BLACK and BLOODY SABBATH (Mario Bava)

Les films d’horreur gothique de Mario Bava

Un article de TORNADO + MATTIE BOY

Illustration Mattie Boy

Cet article est consacré au réalisateur Mario Bava et à son œuvre au sein de ce sous-genre du fantastique qu’est le cinéma d’horreur gothique.

Nous allons revenir sur cette période en décryptant six films parmi les plus marquants de cette filmographie de genre.

Notre programme horrifique !

Les années 1930 avaient représenté l’âge d’or du cinéma d’horreur gothique hollywoodien avec la série des Universal Monsters, eux-mêmes très inspirés de l’expressionnisme allemand des années 20 et des mètre-étalons que furent le NOSFERATU de F.W. Murnau, le VAMPYR de Carl Theodor Dreyer et le Dr MABUSE de Fritz Lang.

Pendant près de vingt ans, le cinéma américain et, pour l’essentiel, son mythique studio Universal produiront tout un univers partagé à base de grandes figures de l’épouvante venues de la littérature ou du folklore, parmi lesquelles DRACULA, FRANKENSTEIN, LE LOUP-GAROU, LA MOMIE, LE FANTÔME DE L’OPÉRA, les zombies et autre Dr JEKYLL & MISTER HYDE.

Il faut attendre la fin des années 50 pour observer une nouvelle vague de films d’horreur. Mais cette fois, on la trouve dans plusieurs pays, principalement au Royaume-Uni avec en particulier les films de la Hammer, aux USA, toujours, avec cette fois la MGM et son studio American International Pictures qui produit les films de Roger Corman, et enfin en Italie (l’Espagne, le Mexique, l’Allemagne et la France prennent aussi le train en marche).

Jusqu’au début des années 70, tandis que la Hammer s’applique à faire revivre DRACULA, FRANKENSTEIN et les autres monstres directement exhumés des glorieuses années 30, que la MGM permet à Corman d’adapter les écrits d’Edgar Poe, l’Italie va se démarquer en fouillant ailleurs que dans les classiques déjà visités.

C’est à ce moment-là qu’intervient Mario Bava. Puisqu’il s’agit du meilleur moyen d’illustrer le propos, nous allons enchainer avec nos six films décryptés…

LES VAMPIRES – 1957

Le pitch : A Paris, dans les années 50, plusieurs étudiantes sont retrouvées mortes et vidées de leur sang ! Un sémillant journaliste décide de mener une enquête, qui va le diriger dans l’entourage de la vieille duchesse Marguerite, qui vit recluse dans son château…

C’est Ricardo Freda qui réalise ce film au départ, tandis que Mario Bava (également responsable des effets spéciaux) n’en est que le chef opérateur (le directeur de la photographie). Alors pourquoi le trouve-t-on ici ? Et bien parce que Freda, après une brouille avec les producteurs, abandonna le tournage du film en plein milieu, laissant le jeune Bava le terminer à sa place (ce dernier, bien qu’il ne sera pas crédité comme tel au générique, devient donc second réalisateur)…

Les débuts de Mario Bava derrière la caméra et l’acte de naissance de son œuvre de metteur en scène se jouent donc ici.

LES VAMPIRES est un film important à plus d’un titre. Car en plus d’être le premier film en partie réalisé par Bava, il s’agit également du tout premier film d’horreur italien, qui marque à la fois le point de départ de la grande période gothique du cinéma transalpin, et l’ascension de notre réalisateur entant qu’artisan majeur de cette période de l’histoire du cinéma.

La scène la plus célèbre, avec la transformation de la marquise en un seul plan séquence (à 2,25’ mn) !

Dominé par l’interprétation de Gianna-Maria Canale, grande figure du cinéma bis italien (c’était l’épouse de Riccardo Freda), LES VAMPIRES s’empare du mythe du suceur de sang pour en livrer une version moderne et inédite à l’époque, qui tranche d’emblée avec les classiques de la Universal et le reboot de la Hammer.
Ici, point de cercueils, de crucifix, de gousses d’ail ni même de dents pointues, mais à la place une parabole sur le désir de vivre, le fantasme de la jeunesse et l’amour éternel.
Depuis, ce chef d’œuvre a fait école. Dans le fond, son sujet inspirera tous les films de vampires souhaitant s’écarter des stéréotypes antédiluviens du comte Dracula (pensez AUX FRONTIÈRES DE L’AUBE de Kathryn Bigelow, aux PRÉDATEURS de Tony Scott, ce genre de choses). Dans la forme, il impose une esthétique qui traumatisera toute une génération de cinéastes. Ainsi, en dehors des réalisateurs du cinéma fantastique italien, on retrouvera son influence dans tous les autres pays puisqu’il marque tout simplement le point de départ d’un nouvel âge d’or pour le cinéma horrifique.

Il faut dire que la plastique du film est magistrale : Une esthétique qui compile l’expressionisme allemand des années 30, le néoréalisme italien et les grandes heures du muet. Mario Bava y fait des merveilles et s’impose, à ce stade, comme un grand maitre du noir et blanc.

Malgré un budget modeste (les scènes parisiennes sont tournées dans une petite ville italienne), et alors que l’intrigue se déroule dans une époque contemporaine, le film réussit à imprimer des images profondément gothiques teintées d’un modernisme qui tranche avec les années 30, tout en drainant son héritage avec élégance.

LE MASQUE DU DÉMON – 1960

Le pitch : Au XVIIème siècle, dans une lugubre campagne de Russie livrée aux démons et aux vampires (rien que ça…), une sorcière et son amant sont mis à mort par le supplice d’un masque de fer garni de longues pointes que l’on plante dans le visage du condamné (comme c’est charmant). Avant de mourir, les damnés annoncent une terrible malédiction.

Deux siècles plus-tard, alors que la princesse Katia ressemble trait pour trait à l’infâme sorcière, l’arrivée de deux étrangers déclenche une série d’événements surnaturels…



Trois ans après LES VAMPIRES, LE MASQUE DU DÉMON est la première réalisation officielle de Mario Bava entant que metteur en scène et seul maitre à bord de son film. On y retrouve l’esthétique amorcée dans le film précédent, mais poussée à son paroxysme : l’expressionnisme allemand des années 30 fait ainsi un retour fracassant sur les écrans de cinéma, dont le noir et blanc appuyé de contrastes extrêmes transforme les images en véritables peintures achromes, somptueusement gothiques.

La première moitié du film est une expérience sensorielle totale, appuyée par la musique entêtante de Roberto Nicolosi. Les images se succèdent dans une série de tableaux expressionnistes d’une esthétique démente, dans un ballet d’ombres et de lumières d’une beauté ténébreuse, macabre et baroque, donnant vie à des cauchemars certes surannés aujourd’hui, mais toujours envoûtants : Un carrosse qui traverse une plaine baignée de brume derrière laquelle se dresse un château sous le clair de lune, une crypte remplie de toiles d’araignées et de chandeliers rococo sous une voute de pierres poussiéreuses, un château gorgé de passages secrets et autres couloirs souterrains lugubres, des arbres décharnés dont la silhouette se découpe sous l’orage d’une nuit blafarde, une jeune femme au teint diaphane qui apparait soudain, tenant en laisse deux chiens comme sortis de l’enfer, devant un ciel nocturne tourmenté (peut-être le plus beau tableau -et le plus connu- parmi toutes les images du film), des morts qui sortent de leur linceul dans une pantomime rythmée par le crépitement des charnières d’un vieux cercueil…

S’il vous faut voir un jour l’archétype du film gothique aux images les plus emblématiques du genre, dignes de Caspar David Friedrich, Johann Heinrich Füssli et William Blake réunis, ne cherchez pas plus loin…

Un tableau classique, s’il en est !
Source : Wikipedia



Alors pourquoi diantre avoir mis seulement 4 étoiles ? Et bien c’est à cause de la deuxième moitié du film : Dès lors que se lève le voile sur les mystères de la malédiction des Vajda, la suite va sérieusement tourner en rond. Un peu comme si les splendides tableaux de la première partie ne suffisaient plus à dénouer le banal happy-end d’une intrigue convenue…

De ce point de vue strictement scénaristique, le film accuse le poids de l’âge et souffre d’une narration de plus en plus ampoulée au fur et à mesure qu’approche le dénouement final. On prend soudain conscience que Bava, technicien visionnaire et esthète de génie, n’était pas Riccardo Freda, qui de son côté était également scénariste (chevronné) sur tous ses films, et que LES VAMPIRES devait autant à son esthétique marquante qu’à son script de premier ordre.
A bien y réfléchir, l’intérêt principal du film consiste davantage à brosser des tableaux qu’à raconter une histoire palpitante. Et l’on comprend bien pourquoi la suite de la carrière de Mario Bava sera dominée par des récits de plus en plus abstraits, pour culminer avec l’onirique LISA ET LE DIABLE…
Pour autant, il ne faut pas bouder son plaisir : LE MASQUE DU DÉMON reste une référence esthétique absolue, doublée d’un divertissement au charme merveilleusement suranné. Ce fut aussi le film qui révéla le somptueuse Barbara Steele, l’imposant d’emblée comme la plus évidente incarnation de la beauté obscure, version 7°art. Une véritable perle noire, iconique et poétique…

Bien qu’on puisse en sourire aujourd’hui, le film choqua une grande partie du public qui eut bien du mal à supporter les plans les plus gores du film. A chaque époque ses traumatismes…

Après LE MASQUE DU DÉMON, Mario Bava réalisera l’hitchcockien LA FILLE QUI EN SAVAIT TROP, puis il abandonnera les images en noir et blanc pour embrasser la couleur…

LES TROIS VISAGES DE LA PEUR – 1963

LES TROIS VISAGES DE LA PEUR est un film d’épouvante à sketches.
Il débute par une introduction qui voit Boris Karloff en personne présenter le film. Puis il se conclue de la même façon, avec une note burlesque en plus. Entre ces deux extrémités, le spectateur découvre trois sketches. Respectivement 1 – LE TÉLÉPHONE, 2 – LES WURDALAKS, 3 – LA GOUTTE D’EAU.

Les grands classiques du genre pleuvent en Italie dans cette première moitié des 60’s avec LE MASQUE DU DÉMON, DANSE MACABRE, LA CRYPTE DU VAMPIRE et LA VIÈRGE DE NUREMBERG. LES TROIS VISAGES DE LA PEUR revient quant à lui au genre consacré du film à sketches. Ses trois parties sont inégales mais opèrent chacune un charme certain. Evidemment, le temps a fait son office et le film a perdu de sa force au niveau de la peur, car cette dimension résiste rarement au poids de l’âge dans le domaine du cinéma.
Peu importe, car la mise en forme somptueuse de l’ensemble (rappelons que Bava est au départ un immense chef opérateur et qu’il gardera ce poste sur tous ses films !) assure à elle-seule le spectacle.


– LE TÉLÉPHONE : Une belle jeune femme (Michèle Mercier) rentre chez elle dans la soirée. Le téléphone sonne à plusieurs reprises mais, lorsqu’elle décroche, personne ne répond. Au bout d’un moment, une voix lui annonce finalement qu’elle ne passera pas la nuit…
Et Mario Bava inventait le Giallo ! Ce genre à part entière, mélange de thriller, d’horreur et d’érotisme, est né ici, dans ce premier segment. Bientôt, Bava en fera sa spécialité à partir de LA FILLE QUI EN SAVAIT TROP, avant que le réalisateur Dario Argento ne reprenne le flambeau et s’impose comme le maitre du genre.
Ce premier segment en lui-même se laisse regarder avec plaisir, de même que la belle Michèle Mercier, qui s’écarte ici largement de son rôle de « Marquise des Anges »…

– LES WURDALAKS : Dans la Russie du XIXème siècle, le conte Vladimir trouve un cadavre décapité dans la montagne, avec un poignard planté dans le cœur. Il parvient à une grande maison isolée où ses habitants lui apprennent que leur père est parti il y a cinq jours afin de tuer le « Wurdalak » qui hante la région (« Wurdalak » est le mot russe pour dire « vampire »), leur faisant promettre de ne pas le laisser entrer s’il revenait au-delà de ce délai. Mais il revient juste après les douze coups de minuit…

Ce segment central est également le plus long. Il met en vedette le grand Boris Karloff dans l’un des seuls véritables rôles de vampire de toute sa longue carrière horrifique ! L’acteur cabotine pour notre plus grand plaisir et l’ensemble est au diapason des films d’horreur transalpins de l’époque qui mélangent l’horreur et le folklore, comme les péplums gothiques HERCULE CONTRE LES VAMPIRES (un autre film de Bava) et MACISTE EN ENFER (un autre film de Freda !). Ce n’est pas le meilleur des trois sketches, mais l’on ne boude pas son plaisir en admirant Karloff entrain de hanter les ruines gothiques d’une vieille abbaye sous un clair de lune cobalt magnifiquement photographié, où Bava révèle un talent pour la couleur aussi dément que celui du noir et blanc !.

A noter une scène assez impressionnante sur le principe (et qui, quelque part, annonce Stephen King et le cinéma d’horreur des années 80), qui voit le petit garçon fraichement vampirisé revenir hanter ses parents…


– LA GOUTTE D’EAU : Alors qu’une thanatopractrice doit préparer le linceul d’une vieille dame fraichement décédée, elle dérobe la bague ornée d’un énorme saphir qui brille au doigt du cadavre. De retour chez elle, la jeune femme est aussitôt dérangée par le bruit entêtant d’une goutte d’eau perlant à grand bruit, tandis qu’une énorme mouche vient la persécuter en se posant régulièrement sur son doigt. Serait-ce le fantôme de la vieille femme qui vient la tourmenter afin de la punir de son vol ?
Assurément le meilleur segment des trois. Mario Bava fait naitre ici une terreur viscérale, en jouant sans cesse sur la frontière ténue séparant le réel de l’imaginaire : la jeune femme est-elle victime d’un esprit vengeur ? ou au contraire devient-elle folle en s’imaginant le tout ? Ce faisant, LA GOUTTE D’EAU est une pure itération des nouvelles fantastiques de Maupassant, la manifestation surnaturelle se prêtant sans cesse au doute et à la possibilité de la folie…
Un crescendo imparable, une montée en puissance de l’angoisse qui, même si elle apparait un peu kitsch aujourd’hui (le maquillage de la défunte est très appuyé), possède encore une force indéniable.

LES TROIS VISAGES DE LA PEUR propose un ensemble de tableaux horrifiques étonnamment varié, qui va du giallo au conte gothique, en passant par la terreur psychologique (une vision du fantastique issue de la psychanalyse). En ce sens, il s’impose comme un des grands représentants du film à sketches, dans la lignée du magnifique AU CŒUR DE LA NUIT réalisé vingt ans plus tôt.
Le film fera des émules tous azimuts et notamment dans le monde du rock puisque son titre américain, BLACK SABBATH, sera repris par Ozzy Osbourne et sa bande comme un hommage avéré, tandis que l’appellation « Wurdalak » deviendra le premier nom du groupe Magma…

LE CORPS ET LE FOUET – 1963

Le pitch : Le baron Kurt Menliff (Christopher Lee), revient au château familial dont il avait été banni pour assister au mariage de son frère Cristiano avec son ancienne fiancée, Nevenka. Son retour trouble évidemment beaucoup toute la famille, Kurt étant réputé cruel et belliqueux. C’est Nevenka qui en fera le plus les frais puisqu’elle va retomber sous l’emprise de Kurt jusqu’à renouer avec lui une relation sadomasochiste. Mais voilà que Kurt est mystérieusement assassiné. Le film bascule ensuite dans le fantastique quand Nevenka prétendra être harcelée par le fantôme de Kurt qui souhaiterait poursuivre avec elle la relation abusive engagée de son vivant.

A partir de ce film, Mario Bava a commencé à « déranger » certains censeurs. En 1963, on ne voyait pas souvent des films abordant des thématiques assez taboues. Nous avions déjà vu dans cet article consacré à Barbara Steele que Ricardo Freda s’essayait à aborder la nécrophilie dans L’EFFROYABLE SECRET DU Dr. HICHCOCK en 1962. Cette fois, c’est une relation sadomasochiste toxique se poursuivant après la mort qui est au cœur d’un film fantastique. Saluons tout de même l’audace de ces réalisateurs transalpins. Mais cette audace a un prix. Le film a été purement et simplement interdit en Italie alors qu’il fut remonté et dépouillé de certaines scènes aux USA au point de se voir renommé WHAT (personne n’a rien compris à cette version charcutée.)

C’est véritablement avec ce film que Bava entame son style visuel si reconnaissable qui deviendra sa marque de fabrique (on le retrouve dans SIX FEMMES POUR L’ASSASSIN sorti un an après) et qui consiste à accorder autant voire plus d’importance à la grammaire visuelle via des jeux de couleurs qu’aux performances d’acteurs. Le film entier baigne dans une myriade de couleurs symbolisant à la fois la passion (le rouge), la mort (le bleu), le fantasme (le vert.) Cela n’empêche pas le couple de protagonistes (Kurt et Nevenka) de crever l’écran (mais les rôles secondaires sont plus effacés.)

Christopher Lee signe un de ses rôles les plus captivants tant il ne joue pas un simple méchant vampire comme Dracula mais un homme au charme venimeux ayant une emprise psychologique. Quant à Daliah Lavi (Nevenka), elle exprime très bien la dualité d’une femme à la fois fragile mais aussi tourmentée par un désir sexuel animal. La mort, la dualité des êtres de chair, voici deux thèmes récurrents chez Bava (quand ce n’est pas un personnage tourmenté, il utilise des doubles comme le double rôle de Barbara Steele dans LE MASQUE DU DEMON.)

Le suspense n’est pas en reste non plus puisqu’il y a une véritable tension qui se dégage d’une suite de morts dans le château, chacun étant un coupable potentiel du meurtre de Kurt. Il y a donc également un petit côté enquête en huis clos dans ce vieux château gothique.

A ce propos, Bava s’amuse à laisser planer un doute sur la nature de cette relation par-delà la mort. Il nous fait douter de la santé mentale de Nevenka et suggère que tout ne pourrait être qu’un fantasme issu de son désespoir à retrouver son amant. C’est d’ailleurs cette ambiguïté du personnage de Nevenka qui en fait l’intérêt principal du film…et la principale cible des censeurs qui n’ont pas vu d’un bon œil qu’on suggère qu’elle prenne du plaisir à être fouettée, même si Bava ne sombre jamais dans le vulgaire.

Là où le film a dû également déranger, c’est que même s’il fonctionne au premier degré comme un film fantastique, il peut nécessiter un second visionnage pour saisir les autres thèmes abordés. On est dans un film romantico-gothique, un genre disparu dont le dernier représentant pourrait être le film hommage de Guillermo Del Toro CRIMSON PEAK (injustement houspillé par une fanbase désirant avoir peur et se délecter d’hémoglobine…alors qu’il s’agit encore d’une histoire humaine sur les déviances comportementales dont les éléments fantastiques servent de symboles.)  En un sens, Mario Bava c’est un peu Lynchien avant l’heure (en plus simple à comprendre quand même…)

LE CORPS ET LE FOUET est donc un film novateur, aux thématiques et à la forme bien plus modernes qu’on ne pourrait le croire, et en avance sur son temps. En plus d’être un film alliant parfaitement des éléments commerciaux de film d’horreur gothique (château, crypte, orages, fantôme, suspense et sound design inquiétant), il utilise une structure narrative torturée moderne jouant sur la confusion entre réalité et fantasme qui dut laisser le public de l’époque sur le carreau (ce qui sera poussé à son paroxysme dans LISA ET LE DIABLE.)

Rappelons qu’en 1960, Hitchcock se sentit obligé d’ajouter un segment explicatif à la fin de PSYCHOSE pour que le public ne soit pas trop perdu face au comportement de Norman Bates. Il était encore loin le cinéma symbolique Lynchien, et Mario Bava tâtait pourtant déjà ce terrain.

OPÉRATION PEUR – 1966

Le pitch : Le docteur Eswai est convoqué dans le village reculé de Karmingen par l’inspecteur Kruger, afin qu’il mène l’autopsie d’une femme morte mystérieusement. Il va se retrouver face à une communauté de villageois superstitieux qui vivent dans la peur d’une malédiction remontant à 20 ans où, durant une nuit, une petite fille nommée Mélissa est morte atrocement. La population locale semble persuadée que son fantôme rôde encore pour assouvir da vengeance.

Eswai trouvera un peu d’aide auprès de Ruth, une mystique locale versée dans la sorcellerie et Monica, étudiante en médecine de retour dans son village natal. Le mystère qu’ils devront percer semble lié à la mystérieuse villa Graps et la maitresse des lieux, la baronne.
OPÉRATION PEUR est un film d’horreur davantage « premier degré » que LE CORPS ET LE FOUET ou LISA ET LE DIABLE. Mais diablement efficace.

Malgré sa renommée grandissante, Mario Bava n’eut pas un gros budget pour ce film, et le studio de production fera même faillite durant le tournage. C’est l’équipe technique et les acteurs qui décideront de continuer le tournage gratuitement sans doute par respect pour son réalisateur, ce qui n’est pas rien !

Si le manque de budget se ressent dans les décors, Mario Bava sait en tirer profit en installant une ambiance inquiétante dans ce village semblant venir d’une autre époque (et pour cause le tournage a eu lieu dans un village médiéval), avec ses maisons construites à même les murs, ce brouillard bleuté qui l’envahit, et ses ruines dont l’étrangeté est encore une fois renforcée par des éclairages colorés.

Bava réalise là également un des premiers films mettant en scène une petite fille maléfique avant que ça ne devienne un cliché du film d’horreur. Si on avait déjà des enfants maléfiques dans LE VILLAGE DES DAMNÉS (1960), il s’agissait de SF et les films comme L’EXORCISTE ou LA MALÉDICTION ne verront le jour que quelques années après OPÉRATION PEUR. Anecdote amusante : Bava ayant du mal à trouver la petit fille requise pour le rôle de Melissa se rabattra (peut être aussi pour cause de budget) sur le fils du concierge du plateau de tournage. Et étonnamment, avec du maquillage, on ne se doute pas que c’est un petit garçon, et l’étrangeté de son visage rend le personnage de l’enfant mémorable.

Il n’y a pas grand-chose d’autre à dire sur l’histoire sans tout révéler, le film étant comme souvent une expérience sensorielle à base d’images superbes d’étrangeté et de couleurs évocatrices, d’une partition sonore criarde mixant parfois les voix et le souffle du vent, pour un résultat qui ne surprendra peut-être plus aujourd’hui mais était assez fondateur à l’époque.

Surimpression de poupées macabres, apparition d’un ballon qui rebondit seul dans un escalier, résonnance d’un rire d’enfant enjoué dans la nuit, mutation de la ville en un labyrinthe qui ne semble plus avoir d’issue lors d’une nuit fiévreuse, rotation de la caméra filmant un escalier en spirale, etc. Bava se montrera même parfois plus malin que certains réalisateurs d’aujourd’hui qui abusent des jump-scare en faisant parfois apparaitre son fantôme dans le silence total lors d’un plan panoramique, choisissant de laisser le spectateur davantage dubitatif et légèrement inquiet sans essayer de le faire bondir avec un coup de pied dans un piano.

Nous avons là encore un exemple d’un réalisateur à la fois technicien qui sait repousser ses limites lorsqu’il est bridé par des difficultés de budget. A travers ses techniques visuelles et sonores, ce film peut faire penser à du David Lynch, du Stanley Kubrick (SHINING) ou même du Fellini (la figure de la petite fille avec son ballon est reprise à l’identique 2 ans plus tard dans HISTOIRES EXTRAORDINAIRES.) Il aura su influencer les générations futures avec sa poésie gothique et son horreur tantôt premier degré mais visuellement créatives, tantôt psychologiques et traitant de drames humains.

LISA ET LE DIABLE – 1974

Le pitch : Lisa, touriste dans une petite ville, tombe nez à nez dans une boutique avec un homme étrange partageant une ressemblance troublante avec une sculpture du diable aperçue plus tôt. Un peu perturbée, elle va se perdre dans les rues soudainement désertes jusqu’à la tombée de la nuit. Elle est alors aidée par un couple qui l’emmène en voiture jusqu’à une demeure bourgeoise où se tient une réunion de famille. Plusieurs choses étranges se produisent : les personnes présentes semblent confondre Lisa avec une certaine Hélèna qui lui ressemblerait beaucoup. Et le majordome de la demeure, Leandro se révèle être ce même homme ressemblant au diable. Qu’est-ce qui se cache derrière cette étrange réunion de personnages hauts en couleur qui vont mourir un par un ?

LISA ET LE DIABLE est un film qui a longtemps été inconnu pour des raisons malheureuses. Il s’avère que lorsque la version initiale du film a été présentée en 1973 à des distributeurs, aucun n’en a voulu. Ou presque. Alfredo Leone, le producteur, a refusé les 250 000 dollars proposé par le distributeur A.I.P, jugeant que c’était trop peu. Le film ne sortira même pas en Italie mais seulement en Espagne, où il a été tourné en grande partie. C’est plus tard, suite au succès de L’EXORCISTE aux USA, qu’Alfredo Leone décidera de remonter complètement le film et d’en faire un patchwork qui n’avait plus rien à voir avec le projet initial. Ce film est connu sous le nom de LA MAISON DE L’EXORCISME. Et c’est un truc bancal dont les scènes de LISA ET LE DIABLE servent de rêveries et de visions vécues par une femme possédée. Des scènes ont donc été retournées pour créer un autre film surfant sur le succès des histoires de possession. Le résultat n’est pas très heureux. Pourtant il eut du succès, grâce sans doute à la mode et la nouveauté lancée par L’EXORCISTE.

Mais heureusement, le film initial de Mario Bava finit par débarquer chez nous. LISA ET LE DIABLE, qui n’a finalement jamais eu sa chance à l’époque, est à redécouvrir aujourd’hui. Et son originalité, bien loin d’une banale histoire de possession est bien plus rafraichissante de nos jours.

Vous l’aurez compris avec le pitch de départ assez nébuleux, le film nous promène dans une sorte de cauchemar éveillé dont on ne parvient pas à saisir le sens. Il fait partie de ces films qu’on ne comprend vraiment qu’à la fin, voire au second visionnage. Rien n’a vraiment de sens au début. Pourquoi la ville est-elle soudainement déserte, de quoi Lisa a-t-elle peur ? Pourquoi ces inconnus l’emmènent-ils chez eux et pourquoi la prend-on pour une certaine Hélèna ? Et qui est Leandro, et que fait-il avec ces mannequins qu’il grime comme les habitants de la demeure ?

Tout l’intérêt du film réside dans cette plongée dans un monde hors du temps, dans une rêverie étrange. Ici, on est en plein dans un film Lynchien. Bava pousse le symbolisme déjà présent dans LE CORPS ET LE FOUET à son paroxysme et raconte une sorte de conte macabre surréaliste, toujours avec la même maestria visuelle en jouant sur les couleurs pour poser une ambiance irréelle.

D’une certaine façon, LISA ET LE DIABLE lorgnerait plus vers un film comme LES AUTRES d’Alejandro Amenabar à cause de son étrangeté, des choses inexplicables qui se produisent, mais nous perd même davantage. On pourrait argumenter que rien de ce que vous voyez dans le film n’est réel, que tout est symbolique. Même après la révélation finale, on pourra trouver difficile de donner un sens à tout ce qu’on a vu. Mais ce n’était pas le but de Bava. Il crée un univers échappant à la logique où le spectateur est davantage face à ce que perçoivent les personnages qu’à la réalité (une spécialité du regretté Satoshi Kon aussi.) Comme un rêve. Donc la logique n’est pas nécessaire. L’explication finale n’est là que pour donner un sens à l’illogique. Et ça marche. Ce film est davantage une expérience sensorielle nous offrant tout de même une histoire à base de secrets de famille terribles, mais il le fait d’une façon très onirique, comme des cauchemars qui se bousculent au milieu du personnage très curieux de Leandro, diable ou non, qui semble bien s’amuser (la performance de Telly Savalas est à souligner dans ce rôle presque drôle.)

Conclusion :

Ce que nous venons de vous montrer n’est que la partie émergée de l’iceberg.
Mario Bava réalisa bien d’autres films, dans divers genres comme le western spaghetti (ARIZONA BILL en 1964, LES DOLLARS DU NEBRASKA en 1966, ROY COLT & WINCHESTER JACK en 1970), le film de vikings (LA RUÉE DES VIKINGS en 1961, DUEL AU COUTEAU en 1966), le conte des 1001 nuits (LES MILLE ET UNES NUITS en 1961), le film d’espionnage (L’ESPION QUI VENAIT DU SURGELÉ en 1966, DANGER : DIABOLIK ! en 1968), le péplum (ESTHER ET LE ROI en 1960, HERCULE CONTRE LES VAMPIRES en 1961), la SF (LA PLANÈTE DES VAMPIRES en 1965), le giallo dont il fut donc l’initiateur (LA FILLE QUI EN SAVAIT TROP en 1963, SIX FEMMES POUR L’ASSASSIN en 1964), ainsi que le slasher dont il fut également le précurseur (L’ÎLE DE L’ÉPOUVANTE et UNE HACHE POUR LA LUNE DE MIEL en 1970, LA BAIE SANGLANTE en 1971). Il réalisera enfin deux autres films d’horreur assez mineurs, que nous n’avons pas mis dans notre liste de six films : BARON VAMPIRE en 1972, et SCHOCK en 1977.


BO : Black Sabbath : BLACK SABBATH

53 comments

  • zen arcade  

    Super article !!!
    J’adore tous ces films.
    Je me suis fait une grande rétrospective Bava il y a deux ou trois ans qui m’a permis de redécouvrir certains films dans d’excellentes copies et d’en découvrir d’autres que je ne connaissais pas.
    Ses meilleurs films sont un vrai plaisir d’esthète.

    • Matt  

      Cool, un connaisseur !

      Bon je disais que cet article revient de loin puisque Tornado a fini sa partie bien avant la mienne. Et qu’il a fallu que je me motive en faisant le dessin de présentation sous forme de fausse affiche qui référence pas les films en questions pour enfin trouver le courage d’écrire. Parce que j’ai un peu de mal en ce moment.
      Donc j’espère que ça plaira.
      Tornado sait toujours mieux parler des aspects fond/forme.

      La forme est toujours top chez Bava, sauf peut être LA BAIE SANGLANTE qui, tout précurseur qu’il soit des films de slasher, est je pense volontairement un peu plus naturaliste pour du Bava. C’était surement voulu mais avec ce que le genre du slasher est devenu à présent, LA BAIE SANGLANTE ne fait plus vraiment rêver comme il a pu choquer à l’époque. Alors que ses films gothiques teintés de mille couleurs ça reste un genre en soi qui se détache du reste.

      • Tornado  

        @Matt : Tu t’en est très bien tiré pour le rapport fond/forme !
        Il est étonnant, lorsqu’on lit tes trois parties à la suite, de lire le nombre de passages où tu fais le lien avec le cinéma de David Lynch, qui apparait sous ta plume comme l’héritage naturel de celui de Mario Bava. Si on ne te connaissais pas, on jurerait en lisant le tout que tu es fan de Lynch. Peut-être est-ce le cas et tu ne le sais pas encore ! 😉

        • Matt  

          Lynch va trop loin pour moi en fait. Bava reste bien plus accessible mais je trouve, surtout avec LISA ET LE DIABLE, qu’il joue sur le même terrain. Mais époque oblige, ce n’était pas aussi tortueux.
          Lynch parfois j’ai envie d’aimer…mais c’est too much, je suis trop largué.
          Mais tu vois Satoshi Kon faisait des trucs cryptiques symboliques aussi et j’aime ça (Paprika, Millenium Actress, Perfect Blue surtout) où la réalité est déformée par les angoisses ou les rêves des personnages. C’est super comme concept. Juste Lynch…va trop loin.
          Et j’aime bien ses films plus simples comme ELEPHANT MAN.

      • zen arcade  

        @ Matt : « La forme est toujours top chez Bava, sauf peut être LA BAIE SANGLANTE qui, tout précurseur qu’il soit des films de slasher, est je pense volontairement un peu plus naturaliste pour du Bava. »

        Si tu veux voir un Bava naturaliste, il faut absolument regarder Les chiens enragés, polar nihiliste tourné en 1974 mais jamais sorti (pour de sombres raisons) avant la fin des années 90.
        J’ai eu la chance de le voir sur grand écran au Festival du film fantastique de Bruxelles en présence de Mario Bava lui-même.
        Le film sort en édition blu-ray dans quelques jours.

        • zen arcade  

          Qu’est-ce que je raconte, moi, j’ai trop bu?
          Ce n’était évidemment pas Mario Bava qui était à la production au BIFFF. Il était déjà mort depuis longtemps.
          Ca devait être son fils Lamberto.
          Ou quelqu’un d’autre? Je ne sais plus, je deviens vieux. 🙂

          • zen arcade  

            projection (et pas production) au BIFFF

        • Matt  

          Ah oui je me disais t’es fort (ou vieux) pour avoir vu Les chiens enragés en présence de Mario Bava avant 1980.^^

          Je n’ai pas vu ce film je l’avoue. Je suis surtout resté sur les gothiques fantastiques et le giallo (LA FILLE QUI EN SAVAIT TROP, SIX FEMMES POUR L’ASSASSIN, UNE HACHE POUR LA LUNE DE MIEL, LA BAIE SANGLANTE)

    • Tornado  

      Je me suis également fait une rétrospective Bava avant d’écrire l’article.
      Parmi les films qui ne sont pas chroniqués ici, j’ai énormément aimé les deux films de vikings (LA RUÉE DES VIKINGS et DUEL AU COUTEAU, avec un gros coup de coeur pour le 2nd), LES MILLE ET UNES NUITS (charmant petit conte de fées) et les deux gialli (LA FILLE QUI EN SAVAIT TROP, plus hitchcockien que giallo d’ailleurs, et SIX FEMMES POUR L’ASSASSIN). Je n’ai pas tellement aimé les slashers, même si j’ai plus apprécié LA BAIE SANGLANTE que lorsque je l’avais découvert il y a 20 ans et qu’il m’avait profondément mis mal à l’aise ! Je n’ai pas du tout aimé LA PLANÈTE DES VAMPIRES malgré sa splendeur visuelle et pas non plus tellement kiffé HERCULE CONTRE LES VAMPIRES trop kitsch. BARON VAMPIRE se laisse gentiment regarder avec d’excellents acteurs et UNE HACHE POUR LA LUNE DE MIEL est intéressant pour son côté précurseur tout en laissant sur sa faim. SCHOCK est atroce. J’ai passé un moment… dégueulasse.
      Il me reste encore à découvrir les westerns et les films d’espionnage, qui sont apparemment des classiques.

      • Matt  

        UNE HACHE POUR LA LUNE DE MIEL c’est le film dont le perso principal est le tueur ? En mode AMERICAN PSYCHO ?
        Original mais on a vu tellement pire depuis, ça laisse un peu sur sa faim ouais.

        Faut que j’essais ses films de vikings, j’avoue que je ne les connais pas.

        • zen arcade  

          @ Matt et Tornado : Les films de vikings sont pas mal, en effet.
          La planète des vampires et son Hercule ne valent en effet que pour la capacité de Bava à transformer un budget rikiki en splendeur visuelle.
          Danger Diabolik a une réputation de film pop cultissime mais ne me parait pas au niveau de sa réputation. J’aimerais l’adorer mais je trouve que le film manque beaucoup de rythme et dans ce type de films, ça ne pardonne pas.

        • Matt  

          On oublie souvent que ces réal italiens avaient des budgets vraiment ridicules parfois et qu’ils ont fait des prouesses parfois (pas toujours^^)
          C’est aussi pour ça que lorsque les budgets ont encore été revus à la baisse suite à la concurrence américaine et/ou l’arrivée de la VHS qui ont littérallement tué le cinéma italien, des grands comme Argento, Fulci se sont tous retrouvés à faire de vieux nanars mal fichus. Parce que ben…on ne fait pas de miracles avec rien non plus.
          Ils ont tous des CV qui se pètent la gueule sur leur fin de carrière. Sergio Martino qui est un honnête artisan ayant fait de bons giallos (LA QUEUE DU SCORPION, TOUTES LES COULEURS DU VICE) s’est retrouvé à faire des films fauchés comme LE GRAND ALLIGATOR ou LE CONTINENT DES HOMMES POISSONS qui sur le papier pouvaient être cool mais…bonjour les trucs en carton.

          Alors peut être aussi parce qu’avec le temps, si tu ne t’arrêtes pas, t’as plus d’idées, mais le fait de se retrouver avec des budgets de téléfilms M6 ça ne devait pas aider non plus.
          Je dis souvent que le ciné italien est mort dans les années 80 et que c’est à cause de la concurrence et tout…mais je ne sais plus où j’avais lu un article plus complet là dessus. Je ne me souviens pas en détails de ce qui a fait tant de tort au ciné italien et pourquoi ça s’est pété la gueule à ce point. Mais passé la débacle des années 80/90, qu’est-ce qu’on connait du ciné italien depuis ? Pas grand chose non ?
          ça a cessé de s’exporter ? Tout était produit pour la TV ? C’est fou d’avoir disparu comme ça.

  • JP Nguyen  

    Bravo à « Teodorico Tornado et Matteo Bocconcini » pour cette rétro éclairante. Les quelques images de films montrent une photo superbe. Je ne me suis pas aventuré à regarder les vidéos je suis trop peureux pour ce genre de récits.
    @Matt : ton affiche est très réussie, les traits des visages sont bien faits, on reconnait bien les acteurs. Juste pour le fun, et comme tu travailles sur ordi pour la couleur, tu n’essaierais pas un style plus couleur directe / peint, pour une prochaine illu ? Tu te rapprocherais encore plus du style des affiches de l’époque…

    • Matt  

      Tu penses être trop peureux pour une horreur vintage qui n’impressionne plus autant de nos jours ?

      J’y ai pensé pour les affiches mais c’est simplement pas mon style, j’ai du mal et je n’y prends pas plaisir.
      Et surtout je ne travailler pas entièrement à l’ordi. Je fais les dessins à la main avec contours noirs (contours rouges pour les ombres et reliefs des visages) et je colorie et assemble divers dessins faits séparement à l’ordi.
      Faire de la couleur directe c’est revoir vraiment toute ma façon de dessiner. Si j’avais que ça à faire je pourrais réellement m’y pencher mais je t’avoue que ça doit rester un plaisir et que je fais ça pour me détendre, pas me créer des problèmes^^

  • Surfer  

    Alors je vais paraître pour un inculte, mais il me semble bien que c’est la première fois que j’entends parlé de ce réalisateur.
    Une chose est sûre, je n’ai vu aucun des films présentés.
    Ils ont tous une belle esthétique (aussi bien ceux en N&B que ceux en couleurs) . 👍
    J’ai bien envie, si j’arrive à mettre la main dessus, d’en visionner un ou deux dans leur intégralité.

    J’ai été surpris par l’aspect précurseur de Mario BAVA.
    Par exemple, je ne savais pas que c’était lui qui avait initié le genre Giallo en posant les bases des codes.
    Un genre qui m’est un peu plus familier car je suis fan du cinéma de Dario Argento ( Qui lui a démocratisé le genre).
    Je possède d’ailleurs un coffret qui compile ses plus grands films.
    Et dans le domaine de l’esthétisme et des couleurs il n’est pas en reste . Sur cet aspect SUSPIRA est un film magnifique avec une maîtrise des couleurs étourdissante. 😉.

    • Matt  

      Si tu regardes le Sleepy Hollow de Tim Burton juste derrière LE MASQUE DU DEMON, tu y verras aussi des plans hommages notamment celui du carosse qui file dans la nuit dans l’intro avec le cocher qui perd sa tête (dans SLEEPY HOLLOW)
      J’en parlais dans ma première chronique de ce film sur l’article dédié à Barbara Steele. Mine de rien, ce réal a inspiré pas mal de gens.
      Tarantino et également un gros fan de Bava (et de Fulci aussi)

      SUSPIRIA (que j’ai revu récemment à la hausse, alors que mon premier contact avec le film n’avait pas été très heureux) est en effet très beau visuellement et ça pourrait être du Bava. Je ne me suis pas renseigné que les inspirations de chacun mais Fulci et Argento ont eu tous deux Michele Soavi en tant que directeur photo, donc ce serait avec lui de voir s’il a tiré des idées de Bava.

      Tu peux aller lire les 2 articles consacrés au giallo (écrits par bibi)

    • Matt  

      Si tu veux commencer, moi je te dirai de voir LE MASQUE DU DEMON, LES 3 VISAGES DE LA PEUR et LE CORPS ET LE FOUET. C’est comme ça que j’ai commencé. Si tu ne seras pas emporté par l’histoire du asque du démon, ça te démontrera déjà l’étendue de sa gestion du noir et blanc.

      Les 3 VISAGE DE LA PEUR, il expérimente pas mal d’idées dans les 3 sketchs, le dernier étant réellement le plus flippant. Et il s’amuse déjà bien avec les couleurs.

      LE CORPS ET LE FOUET pour l’aspect plus symbolique et osé. Sans plonger directement dans le nébuleux LISA ET LE DIABLE qui peut calmer les ardeurs d’un néophyte (enfin sauf si tu aimes les trucs façon David Lynch, mais moi à petites doses hein…)

      • Surfer  

        Merci pour ce complément de recommandation

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonjour,

    merci à tous les deux. Je ne connaissais Mario Bava que de nom. Pas le genre de cinéma que j’ai eu l’occasion de voir mais devant un tel article je peux vous assurer, à la lecture des références, que je vais rapidement palier à cette lacune. A priori j’ai quelques films accessibles.

    Bravo pour les anecdotes. L’article est bien structuré, passionnant et j’apprécie la continuité dans vos styles d’écriture respectifs.

    Vous citez Guillermo Del Toro et bien je dois dire que son CABINET DES CURIOSITES actuellement disponible sur la plateforme au N rouge vaut le coup d’oeil.

    Typiquement le type d’article qui me surprend, me nourri, où j’apprends plein de chose et qui m’ouvre des possibilité. Bref on est bien chez BRUCE LIT.

    • Matt  

      Moi c’est surtout CRIMSON PEAK qui m’a marqué comme un film hommage à ce genre romantico-gorhique style Mario Bava. Le theme central est même la relation chelou entre un homme et sa soeur, et pas tant les histoires de fantômes. ça fait très « LE CORPS ET LE FOUET » jusque dans l’esthétique hyper colorée.

      Sans être un chef d’oeuvre, c’est un film chouette que j’ai pris comme tel, mais je pense que plus personne ne connait ce genre et que soit les gens s’attendaient à avoir vraiment peur ou à tomber sur un truc très gore…certains ont été super déçu et ont démoli le film…mais pour moi c’est clairement une référence au gothique italien.

      • Tornado  

        Entièrement d’accord. C’est le genre de film où tu te dis que le réal a filé du caviar aux cochons…

        • Matt  

          Je dirais que la seule faute de goût de CRIMSON PEAK c’est la punchline finale de l’heroine qui donne un coup de pelle à la « méchante ».
          Bon c’est presque comique le truc, et c’est bien un délire moderne la punchline finale.
          Mais sinon c’est un régal pour les mirettes avec une histoire bien dans la veine des gothiques italiens.

    • Jyrille  

      Ah oui je dois mater la série de Del Toro sur N. Deux des histoires sont des adaptations de Lovecraft.

  • Matt  

    Au fait Tornado, tu l’as acheté LES VAMPIRES ? C’est le seul de la liste que je n’ai pas en physique moi.
    C’est encore un format à 30€ mais bizaremment sur les sites Internet on peut voir qu’il ressort le 17 novembre à 20€…(peut être sans le livret ?)

    • Tornado  

      LES VAMPIRES : J’avais acheté la 1° édition à sa sortie. Elle est épuisée depuis un moment. Mais une nouvelle édition sort effectivement dans quelques jours.

  • JB  

    Merci à vous deux pour cette rétrospective !
    Je crains de ne connaître l’oeuvre de Mario Bava que très peu, soit de nom (Le Masque de la Peur), soit par une oeuvre apparemment moins représentative (La Baie Sanglante). Coup de bol, je dois avoir plusieurs de ces films en DVD sans les avoir vu (des coffrets ou des DVD Mad Movies), je vais tâcher de me rattraper !

  • Jyrille  

    Je réagis rapidement pour dire que je n’ai vu que LE MASQUE DU DEMON, et encore très récemment, pour la première fois. Vous n’en aviez pas parlé dans un autre article déjà ?

    Quoiqu’il en soit je suis d’accord, c’est très beau malgré l’âge, et je pense que tu aurais pu également citer Arnold Böcklin, l’auteur du tableau L’ILE DES MORTS, dans ta liste de peintres.

    Je peux déjà dire que je kiffe la BO par contre. Et que Michèle Mercier était une bombe atomique.

    • Matt  

      Béh si dans mon article à moi sur Barbara Steele que tu as commenté. Donc cette fois c’est Tornado qu ia parlé du MASQUE DU DEMON et moi des 3 derniers films de cet article.

      • Jyrille  

        Il me semblait bien… En tout cas ta fausse affiche au début elle arrache tout !!

        • Matt  

          Merci^^
          J’en ai 40 comme ça.
          Enfin…pas toutes du même niveau, mais déjà y’en a 2 qui viendront avec un article de Tornado sur Blake Edwards.
          C’est mon hobby en terme de dessin depuis plus d’un an à présent.
          ça me permet de varier les genres sans faire des BD chronophages. De fausses affiches de films, c’est amusant. Et tenter de dessiner des acteurs connus aussi.

  • Matt  

    La setion « hommages » sur la page wikipedia de Mario Bava est intéressante :

    « Mario Bava est admiré et imité par de nombreux réalisateurs italiens et américains. Martin Scorsese, Tim Burton, Joe Dante, John Landis et Quentin Tarantino ont déclaré à plusieurs reprises qu’il était pour eux une source d’inspiration.

    -Tim Burton fait explicitement références au Masque du démon dans son film Sleepy Hollow. Il a également été très surpris lorsque, lors de la présentation de son film à Rome, certains journalistes italiens ont déclaré ne pas connaître Mario Bava.

    -Quentin Tarantino, quant à lui, a déclaré que le génie de Mario Bava se cache derrière chaque plan. Les déclarations de ces réalisateurs sont contenues dans le documentaire diffusé par Sky Italia en 2004, Mario Bava – Operazione paura, réalisé par Gabriele Acerbo et Roberto Pisoni. Le documentaire contient également des interviews et des déclarations de Dario Argento, Daria Nicolodi, Dino De Laurentiis, Ennio Morricone, Roger Corman, Mario Monicelli, Sergio Stivaletti, Lamberto Bava, Roman Coppola, John Phillip Law, Elke Sommer et Alfredo Leone.

    -Federico Fellini a également rendu hommage à Bava : dans son Toby Dammit, un épisode du film collectif Histoires extraordinaires, il y a en effet une petite fille qui rappelle beaucoup celle d’Opération peur (qui était en fait un enfant). En fait, l’hommage ressemble plus à un plagiat, à tel point que Fellini n’a jamais averti Bava de la séquence dans son film. Bava s’en est rendu compte en regardant le film au cinéma.

    -Roman Coppola a tourné CQ en 2001, incluant de nombreuses références à Danger : Diabolik !.

    -David Lynch, dans le dernier épisode de la série télévisée Twin Peaks, a rendu hommage à Bava en filmant la séquence dans laquelle l’agent Dale Cooper est poursuivi par son double maléfique, une référence à la scène similaire dans Opération peur.

    -Dans Arrivederci amore, ciao (2005), Michele Soavi reproduit la célèbre scène des Démons de la nuit, dans laquelle Daria Nicolodi est allongée sur le lit et la caméra montre d’en haut ses cheveux qui bougent de manière étrange, se rebellant contre la force de gravité.

    « Son génie, et l’héritage qu’il laisse à ceux qui viendront après lui, réside dans le fait que, quels que soient les moyens dont on dispose, il est toujours possible d’accomplir un excellent travail. »
    — Roger Corman

  • Jyrille  

    Je confirme donc que je n’ai vu que LE MASQUE DU DEMON. Même les autres films que vous citez, j’en ai peu vu (par exemple je n’ai jamais vu LES AUTRES, justement). Donc vous donnez vachement envie. Peut-être ai-je vu le DIABOLIK dont une des chansons fut reprise par Mike Patton dans son album MONDO CANE (elle est super, même l’originale).

    Voilà, ça arrivera peut-être un jour… ça va pas être simple à trouver… à l’occasion ! Surtout que je trouve ça bizarre de voir Telly Savalas dans ce genre de film.

    • Matt  

      Tu avais dit avoir vu DANGER DIABOLIK je crois, et avoir trouvé ça bof et kitsch. Ce qui est un peu vrai. Tous les films de Bava ne sont pas des pépites. Dans mon souvenir c’est un sorte de James Bond mais cheap.

    • Matt  

      « Voilà, ça arrivera peut-être un jour… ça va pas être simple à trouver… à l’occasion ! Surtout que je trouve ça bizarre de voir Telly Savalas dans ce genre de film. »

      Bah je ne sais pas comment tu consommes, si tu es à fond streaming et tout je peux pas t’aider sur la disponibilité de ces films.

      Mais par contre ils ont tous été restaurés en HD et sont sortis il y a peu de temps dans des éditions luxe. Peut être que ça peut faciliter leur inclusion sur des chaines de streaming. Sauf s’ils estiment que ça n’intéresse personne les vieux films…et qu’ils préfèrent mettre du Adam Sandler !!! (ahem pardon)
      En tous cas ils sont plus facilement trouvables aujourd’hui qu’il y a quelques années je pense.

    • Matt  

      Telly Savalas est très « amusant » dans LISA ET LE DIABLE.
      Après si tu ne le connais que sous les traits de Kojak ça peut étonner.

  • Jyrille  

    Ah oui je dois mater la série de Del Toro sur N. Deux des histoires sont des adaptations de Lovecraft.

    • Fletcher Arrowsmith  

      La première des deux vaut le coup. L’autre avec Rupert Grint est décevante je trouve.

  • Matt  

    Voilà je montre mon taf parce que j’ai pas l’occasion de le faire (il faut ajouter https au début si vous voulez faire fonctionner le lien)

    Une affiche James Bond
    ://i.imgur.com/j4dzmTZ.jpg
    Une parodie de 7 ANS DE REFLEXION :
    ://i.imgur.com/XaNiEky.png
    Une affiche d’un autre type de film gothique
    ://i.imgur.com/RqZQikY.jpg

    • Jyrille  

      C’est TOP

      Sinon aujourd’hui je viens d’acheter le tome HISTOIRES COURTES de Junji Ito. Et sinon pour les dvds et bluray, j’ai plus trop envie d’investir en fait (comme pour les cds). Mais bon, va savoir…

  • Patrick 6  

    Et bien merci pour cet article instructif et distrayant !
    Grace à vous je viens d’acheter Opération peur et Lisa et le diable ! (si ça ne me plait pas vous me remboursez hein ^^)
    De mon côté j’avais découvert Mario Bava grâce au Masque du démon que j’avais tout simplement adoré pour sa Hammer touch ! Il faudra que je le revoie car je n’ai pas senti de réelle différence entre les deux parties… Voir.
    Par contre détail amusant : lorsque j’ai vu La baie sanglante j’ai, d’une part, été marqué par l’usage à outrance du zoom (la vache il ne faut pas avoir mangé) mais surtout j’ai été marqué par le fait que la série des Vendredi 13 doit TOUT à ce film ^^

    • Jyrille  

      En regardant les bandes annonces, je me rends compte que SCREAM est basé sur le sketch LE TELEPHONE ici conté.

    • Matt  

      Ah oui Bava adore le zoom.
      Une technique pas glorieuse pourtant qui peut faire cheap. Mais franchement il s’en sort bien.
      Je crois qu’il utilise même l’effet Vertigo à base de travelling compensé dans OPERATION PEUR.’un zomm en même temps qu’on recule la caméra, ce qui fait que le sujt au premier plan ne change pas de taille alors qu’il y a une distrorsion de l’arriere plan.

      Oui les slashers ‘forestiers » en général doivent tout à LA BAIE SANGLANTE.
      Mais comme je ne suis pas bien fan de slashers je n’ai pas su apprécier ce film à sa juste valeur.

    • Tornado  

      Hello Patoche. Je pense pouvoir t’assurer, connaissant un peu tes goûts, que non seulement tu ne vas pas nous demander de remboursement, mais que tu vas aussi te ruer sur les autres films de la liste…

      J’en profite pour dire que je suis très content de cet article réalisé en team-up avec Matt. C’est un beau bébé né d’une très longue gestation et de moult discussions de passionnés. De même je suis fier que l’article arbore une telle illustration. Elle est magnifique et je peux vous assurer que le jeune Mattie Boy en a fait plein d’autres dont certaines apparaitront bientôt sur le blog dans d’autres articles mitonés aux petits oignons…

  • Bruce lit  

    Le retour de mon association de malfaiteurs fan de cinéma de genre ! Ravi de t’avoir de nouveau derrière ton clavier Mattie Boy. Superbe composition personnelle en ouverture d’un article qui m’apprend plein de choses et dresse des parallèles intéressants entre Bava et Lynch.
    C’est aussi un vendredi rock avec ce groupe formidable Black Sabbath dont je n’ai toujours pas fait le tour cette musique extraordinaire 30 ans après sa découverte.

  • Eddy Vanleffe  

    Bravo pour l’article les mecs!
    Bon je n’ai vu que Opération Peur que je n’ ai pas apprécié beaucoup.
    Je connais aussi LA BAIE SANGLANTE et j’avais vraiment trouvé too much et donc du coup je me suis persuadé que je n’aimais pas ce cinéaste.
    Merci de m’inciter à changer d’avis ^^
    Vous êtes des pros! ^^

    • Tornado  

      Étonné je suis. J’adore OPÉRATION PEUR ! Je lui trouve une atmosphère de malade. Son épouvante a très bien vieilli je trouve. Et c’est incroyable ce que Bava parvient à faire avec un budget si rikiki et des conditions de productions aussi calamiteuses.

    • Matt  

      Pareil que Tornado. Je suis étonné de ton avis.
      Pour l’avoir revu il y a quelques jours pour l’article, il est très réussi je trouve, et même encore inquiétant.
      Après le scénar est plus « premier degré » comme je le dis, ça peut être décevant si on veut une super histoire. Et c’est peut être son film qui peut faire le plus « cheap » (mais pour de bonnes raisons, il n’avait plus un rond pour le finir.)

      Bava ça n’a jamais été son fort les hstoires au final. Un peu comme Fulci. Tout est dans le visuel, la symbolique, l’atmosphère.
      Si je devais dire lequel a le meilleur scénar de tous, ce serait LE CORPS ET LE FOUET.
      LISA ET LE DIABLE c’est secondaire car c’est vraiment la façon de raconter plutôt que le fond qui compte.
      LES 3 VISAGES DE LA PEUR, de part son formats sketchs, les histoires sont simples (mais là encore LA GOUTTE D’EAU fait encore réellement flipper je trouve, j’avais été très étonné lors de mon premier visionnage.)
      Bon ok l’histoire de LES VAMPIRES est cool aussi mais c’est pas vraiment Bava à 100%

      Pour LA BAIE SANGLANTE je te rassure, je ne suis pas fan non plus. Après on ne peut lui retirer son statut de pionner du slasher qui était l’évolution du giallo à l’époque, et comme le dit Patrick tout a été repris dans VENDREDI 13.
      Mais je ne suis pas fan de slashers de base donc bof.

      • Eddy Vanleffe  

        J’étais une sorte de novice curieux en tout à l’époque et j’avais un salaire à claquer n’importe comment…
        On me parlait de ciné HK? je me ruais dessus..
        on me parlait dhorreur italienne, je me ruais dessus
        samourai japonais? pareil
        Manga? toujours pareil…
        je me créais une sort de corpus de références pèle mêle assez disparate et je pense que j’avais des attentes bien trop spécifiques
        Je n’ai pas eu le coup de foudre à l’époque (j’essayais Argento, Fulci) et Bava m’a le moins séduit.
        J’avoue mon ignorance et je me sens bien plus curieux aujourd’hui notamment sur les deux premiers d’ailleurs…

  • Présence  

    Un grand pan de culture qui manquait à la mienne. J’avais déjà croisé le nom de Mario Bava, sans réussir à bien saisir son importance dans le cinéma d’horreur.

    Les vampires : merci pour cette explication d’une clarté extraordinaire mettant en lumière en quoi ce réalisateur innove quant au mythe du vampire et à sa présentation, ouvrant ainsi le champ des possibles aux interprétations.

    Le masque du démon ; la musique entêtante de Roberto Nicolosi me parle bien, des effets peut-être appuyés mais qui amplifient bien la narration visuelle.

    Les trois visages de la peur : trop fort d’avoir réussi à intégrer Boris Karloff pour afficher la généalogie avec les films d’horreur des années passées. Il est venu tourner en Italie ? Un film à sketchs : une construction qui s’est perdue avec le temps. Le petit garçon fraichement vampirisé revenir hanter ses parents : bien glauque effectivement.

    Le corps et le fouet : une explication complémentaire qui m’a mieux fait comprendre cette 2ème période du réalisateur. Et cette-fois-ci, c’est Christopher Lee qui vient tourner en Italie ! Saluons tout de même l’audace de ces réalisateurs transalpins : je salue également car on sent bien là un sujet aussi scabreux que tabou, et donc une prise de risque quant à la possibilité de voir ce film diffusé en salle.

    Opération peur – Une communauté de villageois superstitieux qui vivent dans la peur d’une malédiction : un grand classique du film d’horreur. L’emploi d’une petite fille jouée par un garçon : voilà qui rajoute une couche d’ambiguïté totalement politiquement incorrecte.

    Lisa et le diable – En regardant la bande annonce, je me demande si ce réalisateur a également participé à augmenter le niveau de charge érotique et de corps féminins dénudés dans ce genre ?

    • Matt  

       » Et cette-fois-ci, c’est Christopher Lee qui vient tourner en Italie »

      En fait les productions italiennes incluaient très souvent des acteurs de plein de pays. On en avait déjà parlé. Et souvent chacun parlait dans sa langue et tout était redoublé ensuite, ce qui fait qu’il n’y a pas de vraie VO (comme les films hongkongais où les acteurs US étaient redoublés en mandarin, ou les chinois redoublés en anglais sur la piste anglaise)

      Du coup plein de grands noms ont tourné en Italie, que ce soit Barbara Steele, Christopher Lee, Telly Savalas, Boris Karloff, Marisa Mell, Jean Sorel, Elke Sommer, et plein plein d’autres acteurs/actrices allemands, français, britanniques, américains…

      « Lisa et le diable – En regardant la bande annonce, je me demande si ce réalisateur a également participé à augmenter le niveau de charge érotique et de corps féminins dénudés dans ce genre ? »

      Lisa et le diable est déjà plus tardif (1973)
      L’érotisme a aussi été introduit via le giallo par divers réalisateurs en parallèle des films gothiques dès les années 60 (pas au tout début non plus, SIX FEMMES POUR L’ASSASSIN restant assez sage à ce niveau)
      Mais j’ai le sentment en effet que c’est l’Italie les coquins qui ont commencé à en montrer plus que les autres pays.

      • Présence  

        J’ai trouvé ton illustration d’ouverture très réussie, niveau professionnel. Superbe.

        Merci beaucoup pour ces précisions.

        On en avait déjà parlé : maintenant que tu me le rappelles, je m’en souviens… Oups. 🙂

        Mais j’ai le sentiment en effet que c’est l’Italie les coquins qui ont commencé à en montrer plus que les autres pays. – Etant dépourvu de culture en la matière, je me demandais si j’étais en train d’affabuler ou si le cinéma italien bénéficiait d’une censure moins sévère. Dans le cadre des films ci-dessus, je me dis que la nudité féminine doit servir d’argument de vente (pour ne pas dire de séduction pour attirer une frange du public), mais aussi qu’elle est partie intégrante du récit et des thèmes.

        • Matt  

          En fait la censure moins sévère je ne sais pas. Je connais mal l’Italie mais il me semble qu’ils sont à fond censurés par les curés non ?
          Après c’était peut être un mouvement de provocation qui a fait qu’ils ont montré de la nudité en BD ou au ciné. Mais je ne sais pas comment ça se passait vraiment.

          Comme je le disais dans mon article sur le giallo (le premier), la nudité et la violence étant associés à des trucs racoleurs pour vendre, ce cinéma fut considéré un peu comme du ciné d’exploitation. Sauf qu’en fait si tu revoies ça de nos jours, c’est juste que le sujet s’y prête. Bien sûr à l’époque certains réalisateurs moins talentueux en ont profté pour faire des films très moyens voire nuls montrant pas mal de nudité (plutot sur le déclin du giallo dans les annes 70) mais dans les affaires criminelles au final c’est assez monnaie courante des histoires de viol, de haine des femmes, de crimes passionnels, etc. Donc ça ne parait pas si gratuit que ça.

          • Présence  

            Cette question de la nudité me travaille l’esprit parce qu’elle se pose de la même manière dans les comics de superhéros, et même les autres comics. La violence à tendance sadique est tenue pour acquise, en tant qu’élément de divertissement, acceptable pour tous les âges (sauf les horreurs de Garth Ennis et de certains auteurs Vertigo ou Avatar Press), alors que la nudité est inenvisageable. Avec ma culture cinéma très limitée, j’ai l’impression qu’il en va de même dans les films américains.

            Dans le même temps, comme tu le fais remarquer, la religion et ses dogmes sont plus prégnants en Italie. Du coup, je me demande comment les réalisateurs italiens ont pu la mettre en scène, sans être censurés.

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