De l’ombre à la lumière (ROBIN & BATMAN)

ROBIN & BATMAN, par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

Un article de KAORI

VO : DC Comics

VF : Urban Comics

Couleurs, contrastes, simplicité… : tout est sur la première de couverture
©DC Comics

Cet article parlera de la mini-série ROBIN & BATMAN, composée de trois numéros sortis entre novembre 2021 et janvier 2022 chez DC Comics. Écrite par Jeff Lemire (SENTIENT, JOKER : KILLER SMILE, GIDEON FALLS, OLD MAN LOGAN), et dessinée par Dustin Nguyen (DESCENDER, avec Jeff Lemire), elle est parue chez Urban Comics en juillet 2022, avec une traduction de Benjamin Rivière. 

Il y a peu, quelqu’un m’a dit, en prenant ce livre dans ses mains, « L’origine de Robin, les premières années de Robin… Tu connais ça par cœur ! Tu n’en as pas marre de lire la même histoire 15 fois ? » La réponse à cette question, somme toute tout-à-fait pertinente, est non. D’autant plus lorsqu’il s’agit d’un ouvrage comme celui-ci.

L’histoire de Robin pris sous l’aile de Batman, on la connait tous, c’est vrai. Elle a d’ailleurs été très bien racontée, entre autres, dans le ROBIN ANNEE UN de Chuck Dixon et Scott Beatty. Mais ce qu’on connait tous, c’est Batman & Robin, le classique, le « old school », quand Dick Grayson est déjà Robin.

ROBIN & BATMAN présente, comme son nom l’indique, les débuts du duo dynamique du point de vue de Dick Grayson/Robin et notamment sa « transformation » en Robin, à savoir comment il passe de Batman Junior à sa propre identité.

Un Gotham aussi triste que Croc Killer
©DC Comics

L’histoire débute donc avec un mini-Batman, arrogant, violent, tête brûlée, sombre et solitaire. Ce n’est pas spoiler que de dire qu’elle s’achèvera sur le Robin que l’on connait tous :  un adolescent lumineux, joyeux et plein d’espoir. Et ce qui est intéressant, c’est de voir comment cette transformation s’opère dans ce récit.

L’histoire de Jeff Lemire est narrée par le Robin en devenir. Au fil de ces trois chapitres, il partage avec nous ses pensées, ses réflexions qu’il consigne dans un journal intime. Nous suivons l’histoire, sans discontinuité, celle qui suit le quotidien de Dick : ses premiers combats sur le terrain, ses désaccords avec Batman, ses difficultés au collège, et le soutien indéfectible d’Alfred, tout aussi important que Batman ici. De l’autre, un procédé d’écho illustre ce chaos qui l’entoure. En effet, chaque chapitre s’ouvre sur un gaufrier « patchwork » de morceaux de panels qu’on retrouve au fur et à mesure de la lecture, accompagné de cartouches de pensées qui ne prendront tout leur sens qu’à la fin du chapitre, là où ils seront répétés. C’est un procédé original et percutant.

Ne nous leurrons pas : l’enjeu n’est pas énorme : on sait tous que Robin et Batman vont survivre à ce récit. Pourtant, certaines scènes ont eu un effet glacial sur moi, au point de me faire dresser les poils… Je pense notamment au retour de Robin après sa soirée d’anniversaire. Glaçant, il n’y a pas d’autres mots. Même Alfred en a perdu son langage châtier et s’est permis d’insulter Batman. On revient à une des marottes de Lemire : comment les adultes peuvent détruire l’innocence des enfants…

Alfred, le lien indispensable à la relation Robin/Batman
©DC Comics

C’est d’ailleurs en effet tout l’enjeu de cette mini-série : la relation entre Batman, qui élève des soldats, et Robin qui cherche sa place, son identité. Ajoutons à cela des plus-values : pas de costume ridicule avec la culotte et les « pixies boots » ou chaussons de fée, quelques allusions à Nightwing et un Alfred crucial et déterminant pour le récit.

Côté négatif, pour une lectrice qui connaît bien ce pan de l’histoire, j’ai eu du mal à reconnaître la voix des personnages. Un Dick très sombre, très sûr de lui, violent… plus proche d’un Jason Todd que de son caractère habituel. Un Batman froid mais plus humain que d’habitude, capable de s’excuser, de complimenter… Un Alfred qui dit des gros mots… On sort des caractéristiques habituelles des personnages. Cependant, cela sert parfaitement le récit et aide à comprendre l’évolution qui se fait en chacun des personnages.

Et même si certains moments m’ont paru un peu « too much » (Batman secouru par un gamin de 12 ans, ça me choque toujours un peu…), Lemire conclut son récit de manière très positive, très lumineuse. Oh, si la série avait duré plus longtemps, je n’aurais pas boudé mon plaisir, d’autant que graphiquement, c’est un bonheur pour les yeux.

Une introduction ingénieuse
©DC Comics

En effet, Dustin Nguyen assure la totalité des dessins, aussi bien dans l’encrage que dans la colorisation. Il sait exactement ce qu’il veut. Et depuis son travail sur Batman durant le run de Paul Dini à la fin des années 2000 par exemple, on voit qu’il a fait du chemin. Il a acquis un style unique et inimitable, reconnaissable entre mille. Un style que j’aime énormément, et particulièrement dans cette série.

Il nous présente un Gotham sale, crade, dans les tons gris-noirs, avec un Batman tout aussi sombre et dur, mais en y incrustant les couleurs flamboyantes du jeune Robin, avec les tons rouges et jaunes éclatants qui le caractérisent.

Les traits des personnages sont acérés, durs, loin de l’esthétisme que l’on trouve dans le mainstream. Et pourtant, ils possèdent un charme indéniable, donnant force aux émotions de chacun et rendant notamment le personnage principal immédiatement attachant, avec ses traits légèrement ronds et enfantins.

Dustin Nguyen nous offre de très belles aquarelles, travaillant le contraste tout en renforçant l’aspect sale mais jamais dégueulasse ou gore. La mise en page est recherchée, notamment avec ses gaufriers d’introduction que j’évoquais plus haut, présentant dans chaque case un détail zoomé : un souvenir, ou un morceau que l’on retrouvera plus tard dans le chapitre. Brillant. Inoubliable.

A noter une édition VF par Urban de très bonne qualité, aussi bien dans la traduction que dans le contenu, avec une succession de couvertures variantes pour terminer l’album.

Au final, avec ses dessins aussi doux que sombres, à la fois lumineux et sales, avec son récit simple, court mais complet, ROBIN & BATMAN est un récit qui devrait ravir les amateurs de Lemire, Nguyen et Robin.

Quand les rôles sont inversés…
©DC Comics

BO du jour : « Avoir peur du noir, c’est pour les enfants ». Vraiment ?

31 comments

  • JB  

    Merci pour cette lecture !
    « mini-Batman, arrogant, violent, tête brûlée, sombre et solitaire » : Ah oui, pas grand chose à voir avec Dick. On dirait effectivement le Jason post Crisis ou Damian, mais je ne crois pas avoir vu Grayson dans ce rôle…
    La relation Alfred/Batman : on dirait presque une certaine scène de All Star Batman & Robin.
    Ça fait quand même pas mal de « Out of character ». Déjà que je ne suis pas fan des comics de Lemire, si en plus il rend les personnages méconnaissables… Si je prenais un jour cette série, ce serait pour Dustin Nguyen dont les pages sont superbes.

    • Kaori  

      C’est mon côté « fan de Dick » qui parle. Je n’ai pas lu cela dans les critiques. Et en soi, ça ne m’a pas dérangée parce que j’ai bien aimé cette version, c’est juste une impression étrange. Totalement déconnecté de la continuité, une version personnelle de l’histoire. Les personnages ne sont pas antipathiques pour autant, juste plus poussés, plus exagérés. Pas concordants avec la vision que j’ai des personnages. Si tu as l’occasion de le feuilleter, je serais curieuse d’avoir ton avis.

      • JB  

        Alors, lu. L’histoire me donne l’impression d’être un patchwork. Le Batman de ASBAR. La première version de Killer Croc, apparu en même temps que Jason Todd. Un coup de stylo qui semble repiqué à THE DARK KNIGHT. Et, très honnêtement, un cheminement vers la lumière sorti de nulle part, après une expérience traumatisante et une quasi énucléation… Visuellement superbe mais, comme souvent avec Lemire, je ne suis pas fan de l’écriture.

        • Kaori  

          JB tu es un véritable killer, en fait ^^;

          Bon, et sinon, à part ce patchwork : OOC ou pas OOC ?!

          • JB  

            Pas vraiment OOC dans le sens où l’on n’est pas en continuité, mais bon, tordre les personnages au point de les rendre méconnaissables me semble un recours un peu facile (je déteste ça dans White Knight par exemple avec un Batman ultraviolent par exemple)

          • Fletcher Arrowsmith  

            C’est marrant, car j’ai trouvé cela moins violent que tout ce que l’on a sur Batman et Robin « en continuité » depuis plus de 10 ans. Et même si la fin peut sembler rusher, le récit ouvre la porte vers une note plutôt optimiste, ce qui n’est pas le cas dans nombre de récit. Mais j’admets un côté « facile » dans la résolution de la part de Lemire (ce n’est pas son meilleur récit , ce qui est assez intrinsèque à son écriture. Lemire n’est pas Miller ou DeMatteis, pour citer deux exemple différents. Après l’empathie avec l’écriture de Jeff Lemire c’est un autre sujet, qui me semble plus pertinent.

            Et pour avoir jeté à nouveau un coup d’œil à All Star Batman & Robin, je trouve cela bien différent, mais cela montre surtout comment Miller, d’abord avec DKR puis avec l’inachevé ASBAR a su façonné l’image de Batman et Robin dans l’imaginaire collectif.

            Pour répondre à @Zen, je comprends également très bien l’argument de l’enfant soldat et son rejet ….. mais c’est quand même ainsi depuis la création de Robin (et donc Dick). Et après tous Xavier fait de même avec sa milice d’ados dans les X-Men.

          • Bruce lit  

            Je suis d’accord avec le Label Kaori même si je partage les mêmes A Priori que JB sur ce que Lemire peut commettre sur DC.
            Mais je suis curieux de voir comment ce spécialiste de l’enfance perdue traite celle de Robin. Même si au final la déclinaison de tous ces robin et robinet(tes) m’importent peu.
            Bien joué Kao’
            Et puis tu as mis la seule chanson de Maiden que je supporte ! Une performance en soi.

  • JP Nguyen  

    Sur la couverture, avec le pantalon noir, je pensais qu’il s’agissait de Damian et pas de Dick !
    Tu le vends bien. Quand je regarde la pagination sur des sites en ligne, on est à 136 pages : les numéros sont des numéros doubles ?

    • Kaori  

      Oui, effectivement, ce sont des numéros doubles, si c’est comme ça que ça s’appelle. Un numéro compte une quarantaine de pages.

      Le costume de Robin me parait non canonique, il mélange les différentes époques, avec le col jaune classique. Le bas le rend plus moderne, loin du short et des chaussons de fée, moins ridicule et plus crédible du coup.

  • Nikolavitch  

    ah, j’étais passé à côté, faut que j’aille voir ça

  • Tornado  

    Cool, un nouvel article de Kaori, sur des comics qui au départ ne me font pas du tout envie, avec des personnages qui ne m’intéressent pas, mais ou elle parvient à me faire changer d’avis !
    Voilà qu’une fois encore ça fonctionne ! Plus que d’habitude, en plus ! Puisqu’ici on a affaire à une mini-série auto-contenue (que j’avais totalement zappée à sa sortie), la seule chose que je peux encore acheter aujourd’hui.
    Le fait-est que, même si je déteste la bat-family, que je ne veux en général lire que du Batman pur jus où il est tout seul, je peux faire une exception lorsque c’est vraiment bien écrit.
    Merci de citer mon article sur ROBIN YEAR 1. Mais pour moi, même si j’aime beaucoup ce dernier, la plus belle version des origines de Robin, celle qui m’a vraiment fait changer d’avis sur le fait que je pouvais lire ça, c’est celle de Jeph Loeb & Tim Sale dans DARK VICTORY.

    Je suis (enfin !) en train de lire le run de Morrison sur Batman (je n’aime pas du tout). Et c’est vrai que ce que tu en dis ici rappelle la version « Damian ». Cela-dit il me semble qu’à chaque fois Robin apparait quand même dans une version plus sombre à ses débuts. Ça fait longtemps que je ne les ai pas relus, mais dans le cas de DARK VICTORY et de YEAR 1, je crois me souvenir que tout n’était pas très gai non plus et que le personnage était assez tourmenté, de même que sa relation avec Batman. Si c’est le cas, alors Lemire ne fait qu’appuyer cet angle d’approche, histoire de moderniser encore le personnage et d’en proposer une version nouvelle. Et c’est très cohérent, je trouve.
    Bref, vendu ! Je ne vais pas me jeter dessus étant donné ma PAL, mais je le guette pour une éventuelle ballade en librairie…

    La BO : Je ne connais pas assez Iron Maiden. A priori je n’aime pas ça mais, comparé à toutes les horreurs que les copains rockers puristes me font subir, ce serait presque du miel… 😅

    • Kaori  

      Merci pour compliment ^^

      Je dois avouer un truc : je confonds les récits sur les origin story de Robin. Oui, moi… J’ai lu le DARK VICTORY il y a longtemps et je ne possède pas la version papier, il va falloir que j’y remédie…
      Oui ces deux versions ne sont pas super gaies, mais pourtant, je ne sais pas… y a un truc différent, que je n’arrive pas à m’expliquer.

      La BO : haha ! mon conjoint a eu sa période Iron Maiden. J’aime bien certains titres du coup. Celle-ci et THE TROOPER en fait.

      • Tornado  

        Ed Brubaker avait fait la même chose avec Bucky dans CAPTAIN AMERICA & BUCKY : MASKS (dessin de Chris Samnee, excellent). A savoir donner une relecture nettement plus sombre des origines du sidekick, en le décrivant comme un sociopathe né, qui va canaliser ses instincts déviants au contact de son mentor.
        Quand on y songe, toutes les itérations de Robin vont dans ce sens. Chaque version, Jason Todd, puis Damian (sans oublier Carrie dans DARK KNIGHT RETURN) sont de plus en plus sombres, tourmentées, déviantes. Il n’y a que Tim Drake qui fasse exception au milieu, comme s’il y avait eu un revirement éditorial à un moment donné. Mais sinon, on dirait que chaque itération est une version de plus en plus sombre du même personnage. Une orientation vers quelque chose de moins en moins manichéen. Et ça, c’est plutôt intéressant. Du coup, vu sous cet angle, la version de Lemire est postmoderne : Un Robin pour les gouverner tous ! 😀

        • Kaori  

          Ha ha ! J’adore ton analyse !! Tu as raison, à l’exception de Tim, tous les autres ont des origines où Batman leur sert de guide pour canaliser et focaliser leur noirceur. J’aimais bien le Dick lumineux, mais cette version est agréable aussi.

          Je trouve aussi Bucky beaucoup plus intéressant sous sa forme de sociopathe, je dois m’inquiéter, tu crois ? 😀
          Blague à part, j’avais adoré ce récit sous les traits de Chris Samnee, avec l’introduction de la soeur de Bucky. Un moment bouleversant d’ailleurs, pour ma part…

        • JB  

          La différence avec Bucky, c’est que Dick Grayson est un personnage fondamentalement lumineux, fait pour adoucir l’image de vigilante de Batman, au point que Nightwing est devenu le cœur de l’univers DC. Du coup, perso, je trouve cette interprétation un peu hors sujet

          • Kaori  

            Voilà. Dans ce récit, Dick n’est pas vraiment lumineux « au départ ». Mais la fin du récit n’est en rien contradictoire avec le devenir de Dick Grayson. Bon sang je ne fais que spoiler, c’est horrible !
            Rah, va le lire, ça sera plus simple 😀 .

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonjour Kaori,

    j’ai également beaucoup aimé ce titre. Cela fait un moment que je trouve que Lemire n’est pas au top sur sa production mainstream (son affreux truc avec Sorrentino sur le Joker par exemple) mais là il fait assez simple, avec une fausse légèreté qui en fait à l’arrivée une lecture agréable.

    Pas grand chose à ajouter, tu as dit l’essentiel.

    @JB : pour répondre à mon ami de longue date, sur un tel récit (et là je te renvoie à l’article d’Alex Nikolavitch d’hier), il ne faut pas chercher à savoir si Lemire a perverti une version de Batman ou d’Alfred … rien de « out of character » ici. Il propose sa version des origines de Robin, hors continuité, tout simplement. Je trouve même que les personnages sont enfin attachants, leur arrogance et potentielle méchanceté étant à voir comme des traits humains, permettant un accès à leur futures bonnes actions, qui les fond grandir.
    C’est même rassurant de voir qu’en 2022 on peut encore écrire des personnages qui soit si humain à l’opposé du délire psychopathe qui s’est emparé du Batverse depuis maintenant de trop nombreuses années (coucou Nolan, Morrison, Joker, Harley Quinn….). Même l’imagerie des dessins de Nguyen est lumineuse. Gotham vit et même les bas fond sont lumineux. Cela fait du bien de lire quelque chose de positif.

    • JB  

      Disons qu’avec Batman enrôlant des soldats et les échanges houleux avec Alfred, j’ai de méchants flashbacks de ASBAR ^^

      • Kaori  

        Il y a une scène qui moi m’a glacée et m’a littéralement collée la chair de poule d’effroi, mais c’est sans doute liée à ma sensibilité ^^ . De ce fait, j’ai partagé les propos d’Alfred à ce moment-là, mais c’est aussi au cœur du récit puisque c’est le point de départ de leur relation et que tout le récit finit par nous mener ailleurs. Comme le dit Fletch (merci d’ailleurs pour les compliments ^^ ), c’est un récit positif et lumineux, même revigorant sur la fin 🙂 .
        Rien à voir avec ASBAR ! Mais vraiment rien. Dans ce dernier, on a de la maltraitance et de la torture. Là il s’agit principalement de froideur et d’exigences assez abjectes d’un mentor envers celui qui devrait être son protégé et pas son soldat.

        • JB  

          @ Kaori & Fletcher : je m’en vais lire tout ça 🙂

      • Fletcher Arrowsmith  

        Pas de comparaison entre Miller et Lemire sur ce coup là. Rien de putassier. Nguyen s’en sort mieux que Jim « poseur-longue jambe » Lee en plus. Comme signalé, l’arrogance de Dick, est à mon avis un parti pris de Jeff Lemire que je soupçonne d’avoir voulu faire une synthèse entre le Robin original (Dick) et la vision de Robin qui est portée actuellement. On a donc un Robin amalgam de Dick et Damian, assez intéressant finalement, donnant une vision assez moderne, comment faire du neuf avec du vieux et à l’arrivée comme le souligne Kaori en n’arrêtant pas de divulgacher, Lemire retombe sur ces pieds avec un robin-Dick flamboyant et conforme à l’image que l’on a de lui.

        C’est le voyage qui diffère cette fois ci, pas la destination.

  • Surfer  

    Ton article met bien en évidence l’importance d’un auteur sur la caractérisation d’un personnage. Alfred qui insulte, alors qu’il est un majordome exemplaire 😧.
    La style de Nguyen et la colorisation sont, en effet, reconnaissables au premier coup d’œil…Et c’est agréable à regarder 🤩

    Tu dis que l’édition d’URBAN, est de bonne qualité. Raison de plus pour que je m’intéresse de près à cette œuvre 😉

    La BO: j’écoute très peu de Hard Rock, cependant j’aime bien les balades. Le morceau que tu nous propose commence bien…puis je décroche quand ça geule trop. Désolé 😣.

  • zen arcade  

    Pas du tout aimé cette mini. Et pourtant, je partais avec un a priori favorable vu que je me réjouissais de retrouver le tandem Lemire – Nguyen après Descender – Ascender.
    Les moments légers, avec la JLA et les Titans notamment, contrebalancent très mal la manière d’appréhender la relation entre un Dick encore enfant et frondeur d’une part et de l’autre un Batman comme trop souvent à nouveau fanatisé à l’extrême par son combat. Alfred apporte un heureux contrepoint en apportant une touche d’humanité complètement absente chez son employeur mais Batman est ici un salopard dont le but est de transformer un enfant en soldat pour mener sa guerre en sa compagnie.. C’est sans doute l’aboutissement logique d’une vision réaliste sur l’entraînement nécessaire à Robin mais ce souci de réalisme se heurte à mon sens à l’impératif moral qui devrait être que l’on ne considère jamais un enfant comme un soldat.
    La relation entre Batman et Robin a toujours reposé sur une ambiguité morale qui, dans un mouvement d’évitement, a rarement été traitée de manière frontale (comment peut-on accepter qu’un adulte qui possède une relation d’autorité sur un enfant choisisse de l’entraîner comme un soldat?). Cet évitement est évidemment questionnable mais il peut se comprendre dans le contexte de fantaisie des affrontements bigarrés peu réalistes du comic book de super-héros « classique ».
    Dans un contexte volontairement plus dur et plus réaliste, l’ambiguité prend un nouvel aspect et ses justifications morales me paraissent indéfendables. C’est ce qu’à mon sens cette mini aurait dû montrer. Malheureusement, en l’état, cette mini n’est à mon sens qu’un nouveau bel exemple de grim & gritty très mal digéré.

    • Tornado  

      C’est ce que j’avais particulièrement apprécié dans le YEAR 1 de Dixon : Bruce et Alfred s’inquiétaient sans cesse pour ce gamin balancé dans la rue contre des malfrat. C’était fin : Ils arrivaient à nous y faire croire !

  • Matt  

    Moui pourquoi pas.
    Ton article rend la chose intéressante. Mais je dois avouer que le sujet ne m’intéresse pas trop. Moi j’ai jamais aimé les différents Robin. J’aime le Batman solitaire.
    Et je ne suis pas fan des dessins de Dustin Nguyen. Il m’avait déjà gâché un peu le plaisir dans le comics sur le retour de Hush (Coeur de Silence je crois en VF) Histoire sympa, dessins vraiment pas ouf, trop « simpliste ».
    Après y’a bien pire comme dessin, je ne saurais expliquer ce qui ne m’attire pas mais vraiment j’ai du mal.

  • Jyrille  

    Je suis bien content de lire ton avis là-dessus Kaori ! Oui parce que la couverture attire, que je n’ai lu aucun ouvrage du dessinateur ni aucun du scénariste et que je n’ai toujours pas trouvé le ROBIN ANNEE UN que tu cites en lien… Et surtout, je me demande où cette bd se place dans les runs actuels.

    Pour ce qui est de la mort de ces personnages, c’est un peu mort justement, quoiqu’il arrive, c’est fini, ils seront toujours là, donc jamais plus on ne ressentira un frisson pour eux si ils devaient trépasser. Ils reviendront sous une forme ou l’autre.

    Merci de souligner le travail d’édition VF. C’est un peu à cause de Urban que je ne cherche plus à trouver de la VO.

    Au final, un super article précis et rondement mené qui répond à toutes mes interrogations.

    La BO : j’aime bien, une fois de temps en temps. Il faut que j’écoute leur live des années 80…

  • Kaori  

    @zen arcade : merci pour ton retour et ton argumentation très juste. Ce genre de récit ne pourrait en effet pas avoir lieu dans un monde hors super-héros pour les raisons que tu mentionnes. Ici il s’agit de Batman et on sait tous plus ou moins à quel point sa psyché est tordue ^^

    @Matt : oui je me doutais bien que le sujet ne t’attirerait pas ^^ . Mais merci d’avoir lu et commenté 🙂 . J’avais lu le retour de Silence, et pas aimé non plus, comme quoi 😉 .

    @Jyrille : mais oui ! je m’étais mise à la VO parce que totalement insatisfaite des VF proposées par un certain éditeur, mais Urban remonte vraiment le niveau.
    Bon par contre, j’avoue ne pas avoir suivi de quoi tu parlais pour les morts ^^ . Il va falloir que je relise mon article 😉 .
    Pour répondre à ta question, le récit ne se situe nulle part dans la continuité, c’est juste la vision de Lemire sur le duo Batman et Robin, mais en prenant Robin comme point de vue. Sauf si tu parles de ROBIN YEAR ONE…
    Le situer par rapport aux runs actuels, c’est très compliqué… A part que cela se passe dans un passé lointain et incertain, je ne pourrais pas vraiment t’aider ^^ . Peut-être qu’Alex et JB pourraient répondre mieux que moi… Sachant qu’on est passé à Infinite, que la Terre de DC s’appelle maintenant Terre-0, je ne saurais vraiment répondre à la question… On peut juste se mettre d’accord sur le fait que Robin Year One correspond à Batman Year Three il me semble. Après, rien ne change vraiment, Dick quitte le manoir vers ses 18 ans et devient Nightwing peu de temps après.
    Mais concernant l’âge de Dick quand il est devenu Robin, il n’y a rien de simple. Ca varie entre 8, 12 et 16 ans, selon les époques, les Terres, les auteurs… Bref, les joies de la continuité DC ^^; .
    Merci beaucoup pour les compliments en tout cas !

    Et merci à tous pour vos retours en tout cas, ça fait plaisir 😀

  • Eddy Vanleffe  

    Effectivement, il faut aimer se refaire une nouvelle version des Origines de Robin.
    En ce moment je n’achète plus vraiment de comics des big two récents donc je n’allais pas me jeter dessus, surtout que Lemire m’endort au bout de deux pages d’habitude…
    Mais le label Kaori, c’est pas rien… ^^
    je verrais bien en le voyant en rayon…

    Evidemment soutien total pour la BO..meilleur chanson de 1992? 🙂 🙂 🙂
    J’attends la semaine Halloween…

    • Kaori  

      Coucou ^^

      Le « label Kaori », j’adore 🙂
      Je savais que la BO te plairait 😉 .
      Pourquoi tu attends la semaine Halloween ?

  • Kaori  

    @surfer, j’avais raté ton commentaire ! Merci ! Oui la version Urban est à la hauteur. Moi en tout cas je suis fan !

    @Bruce : en plein dans le mille pour la BO alors ? Trop fort 😀
    Merci pour la validation du Label 😉
    J’espère que tu aimeras le produit vendu 😉

  • Présence  

    Super : une analyse sur un comics qui m’a fortement tenté, sans que je passe à l’acte du fait d’une actualité trop chargée. Merci Kaori.

    L’origine de Robin, les premières années de Robin… Tu connais ça par cœur ! Tu n’en as pas marre de lire la même histoire 15 fois ? – Une remarque que je me suis souvent faite, avant de finir par accepter qu’il s’agit d’un exercice de style très pointu, que de re-raconter pour une énième fois les origines, et qu’il faut être un scénariste, ou un dessinateur, des plus habiles pour parvenir à concilier l’obligation de s’en tenir à la trame connue, tout en apportant un angle de vue inhabituel, ou un entrain nouveau. Pour cette histoire en particulier, Jeff Lemire semblait tout désigné pour parler de l’enfance maltraitée de Dick Grayson, au vu de ses sujets de prédilection.

    Un article très agréable qui permet de se faire une bonne idée de ce comics, et… ben, c’est sûr, il faut que je le rajoute dans ma liste de lecture. 🙂

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