Voir n’est pas croire (Raptor)

Raptor – A Sokól graphic novel, par Dave McKean

Un article de PRESENCE

VO : Dark Horse Comics

VF : Futuropolis

1ère publication le 09/05/22 – MAJ le 03/08/22

Une vue de l’esprit
© Dark Horse Comics / Futuropolis

Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. La première parution date de 2021, sans prépublication. Elle a été réalisée par Dave McKean pour le scénario et les illustrations, le lettrage.

Si vous avez marché seul dans les bois, ou sur un chemin des douaniers, ou dans un sentier en bordure de la mer et de la terre, ou si vous avez écouté avec attention le souffle du monde, ce livre est pour vous. Je suis revenu à moi, voilà une expression qui interroge. Un rapace plane haut dans le ciel, le long d’une falaise, au-dessus de l’océan. Il effectue un piqué sur un petit oiseau, le lacère de ses griffes et coupe sa moelle épinière d’un coup de bec. Le narrateur éprouve l’impression de pouvoir sentir le sang, métallique, chaud, avec une petite montée d’acide dans sa gorge, à la fois de la faim et de la répulsion. Puis il sent qu’il revient à lui. Et il descend. Un homme emmitouflé, avec un capuchon et un masque sur le visage, une écharpe masquant le bas de son visage : Sokól. Il descend un escalier taillé à même la roche de la falaise, vers la grève. Il voit les veines de roches dans le flanc, trois bondrées apivores dans volant haut dans le ciel. Il atteint la plage, et se fait la remarque que c’est un lieu de transition, parfaitement adapté à son rendez-vous. Il avance entre les poteaux de bois rongés par la marée, étendant son bras gauche en avant : le rapace vient se poser sur son gant de fauconnier. Il regarde ses deux yeux totalement blancs, puis le rapace va se percher sur le sommet d’un des poteaux. Sokól continue d’avancer se rendant au poteau suivant, comme un mot sans contexte sur une page vierge. Il y a un bruit non identifiable.

Sokól attend car il est sûr d’avoir correctement interprété les signes. Mais il n’y a rien, juste des mots, comme de petites floraisons bactériennes sur un papier de Petri. Il n’y a rien de tangible, alors que dans le brouillard devant lui la silhouette d’un monstre d’une vingtaine de mètres de haut semble se dessiner. Le reste de l’après-midi se déroule dans le calme. Le rapace s’envole de son perchoir et se dirige vers la silhouette fantomatique du monstre. Il effectue un passage devant lui et le griffe, faisant gicler un peu de sang. Le silence continue de régner. Des hommes approchent de Sokól sur la plage. Le monstre s’agit en tous sens, alors que les serres du rapace lacèrent à nouveau sa carapace. Il semble cracher une pièce au loin. Puis s’effondrer. Sokól se baisse et ramasse la médaille, usée par le temps. Le rapace vient se poser sur le gant de fauconnier. Les hommes se sont rapprochés de Sokól : celui en tête lui demande s’il veut bien être leur maire. Sokól lui jette la médaille en la qualifiant de pourboire. Dans un village du pays de Galle, dans le cimetière à l’arrière de l’église, une cérémonie d’enterrement prend fin, à laquelle assiste une douzaine de personnes. Arthur est assis à sa table de travail en train d’écrire un roman. Il relève la tête et regarde le portrait de son épouse défunte. Ed, son ami, entre dans la maison.

Un voyageur
© Dark Horse Comics 

C’est un événement : Dave McKean a réalisé une nouvelle bande dessinée, la précédente étant BLACK DOG: THE DREAMS OF PAUL NASH (2016). Ce créateur a durablement marqué le monde des comics de la bande dessinée, avec ARKHAM ASYLUM (1989, scénario de Grant Morrison), puis ses collaborations avec Neil Gaiman, et sa bande dessinée CAGES (1998) sur l’acte de création artistique. Le lecteur sait qu’il va plonger dans un monde à nul autre pareil sur le plan graphique, et certainement dans une histoire racontée de manière très personnelle. Il commence par s’immerger dans ce monde mangé par le brouillard, aux côtés de ce personnage tellement emmitouflé qu’il est impossible de voir une zone de peau. Il regarde le rapace voler, le monstre à la consistance douteuse, à la forme indiscernable dans le brouillard, cette plage sans autre élément visible que les poteaux de bois rongés par la mer et l’air. Il lit les dessins qui racontent l’histoire. Il se demande si le flux de pensée qui les accompagne est bien celui du personnage représenté, ou celui d’un autre qui sera montré plus tard. Il s’imprègne du vocabulaire recherché qui est utilisé pour décrire les lieux. Il ressent que les dessins oscillent entre descriptif et impressionniste. Il ne perçoit pas d’intrigue à proprement parler, mais l’expérience esthétique est agréable et divertissante.

Rapidement, le lecteur comprend qu’il suit deux fils narratifs distincts. Celui de Sokól à une époque médiévale dans une région côtière d’un pays qui peut être la grande Bretagne, mais ça n’est pas précisé. Celui d’Arthur, récemment veuf, écrivain, vivant dans une petite ville du pays de Galle, et recevant régulièrement son ami Ed. Ces deux fils narratifs sont racontés de manière linéaire et traditionnelle. Ils se côtoient, et s’intriquent de temps à autre, à un degré plus ou moins élevé. Ça va d’une sensation similaire dans l’un et l’autre, à une forme de rencontre des deux personnages principaux. D’un côté, Sokól est un voyageur qui séjourne plus longtemps que d’habitude dans un village et ses abords. De l’autre côté, Arthur essaye de se remettre à écrire, espérant ainsi faciliter son travail de deuil pour son épouse. Le lecteur suit Sokól se baladant dans les bois au gré son inspiration, jusqu’à l’incendie d’une ville. Il voit Arthur essayer d’écrire, papoter avec son ami Ed jusqu’à une surprenante séance de spiritisme, impliquant une douzaine de personnes. L’histoire est donc celle de ces deux hommes, le premier semblant prendre la vie comme elle vient et vendant ses services guère précisés, à des villageois, le second subissant son deuil, affecté d’un vague à l’âme. Il règne une forte composante introspective, sans qu’elle ne devienne psychanalytique, plutôt nourrie par des états d’esprit.

Un écrivain
© Dark Horse Comics

S’il ne connaît pas déjà d’autres œuvres de cet artiste, un simple coup d’œil à la couverture indique au lecteur qu’il possède une forte personnalité graphique. La première page s’apparente à une image à l’aquarelle (la paroi de la falaise), illustrant un texte qui est une citation du premier chant des Enfers de la DIVINE COMÉDIE de Dante Alighieri (1265-1321). Les deux pages suivantes ressemblent également à de l’aquarelle, avec des cases à fond jaune Flave, sans bordure, avec une représentation impressionniste beaucoup plus évocatrice que descriptive, et deux cases pouvant relever de l’abstraction car incompréhensibles sur le plan figuratif et narratif si on les détache des cases adjacentes. Au fil des pages, le lecteur relève plusieurs particularités graphiques qui transcrivent la personnalité de l’artiste, et qui confèrent un caractère totalement unique à cette bande dessinée. Régulièrement, mais pas systématiquement, McKean gauchit ses perspectives pour leur donner un caractère étrange, mais aussi pour indiquer l’état d’esprit du personnage qui contemple ou qui habite cet environnement. Il joue également sur les proportions des visages, les allongeant, les penchant, exagérant la dimension d’un front, ou des joues, ou des yeux. Ces écarts avec les proportions anatomiques rendent les visages plus expressifs, mais aussi plus vivants, comme si l’artiste avait saisi un soupçon de la trace d’un mouvement de tête, de bouche ou des yeux. Le lecteur se rend compte que le mode de dessin ou de peinture varie en fonction des séquences : formes détourées avec un trait de contour encré, aquarelle diaphane, peintre à l’huile ou à la gouache pour des séquences oniriques muettes, motif complexe intégré en arrière-plan. Le lecteur ne retrouve pas de manière flagrante des photomontages comme pour les couvertures de Sandman, mais l’artiste a expliqué qu’il avait dessiné chaque planche de manière traditionnelle ou en tout cas sur un support physique, avant de les traiter l’infographie, soit simplement pour les nettoyer et les rendre propres à l’impression, soit en les complétant, modifiant, triturant avec des effets spéciaux.

Il ne s’agit pas pour l’artiste d’étaler sa maîtrise de telle ou telle technique picturale, mais d’exprimer ce qu’il souhaite avec les outils appropriés. Le lecteur peut d’ailleurs n’y prêter aucune attention car il est plus absorbé par ce que racontent les pages, que par la manière dont elles ont été réalisées, cet aspect n’étant pas démonstratif. En fonction de sa sensibilité, certaines images ou certains propos attirent plus fortement son attention, ou génèrent une émotion ou un écho plus parlant. Il peut ressentir plus d’empathie pour la mélancolie d’Arthur que pour les pensées teintées d’ésotérisme de Sokól. Il peut se sentir emporté par le vol du rapace, ou plutôt par l’utilisation d’un registre de vocabulaire sortant de l’ordinaire (bondrée apivore, bécasse, huard, mouette tridactyle, bécasse arctique, le papillon sphinx, bractée, crécelle, tégument…). Ainsi, l’auteur emmène le lecteur sur cette grève, dans les bois pour une balade avec une personne en parlant avec le vocabulaire spécifique approprié. De la même manière qu’il ferait connaissance avec une personne, cherchant les points en commun, les thèmes familiers pour établir un premier contact, les prémices d’une nouvelle relation, il se sent plus intéressé par telle ou telle remarque ou tel thème : la responsabilité du pouvoir, la relation entre le réel et l’imaginaire, la révélation que peut amener l’usage des cartes du tarot, les métaphores (le miroir est la porte, le livre est la clé), Sokól qui se sent piégé entre deux états (celui du chasseur, et celui de la proie). Il perçoit également l’amour de la nature qui se dégage de plusieurs passages, l’écart en vie civilisée et vie sauvage, les interactions à double sens entre rêveur et rêve, la vie de l’esprit qui donne un sens personnel aux événements. Il peut aussi être rétif à certains passages, par exemple la cérémonie ritualisée d’une séance de tarot divinatoire.

Un son
© Dark Horse Comics

Dans le même temps, il se dit que l’auteur l’invite à plusieurs reprises à prendre chaque passage comme une image, comme une interprétation de la réalité, une représentation sciemment biaisée pour en faire ressortir une facette sous un éclairage choisi et orienté. Il perçoit plus ou moins consciemment que le thème de l’entre-deux, de la transition est présent dans chaque séquence, la mise en scène d’un déséquilibre entre deux états opposés, réalité ou fantaisie, humain ou oiseau, artiste ou public, réalité matérielle et vie spirituelle, etc. Avec ce point de vue en tête, il se surprend à sourire quand un personnage dit que Voir n’est pas croire, comme si l’auteur encourageait le lecteur à ne pas croire les images qu’il voit. À un autre moment, Arthur affirme que ce n’est pas lui qui a écrit les phrases qui se trouvent dans le livre qu’il écrit, à nouveau proposant au lecteur de prendre du recul et de ne pas attribuer littéralement chaque image ou chaque phrase à l’auteur. Il apprécie la manière dont l’auteur imagine en toute liberté et en toute sensibilité. Il comprend mieux pourquoi Arthur a choisi le mot d’Apophonie pour le titre de son livre : l’accent que le lecteur met sur une phrase ou une image en change significativement le sens. Il y a autant d’interprétations de l’œuvre que de lecteurs : la bande dessinée est différente à chaque fois qu’elle est lue.

Dès la couverture, le lecteur sait qu’il va plonger dans une bande dessinée singulière. Il en a immédiatement la confirmation par la personnalité diverse de la narration visuelle, et par l’intrigue dont la nature ne se discerne que très progressivement. Il se laisse bien volontiers emmener dans ces déambulations sortant de l’ordinaire, une expérience esthétique, émotionnelle et spirituelle, un flottement entre deux réalités, entre deux états, une liberté imaginative incomparable qui lui donne la sensation de se détacher d’un monde convenu et prévisible pour dériver dans un monde imaginaire qui lui permet de considérer autrement son existence, d’y retrouver du merveilleux. Chef d’œuvre.

Une métaphore
© Dark Horse Comics

49 comments

  • Jyrille  

    Super, comme je viens de l’acquérir, je peux voir les superbes scans que tu as choisis et je pourrais lire ton article dès que j’aurais sauté le pas ! Je reviendrais donc une fois lue 😉

    • zen arcade  

      Pareil.
      Une fois n’estpas coutume, je me suis procuré la version française. Lecture prévue très prochainement.

      • Présence  

        J’avais deux Dave McvKean dans ma pile : j’ai commencé par Black Dog, les rêves de Paul Nash, puis j’ai enchaîné avec celui-ci. Pas facile d’accès, mais une grand moment à chaque fois.

      • Présence  

        C’est vrai que j’en ai bavé pour le vocabulaire en VO. Il a fallu que j’aille chercher de nombreux mots au fur et à mesure, à commencer par les noms d’oiseaux.

        • Bruce lit  

          Une BD singulière en effet. Je crois que rarement je n’avais lu de BD aussi incroyablement cadrée avec des plans aussi ambitieux.
          Je te rassure Présence : en VF aussi le vocabulaire n’est le plus accessible et malheureusement je n’ai absolument rien -mais absolument- rien compris à de quoi ça parle. J’en suis très peiné.

          • Présence  

            Ta remarque me ramène à mon ressenti lors de ma première lecture de Cages : je n’avais rien compris. Mais j’avais quand même apprécié un bout par ci, un bout par là, même si j’étais incapable de comprendre le lien entre eux, ou l’idée globale du récit.

        • Jyrille  

          C’est une des raisons pour laquelle je ne prends quasiment plus que des comics traduits. Lorsque c’est quasi impossible ou pas si simple à trouver (les Doom Patrol il y a 15 ans, les Invisibles…) je prends la VO mais si la VF existe, je préfère, c’est plus simple. Je crois bien que je serais incapable de lire du Moore en VO par exemple. Cela dit, je n’ai jamais eu le besoin de me prendre Asterios Polyp en VF, alors que je crois bien qu’il me faudra tout de même celle de ELEKTRA ASSASSIN un jour, même si étrangement je n’ai pas trouvé ça si compliqué (il faut juste être très concentré). Je remarque souvent que surtout, ce qui nous freine, c’est la méconnaissance de l’argot ou des expressions toutes faites (je vois ça souvent en regardant des séries télé), même si au bout d’un moment on devient familiers avec quelques-unes.

          Mon retour dès que possible !

          • Présence  

            L’argot ou des expressions toutes faites… et aussi les expressions régionales (je pense à des scénaristes qui s’en font une spécialité, comme Ian Edginton), sans parler de ceux qui ajoutent un accent comme Garth Ennis.

    • Présence  

      @Jyrille – Je suis curieux de ton retour.

  • Kaori  

    Quel monument impressionnant !

    Au début j’ai cru que Présence nous faisait partager son savoir, puis j’ai compris que ces mots étranges (bondrées apivores, faut le retenir !) étaient eux-mêmes dans la BD.

    Bon, sinon, Bruce confirme mes craintes : je crains de ne pas avoir les armes pour comprendre ce genre d’oeuvre… Les scans me montrent à quel point tout cela est trop étrange pour moi.
    C’est certainement très beau et une belle expérience, mais alors là moi je me sens larguée et presque hermétique à cette forme d’art et de narration…

    • Présence  

      Les mots étranges : je me suis rendu compte en cours de lecture qu’il y avait des cartouches où je ne comprenais pas ce que je lisais. J’en ai repris la lecture avec wikipedia pour savoir ce que c’était que tous ces noms d’oiseaux. 🙂

      Très étrange et très beau : en découvrant les pages de Dave McKean dans Arkham Asylum, j’y ai vu la continuité de l’exploration picturale de Bill Sienkiewicz. Ça m’a motivé à m’accrocher pour participer à un voyage sortant de l’ordinaire dans ces œuvres suivantes… mais je n’ai pas tout compris. 😀

  • Eddy Vanleffe  

    Je serais bien curieux de lire en médiathèque.
    ordinairement je ne suis pas client des collages plus ou moins abstraits et je ne me suis jamais penché sur la carrière de Dave Mc Kean. mais là c’est lisible et les oiseaux sont magnifiques…
    c’est plus un sentiment qu’une histoire j’ai l’impression.

    • Présence  

      Ta remarque venant après celle de Kaori, c’est marrant de voir à quel point votre ressenti par rapport aux images est à l’opposé.

      Dave McKean, c’est des collaborations avec Neil Gaiman : Violent Cases (1987), Black Orchid (1988), Signal to Noise (1992), The Tragical Comedy or Comical Tragedy of Mr. Punch (1994), sans oublier les couvertures de la série Sandman, et deux ou trois livres illustrés pour enfants (Le jour où j’ai échangé mon père contre deux poissons rouges, Des loups dans les murs).

      C’est aussi les couvertures inoubliables des premiers numéros de la série Hellbazer, de la série Black Orchid, Arkham Asylum (1989), Cages (2010), Celluloïd (2011), deux recueils de récits courts Pictures That Tick 1 (2009) & 2 (2013), Black Dog, les rêves de Paul Nash (2016, j’ai envoyé l’article à Bruce).

  • Surfer  

    J’ai lu pas mal d’œuvre de cet artiste en collaboration avec Gaimain ou Morrison. Toujours réussies.
    Par contre, je n’ai jamais rien lu de lui seul…
    Je suis curieux de voir ce que cela peut donner avec son propre scénario.

    Toujours est-il que si j’ai du mal à comprendre, je ferai appel à mon épouse qui maîtrise parfaitement l’art de l’interprétation du tarot. 😀😀😀

  • Tornado  

    Un article qui transpire la passion du médium et l’admiration de l’auteur.
    Les arguments sont très convaincants mais je ne pense pas me laisser tenter pour le moment. Il fut un temps où je me serais rué dessus mais en ce moment je ne recherche plus trop à dénicher des nouveautés car j’ai déjà trop de choses à lire et pas assez de temps pour le faire.
    Et puis je dois avouer que la lecture de CAGES ne m’a pas donné envie de poursuivre avec Dave McKean. Pour moi, CAGES était extraordinaire dans sa 1° moitié, mais complètement perdu dans la 2nde. J’avais été très déçu au final.
    Maintenant qui sait… Peut-être un jour aurais-je de nouveau envie de me frotter à ce type de bande-dessinée impressionniste, et à Dave McKean. Et puis encore une fois, ton analyse (qui semble démontrer que tu es devenu très réceptif à ce type de narration très particulière et très cryptique) est très convaincante.

    • Présence  

      C’est très gentil de ta part d’avoir trouver mon analyse convaincante : ça me va droit au cœur car à chaque fois, je me demande si je ne suis pas en pleine élucubration.

      Je ne sais pas si je si réceptif que ça parce que j’en ai bavé pour rédiger cet article, pour trouver les thèmes, savoir comment construire un paragraphe. Je suis content que ça se tienne au final.

      • Bruce lit  

        Moi c’est d’avoir terminé cette lecture et l’avoir aimée qui me rend admiratif.

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonsoir Présence,

    de Dave McKean, je ne connais que son Arkham Asylum (je ne sais toujours pas après relecture si j’aime ou pas d’ailleurs), mais comme pour Neil Adams je suis capable de citer d’autres oeuvre dont CAGES voire de savoir l’impact graphique et l’aura qu’il possède.

    Ton article et les pages présentées font très envies. Pour moi on est dans ces oeuvres qui transcendent la bande dessinée. C’est plus du comics, ni du franco-belge. C’est un object graphique d’une puissance rare appartenant au 9ème art. Tu le confirmes ici : dès la couverture, le lecteur sait qu’il va plonger dans une bande dessinée singulière. Il en a immédiatement la confirmation par la personnalité diverse de la narration visuelle, et par l’intrigue dont la nature ne se discerne que très progressivement. Il se laisse bien volontiers emmener dans ces déambulations sortant de l’ordinaire, une expérience esthétique, émotionnelle et spirituelle,

    Je pense que cela peut clairement m’intéresser mais pas l’énergie pour m’y mettre maintenant. Il va falloir que le prenne en main d’abord pour susciter l’envie puis l’achat.

    • Bruce lit  

      Dès la préface McKean confirme avoir voulu créér du cinéma en BD.
      Pour moi, hélas ça ne fonctionne pas. C’est quelque chose de très ciblé pour les amateurs de sémantique du 9ème art et les lecteurs tout terrain comme Présence. J’aurais adoré aimer cet objet.

      • Présence  

        Je ne crois pas que Dave McKean pense en termes de cible. Il me semble plutôt être dans une démarche de trouver les modes graphiques correspondant à ce qu’il souhaite exprimer.

        D’un autre point de vue, j’ai retrouvé dans ces pages cette capacité à réaliser des visions défiant les conventions, racontant avec un point de vue d’auteur, de créateur singulier, tout ce qui me fascinait dans les couvertures de Sandman.

    • Présence  

      L’énergie pour s’y mettre : en ce qui me concerne, ce n’est pas d’énergie dont j’ai eu besoin, mais d’ouverture d’esprit. D’accepter que je ne comprends pas tout, tout de suite, que la narration ne se conforme pas à des schémas dont j’ai l’habitude, que les images ne sont pas descriptives, que le récit fasse appel à la sensibilité et pas uniquement à l’émotion et la raison, que la logique reste sous-jacente sans explicitation, etc. D’un autre côté, j’ai confiance en l’honnêteté de cet artiste hors norme, et j’étais rassuré par le fait d’avoir apprécié Cages, un récit beaucoup plus long. J’ai également la conviction d’être passé à côté de plein de choses qui ne me sont pas accessibles, rien que sur le plan culturel, telles que des références picturales.

      • Jyrille  

        « que le récit fasse appel à la sensibilité et pas uniquement à l’émotion et la raison » Je ne l’ai pas encore lue, mais pour connaître un peu le bonhomme, je pense que c’est exactement ce qui a manqué à Bruce pour apprécier cet ouvrage.

        • Jyrille  

          (« le bonhomme » se référant à Dave McKean évidemment)

          • Présence  

            Je serais bien en peine de le dire : j’ai souvent l’impression que la sensibilité de Bruce est plus développée que la mienne, qu’il sent des choses que je suis incapable de voir.

      • zen arcade  

        Je viens de le lire deux fois et j’ai été submergé de sensations en tous sens.
        Je serais complètement incapable d’écrire un avis construit sur cet album. Ca ne m’étonne pas que tu écrives que tu en as bavé pour le faire. Franchement bravo.
        Il y a des thèmes qui émergent certes, mais je pense que pour pleinement apprécier l’album, il faut accepter qu’il s’agit en premier lieu d’une expérience sensorielle.
        En ce sens, le titre Apophonia du livre écrit par le personnage de l’écrivain veuf est tout à fait parlant : « La perception soudaine et spontanée des relations et du sens de phénomènes sans rapport entre eux. ». Soudain et spontané. C’est du purement sensoriel que nait toute possibilité de compréhension ou plutôt d’appréhension.
        Frontières mouvantes, porosité du réel, invocation, tarot, rêverie, écriture, au final, tout cela se mêle dans la construction tâtonnante et toujours mouvante qui définit notre manière d’être au monde.
        « Ce besoin d’aller au-delà de ce que nous voyons, ce sentiment de ne pas tout comprendre, cette impression à l’approche du XXème siècle, que nous perdons quelque chose, une chose ancienne et mystérieuse. … Il y a quelque chose de séduisant dans la notion d’ordre, de fermeture du cercle et d’isolement vis-à-vis du chaos du monde extérieur. … Je préfère un cercle plus vaste. …L’infini est au coin de la rue. »

        • Présence  

          Merci beaucoup pour ce retour.

          Il faut accepter qu’il s’agit en premier lieu d’une expérience sensorielle : J’ai eu du mal à me mettre dans cet état d’esprit pour ma lecture. Il a fallu que je me rende compte que je ne Comprenais pas l’intrigue, mais qu’il y a avait d’autres sources de plaisir dans la découverte des pages.

          J’aime beaucoup tes deux derniers paragraphes.

          • zen arcade  

            « J’ai eu du mal à me mettre dans cet état d’esprit pour ma lecture. Il a fallu que je me rende compte que je ne Comprenais pas l’intrigue, mais qu’il y a avait d’autres sources de plaisir dans la découverte des pages. »

            Moi, j’adore ça et c’est une des choses que je recherche. parmi tous les plaisirs que la lecture peut procurer.
            De toute façon, ce que je retire d’une lecture, c’est souvent beaucoup plus des sensations et des impressions que le souvenir d’une intrigue.
            La plupart du temps, je ne me souviens plus de l’intrigue de ce que j’ai lu dès le lendemain de ma lecture. Il m’en reste juste quelques bouts éparpillés. Alors que les sensations que m’ont apportées la lecture restent vivaces. Je suis certain que je vais garder en moi ce Raptor pendant longtemps alors que tant d’autres lectures, même des choses que j’ai beaucoup aimées, sombrent rapidement dans l’oubli.

          • Fletcher Arrowsmith  

            Bonjour,

            la discussion entre Zen Arcade et Présence trouve beaucoup d’écho en moi. Pas encore certains de me prendre ce RAPTOR (quoi que j’y pense de plus en plus) mais cette idée sur l’expérience, les impressions qui restent au profit d’une intrigue me parle beaucoup. Idem pour le cinéma (DRIVE MY CAR par exemple) ou bien mes nombreuses lecture de roman.

      • FranckG  

        Merci pour l’effort passé à rédiger un retour sur ce genre d’œuvre difficile.
        J’apprécie assez Dave Mac Kean dans ce qu’il a d’expérimental et d’étrange, (je l’ai, comme beaucoup d’entre nous découvert avec les couvertures de Sandman chez le Téméraire ;-)), mais effectivement, en ce qui concerne ses œuvres propres, il faut avoir l’envie et le temps de se laisser happer par des sensations très intimes (incompréhensibles souvent), le beau (cela est souvent aussi relatif), et l’étrange. Un peu comme lorsque l’on lit du Lovecraft …dessiné par du Alberto Breccia, par exemple, ou que l’on découvre une peinture et/ou une création habitée mais … sans clefs. Besoin souvent d’y revenir ou d’être dans le bon mood pour comprendre, ressentir pleinement.. On est loin de la consommation de masse, c’est clair. On est plutôt un peu aux limites de la narration graphique je pense, où le background culturel du lecteur doit être assez ténu, tout comme son ouverture d’esprit. Or cela n’est pas « donné » à tout le monde, comme cela n’est sans doute pas fait pour tout le monde. Vous avez cité les uns et les autres : Elektra, Asterios Polype… oui. Des œuvres liées aux comics exigeantes aussi, bien qu’un peu moins « abstraites » ? Le rapport à une touche picturale un peu plus « classique » (en fait art dégénéré je dirais et peut-être descontructiviste) de Mc Kean et son rapport ici plus qu’éloigné avec le comics (forme et fond : on est davantage proche de la littérature onirique et poétique limite psycho) rajoute à sa difficulté d’appréhension. Mais quelle belle sensation d’être ébloui, secoué, déboussolé, perdu devant une œuvre. En ce qui me concerne, en tout cas, c’est ce que je recherche souvent. Après, le confort d’une lecture basique et juste distrayante est complémentaire, bien sûr 😉
        En tous cas, un site comme celui-ci se doit de chroniquer ce genre d’œuvre, et tu l’as fait avec passion et clarté, aussi merci, pour nous, pour lui 😉

        • Présence  

          Merci pour ce petit mot gentil.

          Le site comporte également un article sur Cages, une autre de ses œuvres majeures.

          http://www.brucetringale.com/creer/

          Et sur sa BD érotique Celluloid :

          http://www.brucetringale.com/voyage-onirique-et-erotique/

          Je suis un inconditionnel de McKean que j’ai découvert par ses collaborations avec Neil Gaiman : Violent Cases, Black Orchid, Signal to Noise, The Tragical Comedy or Comical Tragedy of Mr. Punch, The Wolves in the Walls.

          J’ai également beaucoup aimé Black Dog: the Dreams of Paul Nash.

  • JP Nguyen  

    De McKean, à ce jour, j’ai lu… ARKHAM ASYLUM, BLACK ORCHID, SIGNAL TO NOISE, mais aucune de ses oeuvres en solo. Dans les images que tu montres, Présence, je n’aime pas tout. J’aime bien le style de la page que tu légendes « Un voyageur », en particulier la seconde case. La cover est chouette, aussi.
    Par contre, la page « un son », ça me perd un peu. Hors contexte, ça ressemble un peu à du foutage de gueule.
    Certains textes ne sont pas ultra-lisibles non plus, lorsque l’auteur choisit de ne pas mettre de fond, comme le texte blanc directement sur l’image de la 3ème case dans la page « Un voyageur ».

    Globalement, ça transpire le talent et la maîtrise mais personnellement, ça ne me parle pas beaucoup. Mais qui sait, si je tombe un jour dessus…

  • Présence  

    Hors contexte, ça ressemble un peu à du foutage de gueule. – Une remarque qui m’a bien fait sourire car c’est une question qu’il m’est arrivé de me poser.

    Si c’était un autre artiste qui me proposait une telle page, est-ce que ma réaction serait la même ? Honnêtement, non, je partirais avec un a priori, ou plutôt je n’aurais pas l’a priori que j’ai pour Dave McKean. J’ai fait l’effort de parcourir sa biographie et d’en lire la majeure partie. J’ai encore Pictures that tick 1 & 2 qui dorment sur mes étagères comme dirait quelqu’un.

    Du coup, ce n’est pas un goût inné, mais un goût acquis pour ses œuvres. Donc je pars avec un a priori très positif : McKean a toute ma confiance. Tel est le contexte, et, comme tu le fais observer, il fait une énorme différence. Je pars même intimidé à chaque nouvel ouvrage, n’ayant aucune idée de ce que je vais découvrir, n’étant pas assuré de comprendre, ni même d’apprécier. A chaque fois, je sors de ma zone de confort. Heureusement qu’il ne sort pas une BD par an : ce serait épuisant pour moi.

  • JB  

    Merci pour cette présentation toute en sensibilité et en impressions. Je pense que je ne suis pas la cible de ce type de titre, ne disposant pas des connaissances ou compétences pour lire les planches présentées.

    • Présence  

      Si ça peux te rassurer, je n’en avais aucune non plus il y a quelques années. Mon éducation s’est faite très progressivement en découvrant des comics dont les visuels me restaient en tête sans que je ne sache pourquoi. Très progressivement, à l’échelle de plusieurs mois, de plusieurs années même, j’ai fini par retenir quelques noms d’artistes, et par entrevoir ce que les critiques du Comics Journal pouvait apprécier dans tel ou tel comics que je trouvais mal dessiné, à peine professionnel. Et encore… il m’aura fallu deux décennies pour commencer à apprécier quelqu’un comme Gilbert Hernandez, et je ne ressens toujours pas grand chose en lisant Jaime Hernandez.

      Je dirais même qu’il n’y a pas d’apprentissage pour la sensibilité : en lisant Raptor, je ne comprenais rien dans les premières pages, mais certaines cases, certaines phrases éveillaient quelque chose en moi. Cela m’a suffi pour avoir envie de lire le tout, puis de le refeuilleter pour découvrir quelque chose que je n’avais pas saisi à la lecture. Puis en composant le commentaire, j’ai encore découvert d’autres choses. Si je le relisais aujourd’hui, je pense que ma lecture en serait encore différente, en fonction de mon état d’esprit du moment.

  • Bruce lit  

    En regardant les unes du mois sur le blog, je me surprends à voir que RAPTOR et L’ESPRIT ROUGE ont la même gamme de couleur.

    • Présence  

      Faut-il y voir ton inconscient à l’œuvre qui rapproche ainsi ces deux ouvrages pour concevoir la programmation ?

        • Présence  

          Ah ben bravo ! Patientant tranquillement à la caisse chez Leclerc, je découvre ta réplique. Quatre personnes se retournent vers moi pou voir un petit monsieur rondouillard en train de glousser à haute en regardant son téléphone. 😀 Tu peux être fier de toi.

  • Jyrille  

    (@Bruce, je ne comprends pas ta vanne sur la couleur)

    @Présence, j’ai fait comme toi : je viens de lire BLACK DOG. J’ai adoré. Graphiquement c’est je sais pas, ultime ? Merveilleux ? Il y a des moments où ses dessins aux contours abstraits deviennent extrêmement réels, comme des photos, comme les yeux de la fille dans les pages finales, où la tête, vue de dos, du soldat dans la double planche où il assiste au champ de bataille. Si ça se trouve ce sont des photos.

    Je ne connaissais pas du tout Paul Nash, je ne sais rien de son oeuvre, je me demande jusqu’à quel point McKean a essayé de s’approcher de lui. Tout du long, j’ai pensé à un autre chef d’oeuvre, la bd que j’ai le plus offerte (trois ou quatre fois), que j’ai dû lire une vingtaine de fois sans jamais me lasser, qui parle exactement des mêmes sujets : la guerre de 14-18, l’art pictural et les oiseaux. Il s’agit de LA LIGNE DE FRONT de Manu Larcenet. Tout le monde doit la lire.

    https://www.bedetheque.com/BD-Une-aventure-rocambolesque-de-Tome-2-Vincent-Van-Gogh-La-ligne-de-front-34422.html

    On sent déjà ici l’attrait de McKean pour les oiseaux, je vais donc pouvoir enchaîner avec RAPTOR plus sereinement. Si je poussais le bouchon, je te dirais de te remettre les Talk Talk avec les pochettes de James Marsh pour rester dans l’ambiance ou tout simplement accompagner la lecture de ses bds.

    (Pub 🙂 http://www.brucetringale.com/luxe-calme-et-volupte-special-pochette-talk-talk/

    • Présence  

      @Jyrille – Je note La ligne de front, de Manu Larcenet pour l’ajouter à ma très loooooongue liste de lectures potentielles.

      Je ne connaissais pas Paul Nash non plus, avant de lire la BD de McKean.

      Des dessins aux contours abstraits deviennent extrêmement réels : dans L’art invisible, Scott McCloud présente sa façon d’envisager le territoire de la représentation graphique sous la forme d’un triangle avec à ses pointes : le photoréalisme, l’icône, l’art abstrait. Il positionne de nombreux bédéastes sur ce territoire. Pour Dave McKean, il indique que ses dessins et peintures couvrent toute la surface de ce triangle.

  • Jyrille  

    Je viens de la finir. Je crois que tu as su me motiver, Présence… quoiqu’il en soit, c’est magnifique. Je ne pense pas avoir tout saisi (cette citation finale semble ne pas avoir grand-chose à faire là) mais le voyage est génial.

    « Il perçoit plus ou moins consciemment que le thème de l’entre-deux, de la transition est présent dans chaque séquence, la mise en scène d’un déséquilibre entre deux états opposés, réalité ou fantaisie, humain ou oiseau, artiste ou public, réalité matérielle et vie spirituelle, etc. » Oui je pense que tout est là. Il y a beaucoup de fantastique dans cette bd et j’imagine que McKean a fait des recherches sur les légendes celtiques ou britanniques… comme Ellis dans Injection. Enfin, je ne fais que supposer.

    Tu vas dire que je radote mais cette fois-ci, c’est BLAST que m’a rappelé cette bd. Surtout pour le traitement graphique, les planches impressionnistes. Encore un Larcenet…

    http://www.brucetringale.com/la-commedia-de-pedrolino/

    En tout cas chapeau pour l’article, il me permet toujours de mettre des mots sur les sensations que j’ai pu moi-même avoir. Merci.

    Maintenant que je suis lancé, il est peut-être temps de se mettre à CAGES…

    • Présence  

      L’entre-deux : typiquement, ça ne m’est venu à l’esprit qu’en prenant des notes pour nourrir mon commentaire. A la lecture, je n’avais pas perçu ce thème.

      Blast : je ne l’oublie pas. Je l’ai feuilleté. Je sais que je veux le lire, encore plus après la lecture de ton article. Je n’ai pas encore sauté le pas.

      Cages : la lecture de surface en est peut-être plus facile parce qu’il y a plus de scènes de la vie ordinaire. Sur la durée, la lecture devient exigeante du fait de la pagination. Il faut faire confiance a priori à l’auteur dans le fait que le tout se tienne.

  • Jyrille  

    Ah et j’oublie de dire que le texte, hyper poétique, est très beau. Toute la partie, pratiquement finale, citée par Zen Arcade dans un de ses commentaires prouve la réflexion et les compétences scénaristiques de McKean.

    • Présence  

      La réflexion et les compétences scénaristiques de McKean : entièrement d’accord, c’est une vision d’auteur, l’expression d’une sensibilité personnelle avec des outils artistiques bien supérieurs à la moyenne. C’est une évidence sur le plan pictural ; c’est un peu plus délicat à percevoir dans la structure narrative parce qu’elle répond plus à des principes poétiques, qu’à des règles cartésiennes. Pour autant, une fois la dernière page tournée, il est possible de se rendre compte du fil directeur et de percevoir ladite structure. Mais ça me demande du temps pour y arriver.

  • Philippe Champert aka Phyl Champ  

    Quel article. Je suis sous le charme et dépose les,armes devant tant de qualité rédactionnelle. Je ne l’avais pas vu passé en mai. Bruce, tu as bien fait de le proposer à nouveau.

    • Présence  

      Merci pour ce mot très gentil. C’est toujours plus facile de réaliser un commentaire intéressant quand la bande dessinée est d’une telle qualité.

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