ET UN, ET DEUX, ET TROIS YEAR ONE !

LE CAÏD  + DOCTEUR OCTOPUS + THE PUNISHER : ANNÉE UN par collectif

Par TORNADO

VO : Marvel Comics

VF : Panini Comics

Here they come !
© Marvel Comics / Panini Comics

Cet article portera sur trois mini-séries de l’univers Marvel : LE CAÏD : ANNEE UN, DOCTEUR OCTOPUS : ANNEE UN, THE PUNISHER : ANNEE UN.

Comme vous l’avez certainement déjà deviné, ces trois mini-séries possèdent des points communs. Mais ce que vous ne savez pas encore, c’est que tout n’est pas seulement dans le titre. En effet, les trois ont été publiées à peu-près à la même époque, surtout les deux premières, toutes les deux publiées en 2004. C’était l’époque bénie des MARVEL KNIGHTS, dont nous vous causions les bienfaits et les ratés dans cet article.

Pour le coup, la mini-série THE PUNISHER : ANNEE UN joue ici les outsiders en même temps que les précurseurs…

LE CAÏD : ANNEE UN (KINGPIN #1/7) : Par Bruce Jones (scénario), Sean Phillips (dessin) et Klaus Janson (encrage).
Une affiche prometteuse !
© Marvel Comics

L’époque des MARVEL KNIGHTS, c’était une époque où Marvel avait décidé que les super-héros pourraient être lus par des adultes parce que les histoires seraient matures, autonomes et artistiquement exigeantes, sous la houlette d’une collection d’auteurs triés sur le volet venant, le plus souvent, de l’indépendant.

Pas étonnant, du coup, que l’on ait alors proposé aux lecteurs une relecture des origines des personnages, sur le même concept de maturité, d’angle d’approche et de dialogues pour adultes.

Puisque votre serviteur fait partie des fans de la-dite-période (en dehors de cette période, je me risquerais à dire que l’univers Marvel n’a jamais vraiment été pensé pour les adultes, en tout cas jamais exclusivement), cette mini-série sur les origines du Caïd avait tout pour lui plaire. Et puis quelle dream-team d’auteurs ! Bruce Jones, scénariste rompu aux comics horrifiques (il avait fait les beaux jours des éditions Warren aux côtés de son génial comparse Bernie Wrightson), nous avait déjà bien régalé sur une série Marvel mainstream avec son HULK (ainsi que sur un épisode jouissif de l’anthologie SPIDER-MAN TANGLED WEB). Sean Phillips, qui allait bientôt former avec Ed Brubaker la paire d’auteurs de comics indépassable dans le genre polar ! Et enfin Klaus Janson, l’encreur du mythique DARK KNIGHT RETURNS, qu’on avait également apprécié sur une autre histoire du chevalier noir par Grant Morrison : GOTHIC.

Les rues malfamées de la grande pomme.
© Marvel Comics

Cette relecture des origines du Caïd nous remet dans le contexte de son emprise sur le monde du crime new-yorkais : Comment il s’est fait une place dans le milieu, son ascension, comment il a vaincu méthodiquement et définitivement les familles mafieuses italiennes en place depuis des générations, ainsi que les gangs rivaux. Respectant la continuité originelle de l’univers 616 (l’univers Marvel officiel), Bruce Jones met en scène les rencontres entre le Caïd et son premier ennemi historique venu du monde super-héroïque, c’est-à-dire non pas Daredevil, qui deviendra son ennemi exclusif à partir du run de Frank Miller, mais bien Spiderman.

Hélas ! ce pitch et ce trio d’auteurs de rêve accouchent d’une bande-dessinée à la fadeur proportionnelle aux attentes qu’on pouvait spéculer !
Pour commencer, il y a les partis-pris du scénario : Alors que Bruce Jones aurait pu mettre en scène un Caïd puissant et terrifiant, il nous montre un personnage qui joue quasiment un rôle secondaire dans son histoire. Plutôt que de mettre en avant sa force surhumaine (ce qui en fait, historiquement, un ennemi sur lequel il faut compter en plus de ses capacités intellectuelles), le scénariste choisit d’insister sur ses aptitudes de stratège hors du commun. Et seulement là-dessus…

De la même manière, les apparitions de Spiderman sont confinées à quelques scènes anecdotiques et presque incongrues tant elles semblent sortir du chapeau, uniquement pour que le lecteur lambda puisse apercevoir le super-héros dans chaque épisode, le temps d’une poignée de vignettes…

Pire encore : Les véritables personnages principaux du récit sont des acteurs secondaires de l’intrigue ! A savoir un sous-fifre du caïd et l’épouse du candidat à la mairie de New-York, chacun souhaitant se venger de son pygmalion. Un choix original sur le principe, mais qui échoue rapidement en ce que les personnages en question, détestables de bout en bout, ne parviennent jamais à emporter le lecteur, ni par l’attachement, ni par le charisme ! Lecteur qui demeure tout du long étranger à cette histoire dans laquelle ni le Caïd, ni Spiderman ne tiennent le haut de l’affiche, pour un récit choral qui ne fait guère briller la mythologie consacrée.

Un Sean Phillips en petite forme…
© Marvel Comics

Mais enfin le scénario n’est pas seul responsable de la débâcle. Car Sean Phillips y est également pour beaucoup. Effectivement l’artiste déçoit énormément dans ces pages. On est loin de son travail remarquable sur les polars de Brubaker et il est même incompréhensible de le voir aussi mauvais sur toutes les séquences dédiées au tisseur quand il a été si brillant dans le one-shot A DAY IN THE LIFE (WEBSPINNERS : TALES OF SPIDER-MAN #10, 11 et 12, sur un scénario de Paul Jenkins), publié en 1999, c’est-à-dire cinq ans plus tôt ! Phillips livre ici des planches parmi les plus laides, les plus figées et les moins bien réalisées de toute sa carrière, atténuant la force de toutes les scènes d’action, d’une maladresse rare en ce que les positions et la sensation de mouvement sont systématiquement ratés ! Et l’encrage dynamique de Klaus Janson, exécuté à la serpe comme à son habitude, n’y change rien. Le dessin sape systématiquement toutes les envolées du script et la dimension iconique qu’il aurait éventuellement pu lui insuffler.

Conclusion : Sans être une mauvaise lecture de par la professionnalité de son scénariste, dont l’inclination adulte, la classe narrative et la qualité des dialogues demeurent irréprochables, cette relecture des origines du Caïd rate quasiment tous ses objectifs en étant d’une pauvreté, d’une vacuité et d’une fadeur rares en termes de mythologie, de script et de mise en image, qui ne destinent nullement cette mini-série à trôner dans toute bibliothèque sélective digne de ce nom.

Dark origins…
© Marvel Comics
DOCTEUR OCTOPUS : ANNÉE UN (DOCTOR OCTOPUS : YEAR ONE #1/5) : Par Zeb Wells (scénario) & Kare Andrews (dessin).

Cette seconde mini-série nous narre donc les origines de ce bon vieil Otto Octavius, l’un des premiers ennemis de Spiderman et probablement le plus emblématique, avec le Bouffon vert.

Nous suivons le parcours du futur docteur depuis son enfance, jusqu’à ce qu’il obtienne son doctorat et qu’il perde la raison en même temps que ses expériences lui greffent définitivement ses tentacules d’acier sur son organisme, à la suite d’un dérapage aux effets nucléaires néfastes. Nous apprenons comment son père le maltraitait ainsi que son entourage durant la quasi-totalité de sa jeunesse et de ses études (avec un parallèle à Peter Parker, dont le parti-pris ici est d’en faire deux étudiants du même âge s’étant plus ou moins côtoyé à l’université), et comment il a tissé un rapport affectif malsain avec une mère castratrice.

Une jeunesse en dents de scie.
© Marvel Comics

Pour le coup, les qualités et les défauts sont quasiment inversement proportionnels à ceux de la mini-série précédente. Zeb Wells est un scénariste extrêmement compétent et très sous-estimé, qui œuvre humblement dans l’ombre des plus grands tout en livrant régulièrement des petites surprises mainstream de très grande qualité (citons notamment son excellent BATTLIN’ JACK MURDOCK). Son travail ici est tout à fait honorable mais il souffre d’un manque d’espace (deux épisodes de moins que LE CAÏD : ANNEE UN).

Si le cahier des charges l’oblige à coller plus ou moins à l’actualité cinématographique de l’époque (le rédactionnel de Panini Comics nous apprend que la mini-série a été commandée pour coïncider avec la sortie du SPIDERMAN 2 de Sam Raimi, dont l’antagoniste principal était justement le Dr Octopus), il peine à développer correctement les séquences familiales qui montrent à quel point l’entourage affectif du futur Doc Oc’ a détruit dans l’œuf l’équilibre psychologique de celui qui aurait pu devenir un physicien de génie. De la même manière, son idylle ratée avec sa collègue scientifique, qui subit la mutation de l’élu de son cœur en psychopathe, aurait mérité quelques pages supplémentaires.
L’ensemble est donc, d’un point de vue scénaristique, bien emballé mais trop précipité.

Première défaite historique pour ce bon Spiderman des familles…
© Marvel Comics

C’est du côté de la partie graphique que Dr OCTOPUS : ANNEE UN tire son épingle du jeu, car Kare Andrews, qui dessine et encre la totalité des planches (avec une mise en couleur effectuée par Jose Villarubia), livre un travail absolument brillant du début à la fin. Il prend pourtant des risques en changeant de style constamment, passant d’une planche à l’autre (avec un gaufrier pourtant rigoureux) du réalisme virtuose au traitement humoristique cartoony, du détail maniaque à l’esquisse déformée, sans que la chose ne choque jamais, avec une aisance désarmante et une somme de toutes les parties sonnant étonnamment juste à tous les coups !

Le lecteur sort de l’expérience avec un arrière-goût d’inabouti pour quelque chose qui aurait pu être encore mieux. La plongée dans la psyché du personnage principal n’est pas assez fouillée, la mise en parallèle d’Otto/Octopus et de Peter/Spiderman aurait pu donner quelque chose de plus intéressant. Reste une lecture fluide avec une ambiance malsaine étonnante pour le genre invoqué, et les dessins épatants d’un artiste hors du commun (on lui doit également de chouettes épisodes de la série TANGLED WEB et les phénoménales couvertures du run de Bruce Jones sur le HULK cité plus haut !).

Mythos.
© Marvel Comics

THE PUNISHER : ANNEE UN (THE PUNISHER YEAR ONE #1/4) : Par Dan Abnett, Andy Lanning (scénario) & Dale Eaglesham (dessin).

Et nous avons gardé le meilleur pour la fin.
On retourne près de dix ans en arrière à une époque où le Punisher est l’une des stars absolues de l’univers Marvel, avec pas moins de trois séries toutes à sa gloire (et même quatre si on y ajoute la série PUNISHER 2099), ainsi qu’un film !

A partir de 1992, un duo d’auteurs se penche sur le personnage. Dans l’avenir, Dan Abnett & Andy Lanning (que les fans nommeront affectueusement DnA) se feront une spécialité des personnages et des séries cosmiques de l’univers Marvel (on en a par exemple parlé ici et ). Mais pour l’heure, ils sont encore dans le super-héros urbain…

On leur confie donc la tâche de narrer les origines du Punisher, c’est-à-dire sa naissance entant que justicier, soit le moment où il a basculé dans la vindicte anticriminelle après le massacre de sa famille par la mafia lors d’un pique-nique en plein Central-park.

Pauvre Frank…
© Marvel Comics

Le récit commence exactement après le massacre, au cœur de la forêt de Manhattan, lorsque McTeer, un journaliste ivrogne qui cuve son whisky, est réveillé par les coups de feu de la fusillade. Il découvre la famille Castle criblée de balles et témoigne dès l’arrivée de la police, trop heureux de posséder enfin un scoop.

Nous suivons ensuite Frank Castle, le futur Punisher, seul survivant du massacre, dans sa convalescence (qui ne l’empêchera nullement de distribuer les bourre-pif…), son effondrement dans le deuil et son enferment dans le mutisme volcanique. Il perd rapidement ses repères et sa foi en la justice lorsqu’il s’aperçoit que ni les promesses de la police, ni celles de McTeer ne porteront leurs fruits dans l’objectif d’arrêter un clan mafieux qui a manifestement le bras long et quelques puissantes relations le mettant à l’abri des représailles. Il se fait peu à peu une raison : Lui-seul pourra rétablir la justice… dans un bain de sang. C’est la naissance du Punisher…

Le résumé de cette courte mini-série (quatre épisodes seulement) ne trompe pas : Aucune originalité, rien que le lecteur ne sache déjà ne sortira de ces pages. Et pourtant, ce récit est un sans-faute de bout en bout !

DnA font le choix de placer leur récit dans la stricte continuité de l’univers 616 et de sa chronologie historique. Le look des personnages montre que l’action se déroule dans les années 70, ce qui est parfaitement raccord avec l’épisode d’AMAZING SPIDER-MAN #129 qui marque la première apparition du personnage en 1974 (origines également remises en contexte dans les années 80). Peter Parker (Spiderman) fait d’ailleurs une apparition dans un épisode, de même que le staff du Daily Buggle et divers personnages de passage comme le professeur Miles Warren, qui deviendra le Chacal dans la première Saga du clone mais qui sera également le commanditaire du Punisher pour l’une de ses premières missions…

Le choix de montrer un Frank Castle complètement anéanti par le deuil, interdit d’ailleurs de tisser une continuité avec le Punisher façon Ennis et notamment avec le PUNISHER MAX. Dans cette autre continuité distincte débarrassée de l’élément super-héroïque, Ennis avait fait de Castle un sociopathe dénué d’empathie qui avait vécu la mort de sa famille comme une sorte de délivrance et un prétexte pour continuer sa guerre même une fois revenu au pays !

L’intérêt de cette relecture des origines n’est donc pas dans l’effet de surprise. Ce qui fait toute la difference se joue en réalité dans l’écriture de DnA.

Le duo d’auteurs nous trousse quatre épisodes magistralement structurés du point de vue du scénario. Découpage au cordeau, brillantissime sens du dialogue se jouant dans le détail (les discussions entre l’inspecteur Laviano et son second Witts sont aussi travaillées que savoureuses), impressionnante justesse des réactions de chaque personnage, tout concoure à immerger le lecteur dans un récit à la fois réaliste et familier, comme s’il existait pour de vrai. Si les années 90 sont souvent réputées pour fournir du comic book de super-héros bourrin au kilomètre, on y trouve également les retombées du Dark âge et, lorsque les auteurs sont doués comme c’est le cas ici, celles de WATCHMEN et de DKR. Les quatre épisodes de PUNISHER : YEAR ONE figurent ainsi parmi les mieux réalisés, les plus concis, les plus justes, les mieux écrits et dialogués qu’il m’ait été donné de lire d’un point de vue strictement formel, avec en plus un vrai point de vue adulte et mature, et un sens du détail (les gimmicks des discussions des deux policiers, le parterre de fleurs de Maria Castle, la vie dissolue de McTeer…) qui fait les meilleures histoires, puisque ce n’est pas tant Frank Castle, monolithique, qui assure le spectacle ici, mais surtout son entourage (Ennis s’en souviendra dans sa maxi-série WELCOME BACK, FRANK).

Le journaliste alcoolique McTeer et le duo de flics chargés de l’affaire du massacre de la famille Castle. Pas que des faire-valoir !
© Marvel Comics

Du côté de la partie graphique, c’est également une bonne pioche. Le trop rare Dale Eaglesham livre ici un travail impeccable et immersif, qui se coule dans le moule de l’esthétique des années 90 (il faut bien quelques planches pour s’acclimater à cet encrage baroque et à cette colorimétrie glaciale aujourd’hui surannés), sans en reprendre les excès. Les scènes d’action sont parfois presque aussi illisibles que dans les comics de la même période à la Jim Lee mais, dans l’ensemble, la majeure partie des planches offrent des scènes claires et dépouillées, aux personnages immédiatement reconnaissables et crédibles, parfaitement story-boardées dans une ambiance noire et réaliste, façon polar des années 70.

Malgré une absence totale d’originalité et de surprises pour un lecteur familier de la mythologie liée à Frank Castle (Ennis offrira une version différente de cette vindicte dans l’un de ses arcs de la ligne MAX intitulé THE CELL), THE PUNISHER : YEAR ONE est l’une des rares relectures des origines d’un personnage Marvel parfaitement réussies, et un must have pour tous les fans du personnage au tee-shirt à tête de mort…

Le purgatoire de Frank Castle avant de devenir le Punisher. Il va se relever et ça va chier !
© Marvel Comics

La BO : Gil Scott-Heron : BEGINNINGS

16 comments

  • JP Nguyen  

    Sur ces trois « Year One », je n’ai lu que celui sur le Punisher. Je l’avais même chroniqué pour Scarce.
    Je n’avais pas vraiment aimé et intitulé mon article « Une lecture punitive »
    « Le portrait qui est fait de Frank Castle est par trop générique. C’est un soldat d’élite et un père de famille aimant, victime d’une tragédie, essayant de s’en remettre au système légal et, seulement en désespoir de cause, se décidant enfin à prendre les choses en main. Soit une trame mille fois vues dans les films d’action des années 80…  »
    J’avais aussi tiqué sur « Si vis pacem para bellum », cité 4 fois en 3 pages avec la même faute sur « Sic » au lieu de « Si ».

    Ma foi, cela arrive que nos avis divergent.

    Ton article me donne envie d’essayer le Doc Ock, dont je me rappelle vaguement des critiques tantôt positives, tantôt mitigées. Ca remonte un peu maintenant et je suivais les comics via les sites VO…

    • Tornado  

      Ah ben ça alors… J’ai vraiment trouvé ce PUNISHER excellent ! J’ai presque envie de t’encourager à lui redonner sa chance !
      Par contre je me rends compte en relisant l’article que j’ai complètement oublié de citer celui que tu as écrit sur le IRON FIST de Kaare Andrews. Et je m’en excuse, JP.

      • JP Nguyen  

        Y’a vraiment pas lieu de t’excuser, les caves du blog sont grandes, c’est dur de se rappeler de tout. Parfois, lorsque je rédige un article, je songe à un précédent article dans le blog et puis je ne colle pas le lien tout de suite et je finis par oublier.
        Pour Pupu, je l’ai lu en ligne, c’était ma contribution à un dossier DnA de Scarce. Ce n’est pas très long, je tenterai de le relire un jour et je t’en dirai des nouvelles !

  • Nikolavitch  

    Ah, l’inverse pour moi, celui sur Pupu est le seul que j’avais pas lu.

    En ce qui concerne, le tandem Phillips Janson, tu dis que l’encreur échoue à sauver le dessin, j’aurais tendance à penser l’inverse. je me demande si son encrage qui, a priori, devrait assez coller au trait un peu carré et noir du dessinateur, ne le fige pas. Faudrait que je remette le nez dans ces planches pour analyser ça, tiens.

  • Matt  

    Je n’ai lu aucun de ces récits.
    Pour le coup ça donne envie.
    J’avais voulu tester le Doc Ock année un, mais j’avais peur du truc de commande pour coller au film.
    Mais c’est vrai que Zeb Wells est un auteur doué qui a même fait des petites histoires cool durant la période Brand New Day, au même titre que Fred Van Lente (aussi sous estimé souvent)

    DnA aussi sont des bons, même si tu avais été très calmé par leurs sagas cosmiques (oui ils ne renient pas la continuité et donc ça peut être complexe) Mais ils maitrisent les codes d’un récits, savent mettre du suspense, de bons dialogues, etc. Ils sont pas mal ainstream donc parfois ça peut refroidir. Et tu sembles confirmer que dans ce Punisher aussi ils restent bien ancrés dans la continuité. Donc ça marche pour qui accepte ça, mais ce ne sont pas des manches.

    « Dans cette autre continuité distincte débarrassée de l’élément super-héroïque, Ennis avait fait de Castle un sociopathe dénué d’empathie qui avait vécu la mort de sa famille comme une sorte de délivrance et un prétexte pour continuer sa guerre même une fois revenu au pays ! »

    Et on va encore me dire que j’ai pas compris le personnage et qu’il est intéressant et dramatique ce taré…

    Dommage pour le Bruce Jones qui sait faire de bons trucs aussi.
    Il y a une autre mini série LE CAID de Matthew Rosenberg datant de 2017 mais je ne sais pas ce que ça vaut.
    Mais au final sur ce personnage on avait des flashback dans divers comics, comme le DD de Quesada avec l’arrivée du personnage de Echo. Et parfois ça marche de juste montrer des flash de ce qu’a pu être sa vie.

  • Surfer  

    Me concernant, des 3 mini-série je possède le Caïd et le Punisher que j’ai lues à leur sortie .

    J’ai acheté le Caïd pour le scénariste que j’apprécie beaucoup. J’ai d’ailleurs une grosse partie de la série de BDs qui lui est consacrée : « Bruce Jones présente » et les très beaux tomes de Delirium éditant Warren.
    Je suis d’accord, il excelle dans les histoires horrifiques courtes. Surtout quand elles sont dessinées par son pote Bernie.👍

    J’ai acheté le Punisher pour ses origines. Elles avaient déjà été évoquées plusieurs fois en quelques cases dans quelques unes de ses histoires, mais il me semble que c’est la première fois où une mini-série y revenait avec autant de détails et aussi longuement.

    BO: Pas de faute goût…Bravo et merci de poster une musique de cet immense artiste 👍👍👍

  • JB  

    Merci pour cette triple review !

    Le Caïd : je me rappelle qu’à la lecture, j’avais l’impression d’un titre qui lorgnait furieusement vers LES SOPRANO. Rien de bien mémorable et, pour les chi*urs de la continuité comme moi, une incohérence à voir débouler Spider-Man à ce moment-là de la carrière de Fisk. Pour une véritable origine du Caïd, je reste sur les flashbacks de Daredevil : Tranche de vide qui faisaient bien mieux le taf.

    Pour Doc Ock année 1, le scénar est bloqué sur des rails puisque Zeb Wells adapte une trame précédemment publiée dans SPIDER-MAN UNLIMITED n°3. J’aime bien l’obsession du nucléaire du personnage, et son délire sur l’avènement d’une race de surhommes, également présent dans le discours d’Octopus dans SPIDER MAN : L’EMPIRE.

    Je crains de ne pas avoir lu le PUNISHER: YEAR ONE en entier. Non seulement parce que je n’avais que 2-3 numéros, mais aussi parce que le récit ne m’avait pas convaincu. Je dois avouer que je préfère le tandem DnA dans le cosmique plutôt que dans l’urbain, ça a pu jouer !

  • Jyrille  

    Merci Tornado pour les présentations, je n’ai jamais vu ces bds auparavant évidemment. Tu ne donnes pas trop envie, sauf pour le Punisher, que je pourrais essayer de lire à l’occasion, mais j’avoue que la partie graphique ne m’attire pas du tout. En tout cas je ne savais pas que le concept de YEAR ONE avait été à ce point étendu. Est-ce que le BATMAN YEAR ONE de Miller est le premier de cette série ? Ah, pour ta gouverne, sache que je vais bientôt avoir le tome Urban de ROBIN YEAR ONE, depuis le temps que je suis curieux de l’avoir…

    La BO : super, je ne connais qu’un seul Gil-Scott, d’où sort celui-ci ?

    • JB  

      En VO, la série sur le Caïd ne porte pas de label « Year One ».
      Chez DC, si l’histoire originale était juste un story arc de DETECTIVE COMICS, il y a depuis eu plusieurs mini-série « Year One » (sur les Teen Titans, Green Arrow, Element Man, Black Lightning, etc.) ou encore une année où tous les annual racontaient des « Années 1 »

    • Tornado  

      « d’où sort celui-ci ? » —> De l’album qu’on voit sur le visuel ^^ (excellent opus, grande époque).

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonjour Tornado,

    très original cette entrée en se focalisant sur 3 origin story ou Year one pour faire plus commercial.

    Je crois que j’ai revendu le Kingpin. Enorme déception à la lecture m’attendant plus à voir une histoire dans la lignées des fameux flashback évoqués. J’étais également venu pour Philips et là aussi déception. Je me demande si Marvel n’a pas été cherché Janson pour rappeler sa collaboration avec Miller sur Daredevil.

    J’aime beaucoup le Octopus acheté pour pas cher dans une de nombreuses collection de Panini mais surtout pour Kaare Andrews, que je considère comme l’un des meilleurs artistes de ces 20 dernières années. Cela se lit bien sans trop d’ambition mais ce n’est pas ce qui est recherché.

    Pas lu celui sur le Punisher, loin d’être un de mes personnages préférés, ayant à peine lu ses histoires par Ennis ici même encensées. Cela pourrait m’intéresser mais graphiquement je n’accroche pas, à cause de la colorisation.

  • Eddy Vanleffe  

    S’il y a bien un personnage dont à chaque fois qu’on se penche sur les origines, ça me fait soupirer d’ennui, c’est bien le Kingpin, enfant battu qui s’est fait tout seul etc.. je ne trouve pas ça très original. Le dessin de Sean Philips porte très lourdement l’encrage de Klaus Janson je trouve… il a du faire des layouts seulement.

    Le docteur Octopus est assez sympa surtout graphiquement et tu me donnes envie de lire le Punisher…
    J’avais en mon temps pondu tout un dossier sur les Year one et je m’aperçois que j’avais omis ceux-là tiens…
    http://www.brucetringale.com/pourquoi-batman-year-one-a-tout-change-dans-nos-vies-de-lecteur/

  • Présence  

    Je n’ai lu aucun de ces trois récits, n’ayant pas de grande attirance pour cet exercice très contraint de raconter les débuts d’un personnage dont je connais déjà les origines. Une forme d’exercice d’étirement de récits généralement cantonnés à quelques pages, voire quelques cases, et qui prennent l’ampleur d’une minisérie en plusieurs épisodes. En outre l’appellation Year One (plutôt DC que Marvel comme le rappelle JB) apparaît comme un artifice commercial pour évoquer le Year One de Batman (sur la série Batman) ce qui les met aussi en concurrence avec l’œuvre de Mazzucchelli & Miller, avec un résultat forcément en défaveur des premiers.

    Kingpin : dommage parce qu’effectivement l’identité du trio de créateurs est très alléchante.

    Les apparitions de Spider-Man sont confinées à quelques scènes anecdotiques : c’est toute la difficulté du personnage. Comment le rendre menaçant alors que devenu transfuge dans la série Daredevil, il ne possède plus de force surhumaine ? Lors d’un combat physique contre Spider-Man, il ne fait plus le poids.

    Doctor Octopus : c’est vrai que c’est pages de Kaare Kyle Andrews sont très tentantes. Je garde également un souvenir impérissable des phénoménales couvertures du run de Bruce Jones sur Hulk.

    Punisher : je fais un blocage. Ayant accompagné le personnage dans son évolution au fil des décennies, Gerry Conway & Ross Andru, Steven Grant & Mike Zeck, Mike Baron & Klaus Janson, Chuck Dixon & John Romita junior, Garth Ennis & Steve Dillon (version Marvel Knights), Garth Ennis & Goran Parlov (version MAX), je crois qu’il n’y a plus de place dans mon panthéon personnel (pour reprendre une formule de Bruce) pour une version DnA & Dale Eaglesham.

    En même temps une qualité comme un brillantissime sens du dialogue se jouant dans le détail constitue une très forte tentation…

    • Tornado  

      Je pense que tu n’es pas le public cible, effectivement, et même si ton ouverture est presque sans limite, tu risques de trouver que c’est un exercice qui ne rivalise pas avec tes classiques. D’où un de tes rares blocages…

  • Bruce lit  

    Comme je suis nostalgique des articles Tornado sur les Comics ! Marvel nous a perdu hein…
    Globalement d’accord avec toi.
    Le Caid : jamais lu, je le trouve souvent en bac à soldes et la cover m’attire mais j’en ai toujours lu de mauvaises critiques. En voilà une de plus. Mon pouvoir d’achat te remercie. Le sorigines de Fisk sont suffisamment bien racontées par DG Chichester dans La chute du Caid.
    Spider-Man : je l’avais acheté et revendu. Comme tu l’écris il y a de très bons moments et les dessins ont du caractère mais l’histoire pschitte très vite et il manque effectivement une quarantaine de pages.
    Le Punisher : lu et approuvé, c’était très bien. J’ai ça en VO Présence si besoin.
    La BO : impossible, 3 minutes et puis s’en vont. Sting s’est bien servi pour NOthing Like The Sun…

  • JP Nguyen  

    J’ai survolé le Octopus. Dessin super-stylé de Kaare Andrews. Je préfère son trait à cette époque que son évolution ultérieure, plus tremblé et bordélique.

    J’ai retenté le Punisher : non, ça n’a pas fonctionné sur moi.

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