X-Men Vignettes (X-Men 1994)

X-MEN 1994 par Scott Lobdell, Fabian Nicieza, Jr Jr et Joe Madureira

Une review rédigée par le X-Statix BRUCE LIT

VO : Marvel Comics

VF : Semic, Panini

Disponible chez ATTILAN COMICS

Deux stars des 90’s prennent enfin leur envol
©Marvel Comics / Panini Comics

Cet article portera sur l’intégrale X-MEN 1994 partie 2, la première ayant été déjà passée en revue ICI pour le mariage de Cyclope et Phénix.
Ces épisodes interviennent immédiatement après cet évènement et contiennent UNCANNY XMEN 311 à 15, XMEN 31 à 35 et les AVENTURES DE CYCLOPE ET PHENIX 1 à 4 par Scott Lobdell et Gene Ha qui relatent la lune de miel de nos deux héros dans le futur. Je passerai ce chapitre sous silence, cet épisode ayant déjà fait l’objet d’une review à part entière.

Scott Lobdell et Fabian Nicieza se partagent l’intégralité des scénarios. John Romita Junior achève ici son second run sur la franchise entammé lors du numéro 300 et livre un épisode mémorable : celui où Dents-de-Sabre s’échappe dans l’hôtel Xavier et manque de tuer Jubilee.

C’est également l’arrivée de Joe Madureira sur la franchise qui collaborera avec Lobdell jusqu’à son départ. Andy Kubert livre des planches superbes pour XMEN (il n’y aura que son frère Adam pour dessiner mieux encore Victor Creed). Vous trouverez enfin dans ce volume un indispensable à la continuité de Iceberg : l’épisode où sous les crayons de Lee Weeks et l’encrage de Sienkiewicz, Bobby Drake, sous l’emprise de la reine Blanche Emma Frost découvre son potentiel de mutant Omega. C’est également le point de départ de la saga Phalanx qui continue dans le volume juste après.

Panini a fait les choses très bien : traduction irréprochable de Nick Meylaender, reproduction des couvertures d’époque, séparation des chapitres, c’est bien aussi de le signaler pour un volume compilant plus de 14 épisodes.

Je spoilerai sans en avoir rien à foutre, ces épisodes sont des classiques quoi…

Toute l’énergie de John Romita Jr pour un affrontement sans merci !
©Marvel Comics

C’est un étrange GAP dans l’histoire des Xmen, aussi dégueulasse et injuste que le SNAP de Thanos : tout concorde à établir qu’entre le moment où Chris Claremont quitte le navire en 1991 et celui où Grant Morrison arrive sur la franchise en 2001, il s’est passé 10 ans de misère pour les mutants.
Rien ne saurait être plus faux dans les faits. C’est même faire preuve de révisionnisme que de penser qu’il ait fallu attendre Mark Millar et Grant Morrison pour livrer de nouvelles histoires de qualité.

C’est même le contraire : tout au long du run de Fabian Nicieza et Scott Lobdell, la licence vit un deuxième âge d’or.
Papa Chris ? Il est à bout de souffle, forcément, après 16 ans de monopole sur la série. S’il la quitte avec des épisodes flamboyants cosignés par Jim Lee et Whilce Portaccio , beaucoup ne se retrouvent plus dans des histoires passablement ennuyeuses où les Xmen ne sont plus que l’ombre d’eux mêmes. Pis ! Il n’a jamais retrouvé le feu sacré au cours de ses multiples come-back !

Sur le fait que Nicieza et Lobdell ne sont pas des scénaristes de 1ère division comme Gaiman, Moore ou Morrison, il faudrait jeter le bébé avec l’eau du bain ? C’est oublier qu’ à l’époque c’est la seule licence qui marche chez Marvel et un indice est irréfutable : le merchandising. C’est ici que se développent les meilleurs jeux vidéos de la licence, les actions figures et le fameux dessin animé des 90’s. Tout ceci vient de quelque part : l’engouement de ce run de 5 ans.

Dans cet épisode, Tornade toujours aussi majestueuse livre un combat de titan contre les Phalanx, évacue les civils et évoque sa bisexualité avec Yukio bien avant que ce ne soit la mode !
©Marvel Comics

Prenons ces épisodes : il y a bien quelques bastons anthologiques contre les Phalanx (où les pouvoirs de Tornade et Gambit sont superbement chorégraphiés), quelques échauffourées avec Dents de Sabre mais pour le reste, Nicieza et Lobdell semblent plus intéressés à offrir des vignettes sur la psyché de leurs personnages que d’écrire de l’action à tout-va.

En cela, cet album serait leur carte de visite la plus digne. Dans cette dizaine d’épisodes, pas de crossovers, l’ombre d’un Avengers mais de la construction, de l’émotion et de la réflexion.
Fabian Nicieza répare méthodiquement tous les mystères autour de Psylocke / Revanche qui doivent forcément intéresser quelqu’un puisque ce duo est remis en selle par le run de Jonathan Hickman…

XMEN 33 où l’on apprend que Gambit a rencontré Sabretooth à ses 17 ans est une réussite. Tout y est maîtrisé : l’ambiance entre Flashbacks à une époque où Gambit était un salopard et le présent où il tente de se racheter une conduite auprès d’une femme qu’il aime sincèrement, est parfaitement équilibrée.
C’est le début d’un relation de répulsion / fascination entre les Xmen et leur invité, prisonnier, otage Victor Creed qui, enfermé dans une prison au sous-sol du manoir, va attaquer chacun des élèves Xavier sur sa morale, son éthique, ses contradictions.

Les séquences que tous les fans attendaient !
©Marvel Comics

Si Creed avait déjà bénéficié d’apparitions ici et là, aucun personnage à part Larry Hama dans sa fabuleuse mini série ne s’était intéressé à la psyché du vilain, un psychopathe dangereux oui, mais aussi un manipulateur d’une rare intelligence que l’on ne verra plus jamais à partir des années 2000. Dents de Sabre passera le reste de sa carrière mort, cloné, ressuscité ou associé à des groupes pittoresques sans jamais retrouver son aura, celle d’un Hanibal Lecter qu’il possède alors.

Dans cette aventure qui se passe à Paris où les personnages de Kubert crèvent l’écran, Nicieza joue avec les codes d’une comédie romantique qui finit en cauchemar. Une merveille de bout en bout où Victor Creed devient l’accoucheur sadique des sales vérités que nous portons en nous.
Ce bras de fer continue dans Uncanny 311 où les Xmen pratiquent une étrange thérapie : tenter de restaurer l’empathie de Creed envers ses victimes pour le rendre responsable de ses actes et le guérir de ses pulsions meurtrières.
Ce bras de fer, Charles Xavier le perdra malgré son orgueil. Cette fameuse vérité le menera à la dépression et à la transformation en Onslaught, une créature qui portera en partie les attributs de Dents-de-Sabre !

Une mise en scène à tomber !
©Marvel Comics

Ici Lobdell écrit une comédie noire façon GREMLINS : de longues pages décrivent la relation de la jeune Jubilé qui se cherche littéralement un père de substitution depuis le départ de Wolverine mortellement blessé.
Alors que Creed se libère et se prépare à faire un massacre, Lobdell rappelle que Jubilé du haut de ses 13 ans et de sa grande gueule n’est qu’une enfant terrorisée, plongée dans un monde qui ne devrait pas être le sien : elle a assisté au martyr de Logan, la mort d’Illyana et a manqué d’être décapitée par un tueur en série. Elle s’écroule sur le champ de bataille avant d’être réconfortée par Bishop qui à l’époque gagnait ici ses galons d’être humain (dans les années 2000, c’est quand même le connard qui voudra tuer un bébé, hein...)

En bon faiseurs, Lobdell et Nicieza harmonisent remarquablement le passé et le présent de la licence . Le lecteur apprend qu’ Emma Frost avait fait de Charles Xavier son successeur si elle devait périr, un point de détail majeur aboutissant à la création de GENERATION X.

Jubilé, une enfant touchante perdue dans des drames qui la dépassent et garante de l’éthique de son équipe.
©Marvel Comics

Car c’est aussi ici ,et non pas chez Morrison, qu’Emma Frost reprend du service. Lobdell joue sur plusieurs signifiants à la fois : Bobby Drake, le mutant glacé est possédé par le froid (=Frost). Le X-Man devient plus redoutable que jamais possédé par une femme, de quoi castrer une fois de plus le plus immature de l’équipe.
Mais cette possession fait aussi écho à celle de Tornade sous l’ère Claremont. Deux évènements que Lobdell relie par un fil invisible lorsque commence la saga des Phalanx.

Avec les épisodes Dents-de-Sabre, c’est encore un deuxième thriller majeur de cet album : celui d’une femme qui échappe aux forces de l’ordre dans un corps qui n’est pas le sien pour s’apercevoir que les enfants qu’elle pensait protéger ont tous été exterminés. Une fuite en avant dramatique avec une scène magnifique où l’arrogante Emma se confie à un Charles Xavier rarement si bien écrit.

Le réveil de La Reine Blanche, la métamorphose de Iceberg, le calme de Charles Xavier.
©Marvel Comics

Le dernier épisode renoue avec les thrillers juridiques façon 12 HOMMES EN COLÈRE où Colossus défend le Néophyte menacé de mort par les Acolytes de Magneto. Ici encore, l’écriture de Lobdell donne le vertige : Colossus est un traître aux Xmen qui défend un traître à Magneto. Le neophyte n’a aucune personnalité mais il possède les mêmes pouvoirs que Kitty Pryde, le grand amour du X-Man.

Peter Raspoutine, le russe de l’équipe va déjouer un procès stalinien en rappelant les idéaux de liberté de Magnus, en parvenant à rendre vivant un absent. Il parvient progressivement via ses idéaux de Xman même déçu à inverser le verdict.
Comme elle parait loin cette époque, Colossus, comme les autres étant devenu une raclure pire que les acolytes qu’ils combattaient.,

La compassion en acier trempé de Peter Raspoutine
©Marvel Comics

Un dernier mot sur XMEN 35 qui intervenait juste après le voyage dans le futur de Scott et Jean Summers. Il a souvent été raillé via les costumes de Cyclope et Jean considérés comme les pires jamais portés. Soit. Mais
j’ai été très agréablement surpris : encore une fois, loin des standards hyper-bastons de l’époque, Fabian Nicieza lorgne clairement vers l’arc DOLL’S HOUSE de SANDMAN ! L’histoire est du pur Neil Gaiman : une vieille femme ouvre un Vortex capable d’engloutir notre monde. Il s’avère que cette mutante est traumatisée par la mort de son mari et son jeune enfant.

Plutôt que de lui rentrer dans la gueule et de l’achever à bout portant (le 1èr épisode du XMEN de Morrison fait ça très bien, merci), Scott et Jean choisissent de lui parler, de l’étreindre, de l’écouter et de partager le deuil d’un enfant, une experience commune !

Allô, non mais allô quoi ? Vous voulez dire que les Xmen n’ont pas toujours été cette bande de survivalistes cyniques et amers ?
Bordel, non ! Nicieza et Lobdell n’épargnent rien à nos amis, l’héroïsme est l’hard way à surmonter En moins de 10 épisodes ce sont autant de personnages méconnus qui sont développés, approfondis, réhabilités.

Oui, je le soutiendrai jusqu’au bout : de bons artisans amoureux de leur art et de leurs personnages, maniant leur continuité sur le bout des doigts, capables de clouer leur mentor au pilori, sont parfois bien meilleurs que des concepteurs venant cachetonner pour leur CV.
Et si vous me dîtes le contraire, c’est que vous n’avez vécu les 90’s dans le manoir Xavier !

Un épisode souvent moqué qui lorgne pourtant vers les meilleurs SANDMAN
©Marvel Comics

Bonus Lit:

Perdus dans la continuité mutante des 90’s ? Suivez le guide ! Presque tout a été couvert sur ce blog ! Dans l’ordre chronologique:

Mutant Genesis: La dernière histoire de Chris Claremont pour son run historique, voire sa dernière grande histoire tout court: fondation des équipes Bleue et Or, les nouveaux costumes emblématiques des 90’s, mort de Magnéto sur Avalon.

Bishop’s Crossing: Bishop venu du futur annonce qu’un traître tuera les Xmen; principal suspect Gambit; Mickael Raspoutine devient fou et John Byrne aussi …Heureusement Nicieza et Lobdell arrivent ! Iceberg découvre son potentiel de mutant alpha. Les affaires commencent véritablement ici.

X-Cutionner’s song: Xavier Assassiné! Stryfe fils de Cyclope? Apparition du Virus Legacy et Apocalypse vient aider les Xmen. En fait le meilleur Crossover des Xmen, souvent copié, jamais égalé.

X-Men Fatal Attractions: Le virus Legacy tue Illyana; Colossus rejoint Magnéto. Affrontement mortel dans l’espace : Wolverine est désadamianté et découvre ses griffes en os, Xavier sombre dans la violence et tue son rêve. Les prémices d’Onslaught sont posés. L’histoire majeure des 90’s.

 Xmen: Bloodties: Retour sur Terre à Genosha avec les Vengeurs pour éradiquer le reste des troupes de Magneto. Apparition d’Exodus. Un crossover sous estimé à une époque où les équipes s’appréciaient encore.

The Wedding of Cyclops and Phoenix: Sabretooth demande asile aux X-men et sème la zizanie chez Xavier. Des doutes s’installent: Xavier craque ? Heureusement Jean et Scott se marient après 30 ans de flirt .

Les aventures de Phénix et Cyclope: une histoire importante des 90’s dessinées par Gene Ha, futur co-créateur de Top 10. Nos amis élèvent Cable 1000 ans dans le futur, combattent Apocalypse et vivent une existence de parias loin des Xmen. Une sacrée lune de Miel…

VOUS ÊTES ICI == >Le complot Phalanx : Prologue. En attendant la prochaine baston, Nicieza et Lobdell proposent des focus passionnants sur Gambit, Sabretooth, Jubilé, Iceberg, Colossus et Psylocke.

Le Complot Phalanx: un crossover où les Xmen affrontent des sentinelles bio-organiques…Mort de Blink et création de Génération X.

Legion Quest:  Legion en voulant sauver le futur détruit l’univers 616. Oops !

The Dying Game : Wolverine revient à l’hôtel Xavier et massacre Sabretooth. Il retourne à un état animal et rejette une nouvelle greffe d’adamantium.

Age of Apocalypse : Des Xmen alternatifs dirigés par Magneto ! Un Crossover inoubliable inégalé et maintes fois imité bis (House of MSecret Wars….).

Prelude to Onslaught: Retour à la réalité. Magnéto et Dents de Sabre étaient coriaces ? Voilà Onslaught ! Qui est il ?

Onslaught: Xavier EST le traître! Notre chauve menace l’univers Marvel et tue tous les Héros qui vont se retrouver en de bien mauvaises mains dans Heroes Reborn. Bishop réalise son destin en sauvant son futur. Apparition de Bastion. Xavier est mis aux arrêts. La qualité de la série commence à flancher.

Operation Zero Tolerance: Représailles Humaines suite à la mort des Marvel Heroes. Iceberg sauve le monde et réalise son potentiel en prenant la tête des X-Men et en terrassant Bastion. Marrow et Cecila Reyes intègrent les Xmen au bord de l’implosion. C’est le moment pour Lobdell de tirer sa révérence épuisé par les contraintes éditoriales.

The Trial of Gambit : Finalement Gambit était bien est un traître ! Histoire aussi mémorable que stupide. Départ de Joe Madureira. Retour de Magneto.

The Shattering: La valse des scénaristes. Les Xmen se déchirent entre eux ! A cette époque, impossible de savoir qui fait encore partie de l’équipe…Ah! et Wolverine meurt!

La croisade de Magnéto: Magneto se réveille obtient Genosha par l’ONU !

 The Twelve: Wolverine manipulé par Apocalypse retrouve son adamantium; Cyclope fusionne avec lui et lecteur baille…

Dreams’end: Claremont conclue enfin Days of Future past. Retour de Lobdell qui boucle de nombreux arcs: morts de Robert Kelly, Moira Mc Taggert et de Colossus. Le virus Legacy est vaincu. Beaux moments d’émotion entre Scott et son père et Kitty Pryde qui enterre Peter.

Eve of Destruction: La dernière histoire de Lobdell prié de préparer le run de Morrison: les Xmen combattent Magneto à Genosha. Wolverine se venge enfin du maître du magnétisme. Lobdell s’auto parodie. Difficile de ne pas y voir un magistral bras d’honneur du scénariste à la maison des idées!

Des séquences d’amitié et de camaraderie inimaginables désormais
©Marvel Comics


La BO du jour : rien à foutre de ta gueule, va te faire….
Le message plein de poésie de Victor Creed, le maître de la peur aux X-Clowns !

37 comments

  • JB  

    Une grande époque pour l’équipe, bien meilleure à mon avis que le run surestimé de Momo.

  • Steve  

    Que de nostalgie en lisant ces articles de cette semaine placée sous le signe du X …
    hier je me disais qu un petit rappel de chronologie serait sympa et voilà que hop c est fait!
    C était le temps où on était accro aux xmen, au 5ème arrondissement et tout ce qui allait avec.
    La période était vraiment riche ; je crois que j ai commencé à lâcher vers Bastion et Légion (série tv horrible, cela dit en passant malgré de belles références musicales) ; j avais adoré Apocalypse,onslaught ; et l emblématique captivité de Sabretooth…

    • Bruce lit  

      @Steve
      Le truc le plus rock fait ensemble : faire Epinay- Paris en Stop et à pied en pleines grèves de 1998 sous la neige pour acheter le spécial Xmen où Dents de Sabre s’échappe de l’hôtel. J’y avais également pris Spider Man 400 avec la mort de Tante May ! Quelle époque et quelle journée… Presque aussi intense que de passer la nuit dehors faute de transports pour notre chère banlieue (de merde) après le concert de Pink Floyd à Chantilly….

      • Steve  

        Yes!
        Les phalanx…
        les x m’en classés par pochettes plastique
        Les couvertures super flash
        Les cours d anglais et d argo via wolverine
        Lecture sur les quais après être passé par 10 boutiques
        Les jeux vidéos transformés en battle d injures entre cyke et iceberg.
        Que des bons souvenirs

  • Nicolas  

    Toute ma jeunesse… Bob Harras le responsable éditorial de l’époque a lui-même reconnu qu’après le départ de Lobdelle et Niscieza il aura fallu 5 ans aux vieux fans des X-Men pour cesser d’aimer les X-Men après le départ de Chris Claremont. C’est dire…

    • Bruce lit  

      @Nicolas : as-tu la source de cette citation ?
      Je ne me suis jamais vraiment intéressé au travail éditorial de cet époque. Si vous avez des anecdotes sur les année Bob Harras, je prends.

        • Bruce lit  

          Putain j’ai le bouquin en plus et je l’avais chroniqué ici…

      • Nicolas  

        @Bruce : Je ne me rapelle pas clairement, mais la phrase lue m’avait marqué. Même Harras s’était rendu compte que les fans avaient laché l’affaire au bout d’un certain temps.

  • Eddy Vanleffe  

    A l’époque je n’aimais pas trop ces épisodes. j’avais l’impression que Marvel faisait du remplissage entre deux saga comme FATAL ATTRACTION ou PHALANX.
    Aujourd’hui ce sont finalement ces épisodes qui ont le mieux vieilli. grâce comme tu le soulignes Bruce, à ces excellents faiseurs qui avaient à cœur, comme n’importe quel boulanger, artisan, ouvrier (non je ne vais pas chanter les chiffons rouges), de livrer un boulot propre, respectueux des personnages autant que des lecteurs. ils se mettaient au service de leurs séries.
    Tu m’a presque convaincu d’acheter ce bouquin alors que j’ai déjà tout en SPECIAL STRANGE.
    le temps fera le tri tu sais Bruce, et on verra qu’il n’y a rien qui reste de pas mal de runs depuis…
    Non Lobdell et Nicieza sont les héritiers inattendus.

    • Bruce lit  

      Les Phalanx c’est carrément le crossover un peu chiant. Si ce n’est l’ouverture avec le joli solo de Sean Cassidy et la mort de Blink, je ne trouvais déjà pas ça terrible à l’époque et je n’ai pas changé d’avis à la relecture il y a un mois.

  • Surfer  

    Eh bé, quel enthousiasme pour cette période!

    En ce qui me concerne cette décennie est marquée par mon profond désintérêt pour le monde des comics. Je ne retiendrais que quelques histoires de Jim Statlin mettant en scène Thanos.
    Intérêt qui ne reviendra qu’au début des années 2000.
    Et, pour les X- Men, j’ai raccroché les wagons avec Morrison. Pourquoi tant de haine pour ce run ?!
    J’ai suivi ensuite les X-Men de Whedon.
    J’avoue, cependant, que mes connaissances sur le monde des mutants est limité et notamment durant les 90s.
    Mais je retiens toutes les qualités que tu mets en avant.
    Ton article m’a surtout donné envie de lire la mini-série, en lien, sur Dents de sabre.
    Et puis ton récapitulatif sur les événements des X-Men m’a été bénéfique à une meilleure compréhension.
    Merci 👍

    • Eddy Vanleffe  

      mon avis n’engage que Moi et d’ailleurs je tiens Morrisson pour un grand architecte DC avec Geoff Johns.
      mais il n’aime pas les X-Men et ça se voit,
      De plus il avait aussi le cahier des charges d’ne faire un comics « vertigo » comme le kiffait Joe Quesada à l’époque qui (comme par hasard) n’a jamais non plus trop aimé les mutants.
      Donc il révolutionne le truc en introduisant aussi l’idée que la continuité c’était pour la cuistres et les gagne petits. Il change les personnalités et en quelque pages, on ne reconnait plus aucun personnage.
      ça a eu du succès et d’ailleurs pris comme un « what if » c’est très bien mais je regrette, il chie sur les personnages, ça a fait marrer un tas de gens mais j’ai jamais adhéré.

      • Surfer  

        Merci Eddy de ton retour. Un avis qui est parfaitement recevable.
        J’ai eu aussi un peu de mal à reconnaître les personnages. Surtout avec que leurs nouveaux costumes. Cela m’a aussi déstabilisé.
        En ce qui concerne les histoires du Run, rien de transcendant en effet. Mais j’avais plutôt bien aimé. D’ailleurs le Run de Morrison est toujours dans ma bedetheque. Je ne l’ai pas revendu.
        Mais tu as raison de dire qui faut plutôt le prendre comme un What if. Ça passe mieux.

    • Bruce lit  

      @Surfer :
      Eddy mais aussi une partie de mon article répond à ta question :
      Le travail de Grant Morrison était nécessaire quand on voit le contexte de l’époque. On y trouve de très bons trucs mais c’est la première fois dans l’histoire de la licence que les personnages sont défigurés de part l’ignorance assumée de son auteur (qui en plus se paie le culot de critiquer ses prédécesseurs bien plus calés que lui en la matière).
      Le run de Morrison est porté aux gémonies. Il n’a pas besoin de réhabilitation quand pour moi il s’agit d’une très belle imposture identique à celle de Hickman sur le titre.

      • Surfer  

        Oui, en effet, je comprends….j’ai répondu à Eddy plus haut

  • Jérémie  

    C’est top ! Merci !

  • Manu  

    Bon va falloir un jour que je rattrape ces épisodes. Je lisais scrupuleusement les X-Men a partir du moment où Wolverine se fait retirer son adamantium jusqu’à l’arrivée de Dent de Sabre dans l’équipe. Puis j’ai décroché…

    • Bruce lit  

      Inimaginable !
      Tu décroches au meilleur moment.
      Un peu comme si tu lâchais l’affaire à la saison 3 de l’Attaque des Titans ! (Eddy m’a engueulé hier là-dessus)

  • Matmout Gougeon  

    Superbe article, on sent la passion qui t’anime à la lecture de ce segment de la vie de nos mutants favoris.

    Je prends beaucoup de plaisir également à découvrir cette période par l’intermédiaire des intégrales X-MEN. Lodbell (mais aussi Nicieza, on a tort de minimiser son impact, c’est quand même lui qui raccommode comme il faut le gloubi-boulga Psylocke/Revanche, son histoire tient la route !) aiment ces personnages et ont envie de nous les montrer sous leur meilleur jour, ça se sent et c’est très agréable. C’est une période qui est marquée par de nombreux stand-alones intimistes comme Claremont aimait à les écrire, et forcément, ça fonctionne très bien sur le lecteur que je suis. Qui plus est, secondés par des artistes qui restent des références 30 ans plus tard (Madureira et Andy Kubert), on aurait tort de faire la fine bouche en pensant qu’il n’y avait rien avant Morrison (qui, lui, n’aime pas ces persos).

    • Eddy Vanleffe  

      ça m’interpelle souvent le fait que les 90’s ont mauvaise réputation alors que Kubert, Romita Jr et Madureira sont devenus presque des patrons aujourd’hui…
      on les aiment mais ce qu’ils ont fait c’était de la merde? ça tient pas debout!

      • Bruce lit  

        Je suis d’accord : aujourd’hui encore je trouve les dessins très lisibles, bien plus que les Image Boys.
        J’ai tenté de lire RISING STARS la semaine dernière. J’ai arrêté à la fin du tome 1. Des personnages avec la même tête, tous sortis d’une agence de pub et aux expressions monolithiques. Impossible.

    • Bruce lit  

      Tout à fait.
      Ces séquences intimistes étaient merveilleux même dans les mauvais épisodes. Je pense notamment à Scott Summers qui va voir un film de Frank Capra après que Havok ait tenté de le tuer.
      Je feuilletais à Album et si l’intrigue globale ne m’intéressait pas mais que j’y trouvais ce genre de séquence, je l’achetais pour ma continuité personnelle du personnage en question.

  • Fletcher Arrowsmith  

    C’est et cela restera une de mes périodes préférées. Nicieza et Lobdell ont tous les deux parfaitement pris la suite de Chris Claremont. Pas de trahison des personnages, continuité respectée et cohérence graphique. Et puis à l’époque j’appréciai la différence d’écriture entre Lobdell et Nicieza. Deux équipes, deux séries, deux scénaristes pour des aventures X différentes. En parallèle Nicieza faisait un super travail sur X-Force et Lobdell s’apprête à lancer avec succès Generation X. Clairement une excellente période.

    Le fameux X-Men 35 est ma plus ancienne VO. Zappé à l’époque je ne sais plus comment je m’étais débrouillé pour le le procurer (pas de VO autour de chez moi à cette époque). Je le garde précieusement.

    • Bruce lit  

      Même moi, j’aimais bien Gen X. Même avec Bachalo c’est dire.

  • Présence  

    Cet album serait la carte de visite de Lobdell & Nicieza la plus digne. – Bruce, grand ordonnateur de la réhabilitation de ces 2 scénaristes… et tu le fais très bien. Tu as même réussi à me convaincre.

    Je sens que tu es très attaché à la personnalité de chaque mutant, mais aussi à l’intégrité de la continuité, le respect de sa cohérence par le tandem de scénaristes, et leur travail de consolidation et de développement.

    J’ai le sentiment, mais je me trompe peut-être que tu préfères l’écriture de Lobdell à celle de Nicieza. Je me demande quelle différence tu ferais entre leur approche narrative ?

    • Eddy Vanleffe  

      moi en sens inverse, j’avais une préférence pour Nicieza because:

      -X-ecutionners song qui fait de la continuité pas prévue mais qui tombe super bien l’amène magistralement pour la conclure de manière hyper dramatique
      -je trouvais sa patte encore plus proche de Claremont et je l’admirais déjà des New warriors
      -le casting de l’équipe bleue tout simplement

      -alors que Lobdell me paraissait plus grandiloquent (plus sentimental et à l’époque ça nem e plaisait pas des masses)
      et déjà un peu dans la retcon forcée… avec des Amelia Voght sortie du chapeau et oui un retour du Magneto Méchant alors Fabian lui fait un très bon one shot solo

    • Bruce lit  

      J’aimais la sensibilité de Lobdell quand Nicieza était plus dans l’emphase et le théâtre. J’aime Lobdell pour avoir écrit comme personne et même mieux que Claremont Charles Xavier. Et puis Iceberg.
      Mais Nicieza est capable de grandes choses : la tirade de Magneto quand il humilie Wolverine, c’est lui. La magnifique conclusion de Legion Quest aussi.

      • Eddy Vanleffe  

        oui beaucoup de citations théâtrales chez Nicieza….ben voilà ne cherchez pas plus loin pourquoi j’aime bien….
        je vais vous dire s’ils les écrivaient en vers, je l’aimerais encore plus…
        une citation de Warren Ellis m’est restée à propos du comics de super héros:
        « C’est le raccourci le plus rapide entre le coryphée et le slogan de t-shirt! »

      • Présence  

        Merci beaucoup pour cette analyse comparative.

  • JP Nguyen  

    Sur les X-Men, je préférais Lobdell à Nicieza mais j’aimais bien ce que Nicieza faisait avec X-Force, notamment la période post X-Ecutioner’ song, où Cable a disparu.

    Cet article fleure bon la nostalgie, mais pas que… Dans 10-20 ans, y aura-t-il des critiques pour vanter les runs de Matt Fraction ou Bendis sur les X-Men ???

    • Bruce lit  

      Sans doute restera t-il à titre historique pour Bendis le 600 avec le coming out de Iceberg.
      Fraction ? Son run est terminé il y a plus de 10 ans et personne ne semble se rappeler de son X-Team (Agence tout risques)

  • Jyrille  

    « Je spoilerai sans en avoir rien à foutre, ces épisodes sont des classiques quoi… » ça dépend pour qui. Jamais lu House of M ou AoA ou que sais-je donc bon…

    Tu as raison de signaler le soin apporté à l’édition. Je trouve ça de plus en plus important, surtout pour les comics d’ailleurs, c’est tellement le bordel. Au fait tiens : dans la collection du Princtemps des comics, je me suis pris le WOLVERINE ORIGINES, il paraît que c’est très bon. Mais je ne trouve pas d’article ici, c’est normal ?

    Les scans ne m’attirent pas du tout. C’est vraiment les 90s et les couleurs criardes et les poses iconiques… même le trait de JRJr n’arrive pas à me donner envie d’essayer.

    Je dis respect pour le bonus : c’est à la fois nécessaire mais également clair que ce n’est pas clair pour moi pauvre lecteur d’articles. Comme pour vous lorsque je vous parle de Donjon (pourtant beaucoup moins complexe). Mais merci pour ma culture 🙂

    La BO : marrant, je ne connaissais pas. C’est sans doute vieux. Ca sort d’où ? Bon là je me lance le Kind Of Blue de Miles Davis, Tornado m’a donné envie à cause de Spider-Man Blue.

    • Bruce lit  

      W ORIGINES a très mauvaise réputation et n’a effectivement jamais été chroniqué ici.
      La BO : l’original d’un titre que toute une génération a découvert sur le SPAGHETTI ACCIDENT des Gunners.

      • Jyrille  

        Ah, les Guns…

        Je te dirai pour le Wolverine mais à 5,69 euros je ne prends pas beaucoup de risques.

        • Bruce lit  

          C’est une bonne histoire et le dessin j’aime toujours autant.

  • RUDDY  

    Merci beaucoup pour cet article et cette chronologie. Cela fait remonter des souvenirs mais pas que. Cela apporte une belle perspective historique sur les auteurs de cette époque.

    A titre personnel, je ne supportais plus à partir de Tolérance Zéro le format WWE des publications articulées autour des crossovers.

    Mais certains sont de très beaux marqueurs temporels.

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *