DOTS & LOOPS (Action Comicspar Grant Morrison)

Action Comics, par Grant Morrison & collectif

Par TORNADO

VO : DC Comics

VF : Urban Comics

© DC Comics

En 2012, l’éditeur DC Comics redémarre toutes les séries SUPERMAN à zéro (opération NEW 52 !), en commençant par la série historique ACTION COMICS, celle-là même qui a vu l’apparition du premier et du plus grand des super-héros en 1939 (SUPERMAN CHRONICLES).
C’est au scénariste Grant Morrison qu’est confié le soin de nous offrir cette relecture des premières années de l’Homme d’acier. Il est ici accompagné dans l’aventure par les dessinateurs Rags Morales et Andy Kubert, pour l’essentiel, ainsi que du scénariste Sholly Fish sur quelques épisodes bonus.

Nous allons égrainer ce run tome par tome, tel qu’il a été publié en VF par l’éditeur Urban Comics.

Même si elle est incroyablement moche, on reprend la couv N°1…
© DC Comics

Tome 1 : GENÈSE

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Mr Morrison n’y va pas par quatre chemins et nous entraîne au cœur de l’action dès la première page, en commençant son récit par le milieu. Le scénariste étant connu pour être l’ennemi juré des intrigues décompressées (comprendre : lentes), il nous balance un récit à cent à l’heure, incroyablement dense, qui condense les scènes d’expositions, les intrigues, les sous-intrigues, les relations entre les divers personnages et les scènes d’action dans un minimum de pages et d’espace. Très impressionnant !

Il arrive ainsi à relever l’ensemble des défis qui se dressent sur son passage (réinterpréter les débuts de Superman avec panache, inventivité et profondeur) en seulement quelques épisodes.

Du point de vue des choix, c’est également parfait, avec un nouveau design pour le costume de notre héros et de superbes trouvailles sur les origines de son arrivée sur Terre et de l’ensemble des éléments liés à sa mythologie. Aucune naïveté, aucune faute de goût ne vient gâcher la fête, tant l’ensemble est cohérent et intelligemment réinterprété.

Mais le plus impressionnant demeure encore la mise en forme du scénario. Morrison évite le récit linéaire en commençant son histoire par le milieu, sans abuser de flashbacks, mais en parsemant ses épisodes de dialogues et de trouvailles visuelles qui viennent peu à peu reconstituer les pièces manquantes du puzzle. C’est cette virtuosité de la narration qui est particulièrement frappante ici, au point que l’on finisse par s’incliner devant cette démonstration de talent.
Par contre, l’ensemble est à déconseiller aux néophytes qui n’ont jamais rien lu de l’univers de Supes (ce qui, en soi, est totalement paradoxal pour un reboot), car il faut avouer que le scénariste ne s’embarrasse pas de passages explicatifs. Le lecteur n’ayant jamais rien lu des aventures de l’Homme d’acier impliquant son ennemi Brainiac, par exemple, aura du mal à saisir le fil du récit, tant la complexité du concept lié à ce vilain très particulier (au départ une A.I. extraterrestre multiple et surpuissante) est intégrée au scénario sans beaucoup d’explications. Mieux vaut lire le SUPERMAN BRAINIAC de Geoff Johns avant, afin de bien saisir le concept.

Here Comes Superman !
© DC Comics

Pour autant, la complexité du scénario ne devrait pas jouer en défaveur de la série, tant Morrison a réussi à réinterpréter cette mythologie avec beaucoup d’esprit. Avec un tel niveau d’exigence, c’est au lecteur de suivre ! Hélas, il suffit de jeter un œil du côté des critiques négatives qui ont déferlé sur la toile pour éprouver le regret que, non seulement la vision de Morrison sur le personnage et son univers n’a pas été souvent comprise, mais qu’en plus ses détracteurs lui ont reproché d’être trop confus, alors qu’il a fait preuve d’une maîtrise totale de la mise en forme de son récit !
Pis encore : on lui a reproché de rédiger des dialogues insipides ! Le comble, pour un auteur qui parvient à livrer des textes aux multiples niveaux de lecture, bourrés de concepts science-fictionnels pleins d’esprit et d’imagination, rehaussés par une faculté incroyable d’habiter les personnages avec un minimum d’effets et un sens du détail infaillible (voir son Lex Luthor accroc aux boissons énergétiques) !
Bref, ce premier tome est une brillante relecture de la jeunesse de Superman, de ses origines et de ses débuts à Metropolis, et un superbe redémarrage de la série emblématique de l’Histoire des comics de super-héros.

Le dessin de Rags Morales est superbe sur les premiers épisodes, avant de se banaliser au fur et à mesure que l’on avance dans les suivants. Les délais de parution auront eu raison de son talent, puisqu’il est relayé par plusieurs de ses collègues, dont Andy Kubert, qui livre un travail très correct mais un peu démodé. Là aussi, certains lecteurs ont pris en grippe la série à cause de cette irrégularité picturale…
Urban Comics nous a gâté avec une superbe édition VF, agrémentée en fin d’ouvrage d’un éditorial fourni et roboratif, avec des commentaires de Grant Morrison et Rags Morales en personne. A ce stade il s’agit d’une lecture complexe, c’est vrai (du Grant Morrison, quoi), mais c’est une sacrée leçon de virtuosité narrative…

Le Grand Bazar… (même si c’est Jim Lee à la couv’)
© DC Comics
Tome 2 : A TOUTE ÉPREUVE

La relecture des premières années de l’Homme d’acier se poursuit. Ce dernier décide de faire « mourir » Clark Kent, son alter-égo humain, afin de laisser davantage de liberté à Superman. Parallèlement, de nouvelles menaces se lèvent, parmi lesquelles un morceau de kryptonite arrivé avec notre super-héros depuis sa planète natale, ainsi qu’un mystérieux ennemi tout puissant nommé Adam…

Ce second tome de Superman regroupe les épisodes ACTION COMICS #0, 9 à 12 et Annual 1, période NEW 52, écrits en partie par Grant Morrison, en partie par Sholly Fish, et mis en images par une succession ininterrompue de dessinateurs différents, dont Rags Morales, Gene Ha, etc. Le tout a été publié initialement en 2013.

Le premier tome était excellent mais souffrait dans sa dernière partie d’un trop grand nombre d’épisodes annexes réalisés par des équipes artistiques distinctes, alors que l’histoire centrale était brillamment racontée par Grant Morrison.
C’est principalement ce défaut qui vient gangréner ce second tome, puisque les épisodes annexes se multiplient, au point de parasiter le récit principal quasiment entre chaque segment. Même certains épisodes écrits par Morrison (mais confiés à un dessinateur différent afin de permettre à Morales, certainement, de respecter ses délais), sont complètement hors-sujets et viennent tout embrouiller, comme ces deux interludes masturbatoires sur le Superman de la terre 23 (un Superman black), sortis d’on ne sait où (on le retrouvera évidemment dans MULTIVERSITY) !!!
Avec cette suite d’épisodes disparate, l’éditeur DC Comics a choisi une logique éditoriale catastrophique et abracadabrantesque. Car Morrison est un auteur complexe et ses récits sont denses et extrêmement déstructurés, si bien qu’il faut lire le tout sans risquer de se disperser, sous peine de perdre le fil. Soit absolument le contraire de cette publication bordélique et hasardeuse !

Quand Grant Morrison se met au woke !
(je précise que je n’ai rien contre mes frères de couleur, bien au contraire)
© DC Comics

Le livre se referme ainsi sur le sentiment effaré d’avoir assisté à un non-sens éditorial, un grand bazar noyant des épisodes très complexes dans un maelstrom de récits divers et variés n’entretenant que de vagues relations de temps et d’espace, sans réelle cohésion préétablie. C’est dommage, car les épisodes centraux signés Grant Morrison, tel qu’en eux-mêmes, valent le détour. Tout le reste n’étant que bonus plus ou moins intéressant…

La valse des dessinateurs (pas moins de sept artistes possédant tous un style complètement différent !) n’arrange rien, achevant de donner à l’ensemble un arrière-goût indigeste. Ajoutez à cela le délai extrêmement long des sorties sous forme d’album chez Urban Comics (plus de neuf mois d’écart entre la sortie de ce tome 2 et celle du tome 3 !!!), et vous obtenez un massacre éditorial, qui a parfaitement réussi à décourager le lectorat qui tentait de s’intéresser à ce reboot, sachant que le personnage de Superman est déjà fragile, faute de rencontrer en France le même succès que son confrère Batman dans le monde impitoyable du comicbook super-héroïque.
Incompréhensible.

Ça va remuer les méninges !
© DC Comics
Tome 3 : APOCALYPSE

Ce troisième et dernier tome regroupe les épisodes ACTION COMICS #13 à 18, publiés initialement en 2013.
Chaque épisode est systématiquement accompagné d’un back-up de huit pages écrit par le scénariste Sholly Fish, dont le rôle est d’apporter un complément et une résonnance au scénario elliptique de Morrison.
La série principale est essentiellement mise en image par Rags Morales et Brad Walker. Les back-up sont l’œuvre du dessinateur Chris Sprouse et de son encreur attitré, Karl Story.

Nous connaissions la narration décompressée (lente et étirée), voire hyper-décompressée, très à la mode dans les années 2000 (coucou JMS !). Mais nous n’étions sans doute pas encore préparés à la narration hyper-hyper-hyper compressée !
La vache ! Morrison y est allé très fort dans les ellipses et les ruptures ! Eparpillant ses diverses pistes narratives dans les épisodes précédents (dans un désordre chaotique d’une rare anarchie), il nous réserve ici, pour la fin de son run, un regroupement actantiel dont il a le secret. C’est-à-dire que tous les petits récits épars et apparemment distincts qu’il avait écrits jusque-là finissent par se rejoindre afin de former un tout (remember ses NEW X-MEN ?).
Mais il s’agit d’un tout conceptuel, dont la narration est non seulement abrupte et particulièrement elliptique, mais qui plus-est complètement différente des habituels récits linéaires auquel le lecteur est habitué dans les histoires de super-héros.

Le thème du run de Grant Morrison, c’est l’idée d’un temps simultané, où le passé, le présent et le futur sont réunis, permettant aux personnages de passer de l’un à l’autre selon les étapes du récit. C’est l’un des thèmes récurrents de l’œuvre de Grant Morrison.
N’oublions pas que ces épisodes correspondent au reboot de la série dédiée à Superman sous l’ère éditoriale du NEW 52. A travers cette idée, l’auteur de ALL STAR SUPERMAN déroule un scénario ambitieux, dont l’objectif est de mettre en avant toutes les grandes périodes historiques et artistiques du passé éditorial lié au personnage (dont le fameux event de LA MORT DE SUPERMAN), qui se retrouvent imbriquées simultanément au milieu de ces dix-huit épisodes.
D’une manière plus ambitieuse encore, Morrison tente de diluer les frontières entre fiction et réalité, à travers la figure de Mr Mxyztplk. Ici complètement réinventé, ce personnage délirant lui donne l’idée d’une cinquième dimension, sorte de monde façon « conte de fée ». Depuis cet univers alternatif, le lutin aux pouvoirs immenses aurait mélangé notre réalité à celle de Superman, afin de développer un plan très spécial…

Toujours les mêmes histoires, en boucle…
© DC Comics

Et si, derrière ses atours de série super-héroïque et science-fictionnelle, cette saga était l’occasion pour le lecteur de saisir l’essence des comics mainstream, derrière lesquels se dissimule parfois une recherche artistique au-delà d’une politique éditoriale commerciale ? Car il faut bien l’admettre, les auteurs de comics (on parle de ces scénaristes qui sont des créateurs et des auteurs à part entière, avec leurs thèmes récurrents) ont souvent bataillé ferme pour mêler les impératifs éditoriaux à une quête de sens.
Ainsi s’opère, à travers le mélange développé par Grant Morrison entre le monde des super-héros, celui de la science-fiction et celui des contes de fées, une réelle tentative de réfléchir sur les barrières entre la naïveté inhérente au genre consacré des super-héros et les possibilités d’élever les pistes de connivence avec le monde de l’esprit et de la réflexion !
Où la démonstration que, du monde naïf du divertissement populaire à la masturbation intellectuelle, il n’y a qu’un pas !

Le problème est bien évidemment que Grant Morrison croule sous l’ambition démesurée de son script en trop peu d’épisodes. La narration devient ainsi trop dense, trop compressée et souvent indigeste (voire arrogante et prétentieuse ! – Sans blague…. Ndr).
Il semble d’ailleurs avoir bâclé son dénouement, car la fin de le la saga n’est pas très réussie, qui ne voit pas tous les éléments du scénario aboutir de manière claire et satisfaisante (le personnage civil de Clark Kent est le grand oublié de ce run !).
Et pourtant, je me range du côté de ceux (et Dieu sait qu’ils sont rares) qui plébiscitent ce run controversé. Car malgré l’indigestion, les ingrédients restent savoureux. Les idées développées sont magnifiques. La caractérisation des personnages relève d’un haut niveau de finesse. Et ces dix-huit épisodes sont tout de même mille fois plus poétiques, plus spirituels, plus imaginatifs et plus originaux que 99% de l’industrie du comic book en matière de super-héros en slip…
De plus, les défauts formels du tome précédent se sont évaporés et, malgré la composition chaotique du récit, le déroulement éditorial se fait désormais plus rigoureux. Chaque épisode écrit par Morrison est complété par un back-up de Sholly Fish de manière beaucoup plus cohérente. Et les équipes artistiques sont désormais stables, évacuant la détestable sensation d’incohérence picturale qui régnait dans le second recueil…

Au jour d’aujourd’hui, ces épisodes et cette période du NEW 52 ont quelque peu fini aux oubliettes.

Le run de Grant Morrison sur le reboot anecdotique d’ACTION COMICS ? Tout le monde s’en fout ou presque. Mais le scénariste mégalochauve saura faire fructifier tout ça dans son MULTIVERSITY car, dans le monde des super-héros, rien ne se perd, rien ne se crée (plus), mais tout se transforme !

Elle était quand même vachement mieux que la 1° couv’ celle-là, non ?
© DC Comics

Parce que le nom de l’album dans lequel on trouve ce titre est le même que le titre de l’article…

18 comments

  • Surfer  

    Je disais sur le billet de cette semaine, consacré à Wonder Woman, que l’on pouvait compter sur les doigts d’une main les comics que j’ai lu sur l’héroïne.
    Et bien, il me reste l’autre main pour compter les comics que j’ai lu sur Superman😀.
    Et le peu que j’ai lu, est plutôt en rapport avec sa mythologie (le personnage n’apparaît pas ou très peu): C’EST UN OISEAU, IDENTITÉ SÉCRÈTE … ce genre de trucs quoi.
    Je crois que tu l’auras compris, le personnage ne m’attire pas du tout. Mais on a déjà échangé à ce sujet, je ne vais donc pas argumenter de nouveau. 😉
    Ceux qui veulent comprendre pourquoi j’ai du mal avec le personnage n’ont qu’à lire C’EST UN OISEAU . L’auteur de cette BD revient en filigrane sur les raisons.

    Cependant la dernière fois que l’on a évoqué Superman tu es presque arrivé à me convaincre qu’il existe de bonnes histoires sur le personnage. Avec de bons auteurs et une narration moderne.
    Je veux donc bien lui donner une nouvelle chance.
    Malheureusement ce ne sera pas avec ce que tu présentes aujourd’hui.
    Le seul tome qui aurait pu m’intéresser est le premier, mais tu écris qu’il est à déconseiller aux néophytes, et qu’il faut au minimum connaître BRAINIAC pour pleinement apprécier l’histoire ! C’est qui ce BRAINIAC 😀😀😀.

    Sinon j’aurais appris aujourd’hui qu’il existe un Superman noir sur la terre 23. 😧 tiens donc … il y avait déjà un Superman communiste. Heureusement que ce dernier n’est pas dans le camp de POUTINE sinon on serait mal. ☹️

    La BO. C’est sympa… je connais très mal STEREOLAB. Je n’ai aucun disque d’eux.

  • Présence  

    Quel plaisir que de se replonger dans ces épisodes grâce à ta plume, et même de découvrir les tomes 2 & 3 que je n’ai toujours pas lus.

    Comme toi, j’avais beaucoup aimé le tome 1, peut-être encore plus du fait de ma bonne connaissance du personnage. Et quelle surprise de découvrir ainsi l’origine secrète d’internet. 🙂

    Le tome 2 : pas de surprise de mon côté concernant la valse des dessinateurs, car j’avais déjà pu observer à plusieurs reprises que Rags Morales ne parvient pas à tenir un délai mensuel. En revanche, je partage ta remarque sur l’inconséquence des responsables éditoriaux qui lui ont confié une série mensuelle, puis qui ont bouche les trous à la va comme je te pousse.

    La narration hyper compressée : je n’ai aucune idée de savoir si Grant Morrison avait signé pour 2 ans et 24 épisodes, ou si le projet a évolué en cours de route, avec rallongement non prévu de son récit, et obligation de terminer en 18 épisodes max.

    Ce que tu dis du tome 3 me fait remonter les 2 tomes qui restent à lire dans ma pile.

  • Eddy Vanleffe  

    j’ai lu l’équivalent du premier tome dans les magazines DC SAGA et je dois confesser que je n’en garde pas un souvenir marquant.
    j’ai à la fois peu reconnu le personnage et le scénariste…
    J’ai vraiment voulu donner leur chance au NEW 52 mais ça m’a plutôt profité pour prendre de la distance par rapport à DC.
    ma période de prédilection allant de la première crise à INFINITE CRISIS. j’ai un vrai affect pour cette « phase » avant je picore, depuis je picore…
    quasi rien des NEW 52, j’ai plus de matériel depuis REBIRTH sans non plus trépigner avant une sortie
    quelques black label ça et là….
    SUPERMAN ayant été repris par Bendis je ne sais plus ce qui’il lui arrive depuis dix ans maintenant.
    Concernant ces trois tomes, je le lirais un jour pas chers si je tombe dessus tu les défends bien mine de rien.

  • Tornado  

    @ Surfer : Au moins tu auras lu tous mes articles sur Superman. L’air de rien ça te fait un petit bagage ! 🙂

    @Présence : Ainsi tu n’as toujours pas lu les tomes 2 et 3 ???!!! Je me souviens que tu me l’avais dit à l’époque mais je pensais que tu avais rattrapé le retard entretemps ! Ta réputation de « l’homme qui lit tout » en prend un coup ! 😀

    @ Eddy : Concernant ce run, je l’ai revendu comme la plupart de tout ce que j’ai lu de ce scénariste parce que, même si j’ai apprécié, je n’ai pas envie d’y revenir. Une fois suffit.
    Est-ce que je le défends bien ? Le 1° tome c’est sûr. Le second pas du tout, et le troisième un peu mais uniquement sur sa toile de fond méta. Au final la moyenne est de 3 étoiles…

    Moi ma période préférée DC c’est entre INFINITE CRISIS et BLACKEST NIGHT Grosso-modo entre 2005 et 2010. Soit au moment où Marvel commence à baisser de niveau après son heure de gloire Marvel Knights.
    L’air de rien pendant cette période tu as les runs de Busiek et Johns et New Krypton pour Supes, une très grosse période pour Batou avec Morrison, Dini, Brubaker, Azzarello, Matt Wagner… et le Green Lantern de Johns. J’aime encore pas mal de trucs jusqu’en 2015. Par contre avant 2005 je pioche comme tu dis. Et je ne prends rien du tout entre la 1° crise et le milieu des années 90…

    • Eddy Vanleffe  

      Je connais ta prose et je peux déjà juger de ce que je vais quand même apprécier malgré ton avis négatif.
      je n’aime pas les lectures imbéciles mais j’aime le super héros.
      j’aime quand il défriche dans d’autres styles (SF-POlar on va cette semaine avec Cooke)
      j’aime certains auteurs
      j’aie aussi quand il s’assume pleinement
      Donc je pense pouvoir relire agréablement ces 18 épisodes même si le tome 2 est merdique. je veux dire quand quand t’es lancé sur un cycle en trois tomes, bon ben le tome deux est un peu inévitable.. ^^
      Morrisson sur DC, je suis client. il aime cet univers et c’est souvent sympa à lire.
      et oui le green lantern de Geoff Johns c’est un beau voyage,

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonjour Tornado,

    le Superman de Grant Morrison (le tome 1) est la première vrai critique que j’ai faite pour Buzz Comics le … 8 avril 2013 soit Il y a 9ans à un jour près.

    https://www.buzzcomics.net/showpost.php?p=1373898&postcount=1

    Je n’ai mis d’avis sur la suite. Et j’ai depuis revendu ces albums. Leur relecture fut une épreuve, une confirmation du rejet de la production de Grant Morrison. Je n’ai pas aimé non plus le plébiscité ALL STAR SUPERMAN, revendu lui aussi à une vitesse impressionnante.

    J’aime bien ta synthèse : Ainsi s’opère, à travers le mélange développé par Grant Morrison entre le monde des super-héros, celui de la science-fiction et celui des contes de fées, une réelle tentative de réfléchir sur les barrières entre la naïveté inhérente au genre consacré des super-héros et les possibilités d’élever les pistes de connivence avec le monde de l’esprit et de la réflexion ! C’est ambitieux et intelligent quand un auteur s’y attaque mais c’est aussi prétentieux et cela peut tourner au grand n’importe quoi (idem pour les Alan Moore ou Warren Ellis). Et là la magie n’a pas opéré.

    Je retiens quand même le numéro 0 et les 2-3 premiers épisodes qui me semblaient donnée un réel souffle nouveau à Superman, surtout graphiquement (Morales et l’apparence non costumé de Superman).

    Comme toi je déplore que Clark Kent soit le grand perdant de ce type de récit (comme Peter Parker chez Dan Slott par exemple ou tous les X-Men chez Hickman). En cela finalement Grant Morrison est dans l’air du temps, peu de scénariste savent actuellement écrire du soap et donner du caractère à leur personnage dans le civil.

    Bref le NEW 52 à ses débuts ce fut quand même bien naze. Un beau raté éditorial et collectif. Je crois que je ne sauve finalement que la WONDER WOMAN de Azzarelo (et peut être les débuts de Supergirl).

    • Tornado  

      Je n’ai pas lu le WW d’Azzarello parce que je n’arrive pas à supporter l’univers de ce personnage. Par contre, si j’ai bien revendu ce run de Morrison, j’ai gardé son ALL STAR SUPERMAN que j’avais adoré ! 🙂

      • Eddy Vanleffe  

        Azzarello a voulu faire une version film d’horreur de Wonder Woman avec des chevaux écorchés des sacrifices d’enfants etc… ça part bien de manière assez déviante tout à coup le 4e monde de Kirby fait une descente et la modernisation des concepts de Kirby, ben …ça marche moyen…
        est-ce que Orion est plus « moderne » parce qu’il porte une veste celio plutôt que son costume flashy? je n’en suis pas convaincu…

        • Présence  

          Cette version de Brian Azzarello n’a pas fonctionné sur moi : narration décompressée, Diana en mode agressive… je n’ai pas réussi à aller jusqu’au bout.

          • Eddy Vanleffe  

            moi non plus… propostion originale certes, mais qui défiloche au fur et à mesure et oui on a une Diana assez « out of character »

  • Fletcher Arrowsmith  

    La BO : pas accroché. Je ne connaissais pas.

  • Jyrille  

    Merci Tornado sur le tour d’horizon d’un truc que j’hésite à me payer… Dans quelle collection de Superman Urban trouve-t-on ces trois tomes ? Je ne connais que peu Brainiac mais j’ai l’impression que je pourrais m’y retrouver malgré tout. Limite j’en aurai besoin avant d’attaquer MULTIVERSITY qui m’attend toujours…

    Et non je préfère la première couve au dernier scan que tu mets 😁

    Je ne connaissais pas le terme « actanciel ». Il va me falloir un certain temps avant de l’assimiler.

    L’hyper compressé, tu en as également chez les frères Hernandez, LA RIVIERE EMPOISONNE étant mon étalon en la matière (parfois, une vingtaine d’années sur une planche avec des cases normales, et des actions normales, aucun effet).

    La BO : je ne connais pas bien ce groupe, ils avaient réussi à me foutre le cafard en première partie de Pavement (un groupe joyeux par essence), et la chanteuse est une française avec un super prénom. Le titre-là est cool, je me demande toujours comment ils arrivent à faire ce son de basse, si commun à la easy-listening des années 60.

    • Tornado  

      Quelle collection ? DC Classiques je crois.
      Et oui, je pense que la lecture de ce run sera un plus pour apprécier celle de MULTIVERSITY (que je n’ai toujours pas lu non plus !).
      As-tu remarqué que la Bruce-team est clairement partagée sur Morrison. D’un côté des fans (toi, Présence), d’un autre des allergiques (Bruce, JB, Fletch), et au milieu d’autres qui apprécient sans vraiment être fans (Eddy, moi).

      • Fletcher Arrowsmith  

        J’ai apprécié Morrison à une époque et puis j’en ai fait une overdose jusqu’à me rendre compte que je ne prenais plus aucun plaisir à relire (ou lire) ses travaux. Cela en devenait presque un chemin de croix (BATMAN, JLA, FINAL CRISIS, MULTIVERSITY…)

        Cela n’enlève rien à son talent, je sais que l’écossais a des fidèles.

        Néanmoins j’aime à me plonger (au grand désespoir de JB) dans ses NEW X-MEN, j’ai apprécié le premier TP de son run sur ANIMAL MAN (pas encore lu les deux autres et bientôt en VF) et j’aime à relire certains THE MULTIVERSITY mais plus pour le dessinateur que pour le récit dans son ensemble.

        • Tornado  

          J’ai encore moult trucs à lire de Morrison : Son run sur Batman, Doom Patrol, JLA et Multiversity.

      • Jyrille  

        Oui j’ai remarqué que l’écossais divisait naturellement les lecteurs… Je ne suis pas un spécialiste DC donc je passe à côté de certains trucs quand il fait du mainstream comme ici je pense (et Multiversity, parce que le dernier tome de Final Crisis était déjà bien ardu pour moi) ou sur son run de Batman que j’ai pourtant adoré de A à Z. Pour le reste je suis toujours client même si comme Zen Arcade le disait précédemment, son apogée réside peut-être dans son run sur la Doom Patrol. Je dois relire les Invisibles et The Filth (pour une quatrième fois où je comprendrai peut-être plus de trucs). J’attends que Urban publie la suite de ZENITH, qui était bien sympa comme oeuvre de jeunesse.

  • Sephcloud  

    Bonne review, je fais partie de ceux qui ont grandement apprécié de lire et relire le run, un vrai plaisir et une poésie certaine.

  • JB  

    Merci pour cette lecture. Je ne suis pas exactement ce qu’on pourrait appeler un inconditionnel de Morrison, mais je tenterai de relire ce run avec un oeil neuf.

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