRACULA est-il l’une des toutes meilleures adaptations du roman depuis l’existence du 7ème art, l’une des plus riches et, accessoirement, l’un des chefs d’œuvre du genre fantastique, gothique et horrifique.

A noter une adaptation sous la forme d’un comic book par Roy Thomas (scénario) & Mike Mignola (dessin), édité chez Delcourt dans deux éditions (couleur et NB). Une transposition très prisée par les fans (notamment pour le dessin racé de Mignola), dans laquelle le scénariste restitue l’essentiel du film tout en intégrant quelques détails disparus au montage, voire puisés directement dans le roman.

VAMPIRES SOUS LES SUNLIGHTS vous donne à présent rendez-vous, tantôt, pour un autre film…

L’adaptation officielle en comic book. Notez, à droite, le costume du BAISER de Klimt ! © IDW Publishing

L’adaptation officielle en comic book. Notez, à droite, le costume du BAISER de Klimt !
© IDW Publishing

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La BO du jour

Incroyable : Dans l’histoire du rock et de la pop, quasiment personne n’a chanté à la gloire de notre bonne vieille goule !

37 comments

  • Surfer  

    « ce BRAM STOCKER’S DRACULA est-il l’une des toutes meilleures adaptations du roman depuis l’existence du 7ème art, l’une des plus riches et, accessoirement, l’un des chefs d’œuvre du genre fantastique, gothique et horrifique. »

    Assurément !!! je ne peux pas dire le contraire sinon je vais me faire trucider par ma fille. C’est son film préféré…pour ceux que cela étonne, je tiens à vous rassurer, ma fille est majeure et vaccinée contre les morsures de vampires.

    Sinon bravo pour la chronique, j’ai encore appris pas mal choses malgré mes multiples visionnages du film. Certaines références sont évidentes, celle relative aux précédentes adaptations de Dracula et notamment au jeu d’ombres.
    D’autres le sont moins, j’étais passé complètement à côté des références à la peinture.

    C’est vrai que le film est esthétiquement très beau. Je révélerai cependant une petite faute de goût concernant l’armure rouge de Dracula. Selon moi elle dénote un peu. Elle fait vraiment très plastoc ! C’est complètement anachronique par rapport à l’époque.

    Concernant le jeu d’acteur, je suis complètement d’accord : G. Oldman et W. Rider sortent du lot et dominent clairement la distribution.

    • Matt  

      Je suis d’accord pour l’armure de Dracula qui fait un peu power rangers^^

      Sinon le film est-il bon ? Oui.
      Est-il très fidèle au roman ? Ben…pas tant que ça. Ce n’est pas un reproche en soi, mais je ne pense pas que ce soit la version la plus fidèle au livre. Coppola rajoute beaucoup de choses, notamment le lien entre Dracula et Vlad l’empaleur qui n’est que suggéré vaguement dans le roman, la romance avec Mina qui est absente du livre.
      En fait Dracula est transformé en personnage tragique dans ce film, ce qui n’est pas une mauvaise idée. Mais dans le roman, point du tout. C’est surtout un vilain vampire.
      Après le film est magnifique esthétiquement. Je ne savais pas non plus pour les références à la peinture.

      Le souci du film pour moi ce sont les acteurs qui surjouent. Je ne sais pas s’il y avait distribution de coke gratuite sur le plateau, mais les personnages sont bizarres. Un coup calmes, puis d’un coup en panique totale, ou surexcité comme Van Helsing qui est insupportable. ça ricane dans tous les sens à des moments peu appropriés. On se demande pourquoi Harker ne fout pas le camp plus vite du château au début (ou du moins pourquoi il n’essaie même pas vu le comportement de son hôte qui semble incapable de dissimuler sa bizarrerie)

      Je pinaille un peu mais ça me dérange toujours un peu à la vision du film. Les personnages sont chelou. Des sautes d’humeur, des pétages de plomb…étrange direction d’acteurs pour ce film.

      Je ne sais pas si tu as lu l’adaptation en BD parue dans Fantastik Tornado. C’est un peu trop expéditif avec beaucoup de texte pour résumer des scènes, mais c’est quand même classe visuellement. Et si je ne m’abuse, plus proche du roman.

      • Tornado  

        « Est-il très fidèle au roman ? Ben…pas tant que ça »

        … Hem… Tu as lu mon article ? C’est bien ce que je dis ^^

        • Matt  

          Je donne juste mon avis à moi^^ C’était pas pour te contredire.
          Il est souvent vu comme la meilleure adaptation du roman par le public. Mais c’est pas forcément le plus proche du bouquin pour autant.

      • Aliénor Drake  

        Ah c’est clair que c’est sur-joué, mais c’est un parti pris et je trouve que ça en fait un sacré atout du film !

        • Matt  

          Moui…on peut voir ça comme ça…^^

  • Eddy Vanleffe  

    un très bon article faisant le point sur la richesse visuelle et narrative du film, un film pictural en diable…
    sans doute l’adaptation la plus ambitieuse en terme de dramaturgie et d’image.
    J’y ai retrouvé aussi l’influence des livres de Fred Saberhagen qui re-racontait le bouquin de Stoker mais en inversant les rôles Dracula devenait un héros romantique t Van Helsing un parfait intégriste religieux obtu et homicide.
    il me semble aussi avoir reconnu un peu le tableau du cauchemar de Füssli quand en une sorte d’homme Bête, Dracula trône presque sur Lucie (ou Mina? ) dans une sorte de posture à cheval entre le tableau et le coït…

    Enfin l’adaptation de Moffat en mini série à la BBC est très bien foutue, et fidèle aux marottes de son auteur, parvient à injecter surprise et modernité au sein d’un récit très codifié tout en recasant tout l’essence de l’oeuvre, sauf peut-être le romantisme (quoique…)

    j’attends les autres articles Tornado, j’adore les vampires….

    • Matt  

      Ah oui j’ai entendu parler de cette adaptation de la BBC. Parait qu’elle est bien.
      Ce n’est pas la première d’ailleurs. Il y a eu une mini série sur la BBC en 1977 aussi. Parait qu’elle est bien aussi. Et un téléfilm en 2006.
      Je suis loin d’avoir vu toutes les adaptations…

    • Matt  

      Mais Moffat c’est un bon.

      Après comme disait Tornado hier, a-t-on envie de revoir 50 fois les mêmes histoires réadaptées ?^^

  • Nikolavitch  

    J’ai une grosse tendresse pour ce film, vu plein de fois, qui est hyper généreux.

    une remarque sur l’absence de charisme de Jonathan Harker… ben justement, c’est Jonathan Harker. c’est comme moqué l’absence de charisme des interprêtes de Cyclope au cinéma, quoi.

    quand à la BD, c’est un tournant dans la carrière de Mignola, on est dans cette phase de deux ou trois ans où son style se cristallise, où ses maniérismes deviennent quelque chose d’autre.

    • Bruce lit  

      c’est comme moqué l’absence de charisme des interprétes de Cyclope au cinéma, quoi.
      Nikolatroll ! Pas charismatique Cyclope en comics ?? Il y a des rafales optiques qui se perdent là….

  • Tornado  

    Pour l’armure, j’ai pourtant lu quelque part que c’était fidèle historiquement. Apparemment les armures en cuir byzantines étaient exactement comme ça. Bon je ne suis pas spécialiste hein, mais je suis certain d’avoir lu un truc là dessus.
    Le jeu des acteurs est effectivement fluctuant et parfois étrange. Je pense que Coppola a dû lâcher la bride sur ce terrain et ils se sont tous jeté dans leur propre interprétation comme un concours du plus barré. Et j’avais d’ailleurs lu une interview où Keanu Reeves regrettait lui-même son manque de charisme dans le rôle et trouvait son jeu fade par rapport à ses confrères. Peut-être qu’une direction d’acteur plus rigoureuse aurait gommé ces quelques incongruités (Hopkins est vraiment insupportable dans certaines scènes). Mais en même temps, elle aurait peut-être aussi gommé le jeu exalté des deux acteurs principaux, et ça ç’aurait été dommage.
    Je ne connaissais pas la référence à Fred Saberhagen (je ne sais pas qui c’est). Merci Eddy.

    • Eddy Vanleffe  

      j’ai chécké vite fait son nom et je suis sur le cul: Saberhagen a épaté Coppola par la similitudes de leurs points de vue et il a été choisi pour la novélisation du film…
      sinon c’est un auteur que je lisais du temps des « pocket terreur » avec les Ann Rice etc…

    • Surfer  

      Avec cette armure, Dracula ressemble plus à un écorché d’anatomie qu’a un guerrier Byzantin. ;-)

      • Matt  

        Oui ça ressemble à une volonté de le rendre flippant avec une armure pas du tout historique. Mais c’est quand même pas super réussi au final. Il a l’air de porter du plastique…

  • Aliénor Drake  

    Excellente idée d’aborder l’article sur l’angle des références artistiques, j’ai notamment appris sur les adaptations précédentes (hormis celle de Murnau que je connaissais). Merci pour ce bel écrit sur l’un de mes films préférés !!!

  • Kaori  

    Argh je suis jalouse !
    Il est génial cet article. Je suis fan du genre « vampire » mais n’ai aucune culture littéraire ou cinématographique avant 1990… et encore moins artistique… D’ailleurs, tu causes baroque et gothique et c’est comme si tu me parlais allemand : j’ai déjà entendu ces mots mais je n’ai jamais réussi à y mettre un sens ou une image derrière !
    Donc merci pour ma culture.
    Pour l’interprétation je ne peux qu’être d’accord.
    Quant à la réalisation, tu vas pouvoir m’aider mais je me rappelle d’une transition assez osée avec une tranche de viande découpée, non ? Je me rappelle d’un éclat de rire à ce moment-là, mais je confonds peut-être…

    Enfin, le goudron et les plumes pour Nikolavitch…

    • Tornado  

      Oui, la scène avec la tranche de viande vient juste après celle où on coupe la tête de Lucie dans son cercueil. C’est une transition saisissante, qui oblige le spectateur à rire (ou à vomir). Ce procédé a sûrement un nom en terme cinématographique, mais si c’est le cas je ne le connais pas.

  • Bruce lit  

    Superbe démonstration monsieur le professeur.
    Etant nul en peinture, tout le passage autour de l’histoire de l’art m’a passionné : c’est presque trop court pour du Tornado !
    Très bien vu également la dimension rédemptrice très en vogue par les réalisateurs du nouvel hollywood (Scorcese, who ? ). Merci pour le passage sur les emprunts aux films précédents, tu es un vrai pro, une culture que je n’aurai jamais.

    Je me rappelle avoir vu ce film en salles à l’époque avec ma petite amie de l’époque : en sortant, elle m’avait tancé d’un « ouais, un peu lourd la métaphore autour du SIDA ». Je crois qu’elle n’avait pas tort sur ce coup-là. On a tendance à avoir oublié ce traumatisme majeur qu’aura subi notre génération autour de sa sexualité : comment aimer l’autre sans le mettre à mort. Si je me souviens bien, c’est la dernière scène du film.

    J’ai vu ce film 3 fois, n’étant pas plus amateur que ça des Vampires et n’ayant jamais lu le roman. J’en ai le même souvenir que ce que tu décris : une entrée en matière éblouissante, les fondus enchaînés, le romantisme absolu de la jeunesse et de la mort de Vlad’. Je me rappelle que l’option vieille carne m’avait agacé tout comme le rythme du film. Lorsque l’action migre en Angleterre, le film tourne au grand n’importe quoi : une flopée de personnages secondaires vachement excités, Keanu Reeves qui disparaît complètement, j’ai le souvenir d’une grande confusion vraiment chiante tout juste rattrapé par le final enfin dramatique et concentré. Ce n’est pas un film que j’aime beaucoup en fait mais il me rappelle une époque où j’étais capable de revoir un film 3 fois même si je ne l’avais pas aimé. J’en serais incapable aujourd’hui.

    • Matt  

      Pour le coup Jonathan harker qui disparait quasiment, c’est comme dans le bouquin.
      Il faut savoir que le roman est raconté sous forme épistolaire. Des lettres de personnages à d’autres, un journal de l’un, etc. Du coup pendant un moment Jonathan est à l’hôpital je crois, après avoir difficilement échappé au comte, et…ben on n’entend plus parler de lui.
      Techniquement il n’est pas censé être le personnage principal. Il n’y a pas tellement de personnage principal en vérité. Chose pas toujours habituelle pour un film.

    • Matt  

      Mais pour ce qui est des personnages surexcités, ouais je te comprends. C’est surjoué et les personnages sont parfois bien chelou, sans que je sache si c’est fait exprès ou s’il y a eu de l’impro ou…va savoir.

  • JP Nguyen  

    Bon, j’avoue : j’ai jamais vu ce film ! Vampire, allergie, tout ça…
    Tornado, je suis épaté par ton œil pour reconnaître toutes les citations du film empruntées au cinéma ou à d’autres arts !

    La minute du Relektor bénévole : on n’ écrit pas Stoker plutôt que Stocker ?
    Et sinon, tu ne voulais pas dire « bobine anthologique » plutôt que tautologique ?

  • Bruce lit  

    Au fait c’est pas un 5 étoiles alors ?
    La BO : je déteste. Mon frère adore. Je n’ai jamais compris ce que l’on trouvait à Miles Kanes, aux Articcs Machins et aux Shadows bidules.
    Quelques chansons sur Dracula : ben Dracula de Rob Zombie, if i was your vampire de Manson, Nosferatu de Hugh Cornwell ou ….Vampire de Alec Sindrome. Pas ta tasse de thé donc.
    Encore bravo pour cet article.

    • Tornado  

      @JP : Tu as raison pour Stoker. C’est un peu souvent que je me goure dans les noms propres (remember Jeff Jeph Loeb…). Ma mauvaise foi te dira qu’une prof avait dit un jour que les fautes sur les noms propres c’était pas grave…
      Pour tautologique non ce n’est pas une erreur. Après c’est un terme ach’ment complexe. J’aurais pu choisir plus simple. Dans ma phrase ça signifie que le contenu du film ne peut être contredit ou descendu.

      @Bruce : Miles Kane ben c’est la pop anglaise que j’aime. Mélodique, en droite ligne des Beatles ou de la pop 60′s, sans passer par la case Punk. Comme tu le dis, hors de question de choisir une BO parmi tes autres suggestions ! :)

      • JP Nguyen  

        Ah, OK, je n’aurais jamais songé à interpréter cette phrase dans ce sens ! (je ne suis pas assez familier avec la Titi-logique…)

    • Surfer  

      Moi j’aime bien la BO du jour. Cette douce pop teintée de musique classique avec ces violons en fond sonore c’est tout à fait mon truc..
      Sinon sur le thème la chanson qui me vient direct c’est « Vampire blues » de Neil Young

      • Tornado  

        Alors oui mais non à tous les deux. Je voulais une chanson avec le titre DRACULA dedans ! (mais je n’aime pas Rob Zombie)

    • Présence  

      En fait la chanson de Rob Zombie, c’est DraGula, avec un G, et ça parle de la drag racer DRAG-U-LA figurant dans la série télévisée Les Monstres (The Munsters), sans rapport avec Dracula.

      D’autres chansons avec Dracula dans le titre

      - Dracula, de Thomas Fersen
      - Dracula, d’Iced Earth
      - Dracula, de Running Wild
      - Dracula the musical
      - Dracula, de Gorillaz

  • Manu  

    Superbe article pour un film que j’ai incroyablement aimé. Comme pour Bruce, j’y étais allé avec une copine de l’époque, qui m’a juste dit à la fin « mouais pas trop mal » alors que moi j’avais énormément apprécié. Je ne comprenais pas du tout comment cette cruche pouvait autant être passée à côté de l’ambiance du film. Tout ce côté romantique et baroque m’avait vraiment touché. J’ai énormément apprécié le jeu de couleurs que Coppola a réussi à mettre en place.
    Par la suite, j’ai voulu lire le livre et c’est là que j’ai vu les petites différences. De plus le côté épistolaire du livre donne une autre ambiance plus laconique qui va parfaitement bien à l’ambiance de l’histoire…
    En tout cas une superbe analyse de ta part Tornado.

  • Steve  

    J aime énormément ce film et de plus en plus à chaque visionnage
    Je trouve que c est un des films qui ressemble le plus à un livre dans un structure , son récit, son rythme
    J ai retrouvé cette ambiance dans le twix de Coppola et l homme sans âge t, deux films que j ai également adoré…
    a propos de vampires avez vous vu the Strain?
    Très série B que j ai adoré

    • Tornado  

      Et bien ça fait au moins un Tringale sur deux qui adore ce film ! :)
      Je n’ai pas vu Twix mais par contre L’Homme Sans Age oui. Et je suis passé complètement à côté de ce film. Je m’y suis ennuyé comme rarement et j’avais du mal à croire qu’il s’agissait d’un Coppola dans la forme (sur le fond on retrouve bien le thème sur le Temps par contre). Je dois même avouer que je ne me sens pas la force de le revoir pour lui redonner une chance (il faut dire que je l’avais vu deux fois d’affilée tellement j’avais peur d’avoir raté un truc…).
      Je n’ai pas vu The Strain par contre. Merci pour la suggestion. Je vais essayer de me procurer ça :) .

      • Matt  

        The Strain c’est une série sur des vers parasites qui changent les gens en Strigois
        ça me fait penser au comics Witch doctor cette idée^^

        Je n’ai pas regardé évidemment vu que c’est une série et que j’ai pas assez de temps…

        • Eddy Vanleffe  

          J’ai pas adoré essentiellement parce que je n’y ait trouvé aucune originalité particulière.
          c’est sympa mais c’est un peu BLADE 2 dans le feeling…
          c’est con je trouve le concept de V wars, plus ludique (virus libéré par la fonte des glaces-putain de changement climatique) mais la série est vraiment fauché avec trois hangars et deux arbres…
          du coup pour le mythe du vampire en récent.. ça tire un peu la langue…

    • Bruce lit  

      @Steve : Le Dracula de Netflix, ça vaut le coup ?

  • Steve  

    Oui la série Dracula est sympa
    Elle commence incroyablement bien
    Début très fidèle et je pense hommage au Coppola et bouquin
    2 eme épisode plus proche de cluedo ou d Agathe Christie
    Je m y suis 1 peu ennuyé sauf la chute.
    3 eme épisode incroyable grâce à son ellipse et l exploration d un Dracula a l ère moderne.
    Trois traitements différents pour 3 époques différentes, c est l idée forte de la mini série (allez courage Matt, tu auras le temps… )
    Et on s attache assez vite aux 3 personnages clefs…
    après pour le coup 1h30 l épisode c est un peu long

    Pour the strain d accord sur le côté fauché. La première saison était très laborieuse
    Mais une fois l arrivée du vieux pourchasseur de vampires lui même pourchassé pendant la seconde guerre mondiale la série prend un tremplin.
    Le héros devient moins lisse (et chauve) au fil des saisons et sa quête pour retrouver sa femme et son fils devient passionnante. Les personnages secondaires sont également sympas ( dératiseur devenant le libérateur de New York , une rock star mansonnienne choisi pour devenir le maître etc…)
    Il y a une mini intrigue historique, sociale et politique très interessantes. Bref plein de petites perles dans une série b comme je les aime.
    Enfin un dernier épisode jusqu’au boutiste bouleversant
    A propos de série B a voir Z nation ou la le cheap côtoie le chef d œuvre!!!

    Pour l homme sans âge , moi aussi j en attendais beaucoup plus mais au final ça m a touché

  • Tornado  

    Je pense me regarder la mini Dracula en couple les jours prochain…

  • Présence  

    C’est la première fois qu’il s’intéresse à un sujet aussi populaire et à un véritable film de genre depuis ses débuts chez Roger Corman. – Il suffit d’une phrase dans cet article pour que je vois ce film d’auteur sous un autre angle : la suite logique d’une carrière. Magnifique introduction.

    Un siècle de cinéma : quel éclairage ! Des paragraphes passionnants (même si je n’ai pas vu le film) que ce soit les hommages aux films précédents, ou le fait que Coppola rende hommage à l’histoire des effets spéciaux.

    Le spectateur ne sait plus s’il regarde le film DRACULA où si ce sont les personnages qui regardent des images du Cinématographe : très fort comme mise en abîme (et comme explication limpide).

    Un opéra : tout pour plaire à Tornado. :)

    Une Histoire de l’Art : je me rends mieux compte de la densité d’informations visuelles, et de la nécessité d’un bon niveau de culture, et de temps pour pouvoir assimiler tout ça.

    La BO du Wojcieh Killar : c’est un CD que j’ai à la maison, et que j’aime bien écouter de temps à autres.
    La BD de Roy Thomas & Mike Mignola : rien que l’idée de lire Thomas régurgitant des extraits du livre de Bram Stoker au mot près a suffi pour me dissuader de tenter cette lecture. :)

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